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  • Monday 29 September 2025 - 20:00

    La directive dite Chat Control, actuellement discutée au niveau européen, pourrait bouleverser en profondeur nos usages numériques quotidiens. Présentée comme une mesure pour lutter contre la pédocriminalité en ligne, elle obligerait les services de messagerie et de communication à analyser systématiquement tous les messages, photos et vidéos échangés par les utilisateurs, y compris les conversations privées chiffrées. En clair, cela reviendrait à instaurer une surveillance de masse automatique, sans distinction entre suspects et citoyens ordinaires. Si ses objectifs affichés paraissent légitimes, les moyens proposés posent de graves questions de respect de la vie privée, d’efficacité réelle, et de compatibilité avec les droits fondamentaux. Cet article revient sur les principaux enjeux et dérives possibles de Chat Control, afin d’éclairer un débat qui, au-delà de la technique, concerne la liberté de chacun à communiquer sans être épié.


    Dans La baleine et le réacteur, Langdon Winner montre (chap. 8) que les politiques encadrant les technologies se réduisent souvent à une analyse des risques. On compare risques et bénéfices, sans considérer que le risque est souvent perçu de manière subjective — peur légitime ou courage — et comporte toujours une part irrationnelle, même si, dans l’histoire, on a multiplié des instruments efficaces de mesure du risque. Winner souligne que fonder une décision politique sur la mesure du risque oblige les opposants à prouver que le bénéfice ne vaut pas le préjudice, lequel devient alors une conséquence acceptable plutôt qu’un problème en soi.

    C’est cette manière d’envisager les choses qui prévaut depuis mai 2022 lorsque la Commission Européenne a présenté un projet de Règlement (COM(2022) 209) dans le cadre de sa stratégie relative à « un Internet plus sûr pour les enfants ». Porté par la DG Home, le projet s’inscrit dans un programme général de prévention des abus sexuels sur mineurs (Child Sexual Abuse Regulation, CSAR). Le projet CSAR est surnommé Chat Control par ses détracteurs, insistant par là sur les conséquences hautement préjudiciables du projet sur les droits fondamentaux. Tout se passe néanmoins comme si le débat ne se limitait qu’à un compromis rendu obligatoire au nom des droits de l’enfance entre politique sécuritaire et liberté de communiquer.

    Comme vous le verrez plus bas, le projet est toujours sur la table des négociations et il faut cette fois encore se mobiliser (avant le 14 octobre prochain !)

    Pourquoi est-ce la Commission Européenne et non le Parlement qui a proposé ce projet de régulation ? Il appartient à la Commission de traduire dans les décisions la volonté politique de l’UE. L’exposé des motifs présente donc les arguments non pas sous l’aspect politique mais sous l’aspect de l’expression d’un besoin constaté :

    1. les abus sexuels sur mineurs en ligne seraient en forte augmentation,
    2. les outils actuels seraient insuffisants pour détecter et supprimer les contenus pédocriminels,
    3. il faudrait un cadre juridique harmonisé dans l’UE pour obliger les plateformes à détecter ces contenus,
    4. en tant qu’organe exécutif, la Commission agit dans le cadre de ses mandats, notamment l’article 114 et l’article 83 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, et propose donc un projet de régulation.

    Dès l’instant que la Commission Européenne propose un dispositif de lutte contre la pédocriminalité, le débat est biaisé car il ne s’agit plus de discuter des effets probables du dispositif en matière d’éthique, d’équité, ou même de politique : le sujet est posé, il lui faut une solution technique. Toute controverse implique d’abord de se départir de l’accusation implicite de vouloir remettre en cause la protection de l’enfance. C’est au nom de l’article 24 des Droits fondamentaux de l’UE (droits de l’enfant), qui font écho avec la Charte des Nations Unies, que le principe fondamental du projet de régulation est posé. Mais ce faisant, on peut toutefois s’interroger : peut-on ériger un droit fondamental au dessus des autres ? Le principe de l’égalité des droits fondamentaux semble le contredire, mais dans certains cas, la situation peut être déclarée temporaire. C’est dans cette brèche que s’engouffrent la plupart des problématiques touchant à la surveillance électronique : par exemple, quel équilibre trouver entre le droit à la liberté d’expression et la protection de la vie privée ? vieux problème, n’est-ce pas ?

    Dans une telle situation, le préjudice est à la mesure du risque : d’un côté le risque d’une croissance de la pédocriminalité, de l’autre la confidentialité des communications. Par son projet de régulation, la Commission ne prétend pas résoudre un dilemme, elle prétend d’emblée vouloir trouver une solution technique qui puisse satisfaire la tension entre risque et préjudice. La conséquence est la négation du système économique, social et politique dans lequel s’inscrit ce solutionnisme.

    Couverture Le petit Spirou

    Pourquoi Framasoft en parle ?

    En tant qu’association d’éducation populaire, voilà des années que nous promouvons les solutions alternatives, respectueuses de données personnelles des utilisateurs et permettant à chacun d’exercer son droit à la communication privée. C’est pour cela que nous avons à multiples reprises plébiscité les solutions… les moins pire. L’utilisation de Signal, par exemple risque d’être très largement empêchée en cas de compromis fonctionnel du CSAR entre les pays européens. La présidente de Signal, Meredith Whittaker, s’est clairement prononcé pour un retrait de l’application du marché européen si tel était le cas.

    D’autres solutions existent et on peut en trouver une petite liste dans ce billet. Néanmoins, alors que voilà déjà deux ans que nous avions relayé la mobilisation à l’encontre de Chat Control, force est de constater une très forte insistance de certains élus européens et des institutions elles-mêmes à l’encontre du chiffrement et du droit à la communication privée.

    Notre responsabilité ne consiste pas seulement à promouvoir des logiciels libres mais aussi de prévenir les utilisateurs des effets potentiellement sacrificiels auxquels ils s’exposent. Dans un monde où l’utilisation de technologies de chiffrement n’est plus associée à la vie privée et à l’hygiène numérique mais à un comportement potentiellement suspect, nous sommes en devoir de les alerter et de participer à la mobilisation.

    Client-side scanning

    Le texte de la proposition CSAR ne mentionne pas explicitement les techniques censées être utilisées dans le cadre de la surveillance des communications interpersonnelles. Il laisse cependant des portes ouvertes en ces termes (texte initial) :

    (…) le processus de détection est, de manière générale, le plus intrusif pour les utilisateurs (…), vu qu’il nécessite l’examen automatique du texte des communications interpersonnelles. Il importe, à cet égard, de tenir compte du fait qu’un tel examen est souvent la seule manière de détecter de tels abus et que la technologie utilisée ne « comprend » pas le contenu des communications, mais y recherche plutôt des schémas connus, définis à l’avance, qui indiquent la possibilité d’un pédopiégeage.

    L’analyse automatisée des messages privés est par nature incompatible avec le chiffrement de bout en bout. Mais la Commission ne peut pas affirmer explicitement que le chiffrement de nos communications présente en soi un danger pédocriminel, en particulier parce que le chiffrement des communications est nécessaire dans bien des cas d’usage : pensez par exemple lorsque vous communiquez avec votre banque. La seule conclusion qui s’impose, et qui fait primer la logique sur l’éthique (et même l’économie), c’est que l’analyse doit être faite avant chiffrement, donc sur le dispositif lui-même, votre smartphone, votre ordinateur, avec l’application utilisée. Charge aux fournisseurs de se débrouiller pour mettre en place un dispositif de contrôle automatique, c’est-à-dire ouvrir une porte (une backdoor) pour scanner ce que vous faites. Imaginez par exemple être épié par dessus votre épaule lorsque vous écrivez une lettre : personne ne vous empêche de la mettre sous enveloppe et la poster, par contre un tiers aura analysé, et donc lu, ce que vous avez écrit.

    C’est ce qu’on appelle le client-side scanning (CSS). L’annexe 9 (pages 284 sq) de l’étude d’impact de la proposition de régulation porte sur la question du difficile équilibre entre le droit à la communication privée (le chiffrement des communication) et la détection de contenus pédocriminels. La solution qui semble la meilleure à retenir en l’état consiste à réaliser un scan et une analyse de correspondance directement sur le dispositif lui-même ou sur un serveur distant avant l’envoi du contenu au destinataire (voir p. 309 et p. 310).

    On peut noter hélas que cette annexe technique est rédigée un peu à la va-vite. Par exemple, la question de l’évaluation des risques de faux positifs liés aux contenus pédocriminels sont réduits à des chiffres épars notamment fournis par des dispositifs qui, eux, ont tout intérêt rassurer. Par exemple PhotoADN, fourni par Microsoft, qui estime à 1/50 milliards le nombre de faux positifs (voir note p. 281 : comment est-évalué ? avec de l’IA ?). Par ailleurs, servant la soupe à l’approche comparative des dispositifs envisagés, on peut noter le lobbying assez intense de la « fondation » Thorn qui s’est positionné pour promouvoir son dispositif de surveillance auprès des fonctionnaires européens, ce qui fut assez commenté et documenté dès 2022.

    En réalité, tout le projet s’expose à des contradictions assez évidentes avec les dispositions mêmes de l’Union Européenne :

    • L’article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE qui garantit le respect de la vie privée et des communications : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ».
    • Le principe de proportionnalité : les mesures proposées sont disproportionnées par rapport à l’objectif poursuivi et généralise le caractère potentiellement criminel de toute activité de communication privée. Tout le monde serait un pédocriminel en puissance.
    • Malgré l’exhaustivité de l’étude d’impact, le projet ne prévoit pas de mécanismes clairs pour éviter les abus ou limiter l’usage du CSS à la seule lutte contre la pédocriminalité sur Internet.

    Du côté de la société civile, on note depuis 2022 la multiplication des analyses techniques démontrant que le CSS est une mauvaise solution. Comme le rappelle l’Internet Society, l’analyse côté client :

    • est à la source d’une augmentation de la surface d’attaque des dispositifs exposant ainsi les individus à un risque accru de criminalité profitant de ces vulnérabilités,
    • pose un ensemble de défis quasiment insurmontables : la puissance de traitement pour pouvoir analyser tous les contenus en temps réel, la maintenance des bases de données, le contrôle de ces bases de données (qui a accès ? qui contrôle ?),
    • expose à des détournements à d’autres fin que la lutte contre la pédocriminalité : la surveillance de masse à des fins répressives.

    Depuis 2022, les prise de position se multiplient à l’avenant. En 2023, le Contrôleur européen de la protection des données lui-même dans un communiqué concluant un séminaire spécialement consacré, qualifie le projet CSAR comme une tentative inadaptée, inefficace, et potentiellement nuisible. Un an plus tard, Netzpolitik rapporte encore :

    Depuis des années, des légions d’experts en informatique et chercheurs en sécurité, des juristes, des experts en protection des données, des organisations numériques, des entreprises technologiques, des fournisseurs de messagerie, des représentants des Nations Unies, des experts en protection de l’enfance, des gardiens des normes Internet, des scientifiques et toutes sortes d’experts ont tiré la sonnette d’alarme dans le monde entier : Chat Control est dangereux. Il s’agit d’une nouvelle forme de surveillance de masse. Elle affaiblira la sécurité informatique de chacun d’entre nous. Elle introduirait une infrastructure de surveillance sur les applications et les terminaux au-delà de l’UE, que les États autoritaires utiliseraient à leur avantage.

    Les arguments sont controversés mais attention aux fachos

    Considérant que l’expertise ne lui était guère favorable, la Commission Européenne a beaucoup communiqué pour promouvoir son projet. Le député européen Patrick Breyer (Verts/Alliance Libre, membre du Parti Pirate) a réalisé un long dossier sur Chat Control dans lequel il démonte plusieurs arguments fallacieux utilisés par la Commission (voir en anglais et en français). Il ici inutile de les répéter, le dossier étant sur ce point assez complet.

    En revanche, la saga de la Commission fut émaillée de plusieurs épisodes pour le moins affligeants. Par exemple, cette affaire de pantouflage de deux agents d’Europol chez Thorn, la multiplication de réunions à rythme soutenu pour passer le projet en force, les eurodéputés eux-mêmes qui ne veulent pas de surveillance de masse, etc.

    Un épisode de cette saga mérite toutefois de s’y attarder un peu. Celui de l’affaire de microciblage illégal employé par la Commission pour communiquer auprès du public des Pays Bas afin de faire tourner l’opinion en sa faveur. Ce qui est intéressant, dans cette histoire, c’est que ce microciblage visait à exclure des groupes dont les opinions sont plus ou moins proches de l’extrême droite. La raison est à la fois trouble et double. En premier lieu parce que la rapporteuse initiale du projet, la suédoise Ylva Johansson est à l’aile gauche du parti social-démocrate suédois. Un échec de ses multiples prises de parole verrait sa position pro-européenne battre de l’aile, une position qui, encore récemment, mise énormément sur la recherche de compromis entre les pays européens, en particulier en faveur d’une politique migratoire accueillante. En second lieu, il faut prendre en compte que Chat Control est aussi bien décrié par les élus européens d’extrême droite qui y voient un double avantage : d’une part démontrer que l’UE remet en cause les principes souverainistes auxquels ils adhèrent et d’autre part leur permet à peu de frais de se positionner en défenseurs des libertés. Pour les élus français on peut voir par exemple la lettre écrite par Virginie Joron et Tom Vandendriessche sur X ou cette Question à la Commission par Mathilde Androët. Bien sûr, il s’agit d’une question d’affichage et de posture, mais voir nos principes fondamentaux défendus par une engeance pareille me fait vraiment froid dans le dos (remarquons toutefois que ce genre de position est à géométrie variable, puisque les illibéraux fascisants comme Viktor Orban sont plutôt favorables à des logiciels espions comme Pegasus, plus discrets sans doute…).

    Les compromis ont bon dos

    En fait, si l’on regarde bien la chronologie de la proposition de Règlement, les multiples réunions de compromissions se soldant ou non par des accords, elle suit une route parfaitement rectiligne jusqu’à aujourd’hui. Devant les désaccords, les présidences tournantes du Conseil n’ont jamais cessé de remettre le projet sur la table, montrant ainsi que plusieurs pays le soutiennent activement et que le texte risque de devenir un sujet particulièrement clivant.

    Il se trouvait néanmoins qu’en juin 2024 on pouvait croire la situation définitivement bloquée. En effet, alors que la Belgique avait tenté de remettre un proposition de compromis qui relançait le débat sur le client-side scanning, plusieurs pays ont annoncé leur refus de principe ou leur abstention. Comme le projet n’avait alors aucune possibilité de trouver un accord qualifié, le Conseil l’avait donc supprimé de l’ordre du jour. Venait ensuite la présidence de la Hongrie et son gouvernement particulièrement pro-surveillance, qui relança… heureusement encore un échec, appuyé notamment en août 2024, par une lettre ouverte de plus de 300 chercheurs européens montrant que « les solutions techno-centrées basées sur la surveillance ne sont pas une bonne option pour lutter contre la propagation des contenus pédocriminels ». Entre-temps l’Autriche s’est abstenue, et la Pologne a proposé une refonte assez radicale, fidèle à sa position selon laquelle le projet CSAR est bien trop intrusif (elle privilégiait la détection volontaire sur le mode de la prévention (les fournisseurs signalent d’eux-mêmes les contenus illicite). D’autre pays encore s’étant positionnés à l’encontre, les compromis sont restés hasardeux.

    Sauf que… le 1er juillet 2025, le Danemark a pris la tête du Conseil de l’Union européenne et a relancé un projet de compromis. Les négociations seraient censées aboutir à une validation du texte le 14 octobre 2025. Une étude assez complète du texte du compromis danois peut-être trouvée sur edri.org. On retrouve le retour de la détection obligatoire (et de masse) cette fois automatisée par IA, le client-side scanning avec un consentement plus ou moins rendu obligatoire ( !), la classification de tous les systèmes de messagerie chiffrés comme étant à haut risque (donc aucune exception), un système de vérification d’âge (dont on connaît déjà les limites, ne serait-ce qu’en termes de faisabilité et de fiabilité et qui exclurait d’emblée les enfants de la possibilité d’utiliser du chiffrement).

    Avec un peu d’optimisme, Edri.org note toutefois :

    Étant donné que bon nombre de ces éléments sont précisément à l’origine de l’opposition de longue date de la minorité de blocage (les 11 États membres qui empêchent l’adoption du règlement CSA au Conseil), il est évident que les Danois courent à un nouvel échec. Leur tentative ressemble davantage à un exercice de relations publiques qu’à une véritable volonté de faire avancer les choses…

    À l’heure de la rédaction de cet article, bien que quelques médias secondaires affirment que la France s’est enfin positionnée et serait favorable à une mouture du projet proposé par le Danemark, aucune position officielle du gouvernement Français n’est parue… Mais… récemment encore, en mars 2025, le gouvernement de Bruno Retailleau était prêt à beaucoup de concessions avec les libertés pour surveiller les communications à l’encontre du chiffrement. Cela fait suite à de nombreuses tentatives de limitation du droit des correspondances dans l’histoire récente de la France. Ainsi, il fut nullement étonnant de voir les représentants du gouvernement français dans le groupe de travail sur l’application de la loi du 12 octobre 2025 (version diffusée par la représentation allemande ; ce groupe de travail vise à préparer et coordonner les décisions politiques liées à la coopération policière européenne) tenir la position favorable suivante :

    La France s’est largement déclarée en faveur du texte actuel. Elle a salué le fait que les ordonnances de détection aient été réintroduites. Elle s’est également félicitée de l’inclusion de la classification des risques et de l’analyse côté client. La proportionnalité a été maintenue. Il était important de garantir un examen humain des résultats positifs. La France souhaiterait donc que le Hit-System [système de correspondance de résultats dans une analyse côté client] soit réintroduit dans le texte afin de réduire le nombre de faux positifs. En outre, il doit exister un moyen de faire passer rapidement les services au statut « à haut risque » sur la base de conclusions pertinentes. La sextorsion étant un problème majeur en France, celle-ci a plaidé en faveur d’une période d’examen plus courte pour le grooming [pédopiégeage] (18 mois au lieu de 3 ans). La France s’est également félicitée de la certification des technologies de détection et de la prolongation prévue de 72 mois du règlement provisoire.

    Sans vouloir dépeindre négativement la situation, il faut reconnaître que ce dernier document est assez alarmant. La majorité des représentants y soutiennent le texte, malgré quelques réserves techniques secondaires. Seules la Pologne, l’Allemagne et la Tchéquie font preuve d’assez d’intelligence pour pouvoir, espérons-le, empêcher l’avènement du CSAR.

  • Monday 29 September 2025 - 18:26
    Bal des Petits Lits Blancs
    Bal des Petits Lits Blancs : pour financer une œuvre de bienfaisance
    Le nom " Petits Lits Blancs " fait référence aux lits d’hôpital destinés aux enfants malades. L’image évoque la fragilité de l’enfance et le besoin de soins, de tendresse et de soutien.

    Le Bal des Petits Lits Blancs : Une tradition mondaine au service de l’enfance

    - Origines et histoire
    Le Bal des Petits Lits Blancs est né d’une initiative philanthropique en 1921, portée par le journaliste Léon Bailby, directeur du journal L’Intransigeant.
    L’objectif était de financer une œuvre fondée en 1917 pour venir en aide aux enfants atteints de tuberculose osseuse.
    Ce gala de charité, rapidement devenu un événement incontournable de la vie mondaine parisienne, se tenait dans des lieux prestigieux comme le Théâtre des Champs-Élysées, l’Opéra Garnier, ou encore le Cercle de l’Union Interalliée. À partir de 1936, il s’exporte sur la Côte d’Azur, notamment au casino Palm Beach de Cannes.
    - Un événement glamour et solidaire
    Le bal réunissait chaque année des personnalités de l’aristocratie, du monde artistique, diplomatique et politique.
    Des artistes célèbres tels que Mistinguett, Arletty ou Fernandel se produisaient gratuitement pour soutenir la cause.
    Même des présidents de la République ont honoré l’événement de leur présence.
    Au programme : dîner somptueux, spectacles, tombola, et bien sûr, le bal. Les bénéfices étaient reversés à l’œuvre des Petits Lits Blancs, reconnue d’utilité publique dès 1919.
    - Une portée nationale et internationale
    Outre Paris et la Côte d’Azur, le bal a connu des déclinaisons locales, comme à Marseille dès 1935, dans les salons de la Préfecture des Bouches-du-Rhône.
    Il a aussi été organisé au Liban, notamment dans les jardins du Palais Sursock à Beyrouth, au profit de la crèche Saint-Vincent de Paul des sœurs de la Charité.
    - Interruption et renaissance
    Interrompu pendant la Seconde Guerre mondiale, le bal renaît en 1947 grâce à l’association Revivre, issue de la Résistance.
    Léon Bailby reprend son organisation jusqu’en 1953. En 1998, après 25 ans d’interruption, le bal est relancé à Beyrouth, dans un esprit de générosité et de nostalgie.

    Les programmes du Bal des Petits Lits Blancs : objets d’art et de solidarité

    Parmi les éléments emblématiques du Bal des Petits Lits Blancs, les 'programmes imprimés' occupent une place de choix. Bien plus que de simples brochures, ils étaient de véritables objets de collection, mêlant élégance, information et engagement caritatif.
    - Conception raffinée et artistique
    *Rédaction* : Chaque programme était soigneusement rédigé, avec un ton mondain et bienveillant. On y trouvait des textes d’accueil, des messages de soutien de personnalités, et des présentations de l’œuvre des Petits Lits Blancs.
    *Présentation* : Le format variait selon les années, mais il s’agissait souvent de livrets luxueux, reliés ou agrafés, parfois ornés de rubans ou de dorures.
    *Illustration* : Les couvertures et pages intérieures étaient illustrées par des artistes renommés ou des dessinateurs de presse. Certaines éditions comportaient des aquarelles, des caricatures ou des motifs Art déco, reflétant le style de l’époque.
    - Un contenu riche et évocateur
    *Textes* : Outre le programme de la soirée (menu, ordre des spectacles, noms des invités d’honneur), les livrets contenaient des articles sur les actions de l’œuvre, des témoignages, et parfois des poèmes ou des récits.
    *Publicités d’époque* : Une part importante du programme était dédiée à des 'annonces publicitaires'. Grandes maisons de couture, parfumeurs, joailliers, hôtels, automobiles… toutes les marques prestigieuses souhaitaient associer leur image à cet événement mondain et solidaire.
    Ces encarts publicitaires sont aujourd’hui de précieux témoignages du style et du commerce de l’époque.
    - Une finalité caritative et festive
    *Participation à la loterie* : L’achat du programme donnait droit à un 'ticket de tombola', dont les lots étaient souvent offerts par les sponsors ou les artistes.
    Les gains allaient de bijoux à des séjours dans des palaces, en passant par des œuvres d’art.
    *Soutien à l’œuvre* : Les recettes générées par la vente des programmes et la tombola étaient intégralement reversées à l’association, permettant de financer des soins, des séjours en sanatorium, ou des vacances pour les enfants malades.

    Héritage et valeur patrimoniale

    Aujourd’hui, ces programmes sont recherchés par les collectionneurs, les historiens et les bibliophiles. Ils témoignent d’un art de vivre, d’un engagement social et d’une époque où la mondanité se mettait au service des plus fragiles.

    Programme du Bal des Petits Lits Blancs 1952

    1 -Informations générales
    - 'Titre' : *Petits Lits Blancs et Contes de Fées*
    - 'Événement' : 24ᵉ Bal des Petits Lits Blancs
    - 'Date' : 20 mai 1952
    - 'Lieu' : Théâtre National de Chaillot, Paris
    - 'Présenté par' : Léon Bailby
    - 'Sous le Haut Patronage' : Monsieur le Président de la République
    - 'Sous le Patronage' : *France-Soir*, *Paris-Presse*, *L’Intransigeant*
    2 - Caractéristiques physiques
    Dimensions : 26 x 21 x 2 cm                   
    Poids : 750 g                            
    Papier : Filigrané Pur Fil Johannot de Marmaty             
    Tirage total : 2 500 exemplaires numérotés      
    Utilité du numéro : Participation au tirage de la tombola 
    3 - Conception et contenu artistique
    - 'Illustrations inédites' par de grands noms de l’art français :
    * Jean Cocteau
    * Jean Picart le Doux
    * Touchagues
    * F. Adnet, L. Maclès, N. Lavaivre, S. Raymond, S. Benjamin, Ray Bret-Koch, CH. Kiffer, J-D. Maillard, P. Stierlin
    - 'Format' : Livret de luxe, couverture rempliée, environ 160 pages
    - 'Esthétique' : Mélange de styles modernes et féériques, en lien avec le thème des contes de fées
    4 - Contenu rédactionnel et publicitaire
    - 'Textes' :
    * Présentation de l’œuvre caritative
    * Programme de la soirée : menu, spectacles, invités
    * Messages de personnalités et textes poétiques
    - 'Publicités d’époque' :
    * Marques de prestige dans les domaines de la mode, parfumerie, automobile, hôtellerie
    * Encarts illustrés, souvent en pleine page, reflétant le luxe des années 1950
    5 - Finalité caritative et festive
    - 'Participation à la tombola' : Chaque programme numéroté servait de billet pour une loterie dont les lots étaient offerts par les mécènes
    - 'Objectif' : Financer les soins et les séjours d’enfants malades dans des établissements spécialisés
    6 - Événement et ambiance
    - 'Spectacles' :
    * Ballets de l’Opéra de Paris
    * Revue avec meneuse de scène
    * Performances de Robert Lamoureux, Marcelle Derrien, Jean Debucourt
    * Chœurs d’enfants en costume marin
    - 'Lieu décoré' : Le Théâtre National de Chaillot transformé en univers féerique
    7 - Valeur patrimoniale
    Ce programme est aujourd’hui un 'objet de collection recherché', témoin d’une époque où l’élégance parisienne se mettait au service de la solidarité. Il incarne l’union du raffinement artistique et de l’engagement social.

    Notre exemplaire du jour : Petits Lits Blancs et Contes de Fées - programme du 20 Mai 1952

    Petits Lits Blancs et Contes de Fées
    1952
    Hors-texte inédits des grands illustrateurs Français
    Thibault de Champigny.
    Papier Filigrané Pur Fil Johannot de Marmaty
    portant le numéro 447, qui permet également la participation au tirage de la tombola
    Sous Le Haut Patronage de Monsieur le Président de La République
    Léon Bailby, présente
    Théâtre National de Chaillot, le 20 Mai 1952
    le vingt-quatrième Bal Des " PETITS LITS BLANCS ".
    Sous le Patronage de FRANCE-SOIR - PARIS-PRESSE-L'INTRANSIGEANT

    dimensions : 26 x 21 x 2 cm
    poids : 750 g
    enrichi de très nombreux "mini-documents" (cartes de visite, cartes publicitaires, etc...) d'époque
    le signet d'origine intact et présent, ave l'inscription publicitaire " MISTIGRI - Jacques Griffe - Paris ".
    le tout (et bien plus encore :) ) visible en détails d'un simple " clic " sur les vignettes ci-dessous…
        enjoy :)© Ma Petite Brocante en Ligne - duplication interdite
  • Monday 29 September 2025 - 17:01
  • Monday 29 September 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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    Spécial femmes en France

    • L’écriture inclusive, une arme contre les stéréotypes de genre (theconversation.com)

      Avec la neutralisation, les stéréotypes influencent fortement l’interprétation. Par exemple, les sujets ont tendance à répondre qu’un poste en ingénierie vise plutôt des hommes et un poste dans les soins de beauté plutôt des femmes. En revanche, avec la féminisation, cet effet est atténué, permettant des associations non stéréotypées

    • La parité dans l’intersyndicale (humanite.fr)

      Désormais, elles sont cinq ! Cinq femmes qui n’hésitent pas à se revendiquer « féministes » et à le dire ensemble, dans une tribune récente accusant le projet de budget de « sexisme ». La moitié des syndicats français – CGT, CFDT, FSU, Solidaires – sont, au plan national, dirigés aujourd’hui par des femmes. […] Une évolution qui a aussi conduit leurs camarades masculins (pas tous hélas !) à cesser de les considérer comme subalternes et admettre qu’elles sont leurs égales dans le travail, dans la vie, dans le syndicalisme. Égales au point de pouvoir exercer la fonction de numéro un de leur organisation, au point d’être ressenties, par eux, comme représentant aussi les hommes du syndicat, ce qui, dans une société marquée par le patriarcat, reste le plus difficile.

    • « Lettres pour un avortement illégal » : appels au secours (politis.fr)

      L’ONG Choisir la cause des femmes a rassemblé dans un livre des lettres envoyées, au début des années 1970, par des femmes désespérées à un professeur de médecine pro-IVG, afin de lui demander de l’aide. […] « Ce qu’on lit à travers ces lettres, c’est ce qu’il se passe actuellement dans certains pays européens comme la Pologne, la Hongrie ou l’Italie. Ce sont les mêmes implorations pour obtenir un avortement “illégal”. La seule différence, c’est qu’aujourd’hui elles sont écrites par textos. »

    • Professeure hospitalisée, adolescent fasciné par Hitler et au pronostic vital engagé… Ce que l’on sait de l’agression au couteau dans un collège du Bas-Rhin (franceinfo.fr)

    Spécial médias et pouvoir

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial Sarko bientôt en prison

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    Les autres lectures de la semaine

    • ROCH HACHANA 5786 (blogs.mediapart.fr)

      Il y a quelque chose de profondément vain à nous souhaiter la bonne année alors même que nous assistons impuissant•es depuis près de deux ans à la destruction méthodique du peuple palestinien par l’armée génocidaire de l’État qui se dit celui du peuple juif, et que beaucoup des nôtres reconnaissent malheureusement comme tel.

    • Les déshumanisateurs (monde-diplomatique.fr)

      D’abord, on a informatisé. Dans les années 1980, en France et ailleurs, l’alignement du public sur le privé conduit à doter les fonctionnaires de micro-ordinateurs qui contribuent à mesurer leur productivité. Depuis les années 2000, on numérise. En principe au bénéfice de la qualité du service public rendu à l’usager ; en réalité pour abaisser son coût. Contrairement à ce que prétendent leurs tenants, la numérisation comme la « dématérialisation » visent surtout à réaliser des économies. Ou à lutter contre la fraude, avec pour corollaire une complexification des démarches, en particulier de celles exigées des plus précaires.

    • « Ce qui soude le patronat, c’est une peur panique de la gauche » (politis.fr)

      Beaucoup ont perçu Trump comme un démagogue isolé, un « fou dangereux ». À mon sens, on a manqué de vigilance sur les idées qu’il portait réellement. Prenez Peter Thiel, l’un de ses soutiens les plus proches, cofondateur de PayPal. Il écrivait déjà il y a vingt ans : « Je suis arrivé à la conviction que la liberté est incompatible avec la démocratie. » Il parle bien sûr de la liberté d’entreprendre, de commercer, d’accumuler du capital – pas de liberté politique.

    • Peter Thiel : notes secrètes du séminaire sur l’Antéchrist (legrandcontinent.eu)

      Peter Thiel travaille avec minutie son image. […] En cette rentrée, il a décidé de lancer un nouveau format à San Francisco : un séminaire sur inscription, en présentiel uniquement et totalement fermé — avec une règle très stricte de confidentialité : rien ne doit être enregistré ni en sortir.Le thème choisi est celui de presque toutes ses interventions depuis deux ans : l’Antéchrist.

    • The Political Power of Eschatological Thinking : This Is Why Peter Thiel Is Talking About the Antichrist (realtimetechpocalypse.com)
    • Quand la jeunesse allemande emmerdait l’État nazi (lundi.am)
    • Dans les polars des années 1950, des gifles pour réduire les personnages féminins au silence (theconversation.com)

      Dans les romans policiers en français des années 1950-1970, écrits presqu’exclusivement par des hommes, les mots « gifle » et « gifler » ont souvent pour victimes des femmes qu’il s’agit de faire taire pour asseoir la domination masculine, comme le montre une étude linguistique.

    • C’est en ayant moins d’enfants que les femmes ont réduit l’écart salarial avec les hommes (theconversation.com)

      Aux États-Unis, baisse du taux de natalité et réduction de l’écart salarial entre hommes et femmes ne sont pas simplement concomitantes. Elles sont liées.

    • Le genre de la dette (laviedesidees.fr)

      À propos d’Isabelle Guérin, Santosh Kumar & G. Venkatasubramanian, The indebted woman. Kinship, sexuality and capitalism, StandfordLoin de la figure du banquier et du trader souvent mise en avant, ce sont des femmes pauvres qui, en gérant les dettes domestiques, sont des piliers du capitalisme financier dans les Nords comme les Suds. Elles incarnent une éthique du devoir, de la redevabilité et de la culpabilité.

    • L’art d’éduquer les princesses de la Renaissance : ce que nous apprennent les « Enseignements » d’Anne de France (theconversation.com)

      À partir du Moyen Âge, l’éducation des filles fait l’objet d’une grande attention dans la noblesse et, dans une moindre mesure, les milieux bourgeois.

    • Christine de Pizan : Europe’s First Professional Female Writer (daily.jstor.org)

      Christine used her pen to make a living at the French court, but even more pointedly, she used it to argue the value of educated women.

    • Du slip troué aux sachets de thé, quelques indicateurs pour mesurer la santé des sols (theconversation.com)
    • Pourquoi les fleurs du « phallus de titan » ont-elles une odeur si nauséabonde ? (theconversation.com)

      C’est l’une des plus grandes inflorescences du monde et sa floraison a tout d’un spectacle macabre. Celle-ci, qui n’a lieu qu’une fois tous les sept à dix ans, ne dure que deux nuits et libère un parfum pestilentiel digne d’une carcasse en décomposition. Derrière cette puanteur insoutenable se cache en fait une stratégie de pollinisation sophistiquée

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    • Protéger les cultures sans pesticides grâce au langage olfactif des plantes (theconversation.com)

      Les plantes utilisent les odeurs pour se défendre contre les insectes nuisibles et les scientifiques cherchent à exploiter ces messages invisibles pour développer de nouvelles méthodes de protection des cultures plus respectueuses de l’environnement.

    • Images mouvementées : nouvelle édition du festival de cinéma d’Attac (basta.media)

      Du 2 au 16 octobre, tous les mardis et jeudis, le cinéma Les 5 Caumartin à Paris accueille la 23e édition du festival de cinéma documentaire d’Attac. Au programme, des films et des débats pour comprendre le monde et ne pas baisser les bras.

    • Lancement de la Démarche NIRD ! (nird.forge.apps.education.fr)

      À l’heure où la fin du support de Windows 10 nous rappelle notre dépendance technologique et nous oblige à faire des choix, un collectif enseignant issu de la forge des communs numériques éducatifs invite les établissements scolaires et les collectivités qui les accompagnent à s’engager progressivement vers un Numérique qui soit davantage Inclusif, Responsable et Durable, en rejoignant la « démarche NIRD  ».

    • Sarah qui ? Ça raccroche ! (framablog.org)

      Marre des appels indésirables ? Un développeur français vous propose de bloquer plus de 16 millions de numéros sur iOS et Android.

    • Manko, vulve et l’artiste Rokudenashiko (monvoisin.xyz)
    • Anamorphic Masterpieces : 3D Street Art by WD (theinspirationgrid.com)

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Friday 26 September 2025 - 18:13
    Bel exemplaire de the
  • Friday 26 September 2025 - 17:36
    Ladies Fashionable Repository
    Ladies Fashionable Repository : rare édition sous forme de livre-carnet de 1866

    " Ladies Fashionable Repository " : Une pépite oubliée de la presse féminine victorienne

    Une revue née en 1809 : élégance, éducation et distinction
    Le " Ladies' Fashionable Repository " est lancé en 1809 à Ipswich, en Angleterre, dans un format original de "livre-carnet portable", pensé pour les femmes de la "bourgeoisie et de l’aristocratie".
    Ce périodique annuel se distingue par son ambition : "éduquer, divertir et inspirer" les femmes cultivées à une époque où leur accès à la presse restait limité.
    Son contenu mêlait :
    - Des "illustrations de mode" détaillées, souvent en couleur
    - Des "essais littéraires", poèmes et récits
    - Des "conseils domestiques" et de bienséance
    - Des "rubriques culturelles" sur les arts, le théâtre et les voyages

    Une évolution éditoriale sur près d’un siècle ...

    La publication change plusieurs fois de nom et d’éditeur :
    ( Période ) / ( Titre de la publication ) / ( Éditeur principal )
    - 1809–1829 / *Ladies' Fashionable Repository* / Anonyme (Ipswich)
    - 1829–1834 / *Raw's Ladies Fashionable Repository* / Raw
    - 1837–1900 / *Pawsey's Ladies Fashionable Repository* / Pawsey
    Ces changements reflètent les dynamiques du marché éditorial britannique et l’adaptation aux goûts d’un lectorat féminin de plus en plus exigeant.

    Une vitrine de la mode et des mœurs victoriennes

    La revue s’inscrit dans la tradition des grands magazines féminins du XIXe siècle comme " La Belle Assemblée " ou " The Lady’s Magazine ".
    Elle offrait :
    - Des "planches de mode" illustrant les tendances de Londres et Paris
    - Des "modèles de broderie et de couture"
    - Des "critiques de livres et de pièces de théâtre"
    - Des "anecdotes historiques" et portraits de femmes célèbres
    Elle servait à la fois de "guide de style" et de "miroir culturel", valorisant les vertus féminines tout en cultivant l’esprit.

    Une rareté bibliophilique aujourd’hui

    La plupart des exemplaires originaux ont disparu, rendant cette revue difficile à trouver.
    Quelques bibliothèques comme la "British Library" ou la "State Library of New South Wales" conservent des copies numérisées, notamment pour les années 1809 à 1876.
    ** "Valeur estimée" : En état correct, un exemplaire peut valoir "environ 150 €", voire bien davantage pour les éditions illustrées ou rares.

    Pourquoi cette revue mérite-t-elle d’être redécouverte ?

    - Elle témoigne de l’"éveil intellectuel et culturel des femmes" au XIXe siècle.
    - Elle constitue une "source précieuse pour les historiens de la mode et du genre".
    - Elle incarne une époque où la presse féminine était à la fois "élégante, éducative et influente".

    Pour aller plus loin dans les détails vous pouvez aussi ...

    - Lire les archives numérisées sur [la State Library of NSW](https://collection.sl.nsw.gov.au/record/74VKVrrQjMyg)
    - Explorer les collections spécialisées sur [Cardiff University – Gender & Fashion Archives](https://www.cardiff.ac.uk/special-collections/subject-guides/gender-history/fashion)
    - Consulter la [liste complète des périodiques britanniques du XIXe siècle](https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_19th-century_British_periodicals)

    Notre livre du jour : PAWSEY'S LASIES - Fashionable Repository - for 1866

    Imprimé par " HADDOCK " à Ipswich
    Il comporte une foule d'illustrations, gravures ou autres, d'époque, représentant des lieux bien particuliers, de nombreux articles sur la poésie française, italienne, européenne, des énigmes à résoudre.
    Des nouvelles émises par les correspondants à l'étranger de l'éditeur.
    Y figure également un agenda, avec pour chaque mois, les phase de la lune ainsi que jour par jour les différentes fêtes importantes.
    présence d'ex-libris : 
    - S.B.HOWELL - Bookseller, 52 New Street, BIRMINGHAM
    - GUILLOT De Saix
    Ce petit chef-d'œuvre fut apparemment offert ou acheté le 22 décembre 1965 par une certaine " Mrs Alkire ".
    Les gravures, même de ce format, sont absolument superbes de par leur finesse et leur richesse dans les détails.
    Le papier, de belle qualité, comporte une " marque " en relief de style ' blason ' ...
    dimensions : 12 x 8 x 1 cm
    poids : 70 g
    La reliure réalisée en cuir rouge vif, pour l'extérieur, vert foncé pour l'intérieur et munie d'une petite patte de fermeture est en excellent état, les tranches dorées.
    Les pages intérieures, fort bien conservée, livrent leurs textes sans aucun soucis.
    L'ensemble porte évidemment des usures d'usage ou temporelles, mais reste, pour son époque et sa catégorie dans un excellent état de conservation.
    Un fort bel exemplaire !!!
       enjoy :)
    © Ma Petite Brocante en Ligne - duplication interdite
  • Thursday 25 September 2025 - 19:00
    Découvrir la Corse par la route …
  • Thursday 25 September 2025 - 18:27
    from OkWin
    La Corse est bien une île, mais elle n'est pas que "plages " ou lieux de bronzette …
    La découvrir, par la route, par l'intérieur, vous fera découvrir des lieux parfois inconnus ou insoupçonnables. Un vrai régal pour les yeux et des milliers de photographies en prévision.
    En voici un petit échantillon, pris avec un Samsung, en format vertical, pour vous mettre l'eau à la bouche ...
    La Corse
    La Corse : comment la découvrir hors des sentiers battus ?

    Visiter la Corse par la route : entre mer et montagne, un road trip inoubliable

    La Corse, surnommée l’Île de Beauté, porte bien son nom…
    Entre ses plages paradisiaques, ses villages perchés et ses routes sinueuses qui serpentent à travers montagnes et falaises, elle offre une expérience de voyage unique. Et quoi de mieux que de découvrir ses trésors en voiture, à votre rythme, en vous laissant guider par les paysages ?
    Voici un exemple d'itinéraire et quelques conseils pour visiter la Corse par la route, de l’intérieur comme le long des côtes.
    L’intérieur de la Corse : authenticité et nature sauvage
    Loin des stations balnéaires, l’intérieur de la Corse dévoile une autre facette de l’île : plus brute, plus authentique, mais tout aussi fascinante.
    * Corte, cœur battant de la montagne corse
    Commencez votre périple à Corte, ancienne capitale historique nichée au cœur de l’île. Entourée de montagnes, elle est le point de départ idéal pour explorer la vallée de la Restonica, paradis des randonneurs.
    Les routes qui y mènent sont étroites mais spectaculaires, bordées de pins laricio et de torrents cristallins.
    * Les villages perchés de la Castagniccia
    En poursuivant vers l’est, la Castagniccia vous accueille avec ses forêts de châtaigniers et ses villages suspendus comme Piedicroce ou La Porta.
    Ici, le temps semble s’être arrêté. Les routes sont sinueuses, parfois escarpées, mais chaque virage révèle une vue imprenable sur les vallées.
    * Le col de Bavella : entre falaises et pins tordus
    Plus au sud, le col de Bavella est un incontournable. Ses aiguilles de granit rouge dominent la route qui relie Zonza à Solenzara.
    C’est l’un des plus beaux panoramas de l’île.
    En voiture, le trajet est une succession de lacets, mais le spectacle vaut chaque détour.

    Le littoral corse : plages, falaises et villages de pêcheurs

    Après avoir exploré l’intérieur, cap sur les côtes corses, où la mer Méditerranée vous accompagne à chaque virage.
    * La côte ouest : sauvage et spectaculaire
    Depuis Ajaccio, prenez la route vers les Calanques de Piana.
    Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces formations rocheuses rouges plongent dans la mer turquoise.
    La route D81, qui relie Piana à Porto, est l’une des plus belles de Corse : étroite, sinueuse, mais bordée de paysages à couper le souffle.
    Continuez vers le nord en direction de Galéria et Calvi. Vous traverserez la réserve naturelle de Scandola, accessible uniquement en bateau ou en randonnée, mais visible depuis certains points de la route. Calvi, avec sa citadelle et ses plages, est une halte parfaite pour se détendre.
    * La côte est : plus douce, mais pleine de charme
    La côte orientale est moins escarpée, mais elle offre de longues plages de sable fin et des villages typiques comme Aleria ou Ghisonaccia.

    C’est aussi une région viticole : n’hésitez pas à faire une pause dans un domaine pour déguster les vins corses.

    * Le sud : entre luxe et nature
    Enfin, le sud de l’île combine glamour et nature sauvage.
    Bonifacio, perchée sur ses falaises de calcaire, est un bijou.
    La route qui y mène depuis Porto-Vecchio longe des plages mythiques comme Palombaggia ou Santa Giulia.
    En voiture, vous pourrez vous arrêter à votre guise pour profiter de criques secrètes ou de points de vue spectaculaires.

    Conseils pratiques pour un road trip réussi en Corse

    - "Louez un véhicule adapté" : les routes corses sont souvent étroites et sinueuses. Un petit véhicule est plus maniable, mais un SUV peut être utile pour les routes de montagne.
    - "Préparez votre itinéraire" : certaines routes peuvent être fermées en hiver ou après des intempéries. Vérifiez les conditions avant de partir.
    - "Prenez votre temps" : la Corse ne se visite pas au pas de course. Prévoyez des étapes courtes et laissez place à l’imprévu.
    - "Respectez la nature" : l’île est fragile. Ne jetez rien, respectez les sentiers et évitez de vous garer en dehors des zones prévues.
    - "Goûtez local" : chaque village a ses spécialités. Fromages, charcuteries, miels, vins… la route est aussi un voyage gastronomique.

    IN FINE : la Corse, une île à découvrir virage après virage

    Visiter la Corse par la route, c’est s’offrir une immersion totale dans une île aux mille visages.
    Des montagnes de l’intérieur aux criques secrètes du littoral, chaque kilomètre est une promesse de découverte.

    Que vous soyez amateur de panoramas, de culture corse ou simplement en quête de liberté, le road trip corse vous laissera des souvenirs impérissables.
    Les quelques photos ci-dessous (vignettes cliquables) vont vous aider à illustrer une partie de ces paysages mémorables; vous pouvez même les télécharger directement en grand format pour les mettre en fond d'écran sur votre smartphone et commencer à ... rêver ...
       enjoy   :)
    © OkWin.fr
  • Wednesday 24 September 2025 - 19:11
    Clochette de table en bronze
  • Wednesday 24 September 2025 - 18:45
  • Wednesday 24 September 2025 - 18:40
    clochettes de table
    clochettes de table : des objets, en bronze, décoratifs, fonctionnels et recherchés

    Les clochettes de table en bronze : entre raffinement et tradition

    Les clochettes de table en bronze incarnent un charme intemporel, mêlant fonctionnalité et esthétique.
    Utilisées autrefois dans les maisons bourgeoises, les hôtels particuliers ou les établissements de prestige, elles servaient à appeler le personnel avec discrétion et élégance.
    Fabriquées en bronze, un alliage noble de cuivre et d’étain, ces clochettes se distinguent par leur son clair et cristallin, leur durabilité, et leur patine chaleureuse qui se bonifie avec le temps.
    Chaque pièce est souvent ornée de motifs décoratifs : fleurs de style Art Nouveau, figures animales, silhouettes féminines ou encore symboles religieux, selon l’époque et la provenance.
    Certaines clochettes, comme celles du XIXe siècle, présentent des détails sculptés à la main, faisant d’elles de véritables objets d’art.
    D’autres, plus sobres, étaient conçues pour un usage quotidien dans les maisons de campagne ou les monastères.
    Aujourd’hui, les clochettes de table en bronze sont prisées par les collectionneurs, les amateurs d’antiquités et les passionnés de décoration vintage.
    Elles trouvent leur place sur une étagère, un bureau ou une table de réception, apportant une touche de nostalgie raffinée à tout intérieur.

    Les Clochettes de table en bronze : l’élégance des femmes en costume médiéval

    Parmi les objets décoratifs les plus raffinés du XIXe siècle, les "clochettes de table en bronze représentant des femmes en costume d’époque" occupent une place singulière.
    À la croisée de l’art décoratif, de l’artisanat d’art et de la nostalgie historique, ces pièces séduisent par leur "esthétique soignée", leur "symbolique forte" et leur "valeur patrimoniale".
    Une silhouette féminine comme prise ou corps.
    La particularité de ces clochettes réside dans leur "prise sculptée", souvent figurée par une femme vêtue d’un costume du Moyen Âge : robe longue à corsage ajusté, coiffe ou hennin, manches bouffantes, parfois même une cape ou un voile.
    Ces représentations ne sont pas anodines : elles évoquent la "noblesse médiévale", les "figures de cour", ou encore les "dames de compagnie", incarnant à la fois la grâce, la retenue et l’autorité discrète.
    Certaines pièces sont inspirées de la "Renaissance" ou du "XVIIIe siècle", mais le style médiéval reste le plus prisé, notamment pour son "romantisme historique" et son "imaginaire chevaleresque".

    Un travail de bronze finement ciselé

    Fabriquées en "bronze massif", ces clochettes témoignent d’un "savoir-faire artisanal remarquable".
    Le métal est souvent "doré", "patiné" ou "bruni", et les détails sont minutieusement travaillés : plis du vêtement, expressions du visage, textures des coiffes.
    Chaque pièce est unique, et certaines sont signées par des fondeurs ou sculpteurs renommés.
    Le corps de la clochette, généralement en forme de jupe évasée, produit un "son clair et cristallin", ce qui en faisait un "instrument fonctionnel" autant qu’un "objet de vitrine".

    Un objet de prestige et de collection

    À l’origine, ces clochettes étaient utilisées dans les "maisons bourgeoises", les "salons aristocratiques" ou les "hôtels particuliers", pour appeler le personnel ou ponctuer les repas.
    Aujourd’hui, elles sont recherchées par les "collectionneurs d’objets anciens", les "passionnés d’histoire" et les "décorateurs d’intérieur" en quête d’authenticité.
    Leur valeur dépend de plusieurs critères :
    - "Époque" : la majorité date du XIXe siècle, période faste pour les arts décoratifs
    - "État" : une clochette intacte, sans fissure ni altération sonore, est très recherchée et convoitée
    - "Rareté" : certaines modèles sont extrêmement rares, notamment ceux représentant des figures historiques ou mythologiques
    - "Origine" : les pièces françaises sont particulièrement prisées pour leur finesse
    Pour les amateurs éclairés
    Posséder une clochette de table en bronze représentant une femme en costume médiéval, c’est "détenir un fragment d’histoire", une "évocation poétique du passé", et un "témoignage du goût raffiné" d’une époque révolue.
    Que ce soit pour enrichir une collection, embellir un intérieur ou simplement pour le plaisir de l’objet, ces clochettes incarnent une forme d’art discrète mais profondément expressive.

    Des détails techniques de fabrication et de conception

    1 - "Matériaux et fonderie"
    - "Bronze" : alliage de cuivre et d’étain, choisi pour sa résonance, sa durabilité et sa capacité à être finement ciselé.
    - La clochette est généralement "coulée en une seule pièce", notamment pour les modèles figuratifs où la robe de la femme forme le corps de la cloche.
    - Après la coulée, la pièce est "retouchée à la main" : ciselage des détails, polissage, parfois dorure ou patine.
    2 - "Mécanisme sonore"
    Il existe deux principaux types de mécanismes internes :
    a. "Le battant suspendu (type "gong")"
    - Un "petit cylindre ou sphère métallique" est suspendu à l’intérieur de la cloche par un fil ou une tige.
    - Lorsqu’on secoue la clochette, le battant frappe les parois internes, produisant un "son clair et prolongé".
    - Ce système est le plus courant dans les clochettes de table anciennes, notamment celles à usage domestique ou liturgique.
    b. "Le marteau à ressort (type "sonnette")"
    - Moins fréquent dans les clochettes figuratives, ce mécanisme repose sur un "petit marteau actionné par un bouton ou levier".
    - Le marteau frappe une plaque ou le corps de la cloche, générant un "son plus sec et ponctuel".
    - Ce système est souvent utilisé dans les "sonnettes de comptoir" ou les "clochettes d’hôtel", mais rarement dans les modèles décoratifs en forme de femme.
    3 - "Conception intérieure"
    - L’intérieur est souvent "creux", avec une ouverture assez large pour permettre au son de se diffuser.
    - Le battant est parfois "fixé à une petite tige métallique" soudée au sommet intérieur.
    - Sur certains modèles, le battant est "amovible", permettant un entretien ou un remplacement.

    Tous ces détails techniques ajoutent à la "valeur historique et artisanale" de chaque clochette ... et si vous en possédez une, il vous faut bien l’observer sous différents angles (et écouter son timbre !) ... pour, peut-être, révéler bien plus qu’un simple objet décoratif ...
    Prenez le temps de 'visiter' la collection de clochettes en bronze ci-dessous et de regarder les détails en cliquant sur les petites vignettes ...
          enjoy :)

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  • Wednesday 24 September 2025 - 18:14

    Battery on fire in a car
    Un beau matin, ma voiture n’a pas démarré : rien ne répondait. Ni la clé à distance, ni le bouton sur la porte. Une fois dedans avec la clé d’urgence (une serrure derrière la poignée de porte), impossible de démarrer.

    J’avais déjà connu ça sur ma précédente voiture (hybride) et même ma Diesel d’avant : manifestement, la batterie 12 V était morte.

    TL;DR : batterie 12 V remplacée et pour l’instant tout semble bon.
    La suite de l’article traite de la raison d’être d’une batterie 12 V dans une EV et comment elle est gérée.

    Car oui : les voitures électriques, avec des grosses batteries 400 ou 800 V ont aussi une petite batterie 12 V (et même une toute petite batterie 3,7 V pour le système eCall, mais ça c’est pas spécifique aux EV). Ici je reviens sur le rôle des batteries, la raison de leur défaillance dans une EV, et ma solution pour ne plus me retrouver coincé à l’avenir et pouvoir me dépanner.

    Batterie 12 V ?

    Le rôle d’une batterie 12 V dans une voiture, qu’elle soit électrique ou thermique, c’est de permettre le démarrage de la voiture. C’est aussi elle qui alimente les accessoires (radio, vitres électriques, phares…), en particulier quand le moteur lui-même ne tourne pas — moteur qui, s’il tourne, entraîne l’alternateur et produit donc du courant lui-même.

    Dans ces voitures thermiques, cela demande une puissance conséquente : plusieurs centaines d’ampères traversent le démarreur d’une voiture thermique, qui va lancer le moteur thermique, très lourd. Une fois lancé, la rotation du moteur thermique s’entretient toute seule.

    Dans une voiture électrique, il serait possible de s’en passer en puisant l’énergie sur la grosse batterie de propulsion. C’est juste qu’avoir un circuit basse-tension permet une certaine redondance sur le circuit haute tension, en cas d’accident par exemple. À mon avis ça pourra changer dans l’avenir, et pour l’instant on utilise surtout ça par héritage des voitures thermiques ; toujours est-il qu’il y en a une.

    Dans une EV, la batterie 12 V sert donc aux accessoires et au démarrage, mais pas du moteur. Un moteur électrique n’a pas besoin de démarreur et il ne tourne pas dans le vide : au point mort, le moteur électrique ne tourne tout simplement pas. Dans ces conditions, le démarrage équivaut à allumer les systèmes électroniques. Lancer tout ça est nettement moins gourmand : le pic d’intensité débité est de seulement 20 A environ sur une EV. Même chose sur les hybrides, où le 12 V alimente le système électronique, qui démarre le moteur électrique, qui lui démarre le moteur thermique (si besoin).

    Notons que sur les EV, la grosse batterie peut recharger la 12 V. On n’a pas d’alternateur comme sur une thermique, mais on a un convertisseur DC-DC. Ce système fonctionne aussi quand on ne roule pas : le système de bord (qui reste partiellement allumé même quand la voiture est éteinte) peut détecter le besoin de recharger la batterie 12 V et le faire, en puisant sur la grosse batterie, ou alors sur la prise de recharge si elle est branchée.

    Ma panne 12 V

    Voiture non-répondante, et ouverte par la clé de secours, j’ouvre donc le capot.

    Au multimètre, la batterie 12 V affiche 3,5 V. C’est une batterie au plomb, comme dans la plupart des voitures. Ces batteries sont en bonne santé quand elles affichent entre 12,6 et 12,8 V. En dessous, elles ont besoin d’une charge, et en dessous de 11,7 V elles sont réputées mortes, et se dégradent par sulfatation : du sulfate de plomb recouvre les anodes, rendant les échanges d’électrons impossibles, plombant (calembour) sa capacité.

    À 3,5 V, donc, ça craint.

    J’ai évidemment un booster chez moi. Un petit truc à 20 €. Il m’avait déjà dépanné par le passé, sur mes précédentes voitures mais aussi au bord de la route pour des inconnus. Câblé sur la batterie, comme je suis entré « en fraude » dans la voiture, l’alarme se déclenche. Appuyer sur « déverrouiller » sur la clé suffit à arrêter le bruit.

    Sauf que n’ayant pas servi depuis 2 ans, le booster était vide et n’a pas su démarrer la voiture complètement. Le système de bord a donc démarré, mais il s’est éteint après quelques instants, en tout cas avant que la voiture ne puisse se lancer complètement, et que la grosse batterie puisse recharger la petite ou prendre son relais.

    En temps normal, dans ma voiture, lorsqu’elle est éteinte, quand la 12 V atteint 12,6 V, la grosse batterie la recharge. Sauf que ça ne le fait qu’un certain nombre de fois, au-delà, la voiture décrète que la batterie a manifestement un problème et cesse de la recharger. Ceci pour éviter de drainer la grosse batterie lors des stationnements prolongés (la voiture ne sachant pas combien de temps elle va rester là). La voiture refuse également de recharger la 12 V quand la grosse batterie est sous 10 %. En tout cas chez Hyundai c’est comme ça. Bien ou mal, c’est comme ça, et ce sont des limites que je comprends (même si c’est ironique d’avoir une énorme batterie pleine et de ne pas pouvoir démarrer à cause d’une 12 V — ironiquement, la première Ioniq en 2016 avait un bouton pour forcer la recharge 12 V depuis la batterie haute tension).
    Tout ceci ne vaut que lors du stationnement : en roulant, c’est essentiellement la grosse batterie qui alimente tout et recharge la batterie 12 V.

    En tout cas, sans 12 V, et booster vide, impossible de démarrer.

    Je fais venir un dépanneur : il me câble la voiture et ça démarre du premier coup (preuve rassurante que c’était le seul problème). La voiture recharge la 12 V et c’est reparti… pour deux jours, avant d’avoir un problème similaire (la 12 V affiche 7,5 V). Je peux recâbler moi-même cette fois avec la batterie d’une autre voiture.
    Idem le lendemain encore : même si cette fois la voiture démarre, elle affiche un message selon lequel la 12 V est faible. Le soir même, impossible de démarrer. Je dois la câbler avec une batterie 12 V que j’ai désormais sous la main.

    Entre-temps j’ai commandé une batterie 12 V neuve. On verra si c’est ça le problème, mais il y a des chances.

    Avec tout ça, le petit booster est mort : il ne charge plus du tout. Je l’ai désossé pour voir comment ça marche avant de le jeter.

    Pourquoi la 12 V est morte ?

    J’ai ma voiture depuis 2,5 ans. La batterie doit avoir un peu moins de 3 ans. Normalement, elles durent entre 3 et 5 ans sur une voiture classique. Ce n’est donc pas une mort « très » précoce, mais c’est tout de même un peu tôt.

    Comme j’ai dit plus haut, sur une thermique, le moteur thermique fait tourner l’alternateur qui recharge la 12 V pendant la conduite. Une partie de l’énergie alimente aussi les accessoires.
    Le même principe a lieu dans une EV, en ajoutant le fait que la 12 V fonctionne aussi quand la voiture est « éteinte » : le gestionnaire de recharge, le BMS, une partie de l’électronique est maintenue en semi-veille. Ce n’est qu’à partir d’une certaine période (plusieurs jours) que la voiture se met en veille bien plus profonde.

    Si la batterie 12 V est à un niveau trop faible durant cette période, la grosse batterie peut la recharger. Tout ceci augmente le nombre de cycles de la petite batterie, qui s’use donc plus vite. Aussi, quand la 12 V est à une tension trop basse (moins de 12,3 V), la voiture ne la recharge plus, et elle finit par totalement se vider à cause des éléments qui tournent en veille et qui tirent du courant dessus, jusqu’à 3 V par exemple, où elle n’allumera plus rien du tout.

    Voilà pourquoi les 12 V sont moins durables sur les EV. C’est en tout cas ce que pense The Ioniq Guy, et ça semble se tenir. Il a eu exactement le même problème que moi sur sa Ioniq 5, et beaucoup de monde aussi, à peu près au même moment (2,5 ans après l’achat, chez Hyundai-Kia, mais aussi ailleurs, comme Tesla).

    Donc on fait quoi ?

    Autant les plaquettes de frein durent la durée de vie de la voiture, et il y a nettement moins de maintenance sur une EV en général, il semble que pour la batterie 12 V, ce soit le contraire : elles s’useraient plus vite et il faut la changer tous les 2-3 ans au lieu de 3-5 ans.
    Le bruit court aussi que chez Hyundai en particulier, les batteries 12 V sont de mauvaise qualité.

    Certains constructeurs commencent à laisser tomber les batteries au plomb (3-5 ans de durée de vie) et à recommander des batteries lithium-Ion (beaucoup plus durables) pour le circuit 12 V. Cela semble être une solution à court terme. À long terme, j’espère et je pense qu’on se passera de ça et qu’on alimente tout avec la batterie haute tension et des convertisseurs DC-DC. Personne ne fera croire à personne d’autre que les >50 kWh dans une batterie ne suffise pas pour alimenter les quelques systèmes critiques autrement alimentés par une 12 V, même s’il faut la recharger souvent, en tout cas sans qu’il y ait un moyen d’afficher un message comme quoi la 12 V arrive en fin de vie.

    On pourrait dores-et-déjà remplacer sa batterie au plomb par une Li-Ion nous aussi, mais les véhicules ne sont pas développés forcément pour ça. Les courbes de tension ne sont pas les mêmes selon les technologies de batteries. Et inversement : surcharger une batterie au plomb ne sera pas dramatique, alors que la batterie Li-ion peut prendre feu. Là aussi, je ne fais ici que citer The Ioniq Guy dans sa vidéo.

    Rappel quand-même pour ceux qui — comme moi — ont ou vont installer une batterie de type « AGM », cela reste une batterie au plomb, et donc pas de problèmes, et les retours sont nombreux et positifs. L’AGM étant une technologie acide/plomb un peu améliorée des acide/plomb classiques.

    Pour ma part

    Pour éviter de me retrouver dans une situation où je suis coincé et de devoir payer 200 € un dépannage pour un peu de courant, j’ai pris mes devants.

    Vu que mon booster premier prix m’a lâché (un peu de ma faute quand-même pour ne pas l’avoir maintenu chargé), j’en ai pris un autre, d’une marque essentiellement professionnelle — GYS. C’est un peu plus cher, mais pour l’avoir testé (après un 4e fail du 12 V), ça marche. J’ai aussi pris une autre batterie 12 V pour la voiture (les liens sont en bas de l’article).

    Concernant le booster, j’ai appris qu’il en existait plusieurs types, en tout cas chez GYS :

    • à batterie au plomb ;
    • à batterie lithium ;
    • à super condensateurs ;
    • des hybrides intégrant plusieurs de ces technos à la fois.

    Ceux au plomb : autant prendre une batterie de 12 V normale et un chargeur et garder ça dans un coin de garage. Un peu moins ergonomique, mais bien plus simple. Pour une EV, une batterie 12 V de tracteur tondeuse, plus petite et légère, suffit (j’ai moi-même pu le constater).

    Les batteries lithium, pas besoin de les charger en permanence (comme celles au plomb), mais il faut les maintenir à un niveau de charge convenable. Donc prévoir de les charger tous les mois. Si elle est vide un bon matin, il faudra aussi plusieurs heures pour la recharger : un dépanneur sera plus rapide.

    Les batteries à super condensateurs n’ont aucune usure dans le temps. Elles se rechargent sur la batterie 12 V déchargée : elle prend le peu d’énergie qui reste dans la batterie durant environ 5 minutes, puis envoient la pâtée durant 10 secondes pour démarrer la voiture. Et ça semble marcher : ma batterie à 7 V a chargé l’appareil, qui a dit que c’était prêt après quelques minutes et j’ai pu repartir.
    Si la batterie 12 V est complètement vide (comme c’est le cas sur mon EV où ça tombe facilement à ~3 V), ça peut ne pas suffire et on peut alors les recharger sur le secteur ou sur USB en quelques minutes également.

    Pour ma part, j’ai pris une hybride super-condensateur + lithium. Pas besoin que la batterie lithium soit toujours à 100 % : les super condensateurs se chargent même avec peu de puissance. Et dans le cas contraire, on peut les charger rapidement. Les super condensateurs offrant une usure nulle, et le booster étant prévu pour servir très peu dans mon cas, ça me semble un compromis pas trop mauvais :

    • le lithium permettra de l’utiliser sur une batterie d’EV complètement vide ;
    • les supercondo peuvent suffire pour toute autre voiture ;
    • pas ou très peu d’usure dans le temps (sauf pour la batterie lithium, qui reste toutefois optionnelle et remplaçable) ;
    • peut être rechargée sur secteur et même USB, ou prise allume-cigare (mais du coup pas sur la voiture qui est en panne).

    J’ai donc pris ça, aussi parce que c’est à 300 €, et que les modèles à super-condensateurs seuls sont plus proches de 1 000 €.

    Comment câbler une voiture ?

    Parce que ce n’est pas trivial : quand vous câblez une voiture dont la 12 V est morte, que ce soit à partir d’un booster, d’une batterie 12 V libre ou d’une autre voiture, retenez la phrase qui rime en anglais « red on dead ».

    Cela signifi « [câble] rouge sur [voiture] morte » : c’est le premier élément à brancher avec les deux pinces des câbles. Ensuite c’est circulaire :

    1. première pince rouge sur la borne + de la batterie de la voiture en panne (« red on dead »)
    2. seconde pince rouge sur la borne + de la batterie (ou de la voiture) de dépannage
    3. première pince noire sur la borne − de la batterie (ou de la voiture) de dépannage
    4. seconde pince noire sur la masse de la voiture en panne (la masse étant toute partie métallique non-peinte de la carcasse de la voiture ; elle est reliée au − de la batterie, mais cela réduit le risque d’étincelles et leurs conséquences).

    Note 1 : sur mon ancienne hybride, les bornes de câblage étaient sur des fiches spéciales dans le boîtier à fusibles sous le capot. La batterie elle-même était dans le coffre arrière.
    Note 2 : la voiture de dépannage doit être démarrée avant de pouvoir sauver celle qui est en panne.

    Pour débrancher, une fois qu’on a réussi à démarrer la voiture morte, c’est dans l’ordre inverse du branchement.
    Faites alors un petit tour avec la voiture pour que l’alternateur (sur une thermique) recharge la 12 V. Sur une EV, on peut laisser la voiture allumée : la grosse batterie chargera normalement la petite, même sans rouler.

    Si vous avez un lecteur OBD — ce que je recommande, car c’est quand-même bien pratique — on peut suivre le chargement de la batterie. Perso je vois un graphique montrant l’intensité du courant que la voiture injecte dans la 12 V pour la charger. Au max, elle y envoie environ 40 A, et ça diminue progressivement jusqu’à ~1 A lorsque la batterie est pleine.

    Enfin, si la panne n’était pas explicable par la vieillesse de la batterie 12 V, il faudra investiguer l’origine : il est possible qu’un accessoire (loupiotte, câble USB…) vide la batterie pendant que la voiture était stationnée. Cela peut aussi être dû à une autre panne ou un câble endommagé quelque part.

    Liens

    Cet article n’est pas sponsorisé, mais les liens suivants sont des liens Amazon affiliés.

    Si ces liens Amazon vous gênent, copiez la référence du produit sans cliquer.
    Ce sont des produits que j’utilise personnellement. Je les valide et ça mérite tout autant d’être dit que lorsque c’est tout pourri.

    J’ai documenté le problème également sur les forums Ioniq 6.

    Image d’en-tête par Google Gemini (IA) — Suggestion de présentation

  • Tuesday 23 September 2025 - 13:13
    Ce métier peut vous rendre riche dans les années à venir - Référencer votre site ou blog sur...
  • Tuesday 23 September 2025 - 09:00

    Marre des appels indésirables ? Un développeur français vous propose de bloquer plus de 16 millions de numéros sur iOS et Android.

    Salut Camille !

    Peux-tu nous dire qui tu es ?

    Je m’appelle Camille Bouvat, je suis développeur depuis bientôt 18 ans et freelance depuis 13 ans, spécialisé dans le PHP avec Laravel. Je travaille avec différents types de clients, petites et grandes entreprises. J’aime diversifier mes compétences avec de l’administration système, de l’UX/UI, de l’accessibilité et aussi dernièrement du développement mobile natif. J’ai eu beaucoup d’expériences différentes que ce soit en entreprise, en tant qu’indépendant et entrepreneur ou même en tant que formateur.

     

     

    Pour bloquer les appels indésirables, nous avons l’habitude de recommander Yet Another Spam Blocker (voir sur Framalibre ou chez Grisebouille), qui est sous licence AGPL et plutôt efficace. Pourquoi avoir créé une autre application de ton côté ?

    Étant utilisateur iOS, cette application n’est pas disponible sur cette plateforme et je ne connaissais pas cette application. J’ai cherché simplement sur l’App Store et j’ai trouvé quelques applications que j’ai testées et utilisées. Mais souvent soit elle était payante, soit gratuite mais avec une liste de blocage assez limité ou encore une interface pas très intuitive.

    Donc un dimanche après-midi, je me suis dit « tiens, code un prototype pour bloquer les appels », vers 20h j’avais le prototype fonctionnel. Après quelques peaufinements, je publie l’application sur l’App Store le lundi suivant. Puis, j’ai voulu pousser le bouchon plus loin en allant chercher des informations dans les données open-data de l’ARCEP, pour commencer à bloquer tous les préfixes des opérateurs sources de SPAM. La majorité des applications ne bloque que 12,5 millions de numéros qui correspondent aux numéros dédié au démarchage.

     

    Actuellement, Saracroche bloque plus de 16 millions de numéros et et la liste va encore grossir au fur et à mesure des signalements faits dans l’application.

     

    Copie d’écran de la version Android

     

    Je voulais aussi une application qui respecte au maximum la vie privée, en demandant le minimum de permissions, et qui limite au maximum les échanges avec un serveur.

     

    T’as l’air d’un bon gars sur ta photo de profil, qu’est-ce qui t’a pris de t’agacer comme ça ?

    Merci ☺️, mais comme tout le monde, je reçois des appels indésirables à titre personnel et encore plus quand on est indépendant. Donc je me suis lancé dans ce projet et c’était un défi pour moi, étant développeur web et pas mobile. J’ai voulu faire du natif avec Swift et Swift UI, pour faire une application légère et performante.
    Au départ, je ne voulais faire l’application que pour iPhone mais j’ai reçu beaucoup de demandes pour la porter sur Android, ce que j’ai finit par faire au début du mois d’août. Cela m’a pris un peu plus de deux jours et demi de travail, tout en sachant que l’application Android est écrite dans un autre langage (Kotlin et Jetpack Compose). Après la publication le 15 août, elle a rencontré un succès assez rapide, avec déjà 5 000 installations.

     

    Il y a très peu de paramètres, dans Saracroche. C’est limite frustrant pour des geeks. Il n’y a rien à ajouter ?

    Mon but aussi est de proposer une application simple, pour le plus grand nombre avec peu de réglages en apparence. Je souhaite rajouter des fonctionnalités plus avancées, mais elles ne seront pas accessibles directement.

    Logo de Saracroche

     

    Je veux une UX réussie pour le plus grand nombre d’entre nous pas uniquement pour les geeks, car les appels et SMS indésirables sont un fléau et tout le monde doit pouvoir un moyen de s’en protéger. Proposer une interface de qualité par expérience, c’est du travail. Quand on est développeur, on a tendance à mettre toutes les fonctionnalités au même niveau mais il faut savoir hiérarchiser, avoir une vraie réflexion sur l’interface, se poser les bonnes questions, et se montrer empathique sur les besoins premiers des utilisateurs.

     

    Ce que je souhaiterais rajouter :

    • Une liste participative qui permettra de bloquer ou indiquer les appels indésirables de façon plus réactive.
    • Bloquer les SMS.
    • Proposer différentes listes avancés.
    • L’adapter à l’étranger.
    • Des options avancées (j’ai reçu des mails et tickets sur GitHub)
    • Peut-être une version pour entreprise qui pourrait m’aider à rendre viable le projet sur long terme.

     

    Il y a des choses que je vais pouvoir faire sur Android que je ne pourrais pas proposer sur iOS. Les deux plateformes sont très différentes sur leur gestion d’appels et SMS.
    Je souhaite collaborer avec le service 33700. Je les ai contactés, mais malheureusement, je n’ai encore reçu aucune réponse.

     

    L’app est disponible directement dans les magasins d’applications, pour iOS et Android, c’est bien ça ?

    Oui, elle est disponible sur les plus gros stores. Elle est aussi disponible pour ceux sur Android via Obtainium et un jour sur F-Droid. Cela demande de faire une build reproductible. Je me suis penché dessus, mais cela va demander du temps.

     

    Est-ce que tu as besoin d’un coup de main ? Pour traduire, soutenir, tester, c’est le moment de demander, on a un petit lectorat de libristes.

    J’aurais besoin d’aide pour tester. Par exemple, en ce moment, je travaille sur une version iOS qui se met à jour en arrière-plan et iOS a un certain nombre de limitations, donc je souhaiterais avoir des retours sur le fonctionnement.
    J’ai toujours besoin des signalements pour faire grossir la base de données et améliorer le blocage.
    L’application est jeune, elle n’a que 5 mois sur iOS et même pas 1 mois sur Android, donc il y a encore beaucoup de travail, ne serait-ce que pour la traduire, rajouter des fonctionnalités… je n’en suis qu’au début !

     

    Tu as prévu de développer d’autres applis d’utilité publique, ou bien ?

    J’ai plusieurs idées, une application de recette couplée avec la base de données du Ciqual de l’ANSES pour aider à manger plus équilibré, moins de viande, et avoir le décompte des macronutriments. Une application pour aider les associations à gérer leurs membres avec un accent particulier sur l’expérience utilisateur.
    J’ai toujours des idées, voire trop ! Mais Saracroche m’a donné encore plus envie de créer et d’être un contributeur open source.

     

    Pour aller plus loin

    Nous vous invitons à tester Saracroche, une app encore jeune, et à nous faire des retours dans les commentaires ou directement auprès de Camille via son site.

    Saracroche n’a pas encore de notice dans Framalibre, notre annuaire de logiciels libres contributifs, je dis ça je dis rien.

  • Monday 22 September 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    • Charlie Kirk et Charlie Hebdo : émoi à France Culture après un billet “du malaise et de la confusion” (telerama.fr)

      Dans ce billet initialement titré « Je suis Charlie Kirk » et diffusé le 12 septembre, Guillaume Erner estimait qu’« il y a (vait) désormais au moins deux Charlie : le “Je suis Charlie” de Charlie Hebdo et puis “Je suis Charlie” de Charlie Kirk ».

    • Delphine Ernotte monte au créneau contre CNews : “Qu’ils assument d’être une chaîne d’extrême droite !” (telerama.fr)

      Dans un entretien au “Monde” ce jeudi 18 septembre, la présidente de France Télévisions défend vigoureusement l’audiovisuel public contre les offensives répétées des médias de l’empire Bolloré.

    • « Bloquons tout » : un journalisme sous escorte policière (acrimed.org)

      L’angle sécuritaire a largement dominé le traitement médiatique du mouvement social « Bloquons-tout », organisé partout en France le 10 septembre. Défilé de policiers sur les plateaux télé, focalisation sur les « violences », décompte en direct sur les chaînes d’information en continu du nombre d’interpellations : retour sur un cas d’école de journalisme de préfecture.

    • « Bloquons tout » du 10 septembre sur CNews : haine, désinformation et carton d’audience (politis.fr)

      Le 10 septembre, comme d’habitude, le moindre feu de poubelle a tenu en haleine tous les éditorialistes de chaînes d’info. Sur l’extrême droitière CNews, les grévistes n’étaient plus des Français·es lambda aux revendications légitimes, mais des gauchistes-LFIstes « palestinistes ».

    • Pourquoi on ne voit que des gens aisés à la télé (frustrationmagazine.fr)

      ce n’est pas seulement quand il s’agit d’information : en fait, tous les programmes télévisés sur-représentent les catégories aisées et diplômés. Et c’est… de pire en pire, nous confirme le rapport annuel de l’Arcom (ex-CSA)

    • Prétention à l’objectivité du journalisme français : ça suffit ! (frustrationmagazine.fr)

      Le journalisme français s’est bâti sur ce mythe : celui d’une objectivité quasi scientifique. Le journaliste, dit-on, « relate les faits », sans parti pris. Cette fiction, héritée de l’universalisme républicain, est brandie comme un étendard de professionnalisme. Mais comme l’ont montré par exemple les sociologues Pierre Bourdieu et Patrick Champagne, cette neutralité est un masque. Les journalistes politiques évoluent dans les mêmes cercles que les élus, fréquentent les mêmes grandes écoles, partagent les mêmes habitus bourgeois et parisiens. Ce n’est pas de l’objectivité : c’est un point de vue situé, celui d’une classe sociale dominante qui a réussi à imposer son regard comme « neutre ».

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    • La taxe sur le numérique dans les clous de la Constitution (zdnet.fr)

      La taxe GAFA française agace les États-Unis de Trump, mais aussi l’Européen Axel Springer qui l’attaquait devant le Conseil constitutionnel via sa filiale Digital Classifieds France. Le recours est écarté par les Sages.

    • Google Secretly Handed ICE Data About Pro-Palestine Student Activist (theintercept.com)

      Google handed over Gmail account information to ICE before notifying the student or giving him an opportunity to challenge the subpoena.

    • This Microsoft Entra ID Vulnerability Could Have Been Catastrophic (wired.com)

      A pair of flaws in Microsoft’s Entra ID identity and access management system could have allowed an attacker to gain access to virtually all Azure customer accounts.

    • Boycott Microsoft (bdsmovement.net)

      Microsoft is perhaps the most complicit tech company in Israel’s illegal apartheid regime and ongoing genocide against 2.3 million Palestinians in Gaza. Microsoft’s complicity in Israel’s apartheid and genocide is well documented, exposing its strong ties to the Israeli military, its collaboration with Israeli government ministries, and its involvement in the Israeli prison system, which is notorious for systematic torture and abuse of Palestinians. Microsoft knowingly provides Israel with technology, including artificial intelligence (AI), that is deployed to facilitate grave human rights violations, war crimes, crimes against humanity (including apartheid), as well as genocide.

    • Un ancien fonctionnaire devient lobbyiste pour TikTok (projetarcadie.com)

    Les autres lectures de la semaine

    RIP

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Thursday 18 September 2025 - 02:00

    De la mystification de la Grande Idée

    et de la négation de l’expérience

    Festival Hypermondes à Mérignac

    Je dédicacerai ce samedi 20 et dimanche 21 septembre à Mérignac, dans le cadre du festival Hypermondes. Je participe également à une table ronde le dimanche. Et pour tout vous dire, j’ai sacrément le trac, car je serai entouré de noms qui peuplent ma bibliothèque et dont j’ai lu et relu les livres : Pierre Bordage, J.C. Dunyach, Pierre Raufast, Catherine Dufour, Laurent Genefort… Sans oublier Schuiten et Peeters, qui ont marqué mon adolescence et surtout, mon idole, le plus grand scénariste BD de ce siècle, Alain Ayroles (parce que pour le siècle précédent, c’est Goscinny).

    Bref, je me sens tout petit au milieu de ces géants alors n’hésitez pas à venir me faire un coucou pour que je me sente moins seul sur le stand !

    La mythologie de l’idée

    Dans le film « Glass Onion » (Rian Johnson, 2022), un milliardaire de la Tech, parodie de ZuckerMusk, invite des amis sur son île privée pour une sorte de cluedo géant. Qui dégénère évidemment lorsqu’un véritable crime est commis.

    Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce film, c’est l’insistance sur un point trop souvent oublié : ce n’est pas parce qu’on est riche et/ou célèbre qu’on est intelligent. Et ce n’est pas parce qu’on arrive à faire croire au public qu’on est surintelligent, au point de le croire soi-même, qu’on l’est réellement.

    Bref, c’est une belle remise à leur place du monde des milliardaires, des influenceurs, starlettes et tout ce qui gravite autour.

    Néanmoins, un point particulier m’a chagriné : toute une partie de l’intrigue repose sur savoir qui a eu le premier l’idée de la startup qui fera le succès du milliardaire, idée qui est littéralement griffonnée sur une serviette en papier.

    C’est très amusant dans le film, mais comme je l’ai déjà dit : une idée seule ne vaut rien !

    L’idée n’est que l’étincelle initiale d’un projet, mais le résultat final sera impacté par les milliers de décisions et d’adaptations prises en cours de route.

    Le rôle de l’architecte

    Si vous n’avez jamais fait construire de maison, vous pensez peut-être que vous décrivez la maison de vos rêves à un architecte. Celui-ci vous propose un plan. Vous validez, les ingénieurs et les ouvriers s’emparent du plan et la maison se construit.

    Sauf qu’en réalité, vous êtes incapable de décrire la maison de vos rêves. Vos intuitions sont toutes contradictoires. Ce que j’appelle le syndrome de « la maison de plain-pied sur deux étages ». Et quand bien même vous avez réfléchi en profondeur, l’architecte va pointer tout un tas de problèmes pratiques avec vos idées. De choses auxquelles vous n’avez pas pensé. C’est très joli toutes ces vitres, mais comment allez-vous les entretenir ?

    Il va falloir faire des compromis, prendre des décisions. Et une fois le plan validé, les décisions continueront sur le chantier. À cause des imprévus ou des milliers de petits problèmes qui n’apparaissaient pas sur le plan. Voulez-vous vraiment un évier à cet endroit vu que la porte s’ouvre dessus ?

    Au final, la maison de vos rêves sera très différente de ce que vous avez imaginé. Pendant des années, vous lui trouverez des défauts. Mais ces défauts sont des compromis que vous avez expressément choisis.

    L’idée d’un roman

    En tant qu’écrivain, il m’arrive régulièrement de me voir poser la question : « D’où te viennent toutes ces idées ? »

    Comme si avoir l’idée était un problème. Des idées, j’en ai des centaines dans mes tiroirs. Le travail n’est pas d’avoir l’idée, c’est de faire le plan puis de transformer ce plan en construction.

    J’ai plusieurs fois reçu des propositions de type : « J’ai une super idée pour un roman, je te la partage, tu écris et on fait 50/50 ».

    Vous imaginez un instant arriver chez un architecte avec un truc griffonné et dire : « J’ai une super idée pour une maison, je vous la montre, vous la construisez, vous trouvez un entrepreneur et on partage » ?

    Contrairement à Printeurs, que j’ai rédigé sans scénario préalable, j’ai écrit Bikepunk avec une véritable structure. Je suis parti d’une idée initiale. J’ai brainstormé avec Thierry Crouzet (nos échanges ont fait naître le fameux flash de l’histoire). Puis j’ai creusé les personnages. J’ai écrit une nouvelle dans cet univers (créant le personnage de Dale), j’ai ensuite travaillé la structure pendant un mois avec un tableau de liège sur lequel je punaisais des fiches. Enfin, je me suis mis à l’écriture. Bien des fois, je me suis retrouvé confronté à des incohérences, j’ai dû prendre des décisions.

    Le résultat final ne ressemble en rien à ce que j’imaginais. Certaines scènes clé de mon synopsis se sont révélées, à la relecture de simples transitions. Des improvisations de dernières minutes semblent, au contraire, avoir marqué toute une frange de lecteurices.

    Le code n’est qu’une série de décisions

    Une idée n’est qu’une étincelle qui peut potentiellement se propager, se mélanger à d’autres. Mais, pour allumer un feu, la source initiale de l’étincelle compte bien moins que le combustible.

    L’invention qui mit cela en exergue est certainement l’ordinateur. Car un ordinateur est, par essence, une machine qui fait ce qu’on lui demande.

    Exactement ce qu’on lui demande. Ni plus ni moins.

    L’humain a été confronté au fait qu’il est extrêmement compliqué de savoir ce que l’on veut. Que c’est presque impossible de l’exprimer sans ambiguïté. Que cela nécessite un langage dédié.

    Un langage de programmation.

    Et maitriser un langage de programmation demande un esprit tellement analytique et rationnel qu’un métier s’est créé pour l’utiliser: programmeur, codeuse, développeur. Le terme importe peu.

    Mais, tout comme un architecte, une programmeuse doit en permanence prendre des décisions qu’elle pense être les meilleures pour le projet. Pour l’avenir. Ou bien elle identifie les paradoxes pour en discuter avec le client. « Vous m’avez demandé une interface simple avec un seul bouton tout en me spécifiant douze fonctionnalités qui doivent avoir un accès direct avec un bouton dédié. On fait quoi ? » (cas vécu).

    De la stupidité de croire en une IA productive

    Ce que je dis paraît peut-être évident, mais lorsque j’entends le nombre de personnes qui parlent de « vibe programming », je me dis que beaucoup trop de monde a été bercé avec le paradigme de « l’idée magique » comme dans Onion Glass.

    Les IAs sont perçues comme des machines magiques qui font ce que vous voulez.

    Sauf que, quand bien même elles seraient parfaites, vous ne savez pas ce que vous voulez.

    Les IA ne peuvent pas prendre correctement ces milliers de décisions. Des algorithmes statistiques ne peuvent produire que des résultats aléatoires. Vous ne pouvez pas juste émettre votre idée et voir le résultat apparaître (ce qui est le fantasme des crétins-managers, cette race d’idiots formés dans les écoles de management qui est persuadée que les exécutants sont une charge dont il faudrait idéalement se passer).

    Le fantasme ultime est une machine « intuitive », qu’il ne faut pas apprendre. Mais l’apprentissage n’est pas seulement technique. L’expérience humaine est globale. Un architecte va penser aux problèmes de la maison de vos rêves parce qu’il a déjà suivi vingt chantiers et eu un aperçu des problèmes. Chaque nouveau livre d’un écrivain reflète son expérience avec les précédents. Certaines décisions sont les mêmes, d’autres, au contraire, sont différentes pour expérimenter.

    Ne pas vouloir apprendre son outil, c’est la définition même de la stupidité la plus crasse.

    Penser qu’une IA pourrait remplacer un développeur, c’est montrer sa totale incompétence quant au travail du développeur en question. Penser qu’une IA peut écrire un livre ne peut provenir que de gens qui ne lisent pas eux-mêmes, qui ne voient que du papier imprimé.

    Ce n’est pas que c’est techniquement impossible. D’ailleurs, beaucoup le font parce que vendre du papier imprimé, ça peut être rentable avec le bon marketing, peu importe ce qui est imprimé.

    C’est juste que le résultat ne pourra jamais être satisfaisant. Tous les compromis, les décisions seront le fruit d’un aléa statistique sur lequel vous n’avez aucun contrôle. Les paradoxes ne seront pas résolus. Bref, c’est et ce sera toujours de la merde.

    Un business, c’est bien plus qu’une idée !

    Facebook n’était pas la première tentative de réseau social entre étudiants. Amazon n’était pas le premier site de vente de livre en ligne. Whatsapp était une application pour afficher sa disponibilité pour un coup de fil à ses amis. Instagram servait à la base à partager sa position. Microsoft n’avait jamais développé de système d’exploitation lorsqu’ils ont vendu la licence DOS à IBM.

    Bref, l’idée initiale ne vaut rien. Ce qui a fait le succès de ces entreprises, ce sont les milliards de décisions prises à chaque instant, les réajustements.

    Prendre ces décisions est ce qui construit le succès, fût-il commercial, artistique ou personnel. Croire qu’un ordinateur pourrait prendre ces décisions à votre place c’est faire preuve non seulement de naïveté, mais c’est également prouver totalement son incompétence dans le domaine concerné.

    Dans Onion Glass, ce point m’a particulièrement chagriné, car poussé à l’absurde. Comme si une serviette avec trois traits de crayon pouvait valoir des milliards.

    Ce petit quelque chose en plus

    Et si je me réjouis de fréquenter tant d’auteurs que j’admire à Mérignac, ce n’est pas pour échanger des idées, mais m’imprégner de leurs expériences, de leur personnalité qui leur fait construire des œuvres que j’admire.

    J’ai dû relire des dizaines et des dizaines de fois l’intégralité de « De capes et de crocs », le chef d’œuvre de Masbou et Ayroles.

    À chaque relecture, je savoure chaque case. Je sens que les auteurs s’amusent, se laissent porter, emporter par leurs personnages dans des bifurcations a priori imprévues, improbables. Quelle IA aurait l’idée de faire intervenir le caquètement d’un poulailler dans la complétion d’un alexandrin ? Quel algorithme se pavanerait de la césure à l’hémistiche ?

    L’humain et son expérience auront toujours quelque chose en plus, quelque chose d’indéfinissable dont le mot m’échappe.

    Ah si…

    Quelque chose que, sans un pli, sans une tache, l’humain emporte malgré lui…

    Et c’est…

    — C’est ?

    Son panache !

    Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !

    Recevez directement par mail mes écrits en français et en anglais. Votre adresse ne sera jamais partagée. Vous pouvez également utiliser mon flux RSS francophone ou le flux RSS complet.

  • Monday 15 September 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    Les autres lectures de la semaine

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Sunday 14 September 2025 - 16:32
    Quel est le métier qui va rapporter le plus durant les 2 ou 3 prochaines décennies ... 
    C'est LE métier que vous devez absolument envisager si vous avez pour projet d'entrer bientôt dans la vie active !
    C'est LE métier qui pourra vous rendre riche !
    C'est LE métier que tout le monde, enfin presque, va rechercher très bientôt et pendant ensuite de fort nombreuses années.Pourtant personne, ou si peu, n'en parle !
    Le Détatoueur : Le Sauveur du Futur et des Tatouages Mal Inspirés ...
    ( par un visionnaire, analyste en regrets dermiques et prophète du laser salvateur ).
    Tatouage épaule
    Tatouage épaule : il s'efface peu à peu, mais pas totalement ...

    Le tatouage, ce serment éternel... ou presque !

    Le tatouage, ce noble art ancestral, autrefois réservé aux guerriers polynésiens et aux pirates, est aujourd’hui devenu aussi banal qu’un mug “I love coffee” dans une cuisine de coworking.
    On se tatoue pour se souvenir, pour se rebeller, pour se démarquer… ou juste parce que c’était à -50 % sur une plage de Lloret de Mar.
    Mais voilà : ce qui semblait être une bonne idée à 22h, après trois mojitos et une rupture, peut devenir un fardeau esthétique à 42 ans, quand on est père de famille, cadre supérieur, et que le dragon tribal sur le mollet commence à ressembler à un vieux pigeon asthmatique.

    C’est là qu’intervient LE héros des années à venir : le détatoueur.

    Oui, ce professionnel du laser, du camouflage et du sauvetage cutané va devenir le métier le plus rentable des 10 à 20 prochaines années.
    Pourquoi ?
    Parce que les gens changent. Mais les tatouages, eux, restent. Et parfois, ils vieillissent plus mal qu’un yaourt oublié dans le frigo.

    Pourquoi le détatoueur va-t-il rouler sur l’or ?

    1. Explosion du nombre de tatoués
    En 2025, près de 40 % des jeunes adultes en Europe ont au moins un tatouage. Et ce chiffre grimpe chaque année.
    Plus de tatouages = plus de regrets = plus de clients pour notre ami le détatoueur.
    2. La technologie laser devient accessible
    Les machines sont plus efficaces, moins douloureuses, et surtout, elles coûtent moins cher.
    Résultat : ouvrir un cabinet de détatouage devient aussi simple que de lancer une chaîne YouTube sur les chats qui tombent.
    3. Le tatouage est devenu impulsif
    Avant, on réfléchissait. Maintenant, on clique sur Pinterest, on imprime, et on se fait tatouer “Carpe Diem” sur le poignet sans savoir ce que ça veut dire.
    Le détatoueur est là pour corriger ces élans de poésie approximative.
    4. Les gens changent de vie comme de chemise
    Divorce, reconversion, spiritualité, déménagement à Bali… chaque changement de vie est une occasion de vouloir effacer le passé.
    Et rien ne dit “je suis une nouvelle personne” comme la disparition d’un “Kevin ❤️” sur l’omoplate.
    tatouage sur les doigts
    tatouage sur les doigts : des signes qui deviennent illisibles !

    Les Tatouages à haut potentiel de regret ( le best-of ).

    Voici une petite sélection des chefs-d’œuvre dermiques qui finiront, tôt ou tard, sous le feu du laser :
    - Les prénoms d’ex
    Classique. “Jessica”, “Mohamed”, “Chloé”... tatoués en lettres gothiques ou en cursive romantique. Le problème ?
    L’amour s’efface, mais l’encre reste.
    Et rien ne dit “je suis émotionnellement instable” comme un dos couvert de prénoms barrés.
    - Les tatouages de couple assortis
    Deux moitiés de cœur, des pièces de puzzle, ou pire : des citations partagées (“Together forever” sur l’un, “Until the end” sur l’autre).
    Quand la relation se termine, le tatouage devient une énigme pour les passants.
    - Les symboles ésotériques incompris
    Un œil d’Horus, un mandala, un kanji censé signifier “force” mais qui veut en réalité “soupe de poisson”.
    Le détatoueur est aussi linguiste à ses heures perdues.
    - Les tatouages de jeunesse rebelle
    Crâne, serpent, “No Future” sur le front.
    Très punk à 17 ans, beaucoup moins à 45 quand on est directeur des ressources humaines.
    - Les tatouages qui vieillissent mal
    Un papillon sur la hanche devient une chauve-souris sur le flanc.
    Un tribal sur le bras se transforme en tache d’encre floue.
    Le corps change, l’encre se dilue, et le tatouage devient une œuvre abstraite involontaire...
    - Les tatouages de mode passagère
    “YOLO”, “Live Laugh Love”, “Hakuna Matata”...
    Des slogans qui font sourire à 20 ans, mais qui font grincer des dents à 35 quand on essaie d’être pris au sérieux en réunion.
    épaule tatouée
    épaule tatouée : qui devient une véritable horreur à cacher ou à effacer ...

    Le vieillissement : ennemi juré du tatouage.

    Le corps humain est une œuvre en constante évolution.
    Ce qui était tendu devient flasque. Ce qui était ferme devient... moins ferme…
    Et le tatouage, lui, ne suit pas. Il s’étire, se déforme, se décolore.
    Le lion majestueux devient un chat mouillé.
    Le portrait réaliste devient une caricature de fête foraine.
    Le détatoueur, lui, est là pour remettre de l’ordre dans ce chaos cutané.
    Les changements familiaux : quand les enfants posent des questions gênantes.
    Imaginez : vous êtes à la plage avec vos enfants…
    Votre fils de 8 ans vous demande pourquoi vous avez “Fuck the system” tatoué sur le ventre.
    Ou pourquoi il y a une pin-up nue sur votre bras.
    Ou encore pourquoi vous avez un code-barres sur la nuque.
    Vous tentez de répondre avec humour, mais au fond, vous savez : il est temps d’appeler le détatoueur.
    Les reconversions spirituelles et professionnelles.
    Vous étiez DJ dans les années 2000, maintenant vous êtes professeur de yoga…
    Le tatouage “Bassline Junkie” sur le torse ne colle pas avec votre mantra de paix intérieure.
    Ou vous étiez motard, maintenant vous êtes conseiller fiscal…
    Le crâne en feu sur le cou ? Pas idéal pour inspirer confiance.
    Le détatoueur est votre passeport vers une nouvelle identité.

    Conclusion : Le détatoueur, va devenir le héros moderne, le sauveur, le métier à la mode !!!

    Dans un monde où tout change, où l’identité est fluide, où les erreurs sont humaines mais les regrets sont éternels, le détatoueur est là.
    Il ne juge pas. Il efface. Il libère. Il transforme les “Oups” en “Ouf”...
    Et surtout, il gagne très bien sa vie.
    Alors si vous cherchez une reconversion, oubliez le dropshipping, le coaching en ligne ou la vente de NFT de chats pixelisés.
    Devenez détatoueur.
    Parce que dans 10 ans, quand tout le monde aura un tatouage de licorne sur la fesse gauche, vous serez celui qui pourra l’effacer.
    Et ça, ça vaut de l’or.
            
            enjoy :)
    © refOK.fr - duplication interdite
  • Wednesday 10 September 2025 - 09:31

    Le paysage du marketing digital est composé d’une myriade de canaux et d’outils à disposition des professionnels pour optimiser leur visibilité et leur engagement. Comment allouer judicieusement son budget pour maximiser son impact tout en s’adaptant aux tendances actuelles ? Entre le SEO, le SEA, la nécessité de contenus engageants et la formation continue des équipes, voici une liste détaillée des éléments à considérer pour une stratégie marketing digitale réussie.

    Quels sont les principaux canaux d’acquisition en marketing digital ?

    Le SEO (Search Engine Optimization)

    Le SEO est le fer de lance de la visibilité en ligne. Il ne s’agit pas simplement de se classer parmi les premiers résultats, mais de se démarquer de ses principaux concurrents. Le référencement naturel offre une présence durable, permettant à votre marque de rester pertinente et visible.

    Investissements liés  :

    • Optimisation on-site : Cela englobe la structure du site à la vitesse de chargement, en passant par les balises title et les meta-descriptions. Les coûts peuvent varier en fonction des besoins spécifiques du site ;
    • Audit SEO : Un audit régulier permet de repérer les problèmes potentiels et d’ajuster la stratégie en conséquence ;
    • Outils de suivi et d’analyse : Des outils comme Google Analytics, Matomo et SEMrush sont parfaits pour suivre les performances et ajuster une stratégie digitale ;
    • Achat de liens : l’achat de backlinks permet d’améliorer le référencement d’un site web. Il est possible d’échanger des liens en contactant les personnes en charge des sites sur lesquels vous voudriez un lien externe ou bien d’utiliser des plateformes en ligne comme Rocketlinks ou Ereferer.

    Le SEA (Search Engine Advertising)

    Le SEA est votre allié si vous voulez un impact immédiat sur vos pages. En ciblant précisément vos audiences sur Google, vous bénéficiez d’une visibilité instantanée, idéale dans un environnement concurrentiel.

    Investissements liés :

    • Budget publicitaire : C’est le coût direct de vos annonces. Il varie en fonction de la compétitivité de vos mots-clés et de votre secteur d’activité ;
    • Outils de suivi : Ces outils, comme Google Ads, vous permettent de suivre et d’ajuster vos campagnes en temps réel ;
    • Coûts de création de publicité : Cela prend en compte le copywriting jusqu’à la conception graphique des annonces.

    La newsletter

    Les newsletters sont un outil puissant pour engager et fidéliser votre audience. Elles permettent de garder le contact avec vos clients et prospects, de les informer des nouveautés et de les inciter à revenir sur votre site.

    Investissements liés :

    • Plateformes d’envoi : Des solutions comme Mailchimp ou Brevo permettent d’envoyer des newsletters à grande échelle ;
    • Création de contenu : Cela comprend la rédaction et la conception de la newsletter elle-même ;
    • Design : Un design attrayant augmente les taux d’ouverture et d’engagement ;
    • Segmentation et automatisation : Envoyer des newsletters ciblées en fonction du comportement et des préférences des utilisateurs pour maximiser leur impact, cela nécessite une connaissance approfondie de vos données utilisateurs.

    Budget Marketing

    L’importance de la création de contenu dans votre budget marketing digital

    Le contenu est plus que jamais roi. C’est le moyen par lequel les marques racontent leur histoire, engagent leurs audiences et, en fin de compte, convertissent les prospects en clients. En 2026, avec l’évolution rapide des tendances et des technologies, allouer un budget adéquat à la création de contenu est primordial pour toute stratégie marketing qui se veut efficace.

    Le contenu rédactionnel, qu’il s’agisse d’articles de blog, de descriptions de produits, de newsletter ou d’études de cas, est important pour engager votre communauté ainsi que vous positionner sur les moteurs de recherche. C’est le principal vecteur d’information pour vos audiences et les moteurs de recherche.

    Investissements liés :

    • Rédaction : la rédaction de contenu peut être réalisée en interne via des rédacteurs expérimentés ou vos experts ou bien externalisée via des sites comme rédacteur.com ou textbroker ;
    • Outils : encore une fois, tout dépend de vos moyens de production de contenu. Si vous employez des ressources internes, vous pourriez avoir besoin d’outils comme ChatGPT-4 pour l’aide à la rédaction, Antidote pour la correction et relecture voire Semji ou SEOquantum pour le positionnement des contenus. Si vous faites appel à des rédacteurs externes, prévoyez un budget par texte en passant par des plateformes comme rédacteur.com ou scribeur.com ou bien passez par une agence web.

    Les images et les vidéos captent l’attention rapidement. De plus, la vidéo est devenue le moyen préféré de consommation d’information pour de nombreux internautes. Cependant, ces deux moyens représentent des coûts variables selon vos besoins ainsi que vos budgets marketing.

    Investissements liés :

    • Création de contenu : selon vos besoins, un graphiste peut être dédié à la recherche ainsi qu’à la création d’images et de vidéos pour votre entreprise ;
    • Recherche, utilisation d’images : Des photos engageantes contribuent à la création de contenus percutants. Bien qu’il soit possible d’utiliser des banques d’images libres de droits, un accès à des banques payantes comme Adobe Stock permet d’utiliser des photos professionnelles répondant précisément à vos besoins. Pour des photos spécifiques, il est toujours possible de réaliser des commandes par des photographes professionnels ;
    • Retouche d’image : l’achat ou le renouvellement de logiciels comme la suite Adobe qui permet de créer des images personnalisées est également à prendre en compte dans votre budget marketing ;
    • Coût de création vidéo : La vidéo est un excellent moyen de se démarquer de la concurrence avec un contenu attractif. Une vidéo peut représenter un coût dans votre budget marketing jusqu’à plus de 10 000€ selon les moyens utilisés. Il faut prendre en compte le script, le tournage, l’utilisation d’équipements et de personnels ;
    • Outils : La conception d’images et de vidéos nécessite l’utilisation de logiciels de montage vidéo comme Adobe Première Pro ainsi que des plateformes d’hébergement comme YouTube.

    Les plateformes sociales sont indispensables pour la diffusion du contenu. Elles offrent une chance de toucher une audience plus large et d’interagir directement avec vos clients.

    Investissement liées :

    • Promotion : Les publicités payantes vous permettent d’augmenter la portée de vos publications sur des plateformes comme Facebook, Instagram ou LinkedIn et de toucher une audience ciblée ;
    • Outils de gestion : Des outils comme Hootsuite ou Buffer pour planifier, publier et analyser vos publications ;
    • Outil de création : Des visuels sont impératifs lorsque vous publiez sur les réseaux sociaux. Un compte Adobe Photoshop ou encore Canva peut vous permettre de créer des contenus professionnels adaptés aux réseaux sociaux.

    Budget marketing : Comment définir ses outils marketing ?

    Les outils marketing sont des éléments importants à prendre en considération pour votre stratégie marketing. Afin d’être certain de cerner l’ensemble de vos besoins. Il est important de définir ses outils marketing selon différentes catégories.

    Communication et Emailing

    Comme nous l’avons vu dans notre partie newsletter, les outils de routage vous permettent de communiquer à une large audience. Par exemple, Brevo, anciennement SendinBlue, permet d’envoyer jusqu’à 2000 e-mails par mois pour un coût mensuel de 49€.

    Analyse et suivi de position 

    Lorsque vous faites du SEO, il est impératif de vérifier régulièrement la puissance de vos mots-clés ainsi que le positionnement de vos pages web sur les moteurs de recherche. SEMrush est un outil phare pour l’analyse SEO, ses tarifs allant de 130€ à 500€ par mois. Autre outil d’analyse, SEObserver est idéal pour surveiller la SERP et les changements de position de vos pages. Comptez un budget de 99€ à 999€ par mois selon vos besoins.

    Contenu et design

    L’utilisation d’outils de création et de design est une donnée à prendre en considération lorsque vous créez votre budget marketing digital. Une licence Adobe Creative Cloud vous coûtera un minimum de 60€ par mois en ayant accès à de nombreux logiciels de création graphique afin de réaliser vos images ainsi que vos vidéos. Un accès couplé avec Adobe Stock pour avoir des images professionnelles libres de droits coûte 90€ par mois. Il existe également des alternatives comme Canva, dans ce cas, comptez de 110€ à 240€ par an.

    Planification et automation

    La planification de vos contenus vous offre un gain de temps non négligeable dans la publication de vos contenus web. Des outils comme Buffer, dont les prix varient entre 0€ à 120€ par mois, peuvent vous aider à planifier ainsi qu’à publier vos contenus. Vous créez également des webinars pour votre audience ? GoToWebinar, dont les versions vont de 44€ à 329€ par an, est un excellent choix pour la conception et la diffusion de vos webinars.

    Publicité et acquisition 

    La publicité sur les réseaux sociaux est un bon levier d’acquisition pour votre entreprise. Cependant, il est nécessaire d’y allouer un budget en mesure de vos attentes en matière d’impressions et de leads. La publicité sur LinkedIn, par exemple, a un intérêt pour vendre un service avec un taux de marge conséquent destiné à un univers B2B. 

    Hébergement et frais de service

    On l’oublie souvent, mais pour qu’un site soit visible, il doit posséder un nom de domaine et louer les services d’un hébergeur. Cela occasionne des frais supplémentaires pouvant aller d’une dizaine à plusieurs centaines d’euros selon le nombre de sites web gérés.

    Quel budget marketing pour la formation ?

    Dans un domaine en constante évolution comme le marketing digital, la mise à niveau des compétences n’est pas simplement un plus, c’est une nécessité. La formation garantit que les équipes restent à jour avec les dernières tendances, technologies et meilleures pratiques. Investir dans l’éducation des équipes marketing, c’est investir dans la capacité de l’entreprise à rester compétitive et innovante.

    Allouer des ressources pour la formation requiert une approche réfléchie. Cela dépend des besoins spécifiques de l’équipe, des domaines nécessitant une amélioration et des objectifs à long terme de l’entreprise. Il est important d’évaluer les besoins de vos équipes et de rechercher les opportunités les plus pertinentes afin de servir vos objectifs marketing. Cela peut être des formations en interne organisées par des experts internes à votre entreprise, mais également des formations externes voir des ateliers proposés par des spécialistes avec certifications à la clé. De manière générale, le budget alloué à la formation des équipes ne dépasse pas 5% du budget marketing.

    Investir dans la formation a un coût, mais les retours peuvent être significatifs. L’amélioration des compétences se traduit souvent par une meilleure stratégie marketing, une exécution plus efficace et, en fin de compte, de meilleurs résultats.

    En conclusion, le marketing digital est un écosystème complexe et dynamique qui nécessite une combinaison stratégique de canaux d’acquisition pour maximiser la portée et l’engagement. Cette stratégie se base sur le SEO et le SEA, deux piliers incontournables qui garantissent la visibilité et l’impact immédiat de votre marque dans l’univers numérique. Elle ne se limite pas à ces deux éléments. L’importance de la création de contenu, qu’il soit textuel ou visuel, est indéniable. Elle doit être complétée par une gamme d’outils essentiels qui optimisent et amplifient vos efforts. Enfin, la formation continue des équipes internes est vitale pour garantir que votre entreprise reste à la pointe des tendances et des meilleures pratiques du marketing digital.

    Publié le 15/09/2023

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  • Tuesday 09 September 2025 - 02:00

    À la recherche de l’humanité perdue…

    La mort ou le retour de la lucidité

    Drmollytov est une bibliothécaire qui a été très gravement blessée dans un accident de moto, accident où son mari a perdu la vie.

    Après une période de convalescence et de deuil, elle tente de reconstruire sa vie et, graduellement, elle prend conscience de la frénésie consumériste dans laquelle est engagée toute personne « normale ». Depuis le désir de shopping aux réseaux sociaux en passant par les abonnements aux services de streaming.

    Au plus elle fait du nettoyage dans sa vie, au plus elle retrouve du temps et de l’énergie. Au moins elle éprouve le besoin « d’être vue ». Il faut dire que de poster uniquement sur Gemini, ça n’aide pas pour la visibilité !

    Une phrase m’a marquée sur son dernier billet posté sur Gemini : « Mon seul regret avec les réseaux sociaux, c’est d’avoir été dessus tout court. Ils ont vidé mon énergie mentale, dévoré mon temps et je suis certaine qu’ils ont extrait une part de mon âme. » (traduction très libre).

    Je me rends compte qu’il ne suffit pas de se libérer des mécanismes d’addiction des réseaux sociaux. Il faut également conscientiser à quel point ils ont déformé, détruit, dénaturé nos pensées, nos relations sociales, nos motivations. Pire : ils nous rendent objectivement stupides ! Depuis 2010, le QI moyen est en train de descendre, ce qui n’était jamais arrivé depuis l’invention du QI (quoi qu’on pense de cet outil).

    Les réseaux sociaux sont intrinsèquement liés au smartphone. Ils ont réellement explosé lorsqu’ils se sont optimisés pour la consommation passive sur un petit écran tactile (chose à laquelle Zuckerberg ne croyait pas du tout). À l’inverse, l’addiction aux réseaux sociaux a créé une demande continue pour des smartphones toujours plus brillants et prenant des photos toujours plus susceptibles de générer des likes.

    Comme le souligne Jose Briones, ces interactions permanentes sur une plaque de verre lisse, les écouteurs vissés sur les oreilles, nous font perdre la conscience du tactile, de la matérialité.

    Au-delà de notre addiction aux chiffres colorés

    Quand on a été addict, quand ou y a cru vraiment, quand on y a investi énormément de soi, il ne suffit pas d’arrêter de fumer pour être en bonne santé. Arrêter, ce n’est que le premier pas nécessaire et indispensable. Mais il reste un long chemin à parcourir pour se reconstruire par après, pour retrouver l’humain qui a été blessé, enfoui.

    L’être humain que, finalement, peu de monde a intérêt à ce que vous retrouviez, mais qui est là, enfui sous des notifications incessantes, sous la consultation compulsive de vos likes, de vos statistiques, de vos abonnés. Pour Jose Briones, il a fallu plus de trois ans sans smartphone pour que se calme son angoisse… de ne pas avoir de smartphone !

    Cela fait des années que je n’ai plus de statistiques sur les fréquentations de ce blog. Parce que ce n’est pas très éthique, mais, surtout, parce que cela me rendait fou, parce que ma santé mentale en pâtissait incroyablement. Parce que je n’arrivais plus à être satisfait de mon écriture autrement que par le nombre de lecteurs que ça me ramenait. Parce que de simples statistiques détruisaient mon âme.

    Comme le dit le blog This day’s portion, vous n’avez pas besoin de statistiques !

    Et si le réseau Mastodon est très loin d’être parfait, il est assez simple d’y trouver une instance qui ne vous espionne pas. La majorité ne le fait d’ailleurs pas. Au contraire de Bluesky qui traque toutes vos interactions à travers la société Statsig. Statsig qui vient d’être rachetée par OpenAI, le créateur de ChatGPT.

    On dirait que Sam Altman tente de faire comme Musk et de gagner de l’influence politique en noyautant les réseaux sociaux centralisés. On s’est foutu de la gueule de Musk, mais force est de constater que ça a très bien fonctionné. Et que, comme je le disais en 2023, ce n’est qu’une question de temps avant que ça arrive à Bluesky qui n’est pas du tout décentralisé, contrairement à ce que répète le marketing.

    Mais le pire avec toutes ces statistiques, toutes ces données, c’est que nous sommes les premiers à vouloir les récolter et à nous vendre pour les optimiser et les consulter sur de jolis graphiques colorés affichés sur nos plaques de verre lisse et brillante.

    L’inhumanité d’un monde qui se vend

    Je ne cesse de répéter ce qu’articule justement Thierry Crouzet dans son dernier article : les marketeux ont imposé leur vision du monde, forçant les artistes, les intellectuels et les scientifiques à devenir des commerciaux, ce qui est l’antithèse de leur nature profonde. Car artistes, intellectuels et scientifiques ont en commun d’être dans une quête, peut‑être illusoire, de vérité, d’absolu. Là où le marketing est, par définition, l’art du mensonge, de la tromperie, de l’apparence et de l’exploitation de l’humain.

    Cette destruction mentale enseignée dans les écoles de commerce est également à l’œuvre avec l’IA. Il faudra des années pour que les personnes addicts à l’IA puissent, si tout va bien, retrouver leur âme d’humain, leur capacité de raisonnement autonome. Les développeurs qui dépendent de Github sont en première ligne.

    En espérant que nous puissions arriver à redevenir des humains sans devoir recourir à la solution extrême décrite par Thierry Bayoud et Léa Deneuville dans l’excellente nouvelle « Chronique d’un crevard », nouvelle présente dans le Recueil de Nakamoto, que je recommande chaudement et présenté ici par Ysabeau. Et, oui, les nouvelles sont sous licence libre.

    L’idée derrière Chronique d’un crevard m’a rappelé mon propre roman Printeurs. Ça serait chouette de voir les deux univers se rejoindre d’une manière ou d’une autre. Car c’est ça toute la beauté de la création artistique libre.

    De l’art comme instinct de survie

    De la création artistique tout court, devrais-je dire, jusqu’au moment où les juristes d’entreprise ont réussi à convaincre les artistes qu’ils devaient être des maniaques de la « protection de leur propriété intellectuelle » ce qui les a transformés en victimes de la plus formidable arnaque de ces dernières décennies. Tout comme les marketeux, les juristes d’entreprise sont, par essence, des gens qui vont t’exploiter. C’est leur métier !

    Seule la technique change : les marketeux mentent et te promettent le bonheur, les juristes menacent et corrompent. Les deux ne cherchent qu’à augmenter le bénéfice de leur employeur. Les deux ont réussi à convaincre les artistes d’éteindre leur humanité pour devenir eux-mêmes marketeux et juriste, de faire du « personal branding » et de la « propriété intellectuelle ».

    À ce propos, Cory Doctorow explique très bien sur quelle illusion s’est construite la fameuse « propriété intellectuelle » et à quel point ceux qui l’ont conçue savaient très bien que c’était une arnaque à l’échelle planétaire pour tenter de transformer le monde entier en une colonie étatsunienne.

    Marketeux et juristes ont réussi à convaincre les artistes de haïr ce qui fait la base de leur métier : leur public, renommés « pirates » dès qu’ils ne passent pas entre les barrières Nadar du corporatisme de surveillance. Ils ont réussi à convaincre les scientifiques de haïr ce qui fait la base de leur métier : le partage sans restriction de la connaissance. Le fait que la plus grande base de données scientifiques du monde, Sci-hub, soit considérée comme pirate et interdite partout dans le monde dit tout ce que vous avez besoin de savoir sur notre société.

    Le capitalisme de surveillance pourrit tout ce qu’il touche. Tout d’abord en rendant difficile la vie des contestataires (ce qui est de bonne guerre), mais, surtout, en achetant et corrompant les rebelles qui réussissent malgré tout. Devenu millionnaire, cet artiste antisystème deviendra le premier soutien du système en question et adaptera son slogan : « Soyez rebelles, mais pas trop, achetez mes produits dérivés ! ».

    Tout comme le surréalisme a été la réponse artistique et intellectuelle au fascisme, l’art seul peut sauver notre humanité. Un art brut, tactile, sensoriel. Mais, avant toute chose, un art libre qui se partage, qui se diffuse et qui envoie se faire foutre les notions de propriétés virtuelles.

    Un art qui se partage, mais force le public à partager également, à retrouver l’essence de notre humanité : le partage.

    • Photo d’illustration prise par Diegohnxiv et représentant une fresque en l’honneur de SciHub à l’université de Mexico
    • Printeurs et Le recueil de Nakamoto sont commandables chez votre libraire indépendant préféré ! Les ebooks sont sur libgen, au moins pour Printeurs. Je le sais, c’est moi qui l’ai uploadé.

    Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !

    Recevez directement par mail mes écrits en français et en anglais. Votre adresse ne sera jamais partagée. Vous pouvez également utiliser mon flux RSS francophone ou le flux RSS complet.

  • Monday 08 September 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    • Macron en guerre informationnelle… depuis le JDNews (politis.fr)

      Le président a convoqué, pour le 10 septembre, un « conseil de défense sur la guerre informationnelle ». Et « en même temps », accorde son entretien de rentrée à l’hebdomadaire d’extrême droite JDNews… pour lequel travaillent pléthore de journalistes pro russes.

    • Bayrou : quatre chaînes d’info, une seule ligne édito (acrimed.org)
    • L’affaire Thomas Legrand et le mythe de la neutralité journalistique (politis.fr)

      L’affaire Thomas Legrand relance un vieux débat : un journaliste engagé est-il forcément un journaliste suspect ? Et si le problème n’était pas l’engagement, mais l’hypocrisie de ceux qui prétendent ne pas en avoir ?

    • Le journalisme politique vit son « moment socialiste » (acrimed.org)

      Depuis que la chute de François Bayrou et de son gouvernement est annoncée, le landerneau du journalisme politique s’agite et tente d’imaginer « l’après ». De nombreux éditorialistes en sont désormais convaincus : c’est le « moment socialiste », après que le PS a consommé sa rupture avec LFI et le programme du NFP.

    • Université d’été de LFI : retour sur l’« affaire Olivier Pérou » (acrimed.org)

      En août 2025, l’université d’été de La France insoumise (LFI), les Amfis, a été le théâtre d’une nouvelle polémique médiatique : le refus d’accréditer Olivier Pérou, journaliste du Monde et co-auteur du livre La Meute […] Cette décision, assumée par LFI, a déclenché une vague d’indignation dans les rédactions qui y ont vu une atteinte grave à la liberté de la presse.

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    Les autres lectures de la semaine

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Friday 05 September 2025 - 18:52

    Une IA créant une image.
    Je m’attendais à avoir cette remarque un jour.

    Depuis peu, je me mets à utiliser, parfois, des images générées par IA pour illustrer certains articles de blog. Il ne s’agit que de l’image d’illustration. Les images « techniques » ne le sont pas, et encore moins le texte lui-même.

    Visiblement ça ne plaît pas. Je comprends. Ça ne me plaît pas non plus.

    Avant, je prenais mes images sur des sites qui proposaient des images facilement : de vrais photos que les gens postaient en ligne, et qui en encourageaient la reprise et la diffusion en choisissant une licence le permettant (essentiellement Creative Commons). Tout le monde était gagnant : moi j’avais à disposition des milliards de photos sur pratiquement tous les sujets, et eux voyaient leur photos diffusées, avec un lien et leur nom, exactement comme ils le demandaient. Tout était respecté.

    Il y avait principalement deux sites où je prenais ces images. Le premier — je n’ai plus son nom — a été racheté par un autre qui l’a fermé, et le second — Flickr — a décidé récemment d’obliger tout le monde à s’inscrire pour pouvoir récupérer des images — y compris celles sous licence CC :

    account wall Flickr
    Flickr tu fais CHIER.

    Du coup vous m’excuserez (ou pas, je m’en moque), mais j’ai laissé tomber.

    D’un côté l’on veut défendre l’art « humain », de l’autre on emmerde le plus possible les quelques personnes qui le respectent en les poussant à aller ailleurs. Faut pas s’étonner.
    Vous pouvez être déçu, c’est votre droit. Le miens c’est de refuser d’en prendre la responsabilité cette fois-ci. On dit qu’on crée les monstres en poussant les gens bien à bout : je dirais que c’est le cas ici.

    Non, je ne reviendrai pas dessus : virez toutes ces merdes de popup d’inscription à la con d’abord. Inutile de m’envoyer d’autres liens ou d’autres sites. Je suis largement assez grand pour les trouver moi-même si c’était ce que je voulais.

    Mais j’en ai raz le cul d’avoir à me battre pour faire les choses correctement quand on nous force à les faire mal en compliquant constamment, systématiquement, les choses.


    Le pire, c’est que les exemples sont nombreux pour lesquelles ce genre de cas de figures s’applique : la procédure correcte, légale et convenable est systématiquement une usine à gaz remplie d’embuches totalement artificielles, alors que ceux qui ne les respectent pas ne sont pas emmerdées. Ce n’est même pas une question de pognon. Ce n’est même pas une question de principe, de volonté ou de choix. Non : faire les choses correctement est rendu archi-compliqué pour aucune question valable

    Exemple 1 : Tu as une activité qui rémunère. Tu as le choix de bosser au noir ou de déclarer ça. Sans même parler d’avoir à payer des charges, le site pour créer son activité, ainsi que celui pour déclarer ses revenus sont ont ne peut plus compliqué. Dans certains cas, genre le miens, c’est même impossible à utiliser (je suis dans un cas qui n’est pas prévu par leurs formulaires.
    Du coup bah je fais pas, ou je continue à utiliser le site sachant pertinemment que je déclare sur un account qui est faux car non à jour. La faute à qui ?

    Exemple 2 : Tu veux essayer de te passer d’Amazon, car ce sont les méchants américains qui tuent les petits commerçants ? Bon courage : les sites français sont merdiques et te prennent pour un idiot quand tu leur fait remarquer. Ils ne sont aucun effort, alors qu’Amazon 1) fait tout ce qu’il faut et 2) n’est pas pire que les

    Exemple 3 : Tu veux essayer de trouver un album musical sans le pirater ? « Désolé, cet album n’est pas disponible dans votre pays ». C’est ça, vous allez voir si ça va pas être disponible dans mon pays. Go The Pirate Bay.

    Exemple 4 : Tu veux faire recycler tes piles, tes ampoules en les rapportant dans les bacs de collectes ? Désolé, le bac à piles est plein et déborde. Et il est plein et il déborde 100 % du temps. Rentrez chez vous.
    Pareil pour les bacs à recycler le verre, le bac jaune aussi. On croule sous les emballages qu’on nous impose et on rêve qu’un jour ils remettent la consignation des bouteilles en verre (et en plastique). Mais rêver c’est beau, mais ça ne change pas les choses que personne ne veut (ou n’a d’intérêt) à changer.

    Exemple 5 : Tu veux prendre le train plutôt que la voiture, mais quand tu cherches, soit c’est trois fois le prix, soit le train est supprimé, soit y a des grèves, soit tu dois faire 8 heures de train et passer par Paris pour aller à 100 km de chez toi dans le sud de la France. On marche sur la tête.

    Donc arrêtez vos leçons de moral à deux balles quand vous ne savez que gueuler et que vous ne proposez aucune solution ou pire, que vous nous poussez au « crime » à faire ce qu’on ne devrait pas faire, mais qu’on est contraint de faire quand-même parce qu’il faut bien que ce soit fait.

    Je veux bien faire des efforts, comme j’en ai toujours fait. Mais à un moment c’est à vous de faire les vôtres aussi, et de les faire dans le bon sens, pas le mauvais.

    En attendant, ouais : j’abandonne. Raz le cul.

    Image d’en-tête par IA / Google Gemini ; et je vous merde.

  • Wednesday 03 September 2025 - 02:00

    How I fell in love with calendar.txt

    The more I learn about Unix tools, the more I realise we are reinventing everyday Rube Goldberg’s wheels and that Unix tools are, often, elegantly enough.

    Months ago, I discovered calendar.txt. A simple file with all your dates which was so simple and stupid that I wondered 1) why I didn’t think about it myself and, 2) how it could be useful.

    I downloaded the file and tried it. Without thinking much about it, I realised that I could add the following line to my offpunk startup:

    !grep `date -I` calendar.txt --color

    And, just like that, I suddenly have important things for my day everytime I start Offpunk. In my "do_the_internet.sh", I added the following:

    grep `date -I`calendar.txt --color -A 7

    Which allows me to have an overview of the next seven days.

    But what about editing? This is the alias I added to my shell to automatically edit today’s date:

    alias calendar="vim +/`date -I` ~/inbox/calendar.txt"

    It feels so easy, so elegant, so simple. All those aliases came naturally, without having to spend more than a few seconds in the man page of "date". No need to fiddle with a heavy web interface. I can grep through my calendar. I can edit it with vim. I can share it, save it and synchronise it without changing anything else, without creating any account. Looking for a date, even far in the future, is as simple as typing "/YEAR-MONTH-DAY" in vim.

    Recurring events

    The icing on the cake became apparent when I received my teaching schedule for the next semester. I had to add a recurring event every Tuesday minus some special cases where the university is closed.

    Not a big deal. I do it each year, fiddling with the web interface of my calendar to find the good options to make the event recurrent then removing those special cases without accidentally removing the whole series.

    It takes at most 10 minutes, 15 if I miss something. Ten minutes of my life that I hate, forced to use a mouse and click on menus which are changing every 6 months because, you know, "yeah, redesign".

    But, with my calendar.txt, it takes exactly 15 seconds.

    /Tue

    To find the first Tuesday.

    i

    To write the course number and classroom number, escape then

    n.n.n.n.n.n.nn.n.n.n.nn.n.n.n.n.

    I’m far from being a Vim expert but this occurred naturally, without really thinking about the tool. I was only focused on the date being correct. It was quick and pleasant.

    Shared events and collaboration

    I read my email in Neomutt. When I’m invited to an event, I must open a browser to access the email through my webmail and click the "Yes" button in order to have it added to my calendar. Events I didn’t respond show in my calendar, even if I don’t want them. It took me some settings-digging not to display events I refused. Which is kinda dumb but so are the majority of our tools those days.

    With calendar.txt, I manually enter the details from the invitation, which is not perfect but takes less time than opening a browser, login into a webmail and clicking a button while waiting at each step the loading of countless of JavaScript libraries.

    Invitations are rare enough that I don’t mind entering the details by hand. But I’m thinking about doing a small bash script that would read an ICS file and add it to calendar.txt. It looks quite easy to do.

    I also thought about doing the reverse : a small script that would create an ICS and send it by email to any address added to an event. But it would be hard to track down which events were already sent and which ones are new. Let’s stick to the web interface when I need to create a shared event.

    Calendar.txt should remain simple and for my personal use. The point of Unix tools is to allow you to create the tools you need for yourself, not create a startup with a shiny name/logo that will attract investors hoping to make billions in a couple of years by enshitifying the life of captive users.

    And when you work with a team, you are stuck anyway with the worst possible tool that satisfies the need of the dumbest member of the team. Usually the manager.

    With Unix tools, each solution is personal and different from the others.

    Simplifying calendaring

    Another unexpected advantage of the system is that you don’t need to guess the end date of events anymore. All I need to know is that I have a meeting at 10 and a lunch at 12. I don’t need to estimate the duration of the meeting which is, anyway, usually only a rough estimation and not an important information. But you can’t create an event in modern calendar without giving a precise end.

    Calendar.txt is simple, calendar.txt is good.

    I can add events without thinking about it, without calendaring being a chore. Sandra explains how she realised that using an online calendar was a chore when she started to use a paper agenda.

    Going back to a paper calendar is probably something I will end up doing but, in the meantime, calendar.txt is a breeze.

    Trusting my calendar

    Most importantly, I now trust my calendar.

    I’ve been burned by this before: I had created my whole journey to a foreign country on my online calendar only to discover upon landing that my calendar had decided to be "smart" and to change all events because I was not in the same time zone. Since then, I actually write the time of an event in the title of the event, even if it looks redundant. This also helps with events being moved by accident while scrolling on a smartphone or in a browser. Which is rare but happened enough to make me anxious.

    I had the realisation that I don’t trust any calendar application because, for events with a very precise time (like a train), I always fall back on checking the confirmation email or PDFs.

    It’s not the case anymore with calendar.txt. I trust the file. I trust the tool.

    There are not many tools you can trust.

    Mobile calendar.txt

    I don’t need notifications about events on my smartphone. If a notification tells me about an event I forgot, it would be too late anyway. And if my phone is on silent, like always, the notification is useless anyway. We killed notifications with too much notification, something I addressed here :

    I do want to consult/edit my calendar on my phone. Getting the file on my phone is easy as having it synchronised with my computer through any mean. It’s a simple txt file.

    Using it is another story.

    Looking at my phone, I realise how far we have fallen: Android doesn’t allow me to do a simple shortcut to that calendar.txt file which would open on the current day. There’s probably a way but I can’t think of one. Probably because I don’t understand that system. After all, I’m not supposed to even try understanding it.

    Android is not Unix. Android, like other proprietary Operating System, is a cage you need to fight against if you don’t want to surrender your choices, your data, your soul. Unix is freedom: hard to conquer but impossible to let go as soon as you tasted it.

    I’m Ploum, a writer and an engineer. I like to explore how technology impacts society. You can subscribe by email or by rss. I value privacy and never share your adress.

    I write science-fiction novels in French. For Bikepunk, my new post-apocalyptic-cyclist book, my publisher is looking for contacts in other countries to distribute it in languages other than French. If you can help, contact me!

  • Tuesday 02 September 2025 - 02:00

    Une vie sans notifications

    Avertissement : Cet article parle de mon expérience avec le Mudita Kompakt, mais, n’étant pas lié à cette firme, je ne répondrai à aucune question concernant cet appareil ni le Hisense A5. Tout ce que j’ai à dire au sujet de cet appareil est dans ce billet. Pour le reste, voyez les nombreuses vidéos et articles sur le Web ou rejoignez le forum de Mudita.

    Le grand problème du minimalisme numérique, c’est qu’il n’y a pas une solution satisfaisante pour tout le monde. Sur les forums consacrés au minimalisme numérique, chaque solution est critiquée pour faire « trop » et, parfois par les mêmes personnes, pas assez.

    J’ai vu des personnes en quête d’un dumbphone pour soigner leur addiction à l’hyperconnexion se plaindre de ne pouvoir installer Whatsapp et Facebook dessus. D’une manière générale, j’ai suffisamment d’expérience dans l’industrie pour savoir que les humains sont très mauvais pour déterminer leurs propres besoins, ce que j’appelle « le syndrome de la maison de plain-pied à 3 étages ». Je veux tout, mais que ce soit minimaliste.

    L’addiction à l’écran

    Il y a 6 ans, je pris conscience qu’une grande part de mon addiction à mon smartphone venait de l’écran lui-même. Comme l’a dit un jour un participant à un forum que je fréquente, les écrans sont devenus tellement beaux, les couleurs tellement riches que l’image est plus belle que la réalité. Regarder une photo de paysage aux couleurs saturées et retouchée est plus beau que de regarder le paysage en réalité, avec sa grisaille, son autoroute qui n’apparait pas dans le cadre de la photo, sa pluie fine qui nous rentre dans le cou. Nous n’utilisons plus nos smartphones pour faire quelque chose, ils font partie de notre corps et de notre esprit.

    Dans mon cas personnel, se passer d’écran avec un dumbphone ne pouvait convenir, car l’usage le plus important que je fais de mon téléphone est de m’orienter à vélo et, alors que je suis au milieu de la nature, de créer un itinéraire de retour à charger sur mon GPS. Ça et utiliser Signal, le seul chat de ma vie quotidienne.

    Pour être franc, le concept de dumbphone me dépasse un peu, car s’il y a bien un truc dont je n’ai pas envie ni besoin, c’est d’être joignable partout tout le temps. Si c’est pour laisser un dumbphone en silencieux dans ma poche, autant ne rien prendre du tout !

    Ma quête de sobriété numérique a donc commencé avec l’un des très rares smartphones à écran e-ink, le Hisense A5 (à droite sur la photo d’illustration).

    Le Hisense est un produit bon marché de piètre qualité, à destination du marché chinois. S’il ne disposait d’aucun service Google, il est plein de spywares chinois impossibles à désinstaller (mais que je tentais de contenir avec le firewall Adguard, configuré aux petits oignons pendant des heures).

    Pendant six ans, j’ai utilisé exclusivement cet appareil. Lors de mon premier voyage avec, un trip en train en Bretagne pour un projet de livre, j’ai été en permanence anxieux à l’idée que « quelque chose se passe mal, car je n’avais pas un vrai smartphone ». Mais, petit à petit, je me suis surpris à moins l’utiliser que son prédécesseur, à accepter ses limites. L’écran e-ink lié à la lenteur et aux bugs du logiciel en partie en chinois ne me donnait pas du tout envie de l’utiliser. Très vite, la couleur des écrans de smartphones m’est apparue comme violente, agressive. Mais que je passe quelques minutes sur un tel écran et, soudain, je retrouve un bon vieux shoot de dopamine, une envie de l’utiliser pour faire quelque chose. Quoi ? Peu importe tant que je peux garder les yeux rivés sur ces lumineuses formes mouvantes.

    L’hyperconnexion permanente

    Il m’est souvent arrivé de prétendre que le Hisense n’était pas un smartphone pour éviter d’installer une app soi-disant indispensable pour un service dont j’avais besoin ou, tout simplement, pour obtenir une carte papier dans ces restaurants qui ont l’impression d’être à la pointe de la technologie, car ils ont un QR code scotché sur la table. Mais c’était un mensonge. Car le Hisense est, au fond, un smartphone des plus classiques.

    J’y avais mes emails, un navigateur web et même Mastodon, que j’ai très vite supprimé, mais auquel je pouvais accéder via Firefox ou Inkbro, navigateur optimisé pour les écrans e-ink.

    Mon addiction va beaucoup mieux. J’ai perdu l’habitude d’avoir mon smartphone tout le temps sur moi, ne le prenant pour sortir que si je pense en avoir réellement besoin. Ça n’a l’air de rien, mais, pour certains addicts, sortir sans téléphone est une véritable aventure. Faire l’expérience est une excellente manière de réaliser à quel point on est addict.

    Le Hisense a beau être gros et moche, lorsque je l’avais avec moi et que j’avais un temps mort, je vérifiais si je n’avais pas reçu d’emails. Je devais, comme tout smartphone, penser à le remettre en silencieux lorsque j’avais activé la sonnerie, car je voulais être joignable, faire les mises à jour des toutes les apps que je gardais, car je pouvais en avoir potentiellement besoin. Bref, la gestion classique d’un smartphone.

    Cela me convenait, mais, les smartphones e-ink n’ayant jamais vraiment percé, je me demandais comment j’allais remplacer un appareil qui présentait des signes de faiblesse (batterie qui se vide soudainement, chargement qui ne fonctionne plus que, intermittence).

    C’est alors que j’ai été convaincu par le Kompakt de Mudita.

    Mudita est une entreprise polonaise qui cherche à offrir des produits favorisant la pleine conscience. Des réveils au design épuré, des montres et un dumbphone, le Mudita Pure, qui me faisais grandement de l’œil, car basé sur un système entièrement Open Source. Malheureusement, le Pure était trop minimaliste pour moi, car ne permettant pas d’utiliser mon GPS de vélo.

    Puis est arrivé le Kompakt.

    Basé sur Android, le Kompakt est techniquement un smartphone. En plus petit. Et avec un écran e-ink d’une qualité bien moindre que le Hisense. Et pourtant…

    Premiers pas avec le Kompakt

    La première chose qui m’a frappée en déballant mon Kompakt, c’est que je n’ai dû créer aucun compte, passer par aucune procédure autre que le choix de la langue. Insérez une carte SIM, allumez et ça fonctionne.

    Mudita fait très attention à la vie privée et ne propose aucun service en ligne. Le téléphone est entièrement dégooglisé voire même « décloudisé » (contrairement à, par exemple, Murena /e/OS). Pour la première fois depuis des lustres, je ne devais pas combattre mon téléphone, je ne devais pas le configurer, le transformer.

    C’est incroyable comme ça m’a fait plaisir.

    Pour être transparent, il faut préciser que les développeurs récupèrent des données anonymisées de debug et que ce n’est, pour le moment, pas désactivable. Une discussion à ce sujet est en cours sur le forum Mudita.

    Car, oui, Mudita dispose d’un forum de discussion auquel participe une employée de la firme qui tente d’aider les utilisateurs et se fait le relais vers les développeurs. Un truc qui était la base en 2010, mais qui semble incroyable de nos jours.

    Bref, je me suis senti un client respecté, pas une vache à lait. Et je n’en reviens toujours pas.

    Outre le forum, ce qui m’a frappé avec le Mudita, c’est qu’il pousse réellement l’idée de minimalisme jusque dans ses retranchements. L’application GPS permet de chercher une adresse et de faire un itinéraire piéton, vélo ou voiture. Et c’est tout. Des options ? Aucune, nada, nihil ! Et vous savez quoi ? Ça fonctionne ! Vu que c’est OpenStreetMap, ça fonctionne très bien et j’ai désinstallé Comaps que j’avais mis par réflexe. L’appareil photo… prend des photos et c’est tout (on peut juste activer/désactiver le flash).

    Trouver son chemin avec le Mudita Kompakt
    Trouver son chemin avec le Mudita Kompakt

    C’est comme ça pour toutes les applis : en 10 minutes, vous aurez fait le tour de toutes les options et c’est incroyablement rafraichissant.

    Bon, parfois, c’est limite trop. Le lecteur de musique affiche vos MP3 et les lit par ordre alphabétique. C’est tout. Ils ont promis d’améliorer ça, mais, au fond, je trouve ça amusant d’être limité de cette façon.

    Les choses sérieuses

    Si Mudita n’offre aucun service en ligne, la meilleure manière d’interagir avec son téléphone est le Mudita Center, un logiciel compatible Windows/MacOS/Linux. Après l’avoir téléchargé, vous devez brancher votre téléphone à votre ordinateur avec… retenez votre souffle… un câble USB. (sur Debian/Ubuntu, vous devez être membre du groupe "dialout". "sudo adduser ploum dialout", reboot et puis c’est bon)

    Un câble ! En 2025 ! Incroyable, non ? Quand je vois comme j’ai dû me battre avec le Freewrite d’Astrohaus qui force l’utilisation de son cloud propriétaire, j’apprécie à outrance le fait de brancher mon téléphone avec un câble.

    Avec le Mudita Center, vous pouvez envoyer des fichiers sur l’appareil. Les MP3 pour la musique, les epub ou les pdf, qui seront ouverts dans l’appli E-reader. Pratique pour les billets de train et autres tickets électroniques. Une section est réservée pour transférer les fichiers APK que vous voulez « sideloader ». On s’est tellement fait entuber par Google et Apple qu’on a perdu le droit d’utiliser le mot « installer » en parlant d’un logiciel. Ce mot est désormais privatisé et il faut « sideloader » (du moins tant que c’est encore légalement possible…).

    Dans mon cas, je n’ai sideloadé qu’un seul APK : F-Droid. Avec F-Droid, j’ai pu installer Molly (un client Signal), mon gestionnaire de mot de passe, mon appli 2FA, le clavier Flickboard et Aurora Store. Avec Aurora Store, j’ai pu installer Komoot, Garmin, Proton Calendar et l’app SNCB pour les horaires de train. Pas de navigateur ni d’email cette fois ! Je me suis quand même accordé l’application Wikipédia, pour tester.

    Tout est petit, en noir et blanc (ça, j’avais déjà l’habitude), mais, dans mon cas, tout fonctionne. Attention que ce ne sera peut-être pas votre cas. Les applis qui ont besoin des services Google, comme Strava, refuseront de se lancer (ce qui ne change pas de mon Hisense). Mon appli bancaire nécessite une caméra à selfie (ce que le Kompakt n’a pas) et je vais devoir trouver une solution de rechange.

    Au fait, Mudita ne permet pas de personnaliser la liste des applications. Celles-ci sont classées par ordre alphabétique. Pas de raccourcis, pas d’options. Si c’est perturbant au début, cela se révèle très vite très appréciable, car c’est, une fois encore, un truc de moins à penser, une excuse de moins pour chipoter.

    À noter qu’il est cependant possible de cacher des applications. Si vous n’utilisez pas l’app de méditation, vous pouvez la cacher, tout simplement. Simple et efficace.

    Les notifications

    C’est lorsque j’ai reçu mon premier message Signal que j’ai réalisé un truc étrange. J’ai bien entendu le son, mais je ne voyais pas de notifications.

    Et pour cause… Le Mudita Kompakt n’a pas de notifications ! L’écran d’accueil vous montre si vous avez eu des appels ou des SMS, mais, pour le reste, il n’y a pas de notifications du tout !

    Mon premier réflexe a été d’investiguer l’installation d’un launcher alternatif, InkOS, qui permet une plus grande configurabilité et des notifications.

    Mais… Attendez une seconde ! Que suis-je en train de faire ? Je cherche à refaire un smartphone ! Et si je tentais d’utiliser le Mudita de la manière pour laquelle il a été conçu ?Sans notifications !

    Le seul réel problème avec cette approche c’est que les notifications existent, mais que Mudita les cache. On les entend donc, mais on ne peut pas savoir d’où elles proviennent.

    Dans mon cas, c’est essentiellement Signal (enfin, Molly pour celleux qui suivent). Dans Signal, j’ai donc configuré un profil de notification qui soit silencieux sauf pour les membres de ma famille proche.

    Si j’entends mon téléphone faire un son, je sais que c’est un message de ma famille. Pour les autres, je ne les vois que lorsque je choisis d’ouvrir Signal. Ce qui est exactement ce qu’un système de communication devrait être.

    Bien entendu, les choses se compliquent si vous avez plusieurs applications qui envoient des notifications. Il est possible d’avoir accès aux notifications et de les désactiver par applications en utilisant "Activity Launcher" disponible sur F-Droid. C’est un peu du chipotage, mais ça m’a permis de désactiver les notifications « parasites » de tout ce qui n’est pas Signal.

    La vie sans notifications

    Lorsqu’on accepte ce mode de fonctionnement, le Mudita prend soudainement tout son sens.

    J’avais déjà fortement réduit les notifications sur le Hisense. Il était d’ailleurs en silencieux la plupart du temps. Mais, à chaque fois que je consultais l’écran, je voyais les petites icônes. Machinalement, je glissais mon doigt pour faire apparaître le tiroir à notifications et « vérifier » avant de glisser latéralement pour supprimer.

    Bon sang que j’ai en horreur ces gestes de glissement des doigts, jamais précis, jamais satisfaisant comme le bruit d’une touche qu’on enfonce. Tiens, le Mudita ne permet d’ailleurs pas de « swiper » dans la liste des applications. Il faut faire défiler avec une flèche. C’est minime, mais j’apprécie !

    Mais même si je n’avais pas de notifications sur le Hisense, je vérifiais de temps en temps si je n’avais pas reçu un mail important. Je vérifiais une information sur un site web.

    Oh, rien de bien méchant. Une addiction parfaitement sous contrôle. Mais une série de réflexes dont j’avais envie de nettoyer ma vie.

    Avec le Mudita Kompakt, l’expérience est très perturbante. Machinalement, je saisis l’appareil et… rien. Il n’y a rien à faire. La seule chose que je peux vérifier, c’est Signal. Je suis ensuite forcé de reposer ce petit écran.

    Pas besoin non plus de mettre en silencieux ou en mode avion. Le Kompakt dispose d’un switch hardware « Offline+ » qui désactive tous les réseaux, tous les capteurs, y compris l’appareil photo et le micro. En Offline+, rien ne rentre et rien ne sort de l’appareil. Et quand je suis connecté, je sais que je n’aurai que les appels téléphoniques, les sms et les messages Signal de ma famille proche.

    C’est comme un nouveau monde…

    Tout n’est pas parfait

    On ne va pas se leurrer, le Mudita Kompakt est loin d’être parfait. Il est petit, mais un peu trop gros. Il y a des bugs comme l’alarme qui se déclenche en retard ou pas du tout, comme l’appareil photo qui met près de deux secondes entre la pression sur le bouton et la prise effective de l’image (mais c’est déjà mieux que l’appareil photo du Hisense dont la lentille s’est bloquée après quelques semaines d’utilisation, rendant toutes mes photos irrémédiablement floues).

    Le forum regorge d’utilisateurs insatisfaits. Pour certains car je pense qu’ils n’ont pas conscientisé les limites du minimalisme numérique, qu’ils espéraient un smartphone complet avec un écran e-ink. Mais, dans d’autres cas, c’est clairement à cause de bugs dans le système pour des cas d’usage qui ne me concernent pas directement, comme les problèmes Bluetooth alors que je suis tout heureux d’avoir un jack audio. Le Kompakt utilise une version très fortement modifiée et dégooglisée d’Android 12 (les téléphones Googe sont à Android 16). Le hardware lui-même est assez ancien (plus que mon Hisense). Ce sont des détails qui peuvent se révéler importants. La batterie, par exemple, tient 3/4 jours, ce qui n’est pas extraordinaire en comparaison avec le Hisense. Une heure de hotspot wifi consomme 10% de batterie là où le Hisense n’en perdait pas 3%.

    L’application musicale est vraiment très minimaliste !
    L’application musicale est vraiment très minimaliste !

    Malgré ses limites, l’appareil n’est pas bon marché et il est probablement possible de configurer n’importe quel appareil Android pour avoir un écran épuré et pas de notifications. Mais ce qui me plaît avec le Mudita c’est justement le fait que je ne le configure pas. Que je ne cherche pas à comprendre ce que je dois bloquer, que je ne passe pas du temps à optimiser mon écran d’accueil ou le placement des applications.

    Ça ne conviendra certainement pas à tout le monde. Il y a certainement plein de défauts qui rendent le Kompakt inutilisable pour vous. Mais pour mon petit cas personnel et pour mon mode de vie actuel, c’est un vrai bonheur (à l’exception de cette saleté d’appli bancaire pour laquelle je n’ai pas encore trouvé de solution).

    Accepter de lâcher prise

    Car, oui, je vais rater des choses. Je verrai des mails urgents bien plus tard. Je ne pourrai pas chercher une information rapide quand je suis en déplacement. Je ne pourrai pas prendre de belles photos.

    C’est le principe même ! Le minimalisme numérique c’est, par essence, ne plus pouvoir tout faire tout le temps. C’est être forcé de s’ennuyer dans les temps morts, de planifier certaines expéditions, de demander une information autour de soi si nécessaire, de se dire, dans certaines situations, que la vie aurait été plus facile avec un smartphone traditionnel.

    Si vous n’avez pas effectué à l’avance ce travail de faire le tri entre ce qui est vraiment nécessaire pour vous, ne songez même pas à prendre un téléphone minimaliste comme le Kompakt. Ce téléphone me convient parce que ça fait des années que je réfléchis à ce sujet et parce qu’il est compatible avec mon mode de vie et mes obligations.

    Si vous idéalisez le minimalisme sans réfléchir aux conséquences, vous serez frustrés à la première friction, à la première perte de cette facilité omniprésente qu’est le smartphone. Le minimalisme numérique est également un concept très personnel. Quand je vois le nombre d’appareils connectés que je possède, j’ai du mal à dire que je suis un « minimaliste ». Je cherche juste à conscientiser et à faire en sorte que chaque appareil ait pour moi un bénéfice très clair avec le moins possible de désavantages (comme mon GPS de vélo ou mon analyseur de qualité d’air). Je ne suis pas vraiment minimaliste, je pense juste que le smartphone traditionnel a sur ma vie un impact négatif très important que je cherche à minimiser.

    Certain·es me disent qu’ils n’ont pas le choix. Comme le dit très bien Jose Briones, c’est faux. Nous avons, pour le moment, le choix. C’est juste que ce n’est pas un choix facile et qu’il faut assumer les conséquences, accepter de changer son mode de vie pour cela.

    L’obligation du smartphone

    Et, justement, ce qui est le plus effrayant avec cette démarche de tenter de minimiser l’usage du smartphone, c’est de réaliser à quel point il devient presque obligatoire d’en avoir un, à quel point ce choix devient de plus en plus ténu. Des services commerciaux, mais également des administrations publiques considèrent que vous avez obligatoirement un smartphone récent, que vous disposez d’un compte Google, d’une connexion Internet permanente, d’une batterie bien chargée et que vous êtes d’accord d’installer une énième application dessus et de créer un compte en ligne pour quelque chose d’aussi mondain que de payer un emplacement de parking ou accéder à un événement. Un contrôleur de train me confiait récemment que la SNCB planifiait de supprimer le ticket papier pour mettre en avant l’usage de l’app et du smartphone.

    Sur les forums minimalistes, j’ai même découvert une catégorie d’utilisateurs qui possèdent un smartphone classique pour aller au travail, par simple peur d’être moqué ou de passer pour un rebelle auprès de leurs collègues. De la même manière, certains refusent d’installer Signal ou d’effacer leur compte Facebook par crainte que cela puisse paraître suspect. Une chose me semble claire : si c’est la peur de potentiellement paraître suspect qui vous retient, il est urgent d’agir maintenant, tant que cette suspicion n’est que potentielle. Installez Signal et GrapheneOS ou /e/OS maintenant pour avoir l’excuse, dans le futur, de dire que ça fait des mois ou des années que vous fonctionnez comme cela.

    Dans le cas du smartphone, je constate avec effroi que s’il est théoriquement possible de ne jamais en avoir eu, il est extrêmement difficile de revenir en arrière. Les banques, par exemple, empêchent souvent de revenir à une méthode d’authentification sans smartphone une fois que celle-ci a été activée !

    Je souris quand je pense aux fois où mon refus du smartphone m’a valu une réflexion de type : « Ah ? Vous n’êtes pas à l’aise avec les nouvelles technologies ? ». Souvent, je ne réponds pas. Ou je me contente d’un « si, justement… ». Au moins, avec le Mudita, je pourrai le brandir et affirmer haut et fort : je n’ai pas de smartphone !

    Vous et moi, nous savons que ce n’est techniquement pas tout à fait vrai, mais ceux qui veulent imposer l’ubiquité du smartphone GoogApple sont, par définition, des ignares technologiques. Ils n’y verront que du feu… Et, pour un temps, ils seront encore forcés de s’adapter, d’accepter que, non, tout le monde n’a pas tout le temps un smartphone.

    Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !

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  • Monday 01 September 2025 - 18:56

    (un peu en retard)

    Voir ces tweets divers :

    L’état de Paris ce matin [ndlr : après la fête de la musique] en dit long sur ce que nous sommes devenus : des porcs.
    Ville Lumière
    Beaucoup d’affluence en ville hier soir pour une fête de la musique réussie à ClermontFerrand. Merci aux agents des Espaces Publics de @ClrmntMetropole
    à l’œuvre ce matin pour nettoyer les rues. C’est ça le service public.
    #ClermontFerrand
    Olivier Bianchi (Maire de Clermont Ferrand)

    Lors de la dernière fête de la musique, le lendemain de la fête en fait, des photos circulent où l’on voit des rivières de déchets traîner partout sur les lieux de la fête. Beaucoup s’en offusquent, d’autres — y compris des officiels — remercient, à juste titre, les équipes qui nettoient tout ça.

    En face de ceux qui s’en offusquent on trouve ceux qui disent, typiquement « laissez-les s’amuser », ou « c’est normal après une fête ». Je n’ai pas vu le très classique « ça fait du boulot pour ceux qui nettoient », mais on aurait pu s’y attendre aussi.
    Ils ajoutent parfois même « vous faisiez pareil quand vous étiez jeunes ! ».

    À ceux-là je voudrais réagir.

    Déjà, non, personnellement, et la plupart des gens que je connais depuis tout petit, je n’ai pas été élevé à laisser mes déchets traîner partout. Jamais. Pas même un chewing-gum. Si on le faisait malgré tout, on se faisait remettre au pas pour réparer l’erreur. Pas méchamment, pas durement. Mais fermement, et jusqu’à ce que le message soit rentré. Une culture de la propreté, du respect de l’espace commun. Des choses qui sont devenues automatiques et naturels désormais. Tout comme dire bonjour quand on arrive dans une boulangerie ou une épicerie, ou de ne pas violenter un animal. Des trucs simples en somme, mais manifestement pas normalisées pour tout le monde.

    Ensuite, vous savez qu’on peut faire la fête et ranger après ? C’est tout à fait possible, hein : aucune force de la nature n’empêche cela.

    C’est peut-être une question d’éducation, à la fois des parents, mais aussi des profs, des surveillants à l’école, et de tout le monde qui joue un rôle dans la vie quand on est enfant, ado, et même après, mais pas uniquement. L’apprentissage et l’application des règles élémentaires de vie en société ne s’arrête pas à 18 ans, et ni après non plus, ni encore moins avant — désolé si vous l’apprenez ici.

    Tu ne balances pas tes trucs par terre, point.

    Y a aucun argument contre ça, hormis peut-être les déchets organiques (trognon de pomme, …) et encore, tu fais ça pas n’importe où. En cambrousse ou dans la forêt, personne n’y verra d’inconvénient. Ça retourne juste à la terre, d’où ça vient. Le faire en plein supermarché ou sur le trottoir, par contre, si.

    Ensuite, vous voulez être libres ? Vous lâcher ? Êtres « jeunes » ? Très bien : lâchez-vous. Mais remettez les lieux dans l’état où vous l’avez trouvé. C’est pas compliqué.

    J’ai moi-même été jeune, j’ai moi-même fait des conneries, ou participé à ce genre de trucs. Et le fait encore. Il y a un exemple qui me marquera toujours, car c’est à mon avis une très bonne règle et un exemple parfait de « bonne » façon de faire de la part de l’autorité qui doit rendre des comptes à la fin de la journée face à des « jeunes qui se lâchent ».

    On était à l’école (en classe prépa), à l’internat. J’étais en première année, comme tous ceux de notre étage. Les secondes année étaient à l’étage au-dessus. Les secondes année ne se gênaient pas pour descendre et nous réveiller à 03 h du matin et retourner la chambre. Pas tous les jours, bien-sûr, mais de temps en temps. Ça faisait partie du trip, et c’était en vrai pas méchant et drôle. Bref : on s’amusait.

    Toujours était-il qu’on n’allait pas se laisser faire face à eux. Une nuit d’hiver, on est donc descendu dans la neige avec des poubelles et on a pourri leur étage.

    Le surveillant est arrivé. Il n’en revenait pas trop du bordel qu’il y avait : tout le monde hors du lit, de la neige partout dans les couloirs, les gens par terre à glisser comme des pingouins sur la neige. Bref, un cirque pas possible à 23 heures en semaine. Mais c’était amusant, et ponctuel.

    Il ne nous a pas engueulé. Soit parce qu’il était passé par là peu avant aussi (il n’était pas très vieux), soit qu’il n’en revenait pas du bordel que c’était.

    Il a simplement dit « ok, je vais faire comme si j’avais rien vu. La seule chose : quand je vais repasser dans une demi-heure, je veux que tout soit propre, sec, et tout le monde dans son lit ».

    En gros : on a foutu le bordel, très bien. C’est resté gentil, juste de l’eau sur le sol en lino, mais maintenant vous rangez, et rien de tout ça ne sortira du dortoir.
    Et il est repassé une demi-heure après : out était propre, sec et rangé. Tout le monde s’y est attelé : les 2ᵈ année (cible du méfait) et les 1ʳᵉ année (nous, les auteurs).

    Ce que je veux dire, c’est que la liberté c’est bien : ça permet de faire ce qu’on veut. Mais il n’est pas de libertés sans responsabilités. Et quand on est libre d’appliquer la deuxième loi de la thermodynamique en faisant croître l’entropie d’un dortoir un soir, la responsabilité qui va avec, c’est que tout soit propre et rangé au matin (le surveillant ayant ouvert le système fermé du dortoir, l’entropie peut de nouveau être abaissée #blagueDePrépa #TMTC).

    Donc non, être jeune n’est pas une excuse.
    La fête n’est pas une excuse non plus.
    L’absence de poubelles encore moins. L’absence de poubelles n’est pas même une explication à ce bordel.

    Inutile de chercher : des excuses il n’y en a pas.

    La seule raison, c’est que vous êtes mal élevés, sales, et que vous vous en foutez de vos responsabilités.

    Vous savez comment on appelle un être humain qui veut faire ce qu’il veut sans avoir de responsabilités tout en laissant le problème de sa merde aux autres ? On appelle ça un bébé.

    Alors soit vous remettez tous une couche, soit vous grandissez un peu et arrêtez ces inepties et encore plus c’est « c’est pas moi », « mais on est jeunes », ou « c’est normal ».

    Les Japonais y arrivent : à chaque événement sportif international, ils sont là à ranger leurs tribunes. On les admire pour ça. Pourquoi pas nous ? C’est quoi qui nous empêche de faire pareil, d’être admirable ? Hein ?
    Hormis la flemme, la volonté de passer pour des clochards, ou de penser que ça donne l’air cool d’être un gros porc ? Spoiler : ça n’est pas cool, au contraire.

  • Monday 01 September 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    • L’Empaillé au tribunal de Perpignan le 16 octobre (lempaille.fr)

      Louis Aliot a été condamné à six mois ferme pour détournement de fonds publics, mais il continue à gérer Perpignan avec ses copains néo-fascistes et son directeur de la police… qui nous attaque en justice.

    • Tapisserie de Bayeux : la préfecture du Calvados retire en catimini une vidéo qui contredit l’Élysée (france3-regions.franceinfo.fr)

      En janvier 2025, la préfecture du Calvados publiait sur ses réseaux sociaux une vidéo sur le dépoussiérage de la tapisserie de Bayeux. Des experts y soulignaient son extrême fragilité et l’impossibilité de la déplacer sur une longue distance. Alors que le chef de l’État a annoncé le prêt de l’œuvre aux Britanniques, la vidéo n’est plus accessible.

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    Le rapport de la semaine

    • Breaking up with Big Tech:a human rights-based argument for tackling Big Tech’s market power (amnesty.org)

      In today’s digital age, a small group of technology giants – Alphabet (Google), Meta, Microsoft, Amazon, and Apple – wield extraordinary influence over the infrastructure, services, and norms that shape our online lives. These companies dominate key sectors of the internet : from search and social media to cloud computing, e-commerce, and mobile operating systems. While not all their market positions constitute illegal monopolies, their collective market power enables them to set the terms of digital engagement for billions of people worldwide. Their reach is so extensive that some experts have even likened them to utility providers. This concentration of power has profound implications for human rights, particularly the rights to privacy, non-discrimination, and access to information

    Les autres lectures de la semaine

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Sunday 31 August 2025 - 16:57
    Yves Lohé : artiste français contemporain
  • Sunday 31 August 2025 - 13:43
    Yves Lohé : un artiste contemporain de plus en plus recherché !
    Découvrez l'univers captivant d'Yves Lohé, un sculpteur français contemporain dont l'œuvre allie la force du bronze à la poésie de la pâte de verre.
    Cet artiste prolifique a su créer un style unique qui séduit les collectionneurs et les amateurs d'art du monde entier.

    Yves Lohé : Une alchimie entre force et lumière

    Pour les amateurs d'art et les collectionneurs, l'œuvre d'Yves Lohé est une découverte fascinante, un mariage unique entre des matériaux bruts et la poésie de la lumière.
    Ce sculpteur français, né en 1947 dans le Nord de la France, a su bâtir un univers artistique singulier, où la puissance du bronze et la délicatesse de la pâte de verre dialoguent pour créer des pièces chargées d'émotion.

    De l'artisanat du feu à l'expression sculpturale

    Le parcours d'Yves Lohé est marqué par une quête constante de la matière et de l'expression.
    Il fait ses premiers pas dans le monde de l'art en 1972, en effectuant un stage chez " Abel Bataillard ", maître ferronnier de Pigalle, où il apprend l'art du 'fer forgé', le "premier des arts du feu".
    C'est à partir de 1974 qu'il se consacre pleinement à la sculpture, exposant dans les salons parisiens avec les Artistes Français Indépendants.
    Ses débuts sont caractérisés par des créations en fer forgé, aux formes filiformes et linéaires, représentant notamment des mains et des personnages.
    En 1979, un tournant majeur s'opère : il construit son propre atelier de bronze et abandonne le fer forgé pour se dédier entièrement à cette matière plus "noble et expressive".
    Le bronze devient son matériau de prédilection, utilisé pour sa force et sa capacité à capturer le mouvement et les gestes humains avec une grande finesse.
    La seconde révolution artistique se produit en 1991, lors de sa rencontre avec le maître verrier " Werner Manesse ".
    Celui-ci lui transmet " l'alphabet du verre ", ouvrant la voie à l'exploration de la transparence, de la lumière et des couleurs.
    L'intégration de la " pâte de verre " à ses œuvres en bronze est désormais sa signature, créant une "poésie visuelle unique".

    Les thèmes et les matières : un éloge du mouvement

    L'œuvre d'Yves Lohé se distingue par un mélange de fluidité, de force et de légèreté.
    L'artiste ne se contente pas de sculpter des formes ; il "raconte des histoires, suggère des émotions, et joue avec la lumière".
    Ses thèmes récurrents sont profondément humains et poétiques:
    1 - La musique : Un thème central dans son œuvre. Ses bronzes représentant des instruments comme le violon, le saxophone ou la mandoline ne se contentent pas de reproduire des formes ; ils "traduisent le mouvement du musicien, la vibration de l'instrument et l'émotion du moment".
    Des œuvres comme *Bach Violin Sculpture*, *Violonissimo* ou *Le Saxophoniste* en sont des exemples emblématiques.
    2 - La danse et l'expression corporelle : Lohé capture le mouvement et la grâce à travers des personnages qui semblent en pleine performance.
    3 - La nature et les animaux : On retrouve également des thèmes animaliers, avec des sculptures de poissons ou d'oiseaux. Il réalise des pièces notables comme *Le Poisson* ou *Les Deux Chouettes*.
    4 - Les scènes de vie : Il sculpte des scènes de rue et des figures humaines qui évoquent la poésie du quotidien.

    Reconnaissance et place sur le marché de l'art

    Le talent d'Yves Lohé lui a valu une reconnaissance notable, notamment auprès des collectionneurs.
    L'artiste est représenté par la " Galerie Sir-Hill ", qui lui consacre un espace permanent.
    Son travail est très recherché sur le marché de l'art, avec plus de ' 520 ventes aux enchères ' enregistrées dans la catégorie Sculpture-Volume.
    Ses pièces se vendent pour des prix allant de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros. *
    On peut trouver ses œuvres sur des plateformes comme Artsper, Artnet ou Barnebys.
    Ses sculptures, souvent de taille moyenne (20 à 40 cm), sont appréciées pour leur belle stabilité et leur finition soignée.
    Lohé utilise également des techniques mixtes, associant le bronze et le verre à des éléments musicaux ou à des formes abstraites.
    Son œuvre est une exploration sensorielle, où la transparence du verre devient "une fenêtre sur l’âme de la matière".
    En somme, acquérir une œuvre d'Yves Lohé, c'est investir dans une pièce unique qui témoigne d'une maîtrise technique rare et d'une sensibilité artistique profonde.
    C'est accueillir un fragment de mouvement, de musique et d'émotion dans son intérieur ...

    Le Bronze du jour de Yves Lohé : Violoncelle & Tabouret.

    " Silence musical " – Sculpture en bronze de Yves Lohé
    Dans cette œuvre empreinte de poésie, Yves Lohé capture l’instant suspendu entre deux notes, entre présence et absence.
    Une chaise stylisée accueille un violoncelle appuyé contre son dossier, tandis qu’une partition repose délicatement sur l’assise.
    Le musicien semble s’être éclipsé, laissant derrière lui les traces d’une émotion partagée.
    Le bronze, patiné avec élégance, confère à la scène une chaleur intemporelle.
    Les formes épurées et abstraites invitent à la contemplation, à l’écoute intérieure.
    La signature "LOHE" gravée sur le violoncelle affirme la main de l’artiste, discrète mais essentielle.
    dimensions : 19,5 x 12 x 12 cm
    poids : 1000 g
    époque : années 80's
    circa : 1985
    Cette sculpture est une ode à la musique comme mémoire, à l’objet comme témoin, et à l’art comme silence habité...
    Cette sculpture en bronze, à la fois poétique et énigmatique, met en scène une chaise stylisée sur laquelle repose un violoncelle accompagné d'une partition musicale.
    L’ensemble évoque une pause dans le temps, comme si le musicien venait de quitter son instrument après une interprétation émotive.
    Les formes sont volontairement simplifiées, presque abstraites, ce qui confère à l’œuvre une dimension symbolique : la musique devient mémoire, et la chaise, un témoin silencieux.
    Le fini patiné du bronze ajoute une touche de nostalgie, renforçant le caractère intemporel de la scène ...
    Découvez-le en détails dans la galerie ci-dessous ...
        enjoy :)© Ma Petite Brocante en Ligne - duplication interdite
  • Friday 29 August 2025 - 12:43
    PEGASUS : le logiciel espion qui fait trembler le Monde entier - Référencer votre site ou blog sur...
  • Thursday 28 August 2025 - 19:06
    Depuis sa révélation au grand public en 2016, Pegasus est devenu synonyme de cyberespionnage à grande échelle.
    Développé par la société israélienne NSO Group, ce logiciel espion d’une redoutable efficacité a bouleversé la perception mondiale de la cybersurveillance.
    Officiellement conçu pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, il s’est rapidement transformé en arme numérique utilisée à des fins beaucoup plus controversées.

    Revenons en détails, pour mieux le connaître, sur l’origine, le fonctionnement, les controverses et les répercussions géopolitiques de Pegasus, tout en mettant en lumière les alternatives concurrentes et les réactions politiques internationales ...

    PEGASUS : Origine et objectifs initiaux

    Pegasus a été commercialisé dès 2013 par NSO Group et découvert publiquement en 2016.
    L’outil était présenté comme une solution pour les États confrontés à la menace du terrorisme et du crime organisé. Mais très vite, son usage a dépassé ce cadre officiel.
    PEGASUS
    PEGASUS : logiciel espion

    Comment fonctionne Pegasus ?

    Pegasus cible les smartphones iOS et Android avec une sophistication inégalée :
    * Méthodes d’infection :
    - attaques dites *zéro-clic* (aucune action nécessaire de la victime),
    - campagnes de phishing via des liens piégés.
    * Capacités d’accès :
    - récupération de messages, appels, photos, contacts et mots de passe,
    - activation discrète du micro et de la caméra,
    - géolocalisation en temps réel.
    Ce qui rend Pegasus encore plus inquiétant : il est quasiment indétectable, même par les meilleurs experts en cybersécurité.

    Clients, scandales et utilisations abusives de ce logiciel d'espionnage

    Si certains gouvernements européens (comme la Pologne ou l’Allemagne) l’ont utilisé pour des enquêtes légitimes, de nombreux cas d’abus ont été documentés :
    * Espionnage de journalistes, militants, avocats et même chefs d’État.
    * Le Projet Pegasus, en 2021, a révélé une base de données de plus de 50 000 cibles potentielles.
    * Parmi les victimes célèbres : Emmanuel Macron (France), Pedro Sánchez (Espagne) et de nombreux responsables politiques africains et du Moyen-Orient.
    Le coût du service est à la hauteur de sa puissance : jusqu’à 650 000 dollars pour 10 cibles, hors frais d’installation.

    Les implications géopolitiques que peut avoir un logiciel comme Pegasus

    Pegasus n’est pas seulement une question de cybersécurité : c’est un outil de géopolitique.
    * Espionnage entre États : des dirigeants étrangers ont été ciblés, provoquant des crises diplomatiques.
    * Israël au cœur du dispositif : la vente de Pegasus est soumise à l’autorisation du ministère israélien de la Défense, en faisant un instrument stratégique de diplomatie.
    * Clients controversés : Maroc, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan… souvent accusés d’utiliser Pegasus pour traquer journalistes et opposants.
    * Guerre économique : l’accès à des données sensibles peut influencer des rivalités industrielles (exemple : Airbus vs Boeing).

    Réactions politiques et juridiques dans le monde entier !

    L’affaire Pegasus a provoqué une onde de choc mondiale :
    * Appels à un moratoire : Amnesty International demande la suspension de la vente de technologies de surveillance tant qu’un cadre légal protecteur des droits humains n’est pas instauré.
    * Enquêtes officielles : le Parlement européen a créé la commission PEGA pour enquêter sur Pegasus et d’autres logiciels espions.
    * Procès : NSO Group fait face à plusieurs poursuites, notamment aux États-Unis, pour espionnage illégal.
    * Réactions nationales :
    a - France : Conseil de défense exceptionnel et renforcement de la cybersécurité.
    b - Maroc : accusé d’espionnage, dément et attaque Amnesty en justice.
    c - Algérie : enquête judiciaire pour atteinte aux droits humains.
    d - Espagne : 47 cas suspects liés à Pegasus.
    e - Hongrie : plus de 300 téléphones ciblés, scandale politique.
    f - États-Unis : mise sur liste noire de NSO Group et interdiction de l’usage de Pegasus par les agences fédérales.
    Cyberespionnage
    Cyberespionnage : des actions menées dans la Monde entier !!!

    Pegasus : le suivi de l'actualité géopolitique et juridiques.

    Pegasus a révélé une guerre invisible entre États, où l'information est une arme :
    - "Espionnage d’État à État" : Des chefs d’État comme Emmanuel Macron ou Pedro Sánchez ont été ciblés. Cela a provoqué des tensions diplomatiques majeures.
    - "Israël au cœur du jeu" : NSO Group ne vend Pegasus qu’avec l’aval du ministère israélien de la Défense, ce qui en fait un outil de diplomatie stratégique.
    - "Clients controversés" : Maroc, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan… Des régimes autoritaires ont utilisé Pegasus pour traquer journalistes et opposants.
    - "Guerre économique" : L’accès à des données sensibles permet de prendre l’avantage dans des conflits industriels (ex. Airbus vs Boeing).

    L’affaire Pegasus a déclenché une vague de réactions juridiques et politiques :

    - "Appels à un moratoire mondial" : Amnesty International demande l’arrêt de la vente et de l’exportation des technologies de surveillance jusqu’à la mise en place d’un cadre conforme aux droits humains.
    - "Enquêtes parlementaires" : Le Parlement européen a lancé la commission PEGA pour enquêter sur l’usage de Pegasus et de ses équivalents.
    - "Cadres juridiques nationaux" : Chaque pays a ses lois sur la surveillance, mais les mécanismes de contrôle sont souvent jugés inefficaces ou trop opaques (ex. Hongrie, Grèce, Pologne).
    - "Procès en cours" : NSO Group fait face à des poursuites, notamment aux États-Unis, pour espionnage de journalistes.

    Pegasus n’est pas seul : des alternatives inquiétantes existent ...

    Pegasus a révélé au grand jour une industrie mondiale du cyberespionnage.
    D’autres logiciels espions sont tout aussi puissants !
    Un petit comparatif ...
    1 - Pegasus
    Développé par **NSO Group (Israël)**, Pegasus est sans doute le logiciel espion le plus célèbre au monde.
    Il s’installe grâce à des attaques « zéro-clic » ou via des liens piégés, ce qui signifie que la victime peut être infectée sans rien faire.
    Les cibles identifiées incluent des **journalistes** et même des **chefs d’État**.
    Sa particularité : il est vendu officiellement sous licence d’État, ce qui en fait autant une arme numérique qu’un sujet de scandales internationaux.
    2 - Predator
    Issu de la société **Cytrox** (Israël/UE), Predator infecte ses victimes via des liens piégés ou des applications malveillantes.
    Utilisé notamment contre des **opposants politiques** et des **eurodéputés**, il a fait parler de lui pour sa présence en Europe grâce au réseau **Intellexa**. 
    C’est l’exemple parfait d’un outil de surveillance sophistiqué qui s’est exporté jusque dans les institutions européennes.
    3 - DevilsTongue
    Créé par **Candiru (Israël)**, DevilsTongue cible surtout des **militants** et des **journalistes au Moyen-Orient**. Son mode opératoire repose sur l’exploitation de failles dans **Windows** et **Adobe**, deux logiciels massivement utilisés. Considéré comme extrêmement furtif, il a été **blacklisté par les États-Unis**, ce qui confirme son potentiel de nuisance élevé.
    4 - Subzero
    Moins connu mais tout aussi inquiétant, **Subzero** est un logiciel espion d’origine **européenne**. Il utilise des **failles zero-day** (inconnues et non corrigées) pour infiltrer ses cibles, principalement des **organisations européennes**. Discret et peu documenté, il évolue dans l’ombre, mais son efficacité intrigue les chercheurs en cybersécurité.

    Détection et protection : mission (presque) impossible

    La détection de Pegasus reste extrêmement difficile.
    Des outils comme le Mobile Verification Toolkit (MVT) permettent une analyse approfondie, mais ils sont réservés aux experts.
    Pour le grand public, les conseils essentiels restent :
    * effectuer régulièrement les mises à jour de son smartphone,
    * rester vigilant face aux liens suspects,
    * limiter le partage de données sensibles sur mobile.

    Quelle leçons en tirer ???

    Désormais, l'on peut considérer Pegasus comme le symbole d’une ère numérique inquiétante.
    Pegasus n’est pas seulement un logiciel espion : il incarne les dérives d’une industrie opaque où la surveillance devient une arme au service des États et parfois des régimes autoritaires. Entre enjeux diplomatiques, économiques et juridiques, il symbolise les nouveaux champs de bataille de la cyberguerre mondiale.
    L’affaire Pegasus pose une question fondamentale : jusqu’où accepterons-nous que nos libertés individuelles soient sacrifiées au nom de la sécurité ?

    In Fine : questions / réponses :

    1 - Qu’est-ce que Pegasus ?
    Un logiciel espion développé par NSO Group, capable de pirater les smartphones et d’accéder à toutes leurs données.
    2 - Qui utilise Pegasus ?
    Officiellement, des gouvernements pour lutter contre le terrorisme. En réalité, il a aussi servi à espionner journalistes, militants et responsables politiques.
    3 - Peut-on détecter Pegasus ?
    Très difficilement. Des outils spécialisés existent mais ne sont pas accessibles au grand public.
    4 - Pegasus est-il encore actif en 2025 ?
    Oui, malgré les interdictions et poursuites, Pegasus continue d’être utilisé et inspire d’autres logiciels espions concurrents.
        enjoy :)
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  • Thursday 28 August 2025 - 10:36
  • Wednesday 27 August 2025 - 18:19
  • Tuesday 26 August 2025 - 02:00

    Pas de médaille pour les résistants

    Si vous voulez changer le monde, il faut entrer en résistance. Il faut accepter d’agir et de se taire. Il faut accepter de perdre du confort, des opportunités, des relations. Et il ne faut espérer aucune récompense, aucune reconnaissance.

    Un espionnage pire que tout ce que vous imaginez

    Prenez notre dépendance envers quelques monopoles technologiques. Je pense qu’on ne se rend pas compte de l’espionnage permanent que nous imposent les smartphones. Et que ces données ne sont pas simplement stockées « chez Google ».

    Tim Sh a décidé d’investiguer. Il a ajouté un simple jeu gratuit sur un iPhone vierge dont tous les services de localisation étaient désactivés. Cela semble raisonnable, non ?

    En analysant les paquets, il a découvert la quantité incroyable d’information qui était envoyée par le moteur du jeu Unity. Cela signifie que le concepteur du jeu lui-même ne sait sans doute pas que son jeu vous espionne.

    Mais Tim Sh a fait mieux : il a traqué ces données et découvertes où elles étaient revendues. Ce sont des entreprises ayant pignon sur rue qui revendent, en temps réels, les données utilisateurs : position, historique et instantanée, niveau de la batterie et luminosité, connexion internet utilisée, opérateur téléphonique, espace libre disponible sur le téléphone.

    Le tout est accessible en temps réel pour des millions d’utilisateurs. Y compris des utilisateurs persuadés de protéger leur vie privée en désactivant les permissions de localisation, en faisant attention voire même en utilisant des containers GrapheneOS : il n’y a en effet aucune malice, aucun piratage, aucune illégalité. Si l’application fonctionne, c’est qu’elle envoie ses données, point à la ligne.

    À noter également : les données concernant les Européens sont plus chères. En effet, le RGPD les rend plus difficiles à obtenir. Ce qui est la preuve que la régulation politique fonctionne. Le RGPD est très loin d’être suffisant. Sa seule utilité réelle est de démontrer que le pouvoir politique peut agir.

    Nous avons tendance à nous moquer de la petitesse de l’Europe, car nous la mesurons en utilisant les métriques américaines. Nos politiciens rêvent de « licornes » et de monopoles européens. C’est une erreur, la force européenne est opposée à ces valeurs.

    Comme le souligne Marcel Sel : malgré tous ses défauts, l’Europe est très imparfaite, mais, peut-être, la structure dans le monde la plus progressiste et qui protège le mieux ses citoyens.

    La saturation de l’indignation

    Face à ce constat, nous observons deux réactions. Le « jemenfoutisme » et l’indignation violente. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la seconde n’a pas plus d’impact que la première.

    Olivier Ertzscheid parle de la saturation de l’indignation. Une indignation permanente qui nous fait perdre toute capacité d’agir.

    Je vois beaucoup d’indignation concernant le génocide qu’Israël commet à Gaza. Mais peu ou prou d’actions. Pourtant, une action simple est de supprimer ses comptes Whatsapp. Il est presque certain que les données Whatsapp servent pour cibler des frappes. Supprimer son compte, c’est donc une action réelle. Moins il y aura de comptes Whatsapp, moins les Gazaouis trouveront l’app indispensable, moins il y aura de données pour Israël.

    Au lieu de s’indigner, entrez en résistance active. Coupez autant que vous pouvez les cordons. Vous allez perdre des opportunités ? Des contacts ? Vous allez rater des informations ?

    C’est le but ! C’est l’objectif ! C’est la résistance, le nouveau maquis. Oui, mais "machin", il est sur Facebook. Quand on entre sa résistance, on y va pas en pantoufle avec toute la famille. C’est le principe même de la résistance : de prendre des risques, d’accomplir des actions que tout le monde ne comprend ou n’approuve pas avec l’espoir de faire changer les choses durablement.

    C’est difficile et on ne vous donnera pas une médaille pour cela. Si vous cherchez la facilité, le confort ou si vous voulez de la reconnaissance ou des félicitations officielles, ce n’est pas en résistance que vous devez entrer.

    S’arrêter pour penser

    Oui, les entreprises sont des poules sans tête qui courent dans tous les sens. Mes années dans l’industrie informatique m’ont permis d’observer que l’immense majorité des employés ne fait strictement rien d’utile. Tout ce que nous faisons, c’est prétendre. Lorsqu’impact il y a, ce qui est extrêmement rare, c’est de permettre à un client de faire « mieux semblant ».

    J’ai arrêté de le crier partout, car il est impossible de faire comprendre quelque chose à quelqu’un si son salaire dépend du fait qu’il ne le comprenne pas. Mais force est de constater que tous ceux qui s’arrêtent pour penser arrivent à cette même conclusion.

    La merdification des entreprises peut vous toucher de manière la plus imprévue sur un produit que vous appréciez tout particulièrement. C’est mon cas avec Komoot, un outil que j’utilise en permanence pour planifier mes longs trajets à vélo et que j’utilise parfois "on the road", quand je suis un peu paumé et que je veux un itinéraire sûr, mais rapide pour arriver rapidement à destination.

    Pour celleux qui ne comprennent pas l’intérêt d’un GPS à vélo, Thierry Crouzet a justement pondu un billet détaillant comment cet accessoire change la pratique du cyclisme.

    Mais voilà, Komoot, startup allemande qui se présentait comme un champion de la promotion des voyages à vélo, avec des fondateurs qui promettaient de ne jamais vendre leur bébé a été vendu à un fond d’investissement réputé pour merdifier tout ce qu’il rachète.

    Je n’en veux pas aux fondateurs. Je sais bien qu’à partir d’une certaine somme, on remet tous en question nos promesses. Les fondateurs de Whatsapp souhaitaient, à la base, fortement protéger la vie privée de leurs utilisateurs. Ils ont néanmoins vendu leur application à Facebook, car, de leurs propres aveux, on accepte certains compromis à partir d’une certaine somme.

    Heureusement, des solutions libres se profilent comme l’excellent Cartes.app qui a pris le problème à bras le corps.

    Il manque encore la possibilité d’envoyer facilement un itinéraire vers mon GPS de vélo pour que ce soit utilisable au quotidien, mais le symbole est clair : la dépendance envers des produits merdifiés n’est pas une fatalité !

    De la nécessité du logiciel libre

    Comme le démontre Gee, les ajouts de fonctionnalités non indispensables ne sont pas neutres. Elles accroissent considérablement le risque de panne et de problème.

    Cette simplification ne peut, par essence, que passer par le logiciel libre qui force à la modularité. Liorel donne un exemple très parlant : à cause de sa complexité, Microsoft Excell utilisera pour toujours le calendrier julien. Contrairement à LibreOffice, qui utilise l’actuel calendrier grégorien.

    Simplification, liberté, ralentissement, décroissance de notre consommation ne sont que les faces d’une même forme de résistance, d’une même conscientisation de la vie dans sa globalité.

    Ralentir et prendre du recul. C’est d’ailleurs ce que m’a violemment offert Chris Brannons, avec son dernier post sur sa capsule Gemini. Et quand je dis le dernier…

    Barring unforeseen circumstances or unexpected changes, my last day on earth will be June 13th, 2025.

    Chris avait 46 ans et il a pris le temps d’écrire le comment et le pourquoi de sa procédure d’euthanasie. Après ce post, il a pris le temps de répondre à mes emails alors que je l’encourageais à ne pas le faire.

    Le symbole du vélo

    On ne peut pas s’en foutre. On ne peut pas s’indigner. Il faut alors, avec les quelques millions de secondes qui nous reste à vivre, agir. Agir en faisant ce que l’on pense être le mieux pour soi-même, le mieux pour nos enfants, le mieux pour l’humanité.

    Comme rouler à vélo !

    Et tant pis si ça ne change rien. Et tant pis si ça nous fait paraître étrange aux yeux de certains. Et tant pis si ça a certains désavantages. Faire du vélo, c’est entrer en résistance !

    Symbole de liberté, de simplification, d’indépendance et pourtant extrêmement technologique, le vélo n’a jamais été aussi politique. Comme le souligne Klaus-Gerd Giesen, le Bikepunk est philosophique et politique !

    Cela m’amuse d’ailleurs beaucoup quand on présente l’univers de Bikepunk comme un monde d’où a disparu la technologie. Parce que le vélo ce n’est pas de la technologie peut-être ?

    D’ailleurs, si vous n’avez pas encore le bouquin, il ne vous reste qu’à courir faire coucou à votre libraire préféré·e et entrer en résistance !

    La photo d’illustration m’a été envoyée par Julien Ursini et est sous CC-By. Plongé dans la lecture de Bikepunk, il a été saisi de découvrir ce cadre de vélo rouillé, debout dans le lit de la rivière Bléone, comme un acte de résistance symbolique. Je ne pouvais rêver meilleure illustration pour ce billet.

    Je suis Ploum et je viens de publier Bikepunk, une fable écolo-cycliste entièrement tapée sur une machine à écrire mécanique. Pour me soutenir, achetez mes livres (si possible chez votre libraire) !

    Recevez directement par mail mes écrits en français et en anglais. Votre adresse ne sera jamais partagée. Vous pouvez également utiliser mon flux RSS francophone ou le flux RSS complet.

  • Monday 25 August 2025 - 12:06
    Tout savoir sur les VPN : définition, utilisation, utilité - Actualités du Net sur la longue traîne
  • Monday 25 August 2025 - 12:03
    Le TOP 10 des meilleurs VPN gratuits : comparatif complet - Référencer votre site ou blog sur...
  • Monday 25 August 2025 - 11:26
    Dans un monde où nos vies numériques sont de plus en plus exposées, protéger sa confidentialité en ligne est devenu essentiel.
    Que ce soit pour sécuriser ses données, contourner les restrictions géographiques ou simplement naviguer en toute discrétion, le VPN s’impose comme un outil incontournable.
    Mais qu’est-ce qu’un VPN exactement ?
    À quoi sert-il et comment fonctionne-t-il ?
    Dans cet article, nous vous proposons de faire le tour complet de cette technologie : définition, utilisation et utilité.
    Tout ce qu’il faut savoir pour surfer en toute sérénité.

    Comprendre les VPN : Le guide simple pour naviguer en toute sécurité

    Dans un monde où nos vies sont de plus en plus connectées, la sécurité et la confidentialité en ligne sont devenues des préoccupations majeures.
    C’est là qu’intervient le VPN, un outil souvent évoqué mais rarement bien compris.
    Dans cet article, nous allons essayer de démystifier le VPN  : qu’est-ce que c’est, comment ça fonctionne, pourquoi l’utiliser, et quels sont ses avantages et ses limites.
    VPN
    VPN : tout savoir sur ce nouvel outil informatique

    Qu’est-ce qu’un VPN ?

    Un VPN, ou "Virtual Private Network" (réseau privé virtuel), est une technologie qui permet de créer une connexion sécurisée entre votre appareil (ordinateur, smartphone, tablette) et Internet.
    En d’autres termes, c’est comme un tunnel privé qui protège vos données des regards indiscrets.
    Imaginez que vous envoyez une lettre : sans VPN, elle passe par la poste classique, accessible à tous.
    Avec un VPN, elle est placée dans une enveloppe blindée, acheminée par un service privé et crypté.

    Comment fonctionne un VPN ?

    Le fonctionnement d’un VPN repose sur trois piliers :
    - "Le chiffrement des données" : Toutes les informations que vous envoyez ou recevez sont cryptées, ce qui les rend illisibles pour les pirates, les fournisseurs d’accès ou même les gouvernements.
    - "Le masquage de l’adresse IP" : Le VPN remplace votre adresse IP réelle par celle du serveur VPN. Cela rend votre localisation et votre identité en ligne plus difficiles à tracer.
    - "La connexion via un serveur distant" : Vous vous connectez à Internet via un serveur situé ailleurs dans le monde. Cela vous permet d’accéder à des contenus géo-restreints (comme Netflix US depuis la France).

    Pourquoi utiliser un VPN ?

    Les raisons d’utiliser un VPN sont nombreuses et variées :
    - Pour "protéger sa vie privée" et empêcher les sites web, les annonceurs et les fournisseurs d’accès à Internet de suivre votre activité.
    - Pour "sécuriser les connexions publiques", notamment sur les réseaux Wi-Fi des cafés, hôtels ou aéroports, où les risques d’intrusion sont élevés.
    - Pour "contourner la censure" dans certains pays où l’accès à certains sites est restreint.
    - Pour "accéder à du contenu international", comme des plateformes de streaming ou des jeux disponibles uniquement dans certaines régions.

    Les avantages du VPN

    Utiliser un VPN présente plusieurs bénéfices…
    D’abord, il renforce considérablement la sécurité de votre connexion, même sur des réseaux non sécurisés.
    Ensuite, il vous permet de naviguer de manière plus anonyme en masquant votre adresse IP. Il offre également la possibilité d’accéder à des contenus bloqués dans votre pays, ce qui est particulièrement utile pour les amateurs de streaming ou les voyageurs.
    Enfin, il réduit le tracking publicitaire, ce qui limite la collecte de données personnelles et les publicités ciblées.

    Les inconvénients du VPN

    Cependant, le VPN n’est pas sans défauts…
    Il peut ralentir votre connexion Internet, car vos données doivent passer par un serveur distant et être cryptées.
    Les services VPN de qualité sont souvent payants, ce qui représente un coût mensuel ou annuel. Certains sites ou services peuvent détecter et bloquer les connexions VPN, ce qui limite leur efficacité.
    Enfin, il est important de noter qu’un VPN ne vous protège pas contre les virus, les logiciels malveillants ou les arnaques en ligne : il ne remplace pas un bon antivirus ni une vigilance personnelle.
    Connexion Internet
    Connexion Internet : naviguer avec beaucoup plus de sécurité sur le Net

    En Conclusion

    Le VPN est un outil puissant pour renforcer votre sécurité et votre liberté en ligne.
    Il ne remplace pas une bonne hygiène numérique (mots de passe forts, antivirus, vigilance), mais il constitue une couche de protection supplémentaire.
    Que vous soyez un globe-trotter numérique ou simplement soucieux de votre vie privée, le VPN mérite sa place dans votre boîte à outils digitale.
       enjoy :)source : © le blog du référencement efficace - http://longuetraine.fr - soumis à licence CC - accord préalable demandé -
  • Monday 25 August 2025 - 10:28
    Naviguer sur Internet en toute sécurité est devenu une priorité, mais cela ne devrait pas forcément coûter cher.
    Les VPN gratuits offrent une solution accessible pour protéger sa vie privée en ligne, contourner les restrictions géographiques et sécuriser ses données.
    Dans cet article, nous avons sélectionné les meilleurs VPN gratuits du moment et les avons comparés en détail.
    Fiabilité, vitesse, fonctionnalités : découvrez lequel répond le mieux à vos besoins...

    Pourquoi utiliser un VPN gratuit en 2025 ?

    Entre surveillance numérique, géo-blocages et cybermenaces, les VPN  sont devenus des outils incontournables.
    Et bonne nouvelle : plusieurs VPN gratuits fiables existent, sans publicité intrusive ni collecte de données. 
    Voici notre comparatif complet des meilleurs VPN gratuits en 2025, avec des analyses détaillées pour chaque service.
    VPN
    VPN : réseau privé virtuel

    1 - Proton VPN – Le VPN gratuit sans limite de données

    Avantages :
    - Données illimitées
    - Pas de publicité
    - Serveurs dans 3 pays
    - Politique stricte de confidentialité
    Limites :
    - Vitesse variable selon l’heure
    - Accès restreint aux serveurs premium
    Idéal pour :Navigation privée et continue sans contrainte de volume.

    2 - Hotspot Shield – Le VPN gratuit rapide pour la navigation

    Avantages :
    - 500 Mo/jour
    - Connexion rapide
    - Interface simple
    Limites :
    - Publicités dans l’appli
    - Pas de choix de serveur
    Idéal pour :Navigation ponctuelle sur Wi-Fi public.

    3 - Hide.me – Le VPN gratuit axé sur la confidentialité

    Avantages :
    - 10 Go/mois
    - Protocoles modernes (WireGuard, IKEv2)
    - Choix de serveurs
    Limites :
    - Volume limité
    - Interface technique
    Idéal pour :Utilisateurs avancés soucieux de leur sécurité.

    4 - TunnelBear – Le VPN gratuit le plus convivial

    Avantages :
    - Interface ludique
    - Serveurs dans +40 pays
    - Transparence exemplaire
    Limites :
    - 500 Mo/mois
    - Pas adapté au streaming
    Idéal pour :Débutants ou voyageurs occasionnels.

    5 - Psiphon – Le VPN gratuit pour contourner la censure

    Avantages :
    - Open source
    - Contournement efficace des blocages
    - Aucun compte requis
    Limites :
    - Sécurité partielle (pas de chiffrement complet)
    - Pas conçu pour le streaming
    Idéal pour :Accès à l’information dans les zones restreintes.

    6 - PrivadoVPN – Le VPN gratuit qui débloque le streaming

    Avantages :
    - 10 Go/mois
    - Serveurs dans 12 pays
    - Débloque Netflix et autres plateformes
    Limites :
    - Interface perfectible
    - Vitesse à améliorer
    Idéal pour :Streaming ponctuel et confidentialité renforcée.

    7 - Windscribe – Le VPN gratuit polyvalent

    Avantages :
    - Jusqu’à 10 Go/mois
    - Bloqueur de pubs intégré (R.O.B.E.R.T.)
    - Compatible avec torrent et P2P
    Limites :
    - Vitesse variable selon les serveurs
    - Interface un peu dense
    Idéal pour :Utilisateurs intermédiaires cherchant un bon compromis.

    8 - NordVPN (version gratuite via essai) – Le VPN premium à tester sans risque

    Avantages :
    - Garantie satisfait ou remboursé 30 jours
    - Accès complet aux serveurs premium
    - Technologie NordLynx ultra rapide
    Limites :
    - Nécessite une inscription et un paiement initial
    - Pas une offre gratuite permanente
    Idéal pour :Tester un VPN haut de gamme sans engagement.

    9 - Avira Phantom VPN – Le VPN gratuit discret et sans inscription

    Avantages :
    - 500 Mo/mois sans inscription (illimité avec compte gratuit)
    - Interface ultra simple
    - Compatible Windows, Android, iOS
    Limites :
    - Pas de choix de serveur en version gratuite
    - Pas de support pour le streaming ou le P2P
     Idéal pour :
    Les utilisateurs qui veulent une protection rapide et sans tracas, sans créer de compte ni configurer quoi que ce soit

    Tableau comparatif des VPN gratuits en 2025

    VPN gratuit
    VPN gratuit : de bonnes solutions existent !
    - Proton VPN propose des données illimitées avec une sécurité renforcée, idéale pour préserver sa vie privée au quotidien.
    - Hotspot Shield offre 500 Mo par jour, une bonne sécurité, et convient parfaitement à une navigation rapide sur les réseaux Wi-Fi publics.
    - Hide.me permet d’utiliser jusqu’à 10 Go par mois, avec une sécurité élevée, adapté aux utilisateurs soucieux de confidentialité et amateurs de protocoles avancés.
    - TunnelBear fournit 500 Mo par mois, une sécurité correcte, et se destine aux débutants ou à un usage ponctuel.
    - Psiphon propose un accès illimité avec une sécurité de base, principalement utile pour contourner la censure.
    - PrivadoVPN offre 10 Go par mois, une excellente sécurité, et se montre efficace pour le streaming tout en protégeant les données.
    - Windscribe permet 10 Go mensuels, une sécurité robuste, et se distingue par sa polyvalence, le support P2P et un bloqueur de publicités intégré.
    - NordVPN propose une version gratuite illimitée pendant 30 jours, avec une sécurité maximale, idéale pour tester un service premium sans engagement.
    - Et enfin, Avira Phantom propose une solution un peu similaire à toutes celles-ci, dans sa version gratuite, plus étoffée dans la version payante.

    En Conclusion : quel VPN gratuit choisir en 2025 ?

    Le meilleur VPN gratuit dépend de vos priorités :
    - Vie privée illimitée→ Proton VPN
    - Streaming gratuit→ PrivadoVPN ou Windscribe
    - Sécurité avancée→ Hide.me
    - Facilité d’utilisation→ TunnelBear
    - Contournement de la censure→ Psiphon
    - Test d’un VPN premium→ NordVPN (essai 30 jours)
    N’oubliez pas : les VPN gratuits sont parfaits pour débuter, mais pour une protection complète et durable, un VPN payant reste la meilleure option.
        enjoy :)
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  • Monday 25 August 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    • Préservatifs écolos : les options éthiques, véganes et naturelles (reporterre.net)

      l’utilisation du préservatif est en baisse chez les jeunes Européens : entre 2014 et 2022, elle est passée de 70 à 61 % chez les garçons de 15 ans et de 63 à 57 % chez les filles du même âge, et un tiers des jeunes hommes refuse catégoriquement de mettre une capote.

    Le résultat d’étude pas bien étonnant de la semaine

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Spécial GAFAM et cie

    Les autres lectures de la semaine

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    Les trucs chouettes de la semaine

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Saturday 23 August 2025 - 13:29

    Ça nous parle de privilégier les virements et les CB, ça nous parle de créer un euro dématérialisé, ça nous propose des comptes en ligne, ça nous envoie des e-mails de notifications, nous demandent de tout faire via leur espace « dématérialisé ». Ça réclame notre RIB, justificatif de domicile et je ne sais pas quoi, toujours par internet hein.

    Ça nous pousse à aller sur les banques en lignes (donc sans guichets) car c’est moins cher, pour nous comme pour eux, plus rapide et plus sûr.

    … pour au final que ça nous envoie un chèque papier par la poste.

    Oui je parle des banques.

    Chèque qui leur aura coûté 2 € à envoyer, 1 € à imprimer, plus l’enveloppe.
    Chèque qui me coûtera aussi 2 € à envoyer, plus l’enveloppe.

    Et je ne parle pas des 4 jours ouvrables de délais postaux et 3 jours ouvrables de plus pour les délais bancaires, le tout avec 60 % de chances que ça se perde en chemin.

    Si même les établissements financiers sont incapables d’utiliser les virements bancaires pour faire les transferts d’argent, comment ils vont s’attendre à ce que ça s’impose pour les clients ?

    (Ah et en prime, ils me prennent 16 € pour « frais de traitement », bandes de connards incapables !)

  • Wednesday 20 August 2025 - 12:35
    Barbara Jo Walker : Miss America
  • Wednesday 20 August 2025 - 11:35
    Miss America 1947
    Miss America 1947 : une reine de beauté au destin discret

    Miss America 1947 : la couronne qui changea l’histoire

    Le 6 septembre 1947, sur la scène du Boardwalk Hall d’Atlantic City, Barbara Jo Walker est couronnée Miss America 1947.
    * Représentant la ville de Memphis sous le titre de Miss Memphis, elle marque l’histoire du concours à double titre : elle fut la dernière Miss America couronnée en maillot de bain et également la dernière gagnante à représenter une ville plutôt qu’un État.
    À travers son parcours, Barbara Jo Walker se distingue non seulement par sa beauté et son talent, mais surtout par ses choix de vie, guidés par la simplicité, la foi et l’attachement à sa communauté.
    Barbara Jo Walker
    Barbara Jo Walker : une photographie de la Miss en exclusivité !

    Une enfance à Memphis : racines et éducation

    Née le 12 mars 1926 à Memphis, Tennessee, Barbara Jo Walker grandit dans une famille modeste.
    Son père, Robert H. Walker, était directeur de laboratoire dentaire, et elle avait une sœur prénommée Peggy.
    Étudiante brillante, elle fréquente le Memphis State College (aujourd’hui Université de Memphis) où elle est membre de la sororité Alpha Gamma Delta.

    Talent et élégance : le concours Miss America 1947

    Lors du concours de 1947, Barbara Jo séduit le jury par sa polyvalence : elle chante, joue du piano et réalise des croquis artistiques. Ces prestations lui valent de décrocher la couronne, une bourse de 5 000 dollars ainsi que 10 000 dollars en contrats de promotion.
    Cette victoire a une valeur symbolique : elle incarne la transition d’une époque, puisque dès l’année suivante, les reines de beauté sont couronnées en robe de soirée et non plus en maillot.

    Une Miss America pas comme les autres : foi et simplicité

    Alors que beaucoup de Miss America choisissaient ensuite le show-business ou Hollywood, Barbara Jo prend une voie différente.
    Fidèle à ses convictions chrétiennes, elle retourne à Memphis pour achever ses études et continue d’enseigner à la Sunday School.
    Elle chantera aussi pendant plus de 36 ans au chœur de la Second Presbyterian Church.

    Mariage et vie familiale à Memphis

    En juin 1948, après avoir obtenu son diplôme de Memphis State College, Barbara Jo épouse le Dr John Vernon Hummel.
    Ensemble, ils auront trois enfants :
    - John Andrew “Andy” Hummel, futur bassiste du groupe de rock culte Big Star,
    - une fille, Sally,
    - un fils, Robert.
    La famille restera implantée à Memphis, où Barbara Jo mènera une vie simple, loin des paillettes mais riche en engagement.

    Une pionnière de la télévision des années 1950

    Dans les années 1950, Barbara Jo fait une entrée remarquée dans les médias.
    En 1953, elle devient l’une des premières animatrices d’émission matinale aux États-Unis, sur la chaîne WHBQ-TV.
    Elle y anime *Miss America Matinee*, puis en 1954 *The Lady of The House*. Bien que brève, cette expérience illustre sa capacité à se réinventer et à mettre en valeur ses compétences de communication.

    Engagement culturel et influence locale

    Barbara Jo Walker ne se limite pas à son rôle d’ancienne Miss America.
    Elle s’implique activement dans la vie culturelle de Memphis :
    * Présidente du Beethoven Club, une organisation dédiée à la promotion de la musique,
    * Participation régulière au concours Miss Memphis,
    * Engagement au sein de la Decorative Arts Trust, institution dédiée à la préservation et à la valorisation des arts décoratifs.

    Dernières années et héritage mémorable

    Barbara Jo Walker s’éteint le 7 juin 2000, à l’âge de 74 ans, toujours à Memphis.
    Avec son mari, elle fait don de son corps à l’Université du Tennessee pour les études médicales, un geste généreux qui témoigne de sa volonté de servir même après la mort.
    Elle repose ensuite au cimetière Elmwood de Memphis.
    Son héritage se perpétue notamment à travers son fils Andy Hummel et son influence culturelle à Memphis. Mais surtout, son exemple incarne l’idée qu’une Miss America peut choisir une vie loin du glamour, au service de sa communauté et de sa foi.

    In Fine : Barbara Walker fut une Miss America inspirante et intemporelle

    Barbara Jo Walker restera une figure unique de l’histoire du concours Miss America.
    Couronnée en 1947, elle sut se démarquer par ses choix : refuser la célébrité facile, rester fidèle à ses racines et mettre son talent et son influence au service de sa ville et de sa famille. Une Miss America au destin discret, mais d’autant plus inspirant.

    Et pourquoi un article, ici, sur cette Miss America ?

    Et bien, c'est assez original comme découverte, mais, un jour, dans un vieux lot de photographies, il y avait celle-ci, mise plus haut, avec comme référence au dos " Miss America 1947 " et donc je me suis lancé dans une petite recherche sur Internet …
    Cette photographie n'a semble-t-il jamais été utilisée, mais il s'agit bel et bien de Barbara JO Walker, lors de son élection.
    Une photo unique et méconnue !
    Une photo de presse qui certainement n'a pas été choisie par les grands magazines de l'époque, mais qui a au moins le mérite d'exister, de s'ajouter à une belle série et que je vous livre ici … les joies du chineur ...
          enjoy  :)
    © Ma Petite Brocante en Ligne - duplication interdite
  • Tuesday 19 August 2025 - 17:21
    Le fichier llms.txt est une proposition pour aider les éditeurs de sites à mieux interagir avec les IA comme ChatGPT ou Gemini. Attention aux idées reçues : ce fichier est mal compris par beaucoup. Je vais vous expliquer sa véritable utilité, pourquoi il ne sert à rien aujourd'hui et quelle position adopter.
  • Monday 18 August 2025 - 16:54
    Les meilleurs raccourcis clavier de Windows qui vont vous simplifier le travail
  • Monday 18 August 2025 - 15:48
    from OkWin
    Dans un environnement Windows moderne, la productivité ne se mesure plus seulement à la vitesse d’exécution, mais à la capacité de naviguer efficacement entre les couches du système.
    Les raccourcis clavier ne sont pas de simples commodités : ce sont des commandes directes vers le cœur du système d’exploitation.
    ClavierClavier : toutes les touches au format AZERTY

    Que vous soyez développeur, analyste, designer ou power user, simple utilisateur lambda, maîtriser ces combinaisons revient à transformer votre clavier en interface de contrôle avancée.
    Ce petit guide regroupe les raccourcis essentiels pour automatiser les gestes répétitifs, fluidifier la gestion des fenêtres, et interagir avec le système sans friction...
    raccourcis clavier
    raccourcis clavier : un gain non négligeable de productivité

    Les raccourcis clavier essentiels sur Windows : des facilités et gains de temps à mémoriser !

    "Windows"  
    Ouvre le menu Démarrer.
    "Windows + D"  
    Affiche ou masque le bureau.
    "Windows + E"  
    Ouvre l’Explorateur de fichiers.
    "Windows + I"  
    Accède directement aux paramètres.
    "Windows + L"  
    Verrouille la session en cours.
    "Windows + Tab"  
    Affiche tous les bureaux virtuels et les fenêtres ouvertes.
    "Alt + Tab"  
    Permet de basculer rapidement entre les applications ouvertes.
    "Ctrl + Esc"  
    Ouvre le menu Démarrer (utile si la touche Windows ne fonctionne pas).

    Pour la Gestion des fichiers

    "Ctrl + C"  
    Copie la sélection.
    "Ctrl + X"  
    Coupe la sélection.
    "Ctrl + V"  
    Colle le contenu copié ou coupé.
    "Ctrl + Z"  
    Annule la dernière action.
    "Ctrl + Y"  
    Rétablit une action annulée.
    "Delete"  
    Supprime l’élément sélectionné (en l’envoyant à la corbeille).
    "Shift + Delete"  
    Supprime définitivement l’élément sans passer par la corbeille.
    "Ctrl + A"  
    Sélectionne tout le contenu dans la fenêtre active.
    raccourcis Windows
    raccourcis Windows : si vous les mémorisez bien, vous serez toujours gagnant !!!

    Pour l'Organisation des fenêtres

    "Windows + flèche gauche / droite"  
    Ancre la fenêtre active à gauche ou à droite de l’écran.
    "Windows + flèche haut / bas"  
    Agrandit ou réduit la fenêtre active.
    "Windows + M"  
    Réduit toutes les fenêtres ouvertes.
    "Windows + Shift + M"  
    Restaure toutes les fenêtres réduites.
    "Alt + F4"  
    Ferme la fenêtre ou l’application active.

    Pour faciliter Recherche et captures

    "Windows + S"  
    Ouvre la barre de recherche Windows.
    "Windows + Shift + S"  
    Lance l’outil de capture d’écran intégré.
    "PrtScn"  
    Capture l’intégralité de l’écran.
    "Alt + PrtScn"  
    Capture uniquement la fenêtre active.

    Pour la Productivité et l'accessibilité

    "Windows + ." ou "Windows + ;"  
    Ouvre le panneau des emojis.
    "Windows + V"  
    Affiche l’historique du presse-papiers (si activé dans les paramètres).
    "Windows + H"  
    Active la dictée vocale.
    "Windows + +"  
    Active la loupe pour zoomer sur l’écran.
    "Windows + Ctrl + D"  
    Crée un nouveau bureau virtuel.
    "Windows + Ctrl + F4"  
    Ferme le bureau virtuel actif.
    Les Indispensables
    Les Indispensables : jouez des raccourcis sous Windows et gagnez du temps ...

    REMEMBER :

    Dans l’univers Windows, chaque clic peut être remplacé par une commande clavier.
    Pour les utilisateurs exigeants, développeurs, créateurs de contenu, analystes ou simples passionnés de performance, les raccourcis clavier ne sont pas de simples astuces : ce sont des leviers d’efficacité. En les maîtrisant, vous réduisez les frictions, fluidifiez vos interactions avec le système et gagnez un temps précieux au quotidien.
         enjoy :)
    © OkWin.fr
  • Monday 18 August 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


    Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

    Brave New World

    Spécial IA

    Le facepalm de la semaine

    L’histoire de la semaine

    • Dedicated volunteer exposes “single largest self-promotion operation in Wikipedia’s history” (arstechnica.com)

      A network of accounts with an unusual interest in Woodard was identified, and its activities over the last decade were mapped. Starting in 2015, these accounts inserted Woodard’s name “into no fewer than 93 articles (including ‘Pliers,’ ‘Brown pelican,’ and ‘Bundesautobahn’), often referencing self-published sources by Woodard himself.” […] From 2017 to 2019, the accounts “created articles about David Woodard in at least 92 different languages, creating a new article every six days on average…They started off with Latin-script European languages, but quickly branched out into other families and scripts from all corners of the globe, even writing articles in constructed languages

    Spécial Palestine et Israël

    Spécial femmes dans le monde

    Spécial France

    Spécial femmes en France

    Spécial médias et pouvoir

    • Journalistes tués à Gaza, légitimation des médias français (orientxxi.info)

      Anas est mort. Ce reporter de la chaîne Al-Jazira, devenu son principal correspondant à Gaza après l’évacuation de Wael Al-Dahdouh, a été tué par l’armée israélienne le dimanche 10 août 2025. Quatre de ses collègues — Mohammed Qreiqaa, Ibrahim Dhahir, Moamen Aaliwa et leur chauffeur Mohammed Noufal — ainsi qu’un autre journaliste pigiste, Mohammed Al-Khaldi, sont également morts dans le bombardement par Israël de la tente des journalistes qui se trouvait à côté de l’hôpital Al-Shifa. Ce sont là les informations qui auraient dû faire la Une, lundi matin, de toute la presse et de tous les médias audiovisuels français. Cela, et le rappel incessant, qui devrait faire l’ouverture de chaque journal télévisé, de chaque article : Israël interdit aux journalistes du monde entier d’accéder à Gaza et tue nos confrères et nos consœurs sur place qui nous permettent de savoir ce qui s’y passe.

    • Cette librairie parisienne prise pour cible pour des livres sur la Palestine (huffingtonpost.fr)

      La librairie Violette and Co, située dans le XIe arrondissement de Paris, affirme être victime « d’une campagne d’intimidation, de dégradations », menée notamment par « l’extrême droite ».

    Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

    Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

    Spécial résistances

    Spécial outils de résistance

    Agir

    Spécial GAFAM et cie

    Les autres lectures de la semaine

    • 20 ans après, retours sur le référendum de 2005 (3/5) (acrimed.org)
    • A Tale of Two Cyberspaces (buttondown.com)

      We are barreling towards a network completely centralized and mediated by automated “thinking machines” and the powerful elites who control them. We MUST resist.

    • Millionaire on billionaire violence (pluralistic.net)

      For the past year, I’ve been increasingly fascinated by a political mystery : how has antitrust enforcement become a global phenomenon after spending 40-years in a billionaire-induced coma ?

    • How Queer People Should Read Terry Pratchett (medium.com)

      What’s actually a little bit funny is that a few years ago, U.K. transphobes were trying to retroactively claim the late author as one of their own. Thankfully, his daughter shot this down brilliantly by pointing out that his books are full of pro-trans stories.

    • 15 août 1935 : mort de Paul Signac, peintre anarchiste (paris-luttes.info)
    • Heinrich von Stackelberg : on ne peut séparer l’économiste du nazi (theconversation.com)

      Économiste de génie et… membre de la Schutzstaffel (SS). Comment séparer la biographie un des auteurs majeurs de la théorie des jeux et du duopole, de ses convictions politiques ? Dans la période de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre, Heinrich Von Stackelberg entendait peser sur le cours du monde. À base de compétition, de corporatisme fasciste et d’ordolibéralisme.

    • Is the future insurable ? (probablefutures.org)

      as natural disasters grow more frequent, extreme, and damaging, more people and businesses are struggling to afford—and even get—insurance

    • Quand la Méditerranée s’est vidée (lejournal.cnrs.fr – article de novembre 2024)

      « Nos données montrent clairement une transition brutale vers 5,6 millions d’années, avec une chute rapide du niveau de la mer et un dépôt massif d’évaporites […] Elles soutiennent également l’hypothèse d’une inondation brusque du bassin il y a 5,33 millions d’années, que de précédentes études expliquent par la rupture soudaine du seuil de Gibraltar. » Les eaux de l’Atlantique se seraient alors déversées dans le bassin asséché. Un déluge lui aussi cataclysmique qui n’aurait mis que quelques années à remplir à nouveau la Méditerranée.

    • Reconstructions reveal faces of Neolithic sisters buried 6,000 years ago (archaeologymag.com)
    • Scientists capture first footage of human embryo implanting in a (synthetic) uterus (theguardian.com)

      We have observed that human embryos burrow into the uterus, exerting considerable force during the process. These forces are necessary because the embryos must be able to invade the uterine tissue, becoming completely integrated with it. It is a surprisingly invasive process. Although it is known that many women experience abdominal pain and slight bleeding during implantation, the process itself had never been observed before.

    Les BDs/graphiques/photos de la semaine

    Les vidéos/podcasts de la semaine

    • Avoir raison avec… Jacques Ellul (radiofrance.fr – podcast en 5 épisodes)
    • Voyager avec son vélo dans le train une galère sans nom (radiofrance.fr)
    • AI slop attacks on the curl project (media.ccc.de)

      In these days of “vibe coding” and chatbots, users ask AIs for help with everything. Asked to find security problems in Open Source projects, AI bots tell users something that sounds right. Reporting these “findings” wastes everyone’s time and causes much frustration and fatigue. Daniel shows how this looks, how it creates a DDoS on projects and how totally beyond absurd this is. With examples and insights from the curl project.

    Les trucs chouettes de la semaine

    • Kit d’accès Logiciels libres (grenoble.fr)

      La Ville de Grenoble propose ce « kit d’accès » aux logiciels libres, pédagogique et facile à utiliser pour permettre à chacun·e d’échapper à l’emprise technique des GAFAM en utilisant des logiciels et services libres, sans traçage, sans utilisation des données personnelles, pour les ordinateurs comme pour les smartphones.

    • SignIt de Lingua Libre met en valeur vos pages web pour apprendre la langue des signes. (meta.wikimedia.org)

      L’extension SignIt de Lingua Libre pour Firefox est un projet démonstrateur qui permet de traduire un mot (français) en vidéos en langue des signes (française, LSF) sur n’importe quelle page web. Lorsque vous lisez un texte et que vous tombez sur un mot que vous ne connaissez pas, sélectionnez ce mot, faites un clic droit et cliquez sur l’icône « SignIt » : le signe en LSF et la définition du mot en français apparaitront dans une fenêtre

    • Les 10 distributions Linux les plus légères pour redonner vie à un vieux PC (justgeek.fr)

      Les ordinateurs vieillissent, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont bons pour la casse. Si votre machine commence à souffrir sous Windows, Linux peut lui offrir une seconde jeunesse. Certaines distributions sont spécialement conçues pour fonctionner avec très peu de ressources, tout en restant agréables à utiliser.

    • « On fait notre sport de la journée » : ces infirmières de Toul assurent leurs déplacements en vélo-cargo (leparisien.fr)
    • First antidote for carbon monoxide poisoning “cleans” blood in minutes (newatlas.com)

      An engineered protein that acts like a molecular sponge has the potential to change how carbon monoxide poisoning is treated, chasing down CO molecules in the bloodstream and helping the body flush them out in just minutes, without the risk of short- or long-term health issues that come with the current frontline treatment, pure oxygen.

    Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

    Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

  • Friday 15 August 2025 - 12:04
    Les 10 Sports où les athlètes sont les mieux payés - Référencer votre site ou blog sur Internet
  • Thursday 14 August 2025 - 18:54
    Et vous allez être bien surpris ! Le monde du Sport brasse de plus en plus d'argent et certaines disciplines atteignent même des sommets incroyables, voire même très souvent ' écœurants '  …
    Petite liste donc, des 10 premiers sports dans lesquels les athlètes sont les mieux payés, petite liste qui, même si vous retrouvez certaines disciplines que vous avez en tête, vous allez être vraiment bien surpris ….. :)

    Les 10 sports où les athlètes gagnent le plus : une analyse des revenus

    Le monde du sport professionnel est un univers où les sommes d'argent peuvent atteindre des sommets vertigineux.
    Si la passion et le talent sont au cœur de la réussite, la rémunération des athlètes est souvent à la hauteur de leur statut de stars mondiales…
    Mais quels sont alors les sports qui génèrent les plus gros salaires ?
    Voici un classement, dans l'ordre croissant, des 10 sports les plus lucratifs, avec des exemples concrets qui vous laisseront bouche bée.

    10. Le tennis

    Sport individuel par excellence, le tennis combine des gains en tournois et des partenariats publicitaires très lucratifs.
    Si la majorité des joueurs peinent à vivre de leur sport, l'élite du classement mondial gagne des fortunes.
    * Novak Djokovic : En 2023, ses revenus ont atteint près de 38 millions de dollars, grâce à ses victoires et à des sponsors comme Lacoste et Hublot.
    * Carlos Alcaraz : Le jeune prodige a dépassé les 30 millions de dollars de revenus en 2023, avec des partenariats majeurs (Nike, Louis Vuitton, Calvin Klein).

    9. La course automobile (Formule 1)

    La Formule 1 est un sport de haute technologie où les risques sont proportionnels aux salaires.
    Les pilotes les plus talentueux et les plus médiatisés signent des contrats mirobolants avec les écuries.
    * Max Verstappen : Le champion du monde touche un salaire de base de 55 millions de dollars par an avec Red Bull Racing.
    * Lewis Hamilton : Son contrat avec Mercedes lui rapporte une somme similaire, estimée à environ 55 millions de dollars annuels.
    F1
    F1 : des sommets de technologies pour des records de performances

    8. Le hockey sur glace

    La LNH, la ligue de hockey nord-américaine, est une source de revenus considérable.
    Bien qu'elle ait un plafond salarial plus strict que d'autres ligues, les meilleurs joueurs peuvent négocier des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars.
    * Auston Matthews : Il a signé un contrat de 4 ans d'une valeur totale de 53 millions de dollars avec les Toronto Maple Leafs, ce qui équivaut à plus de 13 millions de dollars par an.

    7. Le baseball

    La Major League Baseball (MLB) se distingue par l'absence de plafond salarial, permettant aux équipes les plus riches d'offrir des contrats records.
    Les joueurs de baseball sont ainsi parmi les mieux payés au monde.
    * Shohei Ohtani : Il a signé le plus gros contrat de l'histoire du sport : 700 millions de dollars sur 10 ans avec les Dodgers.
    * Aaron Judge : Il a signé un contrat de 360 millions de dollars sur 9 ans avec les Yankees.
    Baseball
    Baseball : sport très populaire bien sur aux Etats-Unis, mais aussi en Amérique centrale et en Asie orientale

    6. La boxe

    Dans le monde de la boxe, les gains sont concentrés sur les superstars.
    Un seul combat en pay-per-view peut générer des revenus colossaux, faisant de la boxe un sport à très forte rentabilité pour les meilleurs.
    * Tyson Fury : Ses deux combats contre Deontay Wilder lui ont rapporté près de 150 millions de dollars.
    * Canelo Álvarez : Il a signé un contrat de 11 combats d'une valeur de 365 millions de dollars avec DAZN, un service de streaming.

    5. Le football américain

    La NFL est une machine à revenus, et ses quarterbacks vedettes sont les mieux payés. Les contrats garantis sont extrêmement lucratifs et s'étendent sur plusieurs années.
    * Dak Prescott : Le quarterback des Dallas Cowboys a signé un contrat de 4 ans pour 160 millions de dollars.
    * Patrick Mahomes : Il a signé un contrat historique de 450 millions de dollars sur 10 ans avec les Kansas City Chiefs.

    4. Le golf

    L'arrivée de la ligue concurrente LIV Golf a révolutionné le marché des salaires.
    Pour attirer les meilleurs joueurs, les organisateurs n'hésitent pas à offrir des contrats d'une valeur exceptionnelle.
    * Jon Rahm : Il a rejoint la LIV Golf pour un contrat estimé à plus de 500 millions de dollars.
    * Tiger Woods : Bien que moins actif sur les tournois, ses revenus publicitaires annuels s'élèvent toujours à environ 75 millions de dollars.

    3. Le basket-ball

    La NBA est sans doute la ligue la plus rémunératrice du monde en termes de salaire moyen.
    Les superstars gagnent non seulement des dizaines de millions en salaire, mais aussi des revenus publicitaires astronomiques.
    * LeBron James : Avec un salaire de 47,6 millions de dollars par an et ses revenus publicitaires, il génère plus de 120 millions de dollars par an.
    * Stephen Curry : Son salaire avec les Golden State Warriors s'élève à 51,9 millions de dollars par an, le positionnant au sommet de la ligue.

    2. Le football

    Sport le plus populaire au monde, le football permet aux plus grandes stars de toucher des sommes faramineuses, en Europe comme, plus récemment, au Moyen-Orient.
    * Cristiano Ronaldo : Son transfert à Al-Nassr en Arabie saoudite lui a permis de signer un contrat d'une valeur annuelle de plus de 200 millions de dollars.
    * Kylian Mbappé : Les revenus de l'attaquant français, combinant son salaire et ses partenariats avec Nike et Dior, ont dépassé les 100 millions de dollars par an.

    1. Le MMA (Arts martiaux mixtes)

    Bien que les salaires moyens soient plus bas, les superstars du MMA peuvent générer des gains exceptionnels grâce aux revenus des combats en pay-per-view.
    * Conor McGregor : Pour son combat de boxe contre Floyd Mayweather, il a empoché environ 100 millions de dollars. Ses combats les plus médiatisés en UFC lui rapportent également des dizaines de millions de dollars.
    MMA
    MMA : Mixed Martial Arts, ou arts martiaux mixtes en français est un sport de combat complet qui combine plusieurs disciplines...
    Ce classement montre que si les sports d'équipe comme le basket ou le football génèrent des salaires de base très élevés, les sports individuels comme la boxe et le golf peuvent, grâce aux sponsors et aux événements exceptionnels, propulser leurs athlètes au sommet des revenus…
       enjoy   :)© refOK.fr - duplication interdite
  • Thursday 14 August 2025 - 08:42

    La prétendue « neutralité technologique » est un écran de fumée politique au service d’un discours néolibéral. Face à cela, il ne s’agit pas de rejeter la technologie en bloc, mais de l’aborder selon plusieurs perspectives qu’il faut sans cesse renouveler. Si la technique reconfigure toujours nos rapports sociaux, la bonne approche qui s’impose consiste à résister aux systèmes de pouvoir et de continuer à débattre.


    L’arrivée des IA génératives dans le grand public permet d’observer la manière dont s’enchaînent les discours sur les techniques dans la société. Ils s’enchaînent, dis-je, car ils ne naissent pas. Ils se répètent. Et pourtant depuis Marc Bloch et Lucien Febvre, les universitaires ont fait du chemin pour dresser les méthodes et concepts de l’histoire des techniques. À leur tour, l’anthropologie et la sociologie ont spécialisé des branches disciplinaires sur les techniques. Et je pense que depuis les années 1970 il n’y a pas eu un instant où le rapport entre technique et société n’a pas été interrogé. Cela tient sans doute au fait qu’avec les Trente Glorieuses et l’informatisation de la société, les occasions d’identifier de multiples objets d’étude n’ont cessé de se multiplier. Et malgré tout cela, rien n’y semble faire. Une émission de radio (service public) sur l’arrivée des IA génératives (IAg) dans nos usages quotidiens ? elle se terminera invariablement sur le poncif relativiste du « c’est ni bon ni mauvais, tout dépend de comment on s’en sert ».

    Je me suis toujours demandé d’où pouvait bien provenir cet indécrottable relativisme qui brouille nos rapports sociaux. Peut-être faut-il en chercher la cause dans le fait qu’on on apprend très tôt que faire usage d’un argument, c’est déjà presque commettre un abus. Dans nos démocraties libérales où, souvent, les égaux sont seulement supposés, parler haut et clair revient à menacer l’autre de le faire apparaître confus — donc à l’opprimer. À moins d’être couvert par le statut d’autorité institutionnelle, ou d’exercer la raison du genre dominant, et donc effectivement exercer un pouvoir, mieux vaut donc se taire ou douter, et retourner bosser. Résultat : une société intellectuellement désarmée, éduquée à la déférence molle au service des « gagnants ».

    Alors parlons fort, à défaut parfois d’être clair : ce relativisme est le terreau idéal pour une absorption efficace des discours politiques qui instrumentalisent les idées vaseuses de progrès et de neutralité des techniques. De là vient le pouvoir non des techniques elles-mêmes mais de ceux qui les instrumentalisent. Le débat sur la neutralité des techniques vise deux objectifs : d’une part soutenir la vision instrumentale des groupes d’intérêts économiques, en vue de nous faire croire qu’il faut s’adapter à leur monde, et d’autre part un détournement du cadre de nos libertés qui limite les techniques à leur contrôle hiérarchique. Un autre objectif dont nous ne parlerons qu’à la marge dans ce billet est celui des groupes complotistes : ils concernent des pratiques de déstabilisation politique en vue d’intérêts économiques, mais les étudier revient à partir sur d’autres considérations que celles développées ici.

    Ce billet est expérimental. Je vais tâcher d’aligner quelques arguments à partir d’une analyse du relativisme technologique et de son instrumentalisation politique. Je déconstruirai ensuite le mythe de la neutralité de la technique en explorant différentes perspectives entre Marx et Langdon Winner, en envisageant plusieurs postures. Enfin, je tâcherai de trouver une porte de sortie vers une décentralisation des techniques.

    Le symptôme idéologique

    Il faut l’affirmer ici avec, peut-être, une certaine condescendance envers ceux qui se torturent les méninges à ce sujet : la technique n’est pas neutre, et nous le savons depuis très longtemps que ce soit d’un point de vue purement intuitif ou d’un point de vue épistémologique ou philosophique. Il faut être sérieux sur ce point. La question formulée « La technique est-elle neutre ? » est un artifice dissertatif visant à poser un cadre conceptuel sur le rapport entre technique et société. Et c’est d’ailleurs ce que nous allons faire ici.

    Si je précise cela, c’est parce que les discours politiques sur la neutralité technologique sont souvent caricaturés : on les réduit à des prises de position légères, comme s’ils ignoraient ou négligeaient les responsabilités liées aux impacts sociaux des techniques. Nous avons nous mêmes pratiqué cet artifice sur le Framablog, par souci de concision (et aussi à cause d’un esprit quelque peu revanchard, mais justifié) lorsque nous avons parlé des mots de la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem à l’époque de la signature d’un partenariat avec Microsoft. Mais caricaturer amène parfois à ignorer naïvement combien la posture en question est en réalité retorse et malsaine. Les responsabilités ne sont ni négligées ni ignorées, elles sont évacuées par la trame néolibérale à laquelle adhèrent les acteurs politiques. C’est d’autant plus grave.

    Il s’agit bien ici de technologie et non de technique. La technique, c’est le savoir-faire, le métier, l’outil, le dispositif. La technologie est un mot plus récent, il décrit l’ensemble du système qui va des connaissances à la mise en œuvre technicienne. Pour faire vite, le clavier est un objet technique, la frappe est une technique, là où il y a une foule de technologies qui font qu’Internet existe. Dans le monde de la décision publique, ce qu’on appelle les politiques technologiques sont les décisions stratégiques (négociations, lois, contrats et accords) qui sont censées donner les orientations technologiques d’un pays.

    Dans ce contexte, la plupart des discours politiques, et même des lois promulguées par les élus, postulent une « neutralité technologique » des institutions, des fonctions représentatives, ou plus généralement des organes de l’État. Pour donner un exemple récent, on peut citer l’examen au Sénat Français de la proposition de loi Programmation et simplification dans le secteur économique de l’énergie, dans la séance du 8 juillet 2025. Un amendement (num. 19 rectifié bis) portait sur l’ajout de la mention « neutralité technologique » en complément à la question de la maîtrise des coût. Le rapporteur arguait sur le fond que « la neutralité technologique est un bon principe en matière de politique énergétique, dans la mesure où il permet de ne pas opposer les différentes énergies décarbonées entre elles – il ne faut surtout pas le faire ! –, qu’elles soient d’origine nucléaire ou renouvelables ». L’amendement fut adopté.

    Ce principe de « neutralité technologique » se retrouve à de multiples échelons des politiques internationales. Ainsi, les politiques européennes prônent depuis longtemps ce principe au risque parfois de quelques pirouettes rhétoriques. Par exemple au lieu de persister à affirmer que l’objectif consiste à ne plus vendre de voitures thermiques en 2035, la Commission Européenne invoque le principe de neutralité technologique : l’objectif est que les voitures n’émettent plus de CO2, mais comme la Commission est « neutre technologiquement », elle n’imposerait rien d’autre et encore moins les voitures électriques, or il se trouve que les voitures thermiques émettent du CO2…

    Qu’il s’agisse de la Commission Européenne ou de ce débat au Sénat Français, ils révèlent tous deux la manière dont le pouvoir de l’État est pensé, c’est-à-dire une tartufferie néolibérale qui impose d’un côté un contrôle effectif à l’encontre de tout favoritisme pour une technologie dont seules certaines entreprises pourraient se prévaloir d’un monopole ou d’une hégémonie, et d’un autre côté une logique de diminution de l’autorité publique sur les équilibres en jeu entre technologie, société et environnement. C’est à la société de se réguler toute seule, « yaka proposer » (pour reprendre les termes de Najat Vallaud-Belkacem). C’est évidemment faire fi de toutes les questions liées à la propriété des techniques (la propriété intellectuelle, entre autre), aux pouvoirs financiers qui fixent les prix et imposent à la société des modèles la plupart du temps insupportables (pour les humains comme la planète en général).

    Au sommet de cette tartufferie, on retrouve notre cher président E. Macron affirmant en novembre 2024 :

    « Et moi, je me fiche de savoir que l’électron qui m’aide à faire l’électrolyse pour produire de l’hydrogène vert soit un électron qui est fait à base d’éoliens offshore au Danemark, de solaire en Espagne ou de nucléaire en France. Ce que je veux, c’est que ce soit de l’hydrogène européenne compétitive décarbonée. »

    Pourvu que ce soit compétitif et que cela satisfasse les accords Européens, la messe est dite. Et pour les conséquences, on repassera.

    Terminal de contrôle de la centrale électrique du Fort de Mutzig (1893)

    Terminal de contrôle de la centrale électrique de la forteresse Kaiser Wilhelm II (Fort de Mutzig, 1893), produite par l’entreprise Siemens-Schuckert. Ce fort rassemble une foule d’innovations de la fin du XIXe siècle mises au service de la logique de guerre (électricité, télécommunications, armement…). Photographie : Thomas Bresson , CC-By 3.0 (Wikimédia), 2010.

    L’injonction néolibérale

    C’est pas sans arrière-pensée que j’aborde le sujet de la neutralité technologique par le prisme des postures politiques. Habituellement, on s’interroge sur la manière dont le politique s’empare de la question après avoir analysé le cadre. Or, comme je l’ai dit, nous avons déjà la réponse : la technique n’est pas neutre, on le sait depuis Platon (cf. Le Gorgias). Ce qui est étonnant en revanche, c’est de voir comment le principe de neutralité technologique est en fait un instrument de régulation (ou de non-régulation, justement). C’est ce qui fait par exemple que la souveraineté numérique d’un pays Européen est un objectif géostratégique rendu impossible à cause de l’entrisme permanent des géants multinationaux comme Microsoft qui, au nom de cette neutralité technologique des institutions, ont réussi à imposer leurs systèmes techniques au détriment de solutions alternatives qui ne sont justement pas choisies par la décision publique, toujours au nom de cette neutralité.

    C’est là que se fait la jonction. La neutralité technologique des institutions est elle-même un instrument (un sophisme dirait Socrate à Gorgias) car elle trouve sa justification sur deux plans. Le premier : laisser le marché déterminer les coûts tout en garantissant les équilibres concurrentiels sans que les enjeux sociétaux (les externalités négatives) viennent susciter un contrôle intempestif (i.e. : vous pouvez chopper des cancers, les exportations agricoles sont plus importantes que votre santé). Le second : si c’est à la société de s’auto-équilibrer en composant avec l’état du marché qui est lui-même une émanation de la société (vision simpliste du monde entrepreneurial), c’est à elle de proposer des alternatives technologiques et par conséquent toutes les techniques sont en soi neutres puisque c’est la manière dont elles sont employées qui a des conséquences, pas la manière dont elles se répartissent sur le marché.

    Pour les institutions dans un monde capitaliste, il importe donc, devant toutes les innovations, de s’interroger sur leurs rentabilités et leur viabilité sur le marché avant que de s’interroger sur les valeurs que leur accorde la société. Si on voit bien que le néolibéralisme n’y accorde aucune importance, c’est justement parce que pour une telle politique, la neutralité de la technique n’est pas un sujet. Le sujet, c’est la libéralisation du marché. On considérera donc qu’une bonne politique sociale, obligée de naviguer dans ce même cadre néolibéral, aura tout intérêt à se soucier de ces valeurs, de la manière dont les technologies sont reçues et incorporées dans la société, afin que les institutions puissent apporter des réponses, des recours (i.e. soigner les cancéreux atteints par la pollution agricole, par exemple). Or, dans la mesure où, comme nous l’avons vu, une politique technologique ne peut ni ne doit favoriser qui que ce soit (par exemple favoriser des entreprises de logiciels libres ou open source au détriment de Microsoft au nom de la concurrence), elle ne peut pas émettre d’avis en faveur d’une technologie ou d’une autre, sauf si cela entre dans une stratégie économique donnée (une orientation générale industrielle, par exemple). Et si une bonne politique sociale ne peut pas changer les institutions du néolibéralisme, elle ne peut que se réfugier derrière la neutralité de la technique et émettre une bonne vieille réponse de normand : c’est à la société de voir comment réceptionner les techniques, pas au politique d’imposer un cadre qui relèverait de la société et non du marché.

    Et c’est pourquoi on retrouve un Mitterrand expliquant tranquillement en novembre 1981 que la technique est neutre, que les innovations techniques s’imposent à nous et que c’est une question de maîtrise et de volonté que de faire en sorte qu’on puisse s’en arranger : en somme, il faut s’adapter (maîtriser les techniques, les introduire intelligemment…) :

    « (… L)’informatique, parmi d’autres innovations majeures, aujourd’hui, est, me semble-t-il, capable de démultiplier considérablement les moyens de créer et de travailler de chacun. Cela certes, si elle était mal maîtrisée, si elle ne s’inscrivait pas dans un projet d’ensemble, l’informatique pourrait n’être, comme tant d’autres sciences et techniques, qu’une agression supplémentaire des individus, la source d’une aggravation de l’insécurité et du chômage, des inégalités, des oppressions. Elle pourrait conduire à une solitude croissante de l’homme, abandonné à un face à face tragique avec des objets de plus en plus sophistiqués, de plus en plus capables de raisonner et de communiquer entre eux.
    Mais, au contraire, si elle est introduite intelligemment, dans le contexte d’un projet global de société, elle pourra transformer la nature du travail, créer des emplois, favoriser la décentralisation, la démocratisation des institutions, donner au commerce, au travail de bureau, à la poste, à la banque, aux entreprises petites et moyennes, des outils efficaces pour se développer. Enfin, et peut-être et surtout, elle apportera à la santé des hommes, à leur formation, à leur culture des moyens sans comparaison avec ceux dont ils disposent maintenant pour s’exprimer, leur permettant de multiplier, à un échelon considérable, leurs moyens d’apprendre, de créer et de communiquer. »

    C’est ce genre de réflexion qui eut des conséquences tout à fait concrètes dans la société française. Par exemple : le plan Informatique Pour Tous lancé en 1985. Avant de devenir l’échec que l’on connaît, il eu un intérêt certain pour les élèves (dont moi) qui en ont bénéficié et qui ont pu se frotter à l’informatique et à la programmation très tôt. Mais, au fond, ce Plan ne disait pas autre chose que c’est à chacun de s’adapter à l’informatisation de la société, une « Révolution » qui n’est autre que la révolution des entreprises qui se lançaient toutes dans la grande aventure de l’optimisation de la production grâce à l’économie des données informatiques (c’est ce que j’ai montré dans mon bouquin). Message reçu par les enfants : l’informatique change le monde, si vous ne vous y mettez pas, c’est le chômage qui vous guette. Injonction néolibérale par excellence.

    Le néolibéralisme a mit un demi-siècle pour imposer au monde ses principes. Alors que le libéralisme pensait à un « homme économique », le néolibéralisme pense l’homme en situation de concurrence permanente, c’est un humain « entrepreneur de lui-même », un mélange de volontarisme individuel et d’abdication des valeurs collectives et de commun. M. Foucault l’analysait ainsi dès 1979 : « Il s’agit de démultiplier le modèle économique, le modèle offre et demande, le modèle investissement-coût-profit, pour en faire un modèle des rapports sociaux, un modèle de l’existence même, une forme de rapport de l’individu à lui-même, au temps, à son entourage, à l’avenir, au groupe, à la famille. » (Foucault 2004, p. 247)

    Dans nos subjectivités à tout instant l’injonction néolibérale résonne. C’est l’objet du livre de Barbara Stiegler (Stiegler 2019) qui résume la conception de Walter Lippmann, selon laquelle l’homme est incapable de s’adapter par nature à un état du monde qui s’impose et ne négocie pas (l’état économique industriel et productiviste du monde) et que c’est à l’État d’impulser la transformation de l’humain par l’éducation ou l’hygiénisme. Il en résulte cette injonction permanente, soit par des techniques comme le nudge et le jeu de l’influence-surveillance des individus, soit par l’autorité parfois brutale qui nous soumet aux dogmes néolibéraux.

    Pour le discours politique de la « neutralité technologique », les innovations sont inéluctables, peu importe qui les produit et pourquoi. Que les plateformes aient créé un capitalisme de surveillance qui produit de la haute rentabilité sur la marchandisation de nos intimités numériques est un sujet qui n’est finalement pas interrogé par la décision publique sauf sur un mode réactif après moult plaidoyers et recours juridiques. Il faut s’y faire, c’est tout, parce que c’est ainsi que fonctionne l’économie numérique. On ira faire des courbettes à Zuckerberg et Musk pour leur demander de bien vouloir respecter le RGPD et verser quelques miettes pour toute indemnité.

    C’est ce qui défini le « progrès technologique » : dans le cadre néolibéral, l’émergence des innovations et leur rôle dans la sphère économique sont conçus par le politique, de droite comme de gauche, comme une logique de marché à laquelle la société doit s’adapter. En matière d’économie numérique, par exemple, on sort de l’équation toute idée d’autogouvernance (pour ne pas dire autogestion) des outils numériques, ainsi que toute possibilité de réflexion collective qui irait à l’encontre des logiques de marché au profit des valeurs de justice ou de bien-être portées dans la société.

    Dans un livre co-écrit par l’ex-syndicaliste (viré bien à droite dans ses vieux jours) Jacques Juillard et le philosophe Jean-Claude Michéa, les deux auteurs s’échangent des lettres (Michéa, Julliard 2018). Pour le premier, « Le progrès technique est axiologiquement neutre, (…) et le mauvais usage qui en a été fait par le capitalisme sous sa forme sauvage et prédatrice ne le condamne pas ». Dans sa lettre-réponse, le second lui rétorque, à raison, de prendre en compte niveau de complexité d’un système technique et d’interroger l’« usage émancipateur et humainement positif » des innovations. J.-C. Michéa souligne : « Or à partir du moment où l’accumulation du capital (…) ne repose pas sur la production de valeurs d’usage mais uniquement sur celle de valeurs d’échange (…), il est inévitable que le système libéral en vienne peu à peu à soumettre le pouvoir d’inventer lui-même au seuls impératifs de la rentabilité à tout prix. »

    Se demander si les techniques sont émancipatrices et en faire un principe d’action et de décision, c’est éclater le carcan néolibéral dans lequel le politique s’est fourvoyé depuis tant d’années.

    Un contrôle autoritaire

    Mais il y a d’autres choix. Avant d’engager plus loin la réflexion, arrêtons-nous un instant sur les libertariens comme Peter Thiel (on se pincera le nez). Si nous nous interrogeons sur les « usages émancipateurs » des techniques, c’est que la conjoncture actuelle n’y est pas favorable. Une autre solution pourrait donc, comme le fait P. Thiel, consister à comparer les périodes et regretter que le rythme des innovations et de leur imprégnations dans la société soit fortement ralenti ces dernières années (Thiel 2025).

    Une analyse économique pourrait nous montrer qu’il en va ainsi des cycles des innovations. Par exemple l’informatisation de la société a atteint un point d’inflexion, un ralentissement de croissance, une phase asymptotique où, bien que des nouveautés apparaissent, leur diffusion ne joue pas un grand rôle dans l’économie globale. Par exemple l’arrivée des IA génératives fait certes beaucoup parler, mais les équilibres économiques ne changent guère si ce n’est du point de vue des valeurs spéculatives (les « gros » restent les mêmes) créant une bulle technologique en manque de rentabilité. En pratique, si de nouveaux usages apparaissent, on est encore loin du bouleversement structurel de l’informatique d’entreprise des années 1970 ou de l’arrivée d’Internet dans les foyers. N’ayant pas de boule de cristal, je suppose qu’il est possible qu’un renversement se produise, néanmoins, pour l’instant, rien de semblable et on se préoccupe plutôt d’une économie de guerre, ce qui n’est pas plus réjouissant.

    Or, P. Thiel propose un autre point de vue. Selon lui, si les techniques nous opposent des risques existentiels, comme la bombe atomique, nous avons tout fait pour ralentir leurs rythmes d’innovation, de création, et de changements sociaux. La raison plus profonde, c’est que les gouvernements au pouvoir on laissé (selon le cadre néolibéral) se développer des contraintes qui, aux yeux de P. Thiel, sont bien trop importantes pour que le « progrès » technique puisse se développer correctement et « augmenter » l’humanité. Les structures institutionnelles ont satisfait les revendications sociales et la politique fait bien trop appel à l’expertise scientifique, réputée contradictoire et laissant trop de place au doute. Telles seraient les causes de ce ralentissement. Il faudrait donc sortir de ce cadre, et effectuer des choix stratégiques qui accélèrent les techniques « bénéfiques » et contrôlent celles que l’on jugerait dangereuses. Reprenant les idées du philosophe transhumaniste Nick Bostrom, P. Thiel affirme que la solution pourrait consister en…

    « un gouvernement mondial efficace, avec une police extrêmement efficace, pour empêcher le développement de technologies dangereuses et forcer les gens à ne pas avoir des opinions trop diverses — car c’est cette diversité qui pousserait certains scientifiques à pousser des technologies qu’ils ne devraient pas développer. »

    En somme une dictature bienveillante en faveur du transhumanisme, qui ne prendrait pas en compte l’axiologie, trop complexe pour définir une unique ligne conductrice autoritaire. En d’autres termes, débarrassons-nous de la morale et de l’éthique qui ne font que nous embrouiller. Quant à savoir qui seront les dépositaires de l’autorité : ceux qui produisent ces techniques, bien entendu, et qui prennent l’engagement que l’humanité ne tombera pas dans la catastrophe qui nous attend si nous continuons à développer les techniques de manière erratique (Slobodian 2025 ; Prévost 2024).

    On voit ici que ce monde sans démocratie que voudrait nous imposer ce type de libertarien remet assez radicalement en cause la prétendue « neutralité technologique » des institutions. Il affirme d’autant moins que la technique serait neutre. C’est au contraire une position assumée que de dire que, la technique n’étant pas neutre, il nous faut une structure de gouvernement capable de la contrôler tout en contrôlant les intérêts des novateurs. Nous reviendrons plus loin sur la question du contrôle car elle implique assez directement celle des conditions de nos libertés. Toujours est-il que cet exemple de P. Thiel montre que le plus important est de définir le cadre épistémique et axiologique dans lequel on se place pour parler de la prétendue neutralité des techniques et que, justement, c’est parce que nous remettons sans cesse en jeu cette problématique que nous faisons évoluer le rapport entre technique et société. C’est là tout l’intérêt de s’interroger sur cette neutralité (depuis Platon).

    Humains et machines

    Extrait du film d’animation Wall-E réalisé par Andrew Stanton (Disney/Pixar), 2008.

    On ressort le vieux Marx

    Le premier réflexe que nous pourrions avoir face à ce qui précède, consisterait à établir une opposition stricte entre les structures de domination du capitalisme, les possédants de l’outil de production, et les autres, travailleurs, utilisateurs. Les dispositifs techniques seraient des instruments d’aliénation et non d’émancipation. De là émerge une conception économique de la situation qui voit dans le développement des technologies un horizon de libération de la condition humaine à condition de se libérer de la domination capitaliste. C’est une vision du rapport social à la technique qui s’oriente vers une certaine idée de la neutralité de la technique en tant que simple instrument : dans les mains des capitalistes (ou des libertariens aujourd’hui) la technique est un instrument de domination.

    Dans ce cas, le pivot est Marx et l’épouvantail serait le luddisme. En effet, une lecture un peu rapide de Marx ferait de notre ami à barbe grise l’un des tenants de la neutralité de la technique. Que nous dit-il, après avoir raconté quelques épisodes où, dans l’Angleterre des XVIIe et XVIIIe siècles, des ouvriers privés d’emploi à cause des innovations qui automatisaient une grande partie de leurs tâches finirent par y mettre le feu ?

    « Il faut du temps et de l’expérience avant que l’ouvrier apprenne à distinguer la machinerie de son utilisation capitaliste, et donc à transférer ses attaques du moyen matériel de production lui-même, à la forme sociale d’exploita­tion de celui-ci. » – (Marx 1993, p. 481)

    Partant d’un certain bon sens, ce n’est évidemment pas par un acte de destruction sans revendication claire qu’on gagne une cause… Rien ne nous dit non plus que ces ouvriers des siècles passés n’avaient pas de revendication autre que celle de retrouver leur emploi. Mais c’est aussi la thèse de Marx que de montrer que ces révoltes sont un préalable à un mouvement ouvrier de prise de conscience de sa propre classe (et pour certains historiens aussi, c’est un peu ce que montre E. P. Thompson, dans La formation de la classe ouvrière anglaise). Cependant, à partir de cette citation, on conclu généralement que selon Marx, les machines et plus généralement les techniques de production sont neutres, elles ne seraient que des instruments qui, dans certaines mains seraient des instruments de domination, dans d’autres, seraient des instruments de libération de classe.

    En réalité, Marx adopte une approche articulée autour de deux aspects. Le premier consiste en une analyse des rapports sociaux, qu’il considère comme fondamentalement différents selon qu’il s’agit de l’usage d’un simple instrument ou de celui d’une machine, un dispositif technique élémentaire ou une technologie plus complexe : « Dans la manufacture et le métier, l’ouvrier se sert de son outil ; dans la fabrique il sert la machine » (Marx 1993, p. 474). C’est-à-dire que la machine non seulement inverse le rapport de l’ouvrier à l’outil de production (il sert la machine), mais en plus elle modifie la structure même du modèle économique de la production (l’atelier devient la fabrique). Sur un second aspect, Marx nous dit aussi : « Les rapports sociaux sont intimement liés aux forces productives. En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production, et en changeant le mode de production, la manière de gagner leur vie, ils changent tous leurs rapports sociaux. Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain ; le moulin à vapeur, la société avec le capitaliste industriel » (Marx 2019, chap. 2). Il y aurait donc un certain déterminisme technique qui influe sur les conditions historiques d’émergence du capitalisme et avec lui toute une culture technique. Si les conditions sociales changent avec le capitalisme, c’est parce que celui-ci procède d’un auto-engendrement : il modifie et « révolutionne » les structures (et le progrès technique est un facteur déterminant) pour pouvoir s’installer. L’innovation technique qui a lieu « dans » le capitalisme est capitaliste, elle est là pour satisfaire ses exigences de productivité et de rentabilité. Pire encore, pour Marx, le développement technologique du capital a pour conséquence (et réciproquement) que le gain de productivité doit s’accomplir dans une dynamique toujours plus rapide (par exemple éviter que le stockage ne soit un manque à gagner sur la vente des produits) ce qui impose une exigence de rentabilité où l’ouvrier est englouti par la machinerie et le capital devient son propre « sujet automate » (Marx 2011, pp. 652-653).

    Comme je l’ai dit plus haut, nous savons que la technique n’est pas neutre, et il n’y a aucune raison pour que Marx puisse défendre un autre point de vue sur cette question précise. En revanche, Marx est aussi l’héritier d’une conception civilisationnelle du progrès technique, héritée des Lumières, même s’il s’en montre critique. Il reconnaît ainsi au capital une force destructive qui cesse d’être productive uniquement « lorsque le développement de ces forces productives elles-mêmes rencontre un obstacle, dans le capital lui-même » (Marx 2011, p. 286). Et c’est bien là le reproche qu’on pourrait lui faire, à savoir que la critique de la technique ne s’élabore qu’au regard du développement du capitalisme et dans l’attente d’une révolution prolétariennne, une attente d’où les luddites ne sont jamais sortis. En ce sens (et uniquement : n’allez pas me faire dire ce que je ne dis pas) la conception de Marx et celle de P. Thiel aujourd’hui se rejoignent sur un point : les tergiversations de la société quant à son aliénation par la technique ont tendance à péricliter. Pour l’un la sortie est une révolution de la base, pour l’autre c’est une révolution par le haut, dans les deux cas, un accaparement des techniques-moyen de production, soit par les prolétaires en créant un État autoritaire de transition (et on aura assez reproché, à raison, cette conception marxiste), soit par les bourgeois en créant un État autoritaire… pour toujours. L’enjeu est toujours le même : le contrôle du système technicien.

    Capture d'écran de la vidéo YouTube de l'INA sur Pierre Dac

    Intervention lors du dernier séminaire d’expression scientifique d’avant-garde : le Biglotron. Par Pierre Dac, 1965. Archives INA

    Technique moderne et déterminisme

    Il faut donc changer de braquet. Le problème est le mode formel du capitalisme duquel il faut sortir en opposant une axiologie et un principe de vie. L’analyse économique seule ne peut pas nous aider davantage.

    Si on pense la technique en termes instrumentariens, et que le capitalisme est le cadre auto-reproductif de notre rapport à la technologie, alors, que nous soyons conscients ou pas de nos classes sociales, nos rapports sociaux sont déterminés par la dynamique des innovations. Sortir de ce déterminisme suppose une révolution. Cependant, bien qu’assez longtemps après Marx, il a été largement démontré que l’électronicisation de la société, c’est-à-dire l’apparition des micro-conducteurs puis l’informatisation à tous les échelons du travail et du quotidien, impose dans nos vies la logique formelle du capitalisme. Le travail s’est de plus en plus taylorisé pour devenir un ensemble de traitements séquentiels (si le métier ne s’y prête pas, on aura tout de même des indicateurs de mesure, des systèmes d’évaluation pour rendre calculable ce qui ne l’est pas) et avec la surveillance, nos vies intimes ont intégré la sphère marchande grâce à l’extractivisme des plateformes et l’exploitation des données de profilage comportemental.

    Cela implique un raisonnement plus ontologique. On peut le trouver chez Martin Heidegger qui, dans les années 1950, anticipait avec assez de clairvoyance le changement technique et proposait le terme d’arraisonnement pour décrire la manière dont, par la technique, se dévoile un mode où l’être n’est plus conçu que comme quelque chose d’exploitable (Heidegger 1958). Pour lui, la technique moderne n’est plus l’art, mais un rapport paradoxal. Elle résulte d’une volonté qui soumet l’homme à son propre destin technologique. Devenu lui-même un être technique, l’homme instrumentalise et « arraisonne » le monde, le réduisant à une simple ressource, incapable de le percevoir autrement. Par la suite, les Guy Debord ou Jacques Ellul ont en réalité cherché à montrer que l’homme pouvait encore échapper à ce destin funeste en prenant conscience ici de la prégnance de l’idéologie capitaliste et là d’une autonomie de la technique (hors de l’homme). Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que l’extraction de données à partir de la vie privée comme à partir des performance individuelles dans le travail taylorisé est bien une forme d’arraisonnement poussé à l’extrême, sur l’homme lui même, désormais objet de la technique.

    Le discours du déterminisme technologique qui implique que la société doit s’adapter à la technique prend une dimension tout à fait nouvelle dans le contexte de l’informatisation de la société. À travers l’histoire de la « Révolution Informatique », ce cauchemar heideggerien est né d’un discours aliénant, où l’ordinateur devient l’artefact central, et contre lequel la simple accusation d’aliénation technologique n’est plus suffisante pour se prémunir des dangers potentiels de cette désormais profonde acculturation informatique. Les combats pour la vie privée, loin d’être technophobes, sont autant de manifestations de l’inquiétude de l’homme à ne pouvoir se réapproprier la logique technicienne.

    Dans ce contexte, voilà qu’arrive une autre idée encore de la neutralité de la technique : la technique ne serait que l’application de nos connaissances scientifiques. Elle n’aurait aucune sociologie propre (des gens comme Bruno Latour auraient travaillé pour rien). Cela implique des visions simplistes de « la » science et de « la » technique : la science nous dit le réel, la technique est l’application de la science, donc la technique est une nécessité par laquelle nous agissons sur le monde et le comprenons. Et comme la science ne serait que l’explication des chaînes de causalité du réel, alors la technique nous détermine comme une partie des chaînes causales (notre action sur le monde) : nous n’avons pas le choix, nous devons changer le monde ou nous y adapter ou nous mourrons (il faut bien nourrir nos datacenter avec de l’eau, tout est une question de choix). Si on s’en tient à ce formalisme, on rejoint ce que disait Detlef Hartmann (Hartmann 1981) à propos du capitalisme : le capitalisme nous rêve sur un mode formel (si… alors… et/ou). Pour reprendre les parenthèses de la phrase précédente, cela veut dire que nous devons croire en la technique : si nous avons besoin des datacenter pour vivre dans un monde numérisé qui nous apporte tout le confort nécessaire ( !), alors nous avons besoin de beaucoup d’eau pour refroidir nos data center, quitte à pomper dans les nappes et priver les terres agricoles… mais pas d’inquiétude, tout se fera toujours à l’équilibre car nous savons ce que nous faisons, nous maîtrisons les techniques. On pourrait construire la même logique pour tout, l’essentiel serait de s’en remettre à ceux qui maîtrisent les techniques : ce n’est ni un choix politique ni un choix moral, c’est neutre, et nous y sommes poussés par la nécessité technique.

    Si on ne pense qu’avec des machines et dans la mesure où tout ce qu’on donne à une machine et tout ce qu’on attend d’elle est une somme d’informations computables, le résultat sera uniquement un résultat quantitatif. D’un autre côté, ce qui est incomputable n’est pas pour autant non-déterminé. Pour s’en sortir, la théorie algorithmique de l’information (voir notamment les travaux de Kolmogorov) montre que la complexité d’un objet dépend de la taille de l’algorithme qui rend possible cet objet. Par exemple la sélection naturelle ne suppose pas une nécessité absolue de chaque forme (un déterminisme causal absolu), mais un jeu de contraintes. Ce jeu de contrainte peut être décrit de manière algorithmique mais cette description serait d’une longueur telle qu’elle relève d’un niveau de complexité inatteignable. Mais cela ne signifie pas qu’il ne sera jamais atteignable (ça, c’est pour les positivistes optimistes). Il y aurait donc du déterminisme partout, tout le temps ? Dans le déterminisme classique, l’action est expliquée comme l’effet d’une chaîne causale mécanique. L’homme agit parce qu’il y est poussé par des causes antérieures, comme une bille roule parce qu’on l’a poussée. Il y a cependant une autre manière de voir les choses : le déterminisme n’est pas une limitation de notre liberté ou de notre créativité, mais un ordre immanent au réel. Les sciences cherchent à découvrir ce déterminisme, ses causalités, mais on sait, contrairement à ce que soutenait Spinoza, que tout n’est pas déterminé (que dit la théorie quantique sur l’imprédictibilité ?). Pour autant, la spontanéité dans le processus créatif n’est pas une négation du déterminisme, mais un phénomène émergent dans un système trop complexe pour être calculé (à l’échelle macroscopique, quelles longueurs d’algorithmes faut-il pour décrire le monde ? l’arrivée des nouvelles IA aujourd’hui pourrait nous surprendre)1.

    Une posture démiurgique considérerait que la liberté humaine influence le réel et son déterminisme immanent. C’est la posture de Peter Thiel : les sciences se contredisent trop et distillent trop de doutes, il nous faut une science uniforme dont la technique serait l’application pure, et cette conception performative de la connaissance (au besoin sous la coupe d’un pouvoir autoritaire) permettrait de redynamiser la croissance technicienne. Sauf qu’il y a des lois causales immanentes au réel, sur lesquelles la liberté humaine ne peut rien : les sciences explorent le réel mais ne l’engendrent pas. Cette impuissance est souvent vue comme une contrainte à laquelle nous devrions nous adapter (néolibéralisme) ou contre laquelle nous devrions lutter (libertariannisme néo-fascisant).

    En fait, il y a au moins deux niveaux de nécessité : celle du réel et celle des valeurs. La nécessité axiologique selon laquelle nous exerçons notre liberté est celle qui répond, par exemple, aux exigences de justice. C’est une nécessité parce que ce n’est pas un monde d’où les causes sont absentes, au contraire, il s’agit d’un ensemble de causes que nous classons et arrangeons en fonction de leurs valeurs. Il n’y a pas d’un côté un déterminisme mécanique et de l’autre la contingence de nos sociétés, mais il y a le plan des valeurs. Et ce plan n’échappe pas pour autant à la connaissance scientifique (voir par exemple la longue introduction épistémologique de Bernard Lahire dans Les structures fondamentales des sociétés humaines). Nous n’agissons donc pas malgré le réel ou contre lui, mais dans un monde emprunt de causalités et à un autre niveau de nécessité. Soulignons en passant qu’une autre tendance radicale consiste à faire passer l’axiologique au rang de principe premier qui transcende toutes les causalités, je veux parler de la plaie de la religion qui amène invariablement à une lutte de pouvoir sur le contrôle des techniques et à empêcher tout rapport rationnel entre éthique et technique2. Je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet, ce texte est déjà assez long.

    Une approche non-réactionnaire

    Dans d’autres textes, j’ai eu l’occasion de me rapporter à la pensée de Detlef Hartmann. Selon lui, dans le monde capitaliste, la technologie exerce une violence. Elle échoue à transformer en logique formelle ce qui échappe par essence au contrôle formel (l’intuition, le savoir-être, le pressentiment, etc.). Dès lors, d’après D. Hartmannn, l’application d’une logique formelle aux comportements est toujours une violence car elle vise à restreindre la liberté d’action, mais aussi l’imagination, la prise de conscience que d’autres possibilités sont envisageables. Pour moi, cette approche a au moins un avantage, celui de mettre fin à l’idée d’une « force » ou d’une « intelligence » technique qui produirait une conscience de classe qui se retournerait contre le capital. C’était la thèse de Rudolf Bahro qui cherchait une alternative concrète au communisme dont il critiquait l’appareillage (technique lui aussi) d’État écrasant. Il s’agissait de croire que l’intelligence technologique (le progrès, les sciences, l’éducation) pouvait permettre de se libérer des mécanismes de domination et permettre aux groupes (autogestionaires) de prendre le contrôle de tous les processus de décision. Or, l’autogestion appliquée à l’échelle d’un État, même si elle se compose de multiples autogestions locales, finit par devenir une sorte de mégamachine centralisée. En réalité, l’autogestion authentique est celle qui fédère les initiatives tout en offrant la plus grande diversité possible d’alternatives. En somme, c’est celle qui préserve et nourrit un imaginaire libre et foisonnant. C’est ce que D. Hartmannn appelle un principe vital, un principe qui échappe au contrôle formel du capital comme à tout pouvoir centralisé.

    Même si D. Hartmann n’est pas un penseur anarchiste, il y a tout de même quelque chose d’intéressant là-dedans. Cependant, les anarchistes « classiques » sont bien souvent tombés dans le piège positiviste qui perçoit la technologie comme intrinsèquement positive. C’est vieux comme les écrits de Proudhon, bercés par le positivisme de Comte bien qu’il s’en montrait extrêmement critique du point de vue de sa sociologie dont il disait qu’elle ne faisait que substituer la sociabilité à l’individualisme et faisait disparaître le droit. Chez Proudhon, avec la critique de la division technique du travail, qui serait le reflet de la division sociale, il y a aussi l’opposition entre l’état de nature et l’état social, où l’homme est par la technique en perpétuelle recherche d’augmentation de sa puissance d’agir. Si Proudhon se montre critique vis-à-vis de la technique, c’est pourtant par l’apprentissage polytechnique que passe l’émancipation du travailleur. La pensée de Proudhon ne permet pas (pas encore) de penser le système technicien dans ce qu’il pourrait avoir d’aliénant en dehors de la productivité.

    Cherchons encore. Un penseur comme Murray Bookchin a très tôt dans ses écrits considéré la technique comme un instrument de domination : c’est dans la mesure où la technique est assimilée à un instrument de production qu’elle est instrument de domination. Il ne peut alors y avoir de porte de sortie qu’à partir du moment où l’on prend en compte que cette domination représente en fait les deux faces d’une même pièce : l’extractivisme capitaliste sur l’homme et l’instrument qui déséquilibre et la société et la nature.

    Il ne faut pas dénoncer à la légère l’attitude schizoïde du public à l’égard de la technologie, attitude qui associe la terreur et l’espoir. Elle exprime en effet instinctivement une vérité fondamentale : cette même technologie, qui pourrait libérer l’être humain dans une société organisée en vue de satisfaire ses besoins, ne peut que le détruire dans une société visant uniquement « la production pour la production ». Il est bien certain que l’ambivalence manichéenne imputée à la technologie n’est pas un trait de la technologie comme telle. La capacité de créer et celle de détruire que recèle la technologie moderne ne sont que les deux faces de la dialectique sociale, le reflet de la positivité et de la négativité de la société hiérarchique. S’il y a quelque vérité à soutenir, comme Marx, que la société hiérarchique fut « historiquement nécessaire » afin de « dominer » la nature, on ne doit pas oublier pour autant que cette notion de « domination de la nature » est elle-même issue de la domination de l’humain par l’humain. L’être humain et la nature ont toujours été associés en tant que victimes de la société hiérarchique. Que l’un comme l’autre soient aujourd’hui menacés d’un cataclysme écologique est la preuve que les instruments de production ont fini par devenir trop puissants pour servir d’instruments de domination. – (Bookchin 2016, p. 32)

    Ce qui est important pour M. Bookchin, c’est le mode d’organisation sociale qui contrôle les moyens de production et plus largement la technique. L’émancipation s’appuie donc sur la technique. Pour autant, n’est-ce pas un point de vue trop idéaliste qui revient à promouvoir une croyance dans une « bonne » intelligence technique ? Car après tout, le problème est là : si nous rejetons la thèse de la neutralité de la technique, c’est parce qu’elle n’envisage à aucun moment la manière dont la technique reconfigure sans cesse les rapports entre les humains entre eux et avec leur environnement. Mais envisager une « bonne » intelligence technique contre une « mauvaise » revient à se précipiter tout aussi bien dans une impasse.

    C’est le choix des anarcho-primitivistes, du moins ceux qui se réclament d’une posture aussi radicale que John Zerzan, par exemple. La lecture civilisationnelle qu’ils ont de la technique revient à la réduire à une question de besoin et d’adéquation comportementale. Avec une certaine lecture de l’anthropologie, on peut effectivement prétendre assimiler le « progrès » technique à un productivisme aliénant et redéfinir l’abondance comme une simple adéquation à des besoins limités, plus ou moins fantasmée à partir de ce que l’on sait effectivement des sociétés de chasseurs-cueilleur d’autrefois (et l’archéologie récente a fait des découvertes qui remettent largement en cause ces conceptions certes utopistes mais faussées). S’opposer à cela ne réduit pas à savoir si on veut revenir à l’âge de pierre ou à la bougie. Ce serait réduire le débat. Il s’agit de savoir ce qui distingue le radicalisme d’une posture purement réactionnaire qui revient finalement à faire de la technique une émanation en soi négative sans en considérer les conditions d’existence mais en vouant une haine à des pseudo-représentants du monde économique ou politique. Une chasse aux sorcières dont le but est avant tout moral que réellement constructif. On retrouve aujourd’hui même des résurgences de ce type dans des globiboulgas malfaisants comme le montrait récemment le groupe Technopolice.

    Le refus catégorique d’une ou plusieurs technologies représente une impasse conceptuelle et pratique, car toute technique s’inscrit dans un processus cumulatif d’innovations successives et dans un réseau de systèmes techniques dont certains point de convergence peuvent être fort éloignés les uns des autres. Prenez par exemple la physique nucléaire et la médecine et voyez-en le développement en ingénierie d’imagerie ou de génétique. L’histoire des sciences et des techniques montre que les avancées techniques ne sont jamais isolées, mais s’insèrent dans des chaînes complexes de savoirs et d’applications. Par exemple, l’intelligence artificielle regroupe un ensemble très diversifié de technologies — apprentissage automatique, réseaux neuronaux, traitement du langage naturel — qui interagissent et évoluent continuellement depuis… 50 ans. Ainsi, un rejet global de l’IA comme phénomène homogène est conceptuellement inexact et socialement problématique.

    La solution n’est pas dans le rejet mais dans le questionnement. Plus haut, je faisais référence au machinisme. On peut se demander effectivement comment l’introduction de l’automatisation dans la fabrique redéfini le rapport de l’ouvrier au travail et en conclure une dépossession, une prolétarisation. Mais en augmentant la productivité, l’automatisation — par exemple la robotique — redéfini assez radicalement ce qu’est le travail en soi. Sur ce point, dans La baleine et le réacteur, Langdon Winner a proposé l’idée de « somnambulisme technologique » pour décrire comment les sociétés adoptent de vastes transformations technologiques sans en examiner les implications profondes3. L. Winner argumente que le développement technologique est un processus de construction du monde, où en modifiant les choses matérielles, nous nous changeons nous-mêmes. La question centrale n’est pas seulement « comment les choses fonctionnent », mais « quel genre de monde sommes-nous en train de créer ? » Les technologies ne sont pas de simples aides, mais de puissantes forces qui remodèlent l’activité humaine et sa signification. Elles structurent notre quotidien, créant de nouvelles « formes de vie ».

    À mesure que les technologies sont développées et mises en œuvre, des changements importants dans les modes d’activité humaine et les institutions humaines sont déjà en cours. De nouveaux mondes sont en train de voir le jour. Ce phénomène n’a rien de « secondaire ». Il s’agit en fait de la réalisation la plus importante de toute nouvelle technologie. La construction d’un système technique qui implique les êtres humains comme éléments opérationnels entraîne une reconstruction des rôles et des relations sociales. Cela résulte souvent des exigences de fonctionnement du nouveau système : celui-ci ne peut tout simplement pas fonctionner si le comportement humain ne s’adapte pas à sa forme et à son processus. Ainsi, le simple fait d’utiliser les machines, les techniques et les systèmes à notre disposition génère des modèles d’activités et des attentes qui deviennent rapidement une « seconde nature ». Nous « utilisons » effectivement les téléphones, les automobiles, l’éclairage électrique et les ordinateurs au sens conventionnel du terme, c’est-à-dire en les prenant et en les reposant. Mais notre monde devient rapidement un monde dans lequel la téléphonie, l’automobilité, l’éclairage électrique et l’informatique sont des formes de vie au sens le plus fort du terme : la vie serait difficilement concevable sans eux. – (Winner 2020, chap. 1)

    Un peu comme Jacques Ellul, nous devrions non plus tellement nous interroger sur les techniques elles-mêmes mais sur le système technicien. Pour J. Ellul la technique est déterminante dans les transformations sociales même si tout fait social ne se détermine pas par la technique. Mais ce qui alarmait J. Ellul, c’est que la technicisation de la société est un mouvement apparemment inéluctable, et la technologie moderne adopte une logique autonome, engendre son propre principe de perpétuation et d’accroissement au détriment de l’axiologie. C’est le somnambulisme auquel fait référence L. Winner et c’est en même temps la situation avec laquelle nous devons perpétuellement nous arranger : d’un côté les critiques à l’encontre des innovations sont souvent perçues comme des discours anti-technologiques voire anti-sociaux, d’un autre côté l’innovation s’inscrit dans un contexte politico-économique dont il ne serait que très difficile de sortir (le capitalisme, le néolibéralisme) sans une révolution. Dans les deux cas, nous ne sortirons pas de notre condition d’êtres appartenant à un système technicien.

    Pour terminer cette section sur un exemple clivant actuellement : devons-nous adopter les IA génératives (IAg) dans nos pratiques quotidiennes ? On pourra toujours accuser les firmes qui produisent les services d’IAg de satisfaire le modèle oppressif du capitalisme de plateformes. La question ne devrait pas être posée en ces termes (pour ou contre l’IAg ?). La question est de savoir ce qui a fait que dans le développent du système technicien nous soyons arrivés à ces inventions, pourquoi se sont-elles si rapidement intégrées dans les pratiques et qu’est-ce que cela produit comme changements sociaux, quelles « formes de vie » ? On peut certes craindre, pour reprendre les mots de L. Winner, qu’« une fois de plus, on dit à ceux qui poussent la charrue qu’ils conduisent un char d’or ».

    My Human Kit

    Capture d’une illustration du site de l’association My Human Kit. « En utilisant la force combinée de la solidarité, du fait maison et de la fabrication numérique, My Human Kit démontre que la diversité et l’intelligence collective sont essentielles à une société inclusive. ». myhumankit.org

    Pour une politique anarchiste des techniques

    Cela ne nous dit toujours rien des principes que nous devrions adopter. Cela ne dit rien non plus sur ce qu’il faudrait sacrifier en adoptant quels principes que ce soit. Le développement technologique est un processus cumulatif qui incorpore les relations sociales dans la réalité matérielle. À chaque point d’inflexion, il faut reposer la question, sans cesse ! Je terminerai alors sur ce point : il faudra toujours tenter d’échapper aux logiques de pouvoir qui se servent des techniques pour arriver à leurs fin dans la situation de choix politique qui s’avance devant nous.

    Nous vivons un instant clé où le changement climatique, l’effondrement écologique et la crise démocratique font que le capitalisme atteint une aporie. Si P. Thiel nous parle de la fin des temps (et il n’est pas le seul) c’est bien parce que ce genre de libertarien voudrait s’assurer d’être du « bon » côté des inégalités qui s’annoncent à une échelle mondiale, avec les guerres qui s’ensuivront. Pourra-t-on l’éviter ? je n’en sais rien. Mais il est toujours possible de s’interroger sur l’ordre social que nous pourrions établir dans le but, justement, de limiter les effets des erreurs passées et envisager l’avenir de manière plus sereine.

    Si nous souhaitons conserver le système actuel, la manière dont nous produisons nos technologies ne peut qu’être centralisée autour de structures d’État, plus ou moins au service des groupes d’intérêts. Cette centralisation a du bon car elle permet de faire des choix politiques au nom d’une neutralité technologique du pouvoir : les technologies militaires ont besoin d’un contrôle hiérarchique, le marché de l’énergie a besoin d’être compétitif au prix des inégalités, les biotechnologies doivent pouvoir rendre l’agriculture toujours plus rentable, etc.

    Si en revanche nous prenons conscience que nous ne pouvons continuer à croître indéfiniment dans un monde fini, que ce fait s’impose à nous ou que nous anticipions tant qu’il est encore possible de le faire, c’est d’une décentralisation des institutions et de la production de technologies dont nous avons besoin. Je reprends alors à mon compte la proposition d’Uri Gordon (Gordon 2009) pour une politique anarchiste de la technologie en trois points. Chacun de ces points renvoie à une posture utopiste (mais concrète) de décision collective, démocratique, car, finalement, c’est bien la clé de l’affaire :

    1. La résistance abolitionniste : s’opposer fermement à tout système technique qui renforce la centralisation du pouvoir, détruit l’environnement ou sert principalement les intérêts des États autoritaires et des grandes entreprises. Par exemple : les technologies militaires, la surveillance, l’exploitation des énergies fossiles. Ce n’est pas du primitivisme ou du luddisme, c’est « reconnaître que certaines formes d’abolitionnisme technologique sont essentielles à la politique anarchiste ». C’est un principe d’action qui cherche à identifier et contester les technologies qui, loin d’améliorer la vie collective, aggravent les inégalités et menacent les plus vulnérables en consolidant le pouvoir économique et politique d’une minorité.
    2. L’adoption désabusée : certaines technologies, comme Internet, peuvent être utilisées stratégiquement malgré leurs infrastructures bien trop centralisées (par exemple les câbles sous-marins aux enjeux géostratégiques). Du côté des utilisateurs, des alternatives existent et proposent d’une part des pratiques non capitalistes (prenons l’exemple du Fediverse), et d’autre part la création de communs en opposition frontale avec l’économie classique. De manière générale, c’est bien la création de communs dans tous les interstices où le pouvoir est faible qui permet d’utiliser des techniques de manière décentralisée. D’autres exemples existent, par exemple dans le monde agricole les semences paysannes contre les multinationales, ou encore les coopératives de réparation ou d’invention de matériels agricoles.
    3. La promotion active : il s’agit d’œuvrer en ayant conscience des limites matérielles, tout en gardant la part de subversion nécessaire à la créativité et à la réappropriation de la production. En ingénierie, il s’agit d’encourager les innovations « low-tech », la valorisation des savoirs traditionnels et de l’artisanat, le recyclage, la réparation et la reconstruction de matériel open-source, voire de redonner vie à d’anciennes technologies pour une utilisation à plus petite échelle et plus durable. Pour reprendre l’expression qu’emprunte lui-même Uri Gordon, cette approche vise une « micropolitique subversive d’autonomisation techno-sociale » pour construire des espaces alternatifs matériels et sociaux.

    Ces principes doivent cependant être critiqués. La résistance aux techniques de surveillance en vue de les abolir nécessite des efforts considérables de plaidoyer si et seulement si nous nous imaginons être dans un État démocratique dont les organes sont effectivement à l’écoute des citoyens. Dans une dictature, faut-il même en parler ? On voit bien ici que ce principe est d’emblée soumis aux conditions politiques de l’usage des techniques.

    Concernant les technologies militaires, pour faire simple, nous pouvons prendre l’exemple de l’armement atomique. Un contrôle hiérarchique strict est nécessaire pour encadrer l’usage : compte-tenu de l’enjeu géostratégique, nous devons nous résoudre à ce que l’usage de l’arme nucléaire soit soumis aux jeux de pouvoir en politique extérieure (la dissuasion) comme en politique intérieure (prémunir l’arrivée au pouvoir d’un parti belliqueux). L’arme nucléaire existe et ce simple fait ne peut que nous cantonner à un plaidoyer en faveur du désarmement nucléaire mondial.

    Concernant l’arrivée de nouvelles technologies, l’étude de cas des IA génératives (IAg) pourrait servir d’illustration. Comme je l’ai dit plus haut, nous devons sans cesse interroger le cadre axiologique par lequel nous élaborons une critique des techniques. Quelle est la dynamique des dispositifs socio-techniques et leurs points de jonction qui font que les IAg sont apparues et aient, de manière aussi spectaculaire, intégré nos pratiques quotidiennes ? Il faudrait en faire des études et elles sont encore loin d’être rédigées. Quelques éléments nous mettent sur la voie, par exemple les positions hégémoniques des entreprises qui fournissent des services d’IAg. Parmi les trois principes ci-dessus, lequel adopter ? sans doute un mixte. Mais c’est là l’un des points critiques que de définir ex ante trois attitudes possibles : si l’on veut rester honnête, elles ne sont pas exclusives entre elles et, dans cette mesure, elles aboutissent invariablement à des positions mitigées. Mais peut-être est-ce là la leçon de l’histoire des techniques : l’ambivalence des techniques nous pousse nous-mêmes à nous positionner de manière ambivalente, en acceptant nos contradictions et pourvu qu’on puisse en débattre sans relativisme. La manière dont nous conduisons nos systèmes techniques est le reflet de notre humanité.

    Notes

    1. Il y a peu de références dans ce paragraphe car il serait laborieux d’expliquer dans le détail la construction de cet argumentaire. J’ai été l’un des étudiants en philosophie à Strasbourg de Miguel Espinoza qui nous a alors expliqué (avec plus ou moins de réussite) ses travaux remarquables sur l’intelligibilité de la nature. Prolonger la discussion ici nous amènerait bien trop loin.↩︎
    2. Oui, je sais bien que la religion n’a jamais empêché la rationalité, il y a assez de textes critiques théologiques pour le démontrer. Ce n’est pas mon sujet. C’est simplement qu’il est impossible de positionner un curseur fiable entre une simple approche critique religieuse des techniques et la volonté d’influence sociale qu’imposent les religieux sur le prétexte des techniques. Un exemple au hasard : les campagnes anti-avortement. Lorsque les religieux en auront fini avec ça, je commencerai peut-être éventuellement à leur tendre une oreille distraite si j’ai du temps à perdre.↩︎
    3. Sur ce point j’ajouterai une nuance car nous sommes aussi passés maîtres dans l’art de l’évaluation des risques, mais la question du principe de précaution se pose toujours dans un mouchoir de poche, par exemple lorsque le risque est à des années lumières de l’état des connaissances.↩︎
    4. L’image d’illustration de l’en-tête de ce billet est un extrait d’une image générée par Google Gemini 2.5. Voir la FAQ de Framasoft à ce propos.

    Références

    BOOKCHIN, Murray, 2016. Au-delà de la rareté : l’anarchisme dans une société d’abondance. Montréal Québec, Canada : Éditions Écosociété. ISBN 978-2-89719-239-6.

    FOUCAULT, Michel, 2004. Naissance de la biopolitique : cours au Collège de France, 1978-1979. Paris, France : EHESS : Gallimard : Seuil. ISBN 978-2-02-032401-4.

    GORDON, Uri, 2009. Anarchism and The Politics of Technology. WorkingUSA [en ligne]. 5/1/2009. Vol. 12, n° 3, pp. 489‑503. [Consulté le 27/7/2025]. DOI 10.1163/17434580-01203010. Disponible à l’adresse : https://brill.com/view/journals/wusa/12/3/article-p489_10.xml

    HARTMANN, Detlef, 1981. Die Alternative : Leben als Sabotage. Iva-Verlag Polke. Tübingen.

    HEIDEGGER, Martin, 1958. La question de la technique. In : Essais et Conférences. Paris : Gallimard. pp. 9‑48.

    MARX, Karl, 1993. Le Capital. Critique de l’économie politique. Livre premier. Paris : PUF. Quadrige.

    MARX, Karl, 2011. Manuscrits de 1857-1858 dits « Grundrisse ». Paris : Éditions sociales.

    MARX, Karl, 2019. Misère de la philosophie. Paris : Payot.

    MICHÉA, Jean-Claude et JULLIARD, Jacques, 2018. La Gauche et le peuple : lettres croisées. Paris, France : Flammarion.

    PRÉVOST, Thibault, 2024. Les prophètes de l’IA : pourquoi la Silicon Valley nous vend l’apocalypse. Montréal, Canada : Lux Éditeur. ISBN 978-2-89833-161-9.

    SLOBODIAN, Quinn, 2025. Le capitalisme de l’apocalypse : ou le rêve d’un monde sans démocratie. Paris, France : Éditions du Seuil. ISBN 978-2-02-145140-5.

    STIEGLER, Barbara, 2019. « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique. Paris, France : Gallimard. ISBN 978-2-07-275749-5.

    THIEL, Peter, 2025. Peter Thiel et la fin des temps (parties 1 et 2) [en ligne]. [Le Grand Continent]. 20/4/2025. [Consulté le 26/4/2025]. Disponible à l’adresse : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/04/20/peter-thiel-apocalypse-1/

    WINNER, Langdon, 2020. The Whale and the Reactor. A Search for Limits in an Age of High Technology. Chicago : University of Chicago Press.

  • Monday 11 August 2025 - 16:13

    Peut-être l’attendiez-vous impatiemment, et pourtant, la FramIActu de juillet n’a pas vu le jour.
    Nous l’annoncions à demi-mot en juin : nous ne publierons plus la FramIActu sur un rythme mensuel. Les raisons à cela sont multiples et c’est pourquoi nous vous proposons un article « bilan », qui fait le point sur des mois (voire des années) de veille sur l’intelligence artificielle.

     

    Différents termes techniques liés au champ de recherche de l’Intelligence Artificielle ont été utilisés dans cet article.
    Si certains termes vous échappent, nous vous invitons à consulter le site FramamIA où nous avons cherché à expliquer la plupart d’entre eux.

    Les évolutions techniques des derniers mois

    De meilleures performances

    Au cours des derniers mois, les entreprises et start-ups du domaine n’ont cessé d’améliorer les grands modèles de langage (LLMs) et autres systèmes d’IA, afin que ceux-ci puissent accomplir des tâches plus variées, être plus efficaces, et soient moins chers à produire et à déployer.

    L’institut sur l’intelligence artificielle centré sur l’humain de l’université de Standford a récemment publié un index analysant ces états et évolutions sous différents aspects.
    Dans ce rapport, nous constatons une forte amélioration des performances des IA sur les tests de référence servant à évaluer leurs capacités.
    L’écart de performances entre les différents modèles est d’ailleurs largement réduit en comparaison de l’année dernière.
    En revanche, de nouveaux tests comparatifs, bien plus exigeants, ont été développés (comme le fameux « Dernier examen de l’humanité ») et les IA y réalisent, pour le moment, des scores très faibles.

    Autre amélioration : alors qu’en 2022 le plus petit modèle (PaLM) réalisait un score de 60 % à un un test comparatif spécifique (MMLU) avait besoin de 540 milliards de paramètres, le modèle Phi-3-mini de Microsoft accompli aujourd’hui les mêmes performances avec 3,8 milliards de paramètres. Il est donc aujourd’hui possible de construire des modèles qui nécessitent bien moins de ressources.

    Vous avez dit six doigts ?

    Les améliorations des performances et des capacités des différents modèles d’IA génératives (IAg) sont particulièrement visibles pour les IAg spécialisées dans la génération d’images et de vidéo.
    Si à leurs débuts les IAg comme Dall-E ou Midjourney étaient moquées par le public en raison des absurdités qu’elles généraient, leurs résultats sont aujourd’hui bien plus difficiles à différencier de la réalité. Finies les mains à six doigts !

    Les IAg permettant de créer des vidéos sont d’autant plus impressionnantes (techniquement), notamment Veo 3, de Google, récemment sortie et permettant de créer des vidéos en tout genre avec une cohérence sans précédent. Il est désormais extrêmement difficile de discerner une vidéo générée par Veo 3 d’une vidéo filmée par des humain·es.

    Voici de nombreux exemples de vidéos générées par Veo 3.

    Mistral, de son côté, a publié un nouveau modèle de compréhension audio nommé Voxtral. Celui-ci aurait de meilleures performances que Whisper, le modèle d’OpenAI, jusqu’alors considéré comme le meilleur en terme de rapport qualité/prix.
    Voxtral propose des performances similaires ou supérieures à ses concurrents pour un coût bien plus bas.

    Toutes ces améliorations sont déjà utilisées par de nombreuses entités à travers le monde.

    Comme Netflix, qui a utilisé l’IAg pour créer une scène d’effondrement d’immeuble dans une de ses séries1, ou Disney, ayant utilisé ChatGPT pour écrire les paroles d’une des chansons de sa série indienne Save the Tigers2.

    Netflix, d’ailleurs, souhaite mettre en place des coupures publicitaires générées par IA pendant le visionnage des vidéos3.

    L’arrivée d’un nouveau paradigme : les modèles de raisonnement

    Les modèles d’IAg traditionnels sont basés sur un paradigme consistant à « entraîner » les IA à partir du plus grand nombre de données possible afin de créer les millions (voire les milliards) de paramètres qui composeront le modèle. Le coût de ce type de modèle est principalement concentré sur cette phase d’entraînement.

    Par exemple, le première modèle GPT d’OpenAI, GPT-1, sorti en juin 2018, contenait 117 millions de paramètres4. Un an plus tard, le modèle GPT-2 en comportait 1,5 milliards5. Quelques mois plus tard, GPT-3 en comportait 175 milliards6. Enfin, le modèle GPT-4.5, en comporterait, d’après les rumeurs7 (car nous n’avons pas de donnée officielle)… entre 5 et 10 billions (10 000 milliards) !

    Ce paradigme, s’il fonctionnait très bien au cours des années précédentes, semble atteindre aujourd’hui un plafond de verre. Malgré l’augmentation massive du nombre de paramètres, les résultats obtenus ne sont pas aussi impressionnants que l’on pourrait s’y attendre, mais surtout, le coût pour exploiter de tels modèles devient difficile à assumer pour des entreprises comme OpenAI.

    L’entreprise a d’ailleurs rapidement retiré GPT-4.5 de son offre8, au profit d’un nouveau modèle nommé GPT-4.1, bien moins cher pour la compagnie. (On est d’accord, c’est un peu n’importe quoi les noms de modèle chez OpenAI !)

    Pour faire face aux limites qui semblent se dessiner, un nouveau paradigme a vu le jour : celui des modèles de raisonnement.

    L’idée est qu’au lieu de se concentrer principalement sur l’entraînement du modèle, les modèles de raisonnement sont conçus pour accomplir des étapes supplémentaires (par rapport aux modèles classiques) afin d’achever des résultats similaires voire meilleurs sans avoir à augmenter la taille du modèle.

    Contrairement à un modèle classique qui cherchera à donner directement une réponse lors de l’étape d’inférence, les modèles de raisonnement découpent cette étape en différents processus plus petits, cohérents les uns vis-à-vis des autres.

    Comparaison d'un LLM classique avec un LLM de raisonnement.Trois étapes pour le LLM classique :
Une question est posée, le LLM la traite puis donne une réponse.

Pour un LLM de raisonnement, plusieurs étapes s'ajoutent avant de donner une réponse : ces étapes peuvent être potentiellement illimitées et constituent le raisonnement.
    Comparaison d’un LLM classique avec un LLM de raisonnement.
    Source : Maarten Grootendorst – A visual guide to reasoning LLMs

    Le nombre d’étapes qu’un modèle de raisonnement va effectuer est configurable, et peut aussi bien varier d’une étape unique à des dizaines ou des milliers. En revanche, plus le nombre d’étapes est conséquent, plus le coût (en temps, en énergie, en puissance de calcul) est élevé.

    Ce dernier point représente un changement majeur : les modèles de raisonnement peuvent potentiellement être bien plus coûteux en termes de ressources que les modèles classiques car le nombre d’étapes de raisonnement revient à multiplier — souvent de façon cachée à l’utilisateurice — la quantité de calculs nécessaires pour fournir une réponse.

    Or, face au succès de modèles comme Open-o1 ou DeepSeek-R1, les modèles de raisonnement ont le vent en poupe et sont souvent ceux privilégiés, aujourd’hui.

    L’émergence des IA agentiques

    Les IA agentiques sont des IA conçues pour être capables d’interagir avec leur environnement.

    Là où les IAg classiques s’appuient sur un jeu de données figé et apportent une réponse « simple » en fonction de la demande qu’on leur fournit, les IA agentiques ont pour objectif de pouvoir accéder à d’autres applications afin d’accomplir la tâche demandée en toute autonomie. De plus, l’IA agentique est capable d’exécuter une série de sous-tâches jusqu’à l’accomplissement de la demande.

    En théorie, vous pouvez demander à une IA agentique de créer votre site vitrine. Celle-ci va alors concevoir la structure du site, établir une charte graphique et l’appliquer. Elle le testera ensuite pour s’assurer qu’il fonctionne. Enfin, l’agent pourra très bien pousser le code sur une forge logiciel (comme Github, Gitlab, ou autre) et exécuter des actions sur la forge afin de créer un site accessible au public. Dans tout ce processus, votre seule action aurait été de demander à l’IA agentique de vous réaliser ce site.

    Dans la pratique, les IA agentiques sont encore largement peu efficaces, les plus performantes ne réussissent pour le moment que 30 % des tâches en totale autonomie9. Cependant, comme pour les IAg auparavant, on peut assez facilement imaginer, au regard de la vitesse d’évolution des techniques d’IA, que des progrès fulgurants arriveront d’ici un an ou deux.

    On peut d’ailleurs noter l’émergence d’un protocole nommé MCP, initié par Anthropic, pour standardiser la manière dont les IA se connectent à d’autres applications.

    À noter que’OpenAI vient de sortir ChatGPT Agent10 prétendant pouvoir presque tout réaliser et Google a annoncé différentes applications d’IA agentiques11.

    Il est probable que l’utilisation d’IA agentiques se démocratise à mesure que leurs capacités s’améliorent et que les géants comme Google les intègrent aux applications de notre quotidien.

    Une accumulation de problèmes sociétaux

    Nous l’avons vu, les IAg ne cessent de s’améliorer techniquement. Cependant, nombre des problèmes soulevés lors de l’apparition de ChatGPT n’ont pas été traités et de nouveaux apparaissent.

    Les robots indexeurs d’IA attaquent le Web

    Pour collecter les données nécessaires à l’entraînement des IA génératives, les acteurs de l’IA parcourent l’ensemble du Web pour en extraire le contenu. Aujourd’hui, de nombreux acteurs ont déployé leur propre robot pour y parvenir.

    Le problème est que ces robots mettent à mal l’ensemble de l’infrastructure faisant tourner le Web et ne respectent pas les sites précisant ne pas souhaiter être indexés par ces robots.

    Comme nous en parlions dans la FramIActu d’avril certains sites ont constaté que plus de 90 % de leur trafic proviennent désormais des robots d’IA. Pour Wikipédia, cela représente 50 % de trafic supplémentaire depuis 202412.

    Afin de palier ce pillage des ressources et garantir l’accès de leurs sites internet aux humain·es, des organisations comme l’ONU ont opté pour la mise en place d’un logiciel « barrière » à l’entrée de leurs site13. Nommé Anubis, ce logiciel permet d’empêcher les robots d’IA d’accéder au site web. Cependant, cette barrière n’est pas sans coût : les utilisateurices doivent parfois patienter quelques fractions de seconde (voire, parfois, quelques secondes) avant de pouvoir accéder à un site internet, le temps qu’Anubis s’assure que la demande d’accès provient bien d’un·e humain·e.

    À Framasoft, nous avons aussi été confronté à cette situation et certains de nos services sont désormais protégés par Anubis.

    D’autres acteurs se tournent vers Cloudflare puisque cette entreprise a mis en place un outil permettant de bloquer les robots d’IA par défaut14. Cloudflare est utilisé par environs 1/5 des sites web15. Cela signifie que l’entreprise se place dans une position privilégiée pour décider de qui a le droit d’accéder au contenu de ces sites web.

    À l’avenir, il est possible que les acteurs d’IA les plus riches doivent finir par payer Cloudflare pour accéder au contenu des sites protégés par l’entreprise.

    Si cela se produit, un des risques possibles est qu’au lieu d’empêcher l’essor de l’IA, la situation accentue plutôt l’écart entre les géants du numérique et les autres acteurs, plus modestes.

    Le Web est pollué

    Depuis l’arrivée de l’IA générative, un changement majeur dans l’histoire de l’humanité a eu lieu : il est désormais plus rapide de « créer » du contenu que d’en lire.
    Ce simple fait semble totalement transfigurer notre rapport au Web puisque celui-ci se rempli à une vitesse vertigineuse de contenus générés par IA, dont une bonne partie se fait passer pour du contenu rédigé par des humain·es.

    Aussi, les IAg sont très fortes pour créer du contenu adapté aux règles de Google Search, permettant à des entités peu scrupuleuses de faire apparaître leur contenu en tête des résultats du moteur de recherche. Cette pratique, nommée IA Slop, représente un véritable fléau. Le contenu diffusé n’a pas besoin d’exprimer un propos en rapport avec le réel, il est généré et publié automatiquement à l’aide d’IAg afin d’attirer du public en espérant générer du trafic et des revenus publicitaires.
    À ce sujet, nous republiions il y a quelques mois sur le Framablog un article passionnant d’Hubert Guillaud.

    De plus, le média Next publiait, il y a quelques mois, une enquête sur le millier de médias générés par IA mis en avant par Google Actualités, la principale plateforme d’accès aux médias16.

    L’IAg est aussi utilisée pour concevoir des articles et messages de médias sociaux promouvant des discours complotistes ou climato-sceptiques à une échelle presque industrielle17,18.
    Les promoteurs de ces théories peuvent plus facilement que jamais trouver de nouvelles adhésions à leur discours. Cette facilité pour générer du contenu vraisemblable contribue fortement à l’accroissement des discours visant à désinformer.

    À mesure que le Web se rempli de contre-vérités, celles-ci risquent de prendre de plus en plus de poids dans les réponses des futurs modèles d’IAg. On parle d’une forme d’autophagie, où les IAg se nourrissent d’éléments générés par d’autres IAg19.

    C’est à cause de ce phénomène d’autophagie que des entreprises comme Reddit (un média social très populaire dans le monde anglo-saxon) peuvent se permettre de revendre à prix d’or leurs données : du texte rédigé par des humain·es et facilement identifiable comme tel20,21.

    La pollution du Web ne s’arrête cependant pas aux contenus textuels… désormais, avec la facilité d’accès aux IAg d’images et de vidéos, des millions de contenus générés par l’IA pullulent sur internet.
    À la sortie de Veo3, Tiktok s’est retrouvé noyé sous la quantité de vidéos généré par l’IAg, dont un certain nombre contenant des propos racistes22. Certain·es artistes ont même cherché à profiter de la tendance en prétendant que leurs vidéos étaient générée par l’IAg, alors que celles-ci étaient réalisées par des humain·es23.

    Certaines entreprises se spécialisent aussi dans la génération de DeepFake pornographiques. Ces outils permettent alors à des harceleurs de nuire à leurs ex petites-amies24 et à des adolescents de nuire leurs camarades25.
    Les principales victimes de ces DeepFakes sont des femmes26.

    Ces contenus générés par IA et la difficulté à les différencier des contenus « humains » participent à un sentiment d’abandon du réel. Il devient tellement difficile et exigeant de différencier le contenu généré par IA des autres que l’on peut être tenté·e de se dire « À quoi bon ? ».

    À la manière de ce que décrit Clément Viktorovitch vis-à-vis de la perception des discours politiques27, il est possible que nous entrons ici aussi dans une ère de post-vérité : qu’importe si le contenu est vrai ou faux, tant qu’il nous plaît.

    Un rapport au savoir bouleversé

    En construisant une encyclopédie collaborative, gérée comme un commun et disponible mondialement, Wikipédia a révolutionné l’accès au savoir.
    Non seulement la plus grande bibliothèque de l’histoire de l’humanité est à portée de clics, mais nous pouvons désormais participer aussi à son élaboration.

    Wikipédia a permis de renverser un paradigme ancré depuis longtemps qui consistait à réserver la rédaction d’une encyclopédie aux experts du sujet. Grâce à quelques règles permettant d’assurer la qualité des contributions, l’encyclopédie en ligne permet un effort d’intelligence collective inédit dans l’histoire.

    Or, si Wikipédia est accessible librement dans la plupart des pays du monde, la majorité des personnes accèdent à son contenu… via le moteur de recherche Google.

    En effet, le réflexe commun pour accéder à Wikipédia est de chercher un terme sur son moteur de recherche préféré (Google pour l’immense majorité de la planète) et d’espérer que celui-ci nous présente un court résumé de la page Wikipédia correspondante et nous pointe vers celle-ci.

    Google sert donc aujourd’hui d’intermédiaire, de porte d’accès principale, entre une personne et la plus grande encyclopédie de l’humanité.
    Le problème, c’est que Google est bien plus qu’un simple moteur de recherche.

    Google possède un système éditorial complexe, « personnalisant » les résultats en fonction de l’identité d’un individu, sa culture, son pays28, et poussant les éditeurs des sites Web à se plier à la vision que l’entreprise a du Web. Ne pas respecter cette vision nuit à notre bon référencement sur le moteur de recherche et donc, fait encourir le risque de ne jamais être trouvé·e dans la masse des sites existants.
    Cette vision se confond avec le but lucratif de l’entreprise, dont le profit prévaut sur le reste. C’est pourquoi les liens sponsorisés prennent une place importante (principale, presque) dans l’interface du moteur. Il est ainsi nécessaire de payer Google pour s’assurer que notre site Web soit vu.

    Cette éditorialisation du contenu chez Google a encore évolué récemment avec la mise en place d’AI Overviews. Cette fonctionnalité (pas encore activée en France), s’appuyant sur l’IA de l’entreprise, résume automatiquement les contenus des différents sites Web. Certes, la fonctionnalité semble pratique, mais elle pourrait encourager une tendance à ne jamais réellement visiter les sites.
    Avec l’AI Overviews, nous ne quittons plus de Google.

    À travers cette fonctionnalité, Google apporte d’autres briques pour transformer notre rapport au Web29 et asseoir sa position dominante dans l’accès au savoir.

    Cependant, Google n’est pas le seul acteur à transformer notre rapport au Web et à l’accès au savoir. Les IA conversationnelles prennent de plus en plus de place et récemment ChatGPT est même devenu plus utilisé que Wikipédia aux États-Unis30.
    Sans que cela n’indique pour le moment une diminution dans l’usage de Wikipédia par les humain·es, il est possible que celui-ci se raréfie à mesure que la qualité des réponses des IAg s’améliorent ou recrachent directement le contenu de Wikipédia.

    Les acteurs de l’IA risquent donc de devenir les nouvelles portes principales pour accéder à l’encyclopédie. Nous pouvons imaginer différents risques à cela, semblables à ceux déjà existants avec Google, comme lorsque l’entreprise a volontairement dégradé la qualité des résultats des recherches pour que les utilisateurices consultent davantage de publicités31.

    Le rapport au savoir évolue aussi dans le monde de la recherche, où l’IA est aussi en train de bousculer des lignes, car de plus en plus de projets scientifiques s’appuient désormais sur ces outils32. Une étude estime que 13.5 % des recherches bio-médicales réalisées en 2024 étaient co-rédigé·es à l’aide d’une IAg33.

    Les auteurices de l’étude indiquent :

    Si les chercheurs peuvent remarquer et corriger les erreurs factuelles dans les résumés générés par IA de leurs propres travaux, il peut être plus difficile de trouver les erreurs de bibliographies ou de sections de discussions d’articles scientifiques générés par des LLM

    et ajoutent que les LLMs peuvent répliquer les biais et autres carences qui se trouvent dans leurs données d’entraînement « ou même carrément plagier ».

    De plus, l’IA n’est pas utilisée que pour la rédaction des papiers scientifiques. De plus en plus de chercheureuses basent leurs études sur des modélisations faites par IA34, entraînant parfois des résultats erronés et des difficultés à reproduire les résultats des études… voire même rendre la reproduction impossible.

    Il est difficile de mettre en lumière tous les impacts sociétaux de l’IA (et particulièrement l’IAg) dans un article de blog. Nous avons simplement sélectionné quelques points qui nous semblaient intéressants mais si vous souhaitez approfondir le sujet, le site FramamIA peut vous fournir des clés de compréhension sur l’IA et ses enjeux.

    L’Intelligence Artificielle n’est pas un simple outil

    Depuis le tsunami provoqué par l’arrivée de ChatGPT, nous entendons souvent que l’Intelligence Artificielle n’est qu’un « simple outil », sous-entendant que son impact sur nos vies et nos sociétés dépend avant tout de notre manière de l’utiliser.

    Illustration CC-By David Revoy.

    Ce discours s’appuie sur le postulat que l’outil — et la technique en général —, quel qu’il soit, est foncièrement neutre.

    Or, si on reconnaît l’ambivalence de la technique, c’est-à-dire qu’elle puisse avoir à la fois des effets positifs et négatifs, cela ne signifie pas pour autant que les conséquences de ces effets s’équilibrent les unes les autres et encore moins que la technique est neutre d’un point de vue idéologique, politique, social ou économique.

    Au contraire, tout outil porte forcément les intentions de ses créateurices et s’intègre dans un système économico-historico-social qui en fait un objet fondamentalement politique, éliminant toute possibilité de neutralité. De plus, les conditions d’existence d’un outil et son intégration dans nos sociétés l’intègrent de fait dans un système qui lui est propre, occultant ici l’idée de « simple outil ». Un outil est forcément plus complexe qu’il n’y paraît.

    Dans son blog, reprenant un billet d’Olivier Lefebvre paru sur Terrestre.org, Christophe Masutti écrivait récemment qu’« on peut aisément comprendre que comparer une IAg et un marteau pose au moins un problème d’échelle. Il s’agit de deux systèmes techniques dont les conditions d’existence n’ont rien de commun. Si on compare des systèmes techniques, il faut en déterminer les éléments matériels et humains qui forment chaque système. »

    Si le système technique du marteau du menuisier peut se réduire à des conditions matérielles et sociales relativement faciles à identifier dans un contexte restreint, il en va tout autre des IAg « dont l’envergure et les implications sociales sont gigantesques et à l’échelle mondiale ». On peut reprendre ainsi l’inventaire des conditions que dresse Olivier Lefebvre :

    • des centres de données dont les constructions se multiplient, entraînant une croissance vertigineuse des besoins en électricité35,36,
    • des réseaux de télécommunication étendus et des usines de production de composants électroniques, ainsi que des mines pour les matières premières qui sont elles mêmes assez complexes (plus complexes que les mines de fer) et entraînent des facteurs sociaux et géopolitiques d’envergure37,
    • les investissements colossaux (en milliards de dollars) en salaires d’ingénieurs en IA, en infrastructures de calcul pour entraîner les modèles, en recherche, réalisés dans une perspective de rentabilité38,39,40,41,
    • l’exploitation humaine : des millions de personnes, majoritairement dans les pays du Sud, sont payées à la tâche pour labelliser des données, sans lesquelles l’IA générative n’existerait pas42,43,44,
    • le pillage d’une immense quantité d’œuvres protégées par droits d’auteurs pour l’entraînement des modèles45,46,
    • et nous pouvons rattacher plein d’autres éléments en cascade pour chacun de ceux cités ci-dessus.

    L’Intelligence Artificielle est une bulle économique mais…

    … mais cela signifie pas que lorsque celle-ci éclatera, l’IA (et particulièrement les IA génératives) disparaîtra. Les changements apportés à la société semblent indiquer tout le contraire. L’IA a déjà commencé à transformer drastiquement notre société.

    Alors que de nombreux pays du monde et d’entreprises s’étaient engagés à atteindre une neutralité carbone d’ici 2050, ces engagements semblent aujourd’hui ne plus intéresser personne. Google a augmenté de 65 % ses émissions de gaz à effet de serre en 5 ans47, Microsoft de 29 % en 4 ans48, Trump relance la filière charbon aux États-Unis49

    Au nom des sacro-saintes compétitions et productivités, les engagements climatiques reculent alors même que nous constatons qu’il est désormais impossible de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle50.

    Les conséquences du recul de ces engagements et l’amplification du réchauffement climatique liée aux effets directs (construction de nouveaux centre de données, de nouvelles sources d’énergie, etc.) et indirects (encouragement du climato-scepticisme, report des engagements climatiques, etc.) sont des effets dont les conséquences nous affectent déjà et qui s’accentueront très certainement à l’avenir.

    Cependant, les bouleversements climatiques ne sont pas les seuls sujets sur lesquels s’exerce l’influence de l’IAg dans notre société. L’IAg est aussi un système poussant à la prolétarisation des sociétés.

    Aujourd’hui, 93 % des 18-25 ans ont utilisé une IAg ces six derniers mois, et 42 % les utilisent au quotidien, soit deux fois plus que l’année dernière51.

    Il est probable que des milliers (voire des millions) d’étudiant·es ont déjà développé une dépendance à l’IAg dans le cadre de leurs études et ne peuvent aujourd’hui plus s’en passer pour accomplir les tâches que la société et ses institutions attendent d’elles et eux.

    Alors qu’un tiers des PME (Petites et Moyennes Entreprises) l’utilisent déjà, la France souhaite que 80 % des PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) adoptent l’IA dans leurs pratiques de travail d’ici 203052.

    ChatGPT est aujourd’hui utilisé par 400 millions d’utilisateurices hebdomadaires53… et nous parlons uniquement de ChatGPT, pas de Gemini, Claude, ou autre concurrent.

    Dans leur excellente étude sur le « forcing de l’IA », le collectif Limites Numérique décortiquait la manière dont les géants du numérique imposent l’utilisation de l’IA à leurs utilisateurices en l’intégrant absolument partout.

    WhatsApp et ses 2,4 milliards d’utilisateurices ? Meta AI est intégré par défaut.

    Android et ses 3,3 milliards d’utilisateurices ? Gemini est désormais activé par défaut.
    Google Search et ses 190 000 recherches par seconde ? Intégration d’AI Overviews pour 200 pays, permettant de résumer automatiquement les contenus des sites.

    En trois ans, l’IA générative s’est imposée absolument partout dans notre environnement numérique et même si de nombreuses start-ups tomberont lors de l’explosion de la bulle financière54, il est probable que les géants du secteur restent en place.

    Par contre, nos habitudes, nos pratiques de travail, notre rapport au monde et au savoir… eux, auront bel et bien changé.

    Conclusion

    Nous l’avons dit en introduction de cet article, cela fait des années que nous observons et cherchons à comprendre ce que représente l’IA et ses enjeux. Pour être honnête, ce n’est clairement pas chose aisée.

    Comme nous avons essayé de le faire comprendre à travers le site FramamIA, l’IA est bien plus qu’un « simple outil ». C’est d’abord un champ de recherche mais aussi un système complexe, similaire au système numérique (dans lequel il s’intègre).

    Depuis ChatGPT, notre temps de veille pour suivre l’actualité du numérique, déjà conséquent à l’époque, a presque doublé. Nous avons passé littéralement des centaines d’heures à lire des articles, à réfléchir à leur propos, à en discuter en interne. À chercher à comprendre comment techniquement fonctionne une IA générative et ses différences avec une IA spécialisée ou un algorithme n’étant pas considéré comme une IA. À chercher à comprendre, aussi, si l’adoption de cette technique n’est qu’une simple mode ou si celle-ci est bel et bien en train de révolutionner notre environnement.

    Nous continuerons, à l’avenir, d’accomplir cette veille même si le rythme de publication de la FramIActu sera moins dense. Malgré tout, nous continuerons de partager notre veille sur notre site de curation dédié.

    Aussi, comme nous sommes une association « qui fait », nous explorons d’autres pistes pour accomplir notre objet associatif (l’éducation populaire aux enjeux du numérique) autour de ce sujet. Nous souhaitons aider la société à subir le moins possible les conséquences négatives de l’imposition de l’IA dans nos vies.

    Nous avons des pistes d’action, nous vous les partagerons quand nous seront prêt·es !

    Belle fin d’été à toutes et tous !

    À bientôt sur le Framablog !

    1. L’IA générative utilisée par Netflix dans “L’Éternaute” génère surtout… des économies — Télérama ↩︎
    2. Disney a crédité ChatGPT au générique de l’une de ses séries — BFMTV ↩︎
    3. Netflix will show generative AI ads midway through streams in 2026 — ArsTechnica ↩︎
    4. GPT-1 ­— Wikipédia ↩︎
    5. GPT-2 — Wikipédia ↩︎
    6. GPT-3 — Wikipédia ↩︎
    7. How Big Is GPT-4.5 and Why ? — Github ↩︎
    8. OpenAI lance GPT-4.1 et met déjà GPT-4.5 à la retraite — Next ↩︎
    9. TheAgentCompany : Benchmarking LLM Agents on Consequential Real World Tasks — arXiv ↩︎
    10. OpenAI dégaine son ChatGPT Agent, qui prétend pouvoir presque tout faire — Next ↩︎
    11. IA chez Google : des annonces, des annonces, mais quelle stratégie ? ­— Next ↩︎
    12. Comment les robots d’exploration impactent les opérations des projets Wikimedia — Wikimédia ↩︎
    13. Anubis works — Xe Iaso ↩︎
    14. Cloudflare va bloquer les crawlers des IA par défaut — Next ↩︎
    15. Usage statistics and market share of Cloudflare — W3Techs ↩︎
    16. [Enquête] Plus de 1 000 médias en français, générés par IA, polluent le web (et Google) — Next ↩︎
    17. The ABCs of AI and Environmental Misinformation — DeSmog ↩︎
    18. Anatomy of an AI-powered malicious social botnet — arXiv ↩︎
    19. Self-Consuming Generative Models Go MAD — arXiv ↩︎
    20. Exclusive : Reddit in AI content licensing deal with Google — Reuters ↩︎
    21. Reddit says it’s made $203M so far licensing its data — TechCrunch ↩︎
    22. TikTok is being flooded with racist AI videos generated by Google’s Veo 3 — ArsTechnica ↩︎
    23. Real TikTokers are pretending to be Veo 3 AI creations for fun, attention — ArsTechnica ↩︎
    24. A Deepfake Nightmare : Stalker Allegedly Made Sexual AI Images of Ex-Girlfriends and Their Families — 404 Media ↩︎
    25. Enquête ouverte en Normandie après la diffusion de deepfakes d’une douzaine de collégiennes — Next ↩︎
    26. Photos intimes, deepnudes : 13 femmes en colère s’organisent — Next ↩︎
    27. Clément Viktorovitch : « Le discours politique a perdu pied et s’est affranchi du réel » — L’est éclair ↩︎
    28. Ce site montre à quel point les moteurs de recherche ne sont pas neutres et impartiaux — Numerama ↩︎
    29. Pour la première fois, un géant de la tech affirme que l’IA va tuer le web — Numerama ↩︎
    30. Aux États-Unis, ChatGPT est plus utilisé que Wikipédia — Le Grand Continent ↩︎
    31. The Man Who Killed Google Search — Where’s your Ed at ? ↩︎
    32. Intégrité scientifique à l’heure de l’intelligence artificielle générative : ChatGPT et consorts, poison et antidote ? — Cairn.info ↩︎
    33. En 2024, 13,5 % des résumés d’articles de recherche biomédicale étaient co-rédigés par IA — Next ↩︎
    34. Why an overreliance on AI-driven modelling is bad for science — Nature ↩︎
    35. Intelligence artificielle : Stargate, le projet fou américain à 500 milliards de dollars — Next ↩︎
    36. Après Microsoft et Google, Amazon annonce aussi des investissements dans le nucléaire — Next ↩︎
    37. Nvidia dépense 500 milliards de dollars pour des usines dédiées à l’IA aux États-Unis — Frandroid ↩︎
    38. IA : une nouvelle impulsion pour la stratégie nationale — info.gouv.fr ↩︎
    39. Sharing : The Growing Influence of Industry in AI Research — Medium ↩︎
    40. ACL 2023 The Elephant in the Room : Analyzing the Presence of Big Tech in Natural Language Processing Research — arXiv ↩︎
    41. NVIDIA a franchi les 4 000 milliards de dollars de capitalisation — Next ↩︎
    42. Les sacrifiés de l’IA — France TV ↩︎
    43. Vidéos sur les travailleurs du clic — DataGueule ↩︎
    44. Meta poaches 28-year-old Scale AI CEO after taking multibillion dollar stake in startup — Reuters ↩︎
    45. « Vous ne pouvez plus faire sans nous » : les acteurs culturels cherchent l’accord juste avec les sociétés d’IA — Libération ↩︎
    46. Intelligence artificielle : Open AI copie Ghibli sans l’accord de Miyazaki — Libération ↩︎
    47. Google undercounts its carbon emissions, report finds — The Guardian ↩︎
    48. Depuis 2020, les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % — Next ↩︎
    49. Trump relance le charbon américain pour alimenter les datacenters d’IA — Datacenter Magazine ↩︎
    50. Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C est désormais impossible — Le Monde ↩︎
    51. Étude : 93 % des 18-25 ans utilisent l’IA en 2025 — Blog du Modérateur ↩︎
    52. Avec « Osez l’IA », le gouvernement veut accélérer l’adoption de l’IA en entreprise — Next ↩︎
    53. OpenAI’s weekly active users surpass 400 million — Reuters ↩︎
    54. Generative AI experiences rapid adoption, but with mixed outcomes – Highlights from VotE : AI & Machine Learning — S&P Global ↩︎
  • Monday 11 August 2025 - 07:42

     

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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