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  • Monday 19 October 2026 - 11:20
    from Silicon

    Migrer vers S/4HANA apportera-t-il des bénéfices métier ? Chez les clients francophones de SAP*, on s’y attend de moins en moins. En tout cas d’après les enquêtes de satisfaction menées par leur association représentative (l’USF).

    En 2022, ils avaient été 26 % à affirmer envisager S/4HANA pour cette raison. Deux ans plus tard, ils n’étaient plus que 23 %. Cette année, ils sont 20 %.

    Sur l’offre ERP Cloud, autre angle, mais même tendance. Les bénéfices métier ne constituent la motivation principale que pour 6 % des répondants. La plupart (61 %) déclarent qu’il s’agit avant tout de suivre la stratégie de SAP.

    Ils sont 67 % a dire de même à propos de S/4HANA ; 44 % invoquent l’obsolescence des systèmes SAP existants (+ 3 points par rapport à 2024). Quoi qu’il en soit, 31 % ont désormais achevé leur migration, contre 14 % deux ans plus tôt. En toile de fond, la fin de maintenance d’ECC 6 en 2030. Lors de l’enquête précédente, 48 % des organisations avaient jugé cette échéance inadaptée. Elles sont aujourd’hui à peine moins nombreuses (45 %).

    L’inquiétude sur les coûts est de plus en plus manifeste

    Lorsqu’on demande aux utilisateurs SAP de citer les freins à la migration vers S/4HANA, les coûts réunissent systématiquement le plus de suffrages. Et cela va croissant : de 63 % en 2022, on est passé à 70 % en 2024, puis 74 % en 2026. Suit la difficulté à démontrer les bénéfices de projets (59 %, contre 57 % en 2024).

    Pour Cloud ERP, l’USF ne parle pas de freins mais d’incertitudes. La question tarifaire reste en tout cas au premier rang. 47 % des répondants s’inquiètent du coût des projets ; 54 %, des coûts futurs (32 % estiment avoir une visibilité claire sur le TCO à 5 ans). Ils sont par ailleurs 42 % à craindre une perte d’autonomie vis-à-vis de SAP. Et, dans le même esprit, seulement 6 % à juger suffisantes les garanties de réversibilité.

    L’IA intégrée, jugée économiquement inintéressante

    Parmi ceux qui connaissent les offres Cloud ERP, 36 % ont tout de même signé un contrat (vs 13 % en 2024) et 16 % ont terminé leur déploiement.

    La mise en œuvre de l’IA intégrée est moins avancée. 9 % des organisations ont déployé des cas d’usage dans leur environnement, quand bien même elles reconnaissent des atouts en matière d’exploitation des données structurées (47 %), d’automatisation des processus (39 %) et d’ergonomie (38 %). Il faut dire que le modèle de licensing ne recueille que 12 % d’opinions favorables. Plus globalement, seuls 4 % des répondants perçoivent un intérêt économique par rapport à des solutions IA externes.

    SAP comme levier d’économies : le taux de satisfaction diminue

    Parallèlement à l’inquiétude croissante sur les coûts, les organisations sont moins nombreuses à se dire satisfaites des économies réalisées avec SAP. En l’occurrence, 26 %, contre 33 % en 2024. Elles sont aussi moins satisfaites de la rapidité de mise en œuvre des projets (21 %, contre 26 %).

    Concomitamment, moins de clients qualifient leur relation commerciale avec SAP de partenariat basé sur la confiance (16 %, – 3 points). Et davantage estiment qu’elle repose avant tout sur la recherche de gains financiers par l’éditeur (49 %, soit + 10 points, revenant au niveau constaté à la fin des années 2010).

    * Sur les 450 entreprises et administrations adhérentes, 154 ont participé. En 2024, l’USF avait obtenu 134 réponses.

    Illustration © SAP

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  • Friday 16 October 2026 - 19:26
    from Silicon

    Ne dites plus « Far West, colonies digitales et cartels numériques », mais « Colonisation numérique et techno-féodalisme ».

    À 5 ans d’intervalle, le Cigref a changé l’intitulé de ce « futur possible » communiqué dans son rapport d’orientation stratégique. La logique, en revanche, demeure. L’évolution du contexte international « va en effet dans le sens d’une confirmation, et même d’une accélération » d’un tel scénario, estime l’association.

    Le Cigref avait publié son premier rapport d’orientation stratégique en 2020. Le document se structurait en 5 sections couvrant autant de champs de transformation du numérique (environnement, travail, géopolitique, etc.). Dans chacune figuraient des éclairages prospectifs à l’horizon 2025-2030.

    En 2021, le format avait changé. La structure en 5 champs était restée, mais les éclairages en étaient détachés. Le Cigref les avait consolidés en 4 scénarios, avec une perspective à 2030-2035.

    Les éditions suivantes du rapport d’orientation stratégique n’ont pas toutes conservé cette approche. En 2023, par exemple, le Cigref avait présenté sa réflexion prospective à travers 10 hypothèses de rupture sur les 5 champs en question. En 2024, il avait, pour chacun, envisagé l’avenir selon un scénario tendanciel (c.-à-d. si rien ne change), une situation « désirable » et des trajectoires alternatives pour parvenir à cette situation.

    Le rapport 2026 renoue donc avec le format « 4 scénarios », mais avec une vision à l’horizon 2035-2040. Nous en reprenons ici les grandes lignes en les rapprochant, tant que possible, des prédictions que le Cigref avait faites il y a 5 ans.

    Le scénario de la « troisième voie » : garder les États-Unis dans l’équation ?

    2021 : « Une mondialisation régulée par les équilibres géopolitiques »

    Dans ce scénario, le Covid a servi de déclic quant à la nécessité de se préparer rapidement aux nouveaux risques environnementaux et sanitaires. Les États s’accordent sur des normes et des régulations bien plus contraignantes.

    Les interdépendances économiques et les sujets d’intérêt commun aux grandes puissances sont plus forts que les divergences idéologiques. Ils permettent d’éviter des conflits ou des ruptures majeures (Chine-USA, Turquie-UE, Russie-Balkans…).

    Grâce à son plan de relance et à la mutualisation de la dette des États membres, l’UE sort de la crise économique. Politique industrielle et réglementation réduisent la dépendance aux grands groupes étrangers, particulièrement dans le numérique.

    L’Europe et les États-Unis ont construit les prémices d’une communauté internationale du cyberespace. Un objectif à terme est de proposer une politique permettant de reconnaître les multiples dépendances mutuelles, d’entériner les engagements réciproques des États et ainsi d’instaurer les bases commune d’une souveraineté numérique des signataires.

    L’approche de la souveraineté numérique structurée par l’UE séduit des pays tiers, qui s’engagent sur une voie similaire. Les grandes plates-formes étrangères conservent une part de leur mainmise, mais la législation les oblige à nouer des liens plus équilibrés avec leurs clients européens.

    Le numérique et ses systèmes sont valorisés comme des actifs vitaux de l’entreprise. La DSI se transforme en « direction des actifs numériques ». Sur la chaîne de valeur apparaissent des brokers qui permettent d’ajouter une couche de gestion par-dessus les solutions numériques pour les consolider et assurer une capacité de choix des plates-formes.

    2026 : « Formation d’un bloc multirégional de coalitions entre puissances moyennes »

    Face au duopole sino-américain, une coalition d’États stratèges instaure une « troisième voie » multilatérale.

    Des puissances moyennes parviennent, à leur niveau ou à l’échelle mondiale, à imposer des standards dans les secteurs essentiels. Elles soutiennent des initiatives pour préserver les biens communs stratégiques, dont l’espace numérique et le spectre électromagnétique.

    En Europe, une avant-garde structure la « Communauté européenne du numérique et de l’énergie » (CENE) mutualisant les capacités critiques. Ce groupement sectoriel est basé sur un principe juridique de « coopération renforcée » qui rend un acte applicable uniquement aux États membres qui le désirent.

    Le numérique devient un espace partiellement interopérable. Pour maintenir des standards ouverts, la CENE s’associe à des initiatives d’autres coalitions régionales : Canada-Mexique-Brésil, Japon-Inde-Singapour-Corée du Sud, Égypte-Nigeria-Afrique du Sud… Ce bloc construit des partenariats d’approvisionnement privilégiés et défend une gouvernance du numérique fondée sur la transparence, l’explicabilité, la portabilité et la réversibilité.

    Les géants technologiques américains ou chinois conservent une influence majeure. Mais les coalitions d’États sont capables de peser réellement sur les cadres normatifs et l’accès aux marchés.

    Le scénario de la « balkanisation » : une place pour l’Europe… au gré d’alliances opportunistes ?

    2021 : « Vers une ‘Europe puissance’ dans un monde régionalisé »

    Au sortir de la pandémie, les trajectoires socio-économiques des États divergent, comme leur gestion des crises. Les échanges économiques et les systèmes de normes se restructurent à l’échelle de grandes plaques régionales.

    Les grandes puissances, en particulier Chine et États-Unis, sanctuarisent leur marché intérieur dans une logique de « chacun pour soi ». Le reste du monde devient un domaine d’affrontement direct entre elles.

    L’Europe harmonise les régulations et les politiques communes, du numérique aux Accords de Paris sur le changement climatique. Elle affirme sa place à l’échelle internationale, notamment en matière de maîtrise des données. Elle réindustrialise des secteurs-clés malgré une perte d’accessibilité à certaines matières premières due à la régionalisation des chaînes de valeur.

    Les grandes entreprises sont amenées à redéfinir leurs choix stratégiques en matière numérique. Elles doivent se préparer à la pénurie ou à l’augmentation des prix de matières et ressources. La mutualisation des fonctions support, en particulier des SI, devient complexe ; si ce n’est impossible pour les multinationales, susceptibles de voir des marchés se fermer.

    Cette complexification et les risques associés (la cybersécurité pourrait devenir le premier poste de dépense) oblige à réinternaliser des compétences. La DSI a un rôle à jouer dans cette restructuration et dans la mise en œuvre de la résilience. Elle peut être l’épicentre de la production de normes et/ou de clauses contractuelles pour affirmer le modèle en propre de l’entreprise en matière numérique.

    2026 : « Archipélisation des partenariats publics-privé »

    Le multilatéralisme institutionnel s’effondre au profit d’alliances thématiques, bilatérales et opportunistes autour des goulets d’étranglement et des maillons faibles des chaînes de valeur.

    Les États ne peuvent plus faire tout seuls. Les entreprises non plus. La codépendance devient un moteur d’action. Puissance et pouvoir circulent en réseaux croisés et les frontières entre prérogatives publiques et privées s’estompent. La géopolitique est plus instable, mais fonctionnelle.

    L’UE devient un espace de coopération à géométrie variable. Le principe d’opt-out, qui permet aux États membres de refuser de participer à des politiques communes, devient une règle de fonctionnement. La résilience opérationnelle des États s’ajoute aux « critères de convergence » européens, avec des standards communs, des mécanismes d’alertes, des critères d’interopérabilité minimale et des obligations de transparence. Une instance européenne agrège les capacités nationales et orchestre la supervision distribuée. Les partenariats public-privé compensent la forte décentralisation des pouvoirs délégués de facto à l’UE.

    Le numérique se structure en « archipels » de confiance. Les infrastructures critiques sont mutualisées au sein de coalitions ad hoc qui font naître des canaux de partage d’informations de crise, des red teams interorganisations, des SOC communs, etc.

    L’accès aux ressources critiques dépend de la capacité à rejoindre ou à maintenir ces alliances. Aussi, les grands acteurs numériques, fournisseurs comme utilisateurs, deviennent des acteurs diplomatiques à part entière. Des entreprises participent activement à la sécurité nationale, tandis que les États cherchent à orchestrer les capacités industrielles privées pour maintenir la résilience de leurs tissus nationaux.

    Le scénario du « féodalisme » : simples tentations ou situation de contrainte ?

    2021 : « Une Chine conquérante dans un monde bipolaire »

    Le modèle chinois s’illustre par sa capacité à gérer les crises via une approche autoritaire et des réponses technocentrées. Cette approche s’étend ailleurs dans le monde, la Chine s’imposant comme leader des échanges internationaux. Elle parvient à imposer une partie de ses standards, dont le concept d’un nouvel Internet reposant sur une modification du protocole TCP/IP. Elle reforce ses liens avec la Russie et le duo étend son influence diplomatique, économique et technologique, jusqu’en Afrique et en Amérique latine.

    Dans un contexte de tensions élevées avec les États-Unis, les cyberattaques explosent, aux frais des entreprises. Plusieurs pays tentent de restreindre la capacité de la Chine à développer des technologies-clés. Le secteur militaire est à l’épicentre de l’innovation technologique. Les équipes cyber civiles formées au sein des grandes entreprises sont parfois réquisitionnées par les armées.

    L’Europe n’a pas trouvé de consensus sur la mutualisation de la dette. Des États structurent des alliances en fonction de leurs ambitions communes. Plusieurs élections présidentielles ont consacré des régimes populaires. Des pays sous pression économique menacent de quitter la zone euro. Il n’y a pas non plus d’accord sur la gestion de la crise migratoire.

    Divisé, le leadership européen se laisse pour partie tenter par les stratégies conquérantes de la Chine. L’empreinte des GAFAM diminue progressivement. Le recours à des opérateurs chinois aide les États à concevoir des dispositifs de surveillance et de contrôle très efficaces mis au service de la protection des citoyens. Le concept de crédit social et le contrôle des données personnelles de chacun pour le bien-être de tous est progressivement légitimé.

    Dans certains pays, les pressions de la population convainquent les gouvernants de se rallier au modèle américain. L’UE se retrouve coincée entre deux modèles de société et n’affirme pas sa « troisième voie ».

    Pour s’implanter dans ces deux mondes, les entreprises envisagent de créer des entités juridiques séparées basées sur des systèmes techniques distincts. Pour ne pas être prises en étau, elles tâchent de développer des systèmes « libres ». En l’absence de régulation européenne forte, elles peuvent choisir de commercialiser les données de leurs clients sans éthique particulière.

    Les DSI doivent s’adapter à la non-disponibilité des applications issues de l’un ou l’autre des deux blocs en fonction de leurs partenariats et de leurs alliances étatiques. La complexité et le coût des SI augmente, accompagnés d’une nécessaire réorganisation locale des équipes avec un fort risque de redondance des compétences et des ressources.

    2026 : « Colonisation numérique et techno-féodalisme »

    Le cyberespace se fracture sous la domination d’empires technologiques privés. Les grandes multinationales deviennent nominalement des quasi-États dotés de capacités décisionnelles, financières, matérielles et informationnelles supérieures à pratiquement toutes les puissances intermédiaires. Leurs décisions peuvent déstabiliser des régions entières et reconfigurer des chaînes de valeur mondiales. Les réguler est pratiquement impossible : ils contrôlent des nœuds essentiels pour les flux mondiaux et ont acquis localement des prérogatives régaliennes. Leur poids économique et leurs ramifications sur les marchés financiers rendent leur démantèlement inenvisageable.

    Les acteurs européens perdent en autonomie stratégique. Les initiatives de « souveraineté » (certifications de sécurité et politiques industrielles) peinent à rivaliser. Faute de capacités d’innovation en interne, de financement suffisant et d’alternatives crédibles, ils sont contraints d’adopter des solutions extra-européennes « sur étagère ».

    Les empires technologiques privés absorbent progressivement toutes les couches des chaînes de valeur. Certains imposent leurs standards, leurs écosystèmes et leurs règles contractuelles. Les infrastructures deviennent captives et les données circulent sous contrainte. L’accès aux technologies dépend d’allégeances implicites. Le numérique devient un système féodal. La fonction numérique mène un combat principalement défensif, sanctuarisant la maîtrise locale des codes sources, des opérations et de la confidentialité des données.

    Le scénario de la « colonie numérique » : l’Europe, en catégorie tiers-monde ?

    2021 : « Far West, colonies digitales et cartels numériques »

    Le changement climatique a profondément bouleversé le monde. De nombreux États, fragilisés par leur endettement, ne sont plus en mesure de s’y préparer. Les institutions financières internationales sont dans l’incapacité de soutenir les économies défaillantes. Une crise financière majeure interrompt durablement les échanges internationaux.

    Les géants du numérique s’imposent comme pourvoyeurs de solutions globales. Ils en viennent à remplir des fonctions régaliennes : identification des personnes, répartition du budget national, assistance aux décisions de justice… Ils montent une version privée de l’ONU pour gérer les grands enjeux mondiaux – notamment en cyber – et financent des fondations privées qui prennent en charge les objectifs de développement durable. Peu coopératifs avec les États, ils respectent au minimum les réglementations, s’appuyant sur la fragmentation des pouvoirs publics. Ils se diversifient sur de nombreux secteurs en développant leur stratégie d’acquisitions.

    Dans une UE profondément fragilisée, des pays se désolidarisent sur le modèle du Brexit. Le projet de marché numérique est à l’abandon. L’Europe devient progressivement une « colonie digitale ». Dans un contexte de crise perpétuelle, les inquiétudes liées aux technologies et à la surveillance de masse sont oblitérées. Comme les mouvements sociaux, devenus quasi inexistants.

    La « fuite des cerveaux » s’accentuant, entreprises et administrations intensifient la formation de leurs équipes, en palliant les défaillances de l’État en matière de sécurité et de protection des individus. Le cloud permet d’intégrer le numérique dans toutes les activités, mais engendre une forte dépendance, avec des conséquences sur la gestion de la propriété intellectuelle et la gestion financière. Quelques grandes entreprises s’efforcent d’exiger une certaine interopérabilité des systèmes. D’uatres recourent à l’open source, mais en minorité, d’autant plus que les acteurs du numérique en restent les principaux contributeurs.

    2026 : « bipolarisation sino-américaine exclusive »

    Le monde se scinde en deux blocs technologiques hermétiques et antagonistes. Les États-Unis verrouillent l’Amérique du Nord par néo-isolationnisme. Ils n’hésitent plus à recourir à des démonstrations de force militaires ou technologiques. La Chine consolide son influence en Asie et en Afrique et propose des initiatives de coopération mondiale. Les zones intermédiaires deviennent des terrains de confrontation indirecte. Sanctions, contrôles et restrictions à l’export, menaces de kill switch et pression diplomatique y redessinent les chaînes de valeur.

    Les institutions internationales perdent leur capacité d’arbitrage. Dans un contexte de conflictualité permanente, la neutralité devient impossible. Chaque choix d’architecture ou de fournisseur est interprété comme un acte d’alignement géopolitique ou de « mise sous parapluie ».

    L’Europe subit l’arsenalisation des dépendances réciproques. Les pressions s’intensifient à travers l’incompatibilité volontaire de certains standards, l’exclusion ciblée de fournisseurs jugés « à risque » et des alignements diplomatiques imposés par les circonstances. L’UE se voit reléguée dans la catégorie « tiers-monde ».

    Les infrastructures-clés de l’espace numérique deviennent des enjeux de sécurité nationale. Toute dépendance peut y être instrumentalisée comme levier de coercition voire d’humiliation. Les organisations européennes se trouvent de facto incorporées aux arbitrages étatiques en matière de souveraineté et d’accès aux technologies.

    Illustration générée par IA

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  • Friday 16 October 2026 - 17:02
    from Silicon

    L’histoire d’amour entre la finance mondiale et l’IA traverse une zone de turbulences. Après des mois d’euphorie, deux failles inquiètent les marchés financiers.

    D’un côté, la croissance des pionniers des grands modèles commence à caler face à des pertes qui se comptent en dizaines de milliards. De l’autre, les acteurs de l’infrastructure et des datacenters s’essoufflent sous une montagne de dettes.

    Sur les marchés, la question du risque de bulle spéculative n’est plus un débat théorique mais une préoccupation bien réelle.

    L’introduction en bourse préparée par Anthropic constitue un test de résistance majeur pour l’ensemble du secteur. Lors de la journée investisseurs organisée à San Francisco, plusieurs souscripteurs ont ainsi ramené leurs attentes de valorisation à environ 1 500 milliards $, bien loin des près de 2 000 milliards $ projetés initialement.

    Si l’éditeur de Claude a affiché un chiffre d’affaires de 16,8 milliards $ au troisième trimestre, sa croissance (+ 45 %) ralentit par rapport au deuxième trimestre où ses revenus avaient plus que doublé. Ce ralentissement intervient après une perte d’exploitation de 42 milliards $ en 2025 et des engagements d’investissement d’au moins 518 milliards $ sur dix ans en capacités d’infrastructure cloud.

    Pour les marchés, cette situation sonne comme un avertissement direct adressé à OpenAI. L’inventeur de ChatGPT l présente une trajectoire qui inquiète.  Si l’entreprise son rythme annuel de revenus est calé entre 40 et 50 milliards $ en 2026, ses pertes d’exploitation atteignent des sommets dépassant 12 milliards $ au seul deuxième trimestre 2026. A l’horizon 2030, l’engagement dans les infrastructures. dépasse les. 600 milliards $.

    Le mur du retour sur investissement

    Ce fossé entre les engagements financiers pharaoniques et les retours sur investissement inquiète désormais analystes et économistes.

    Kristalina Georgieva, patronne du FMI, s’inquiète que les marchés pèchent par excès d’optimisme quant aux retombées économiques immédiates d’une technologie de rupture. L’économiste Dani Rodrik (Harvard) pousse le constat plus loin : sans gain de productivité concret à court terme pour justifier ces sommes vertigineuses, le marché s’expose à un retour de bâton particulièrement violent.

    Un diagnostic confirmé sur le terrain par Barclays qui vient d’abaisser ses prévisions sur Dell, HPE ou NetApp. Selon les analystes de la banque, l’IA ne pèse toujours qu’une portion congrue ( à peine 5 % ) des budgets informatiques des entreprises. Quant au sursaut récent des ventes de matériel, il ne traduit pas une déferlante d’usages mais simplement l’explosion du coût des puces mémoire.

    L’asphyxie par la dette et le doute sur l’infrastructure

    Une autre crainte est le financement par l’endettement. Le cas d’Oracle illustre parfaitement cette tension.

    Pour suivre la cadence imposée par OpenAI et le projet Stargate, Oracle a fait exploser ses dépenses d’investissement à plus de 55 milliards de dollars, creusant un trou de trésorerie de 20 milliards. Pour éponger la facture, le groupe s’apprête à lever jusqu’à 50 milliards de dollars en dette et en fonds propres. Une fuite en avant qui fait dévisser ses titres obligataires et lui vaut désormais les foudres d’investisseurs, qui l’attaquent en justice pour avoir masqué le coût réel de ses contrats d’IA.

    Cette détérioration financière frappe l’ensemble des « neoclouds ». Entre l’effondrement des obligations de CoreWeave et les suspensions en série d’introductions en bourse à l’image des opérateurs de datacenters australiens Firmus ou AirTrunk, le secteur vacille.

    Mike Intrator, le PDG de CoreWeave, reconnait que ces déboires à répétition entachent désormais la crédibilité de tout l’écosystème d’infrastructure.

    Un risque systémique pour l’économie globale ?

    L’interconnexion entre les marchés boursiers, les marchés obligataires et le secteur manufacturier transforme ces vulnérabilités sectorielles en risque macroéconomique majeur.

    Dans ses modélisations présentées lors du sommet de Bangkok, le FMI anticipe qu’une déception sur la rentabilité de l’IA déclencherait un effondrement des cours boursiers et une chute des investissements informatiques, susceptibles d’amputer la croissance économique mondiale de 1,3 % d’ici 2028.

    Cette menace pèse particulièrement sur les économies exportatrices d’Asie, à commencer par la Corée du Sud et Taïwan, dont la croissance repose sur les puces et les équipements de datacenters. Si les exportations sud-coréennes et taïwanaises ont bondi sur un an (respectivement de plus de 80 % et 60 %), cet envol en trompe-l’œil masque une consommation intérieure au ralenti.

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  • Friday 16 October 2026 - 15:25
    from Silicon

    C’est une méthode bien connue des équipes commerciales et des professionnels du marketing. Vous connaissez le nom d’un décideur, son prénom ainsi que l’entreprise dans laquelle il travaille. En observant la syntaxe habituelle des courriels de cette société, par exemple prenom.nom@entreprise.fr , il devient un jeu d’enfant de déduire son adresse directe, même si celle-ci n’a jamais été publiée explicitement sur Internet.

    Pourtant, comme le souligne la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), le fait qu’une information soit accessible en ligne ne signifie pas qu’elle soit librement exploitable. Reconstituer une adresse électronique professionnelle constitue un traitement de données personnelles à part entière, soumis à des règles strictes.

    Entre intérêt légitime et respect de la vie privée

    Pour justifier cette pratique sans avoir à demander un accord préalable, les organismes s’appuient généralement sur la notion d’« intérêt légitime » prévue par le RGPD. Mais la CNIL avertit que ce fondement juridique n’est pas un chèque en blanc. L’entreprise doit impérativement prouver que son besoin de contact est réel et qu’il ne porte pas une atteinte excessive aux droits de l’interlocuteur.

    Toute la question repose sur ce que le professionnel peut « raisonnablement s’attendre » à recevoir. Une personne très active sur les réseaux professionnels ou dont les fonctions impliquent d’être jointe facilement sera davantage exposée.

    À l’inverse, si un collaborateur n’a aucune présence identifiable sur le Web ou s’il a configuré des paramètres stricts pour masquer ses coordonnées ou privilégier un formulaire de contact ; la CNIL estime qu’il exprime une volonté claire de protection. Dans ce cas de figure, reconstituer et utiliser son adresse mail devient illégal, à moins d’avoir obtenu son consentement explicite.

    Pour les administrations et organismes publics, le cadre est légèrement différent. La reconstitution peut s’inscrire dans leur mission d’intérêt public mais les exigences de protection restent identiques.

    Des garanties indispensables et un droit de retrait immédiat

    Pour éviter les abus, la NIL préconise aux professionnels de mettre en place des garde-fous rigoureux. Par exemple, si une adresse mail est reconstituée mais qu’aucun contact effectif n’est établi dans un délai raisonnable, la donnée ne devrait pas être conservée.

    Par ailleurs, la transparence demeure une obligation centrale. Dès le tout premier message envoyé, l’expéditeur doit indiquer clairement au destinataire la finalité de sa démarche, la manière dont son adresse a été obtenue, ainsi que les modalités pour s’y opposer.

    Si le professionnel sollicité exprime son désaccord ou demande à ne plus être contacté, l’organisme a l’obligation de retirer immédiatement son adresse de ses fichiers de prospection, sans lui réclamer la moindre justification.

    En cas de silence de l’expéditeur pendant plus d’un mois ou de réponse insatisfaisante, le destinataire conserve le droit de saisir directement la CNIL d’une réclamation.

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  • Friday 16 October 2026 - 14:30
    from Silicon

    Scaleway renforce sa présence en Europe avec de nouvelles zones de disponibilité à Milan, en Suède et au Danemark.

    Le fournisseur cloud prévoit également deux infrastructures de calcul pour l’IA : un supercalculateur fondé sur des GPU AMD en Suède et une GPU Zone équipée de technologies NVIDIA à Copenhague.

    En Suède, Scaleway prévoit d’installer son premier supercalculateur hors de France. Le cluster reposera sur des GPU AMD Instinct MI355X et sur ROCm, la pile logicielle ouverte d’AMD destinée au calcul accéléré.

    Sa réalisation mobilise plusieurs partenaires industriels : Bull pour l’intégration du cluster, son installation et sa maintenance, Giga Computing pour les serveurs, HPE Networking pour le réseau Ethernet et VAST Data pour la plateforme de données.

    Scaleway présente cette infrastructure comme l’une des premières de ce type déployées par un fournisseur cloud européen. Cette affirmation mérite d’être rapportée au périmètre précis retenu, notamment au regard des équipements et des caractéristiques du cluster.

    Au Danemark, l’entreprise annonce un projet de GPU Zone à Copenhague, fondé sur des systèmes NVIDIA HGX B300. Ces sites dédiés au calcul accéléré viennent compléter les zones de disponibilité classiques.

    Scaleway indique sélectionner leur implantation en fonction de la proximité des clients, de l’accès à une énergie fiable et bas carbone et des conditions climatiques, susceptibles de réduire les besoins de refroidissement.

    L’entreprise cite notamment la Ville de Copenhague et la société d’IA Corti parmi ses clients danois. Son directeur général, Damien Lucas, rattache le projet à la demande d’organisations européennes souhaitant disposer de capacités de calcul auprès de fournisseurs qu’elles jugent dignes de confiance.

    Scaleway et sa maison mère iliad participent au projet européen d’AI Gigafactory.

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  • Friday 16 October 2026 - 13:06
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    On n’est jamais mieux défendu que par soi-même… surtout quand on dirige une des principales entreprise d’IA européenne.

    Dans une tribune publiée par Le Monde et reprise en anglais sur LinkedIn, , Arthur Mensch s’attaque à une idée qui, dit-il, « a fait son chemin en Europe » : laisser les modèles d’IA de pointe aux Américains et aux Chinois.

    Il l’attribue à « des gens sérieux, qui ont leur logique » : un modèle frontière coûte des centaines de millions d’euros par génération, bientôt des milliards. Mieux vaudrait donc, selon eux, reproduire la recette d’Internet, créer de la valeur dans les applications et se concentrer sur les données industrielles, les PME et l’expertise métier, les modèles ouverts publiés par d’autres suffisant pour le reste.

    Le patron de Mistral AI y voit une « erreur fondamentale » qui « achèvera de coûter à l’Europe sa place dans le monde »

    « Laisser les modèles d’IA aux Américains et aux Chinois placerait l’Europe dans une dépendance sans équivalent dans l’histoire des civilisations » plaide-t-il en titre de sa tribune

    « Produire ou subir »

    Le patron de Mistral voit comme une « erreur fondamentale » l’idée selon laquelle l’Europe devrait laisser les modèles frontière aux États-Unis et à la Chine, tout en se concentrant sur les données industrielles, les PME et l’expertise métier.  Ce choix « achèvera de coûter à l’Europe sa place dans le monde » estime-t-il.

    Et de conclure : « Produire ou subir : le choix nous appartient pour l’instant. »

    Arthur Mensch rejette l’analogie avec Internet, souvent mobilisée pour justifier une spécialisation européenne dans les usages. « Internet reposait sur des protocoles ouverts que personne ne possédait. Les modèles d’IA fermés, eux, ont un propriétaire », écrit-il.

    Il souligne que le contrôle du modèle détermine les conditions d’accès pour toute la chaîne de valeur : « Celui qui contrôle le modèle fixe les conditions : il change le prix, restreint les usages, retire une version. »

    Pour illustrer ce risque, il évoque la suspension temporaire, en juin, de l’accès mondial aux modèles les plus avancés d’Anthropic à la demande du gouvernement américain. « La décision n’a pas été prise en Europe, ni pour des raisons européennes. Personne ne nous a demandé notre avis », affirme-t-il.

    Mistral AI défend depuis longtemps les modèles ouverts, mais Arthur Mensch refuse d’en faire une solution suffisante. « Un modèle ouvert se télécharge, s’héberge, s’audite », reconnaît-il, avant d’ajouter : « Dépendre des autres, même de leur ouverture, c’est encore dépendre. »

    Son argument est que l’Europe ne maîtrise ni le calendrier des publications, ni les fonctionnalités, ni les licences des futures versions si elle ne participe pas activement à leur développement.

    Sécurité, recherche et industrie

    Le dirigeant de Mistral étend l’enjeu au-delà de l’économie. Pour la cyberdéfense et les infrastructures essentielles, il estime qu’un État doit pouvoir « auditer les systèmes qu’il utilise, les adapter à ses besoins et être certain d’y avoir accès demain ».

    Il ajoute que les modèles de pointe sont devenus indispensables à la recherche scientifique, y compris à la recherche sur l’IA elle-même, et que leur concentration chez quelques entreprises risque de créer des « effets de seuil très importants ».

    Arthur Mensch rejette aussi l’opposition entre recherche fondamentale et déploiement industriel. « Pour les usages les plus exigeants, maîtriser le modèle n’est pas un luxe, c’est une condition », écrit-il.

    « Rompre avec le pessimisme »

    Mistral estime que l’Europe dispose encore des compétences nécessaires pour rattraper son retard. Arthur Mensch cite Black Forest Labs et ElevenLabs, puis présente Mistral comme une preuve que des modèles européens peuvent figurer parmi les meilleurs modèles ouverts et spécialisés.

    Il annonce que l’entreprise « s’apprête à multiplier [ses] capacités de calcul par six dans l’année qui vient », tout en appelant à plus de capital pour accélérer.

    Et de mettre en garde contre le récit d’une Europe déjà dépassée qui « arrange ceux qui ont de l’avance ». « Il n’a pas besoin d’être vrai pour être efficace : il suffit que nous y croyions pour donner l’avantage à nos concurrents », prévient-il.

    Autrement dit, la guerre commerciale pour la domination du marché mondial de l’IA est à l’oeuvre et tous les coups seront permis pour l’emporter, y compris au plus niveau politique.

    La position de Mistral sur la régulation

    Cette tribune s’inscrit dans la ligne habituelle de Mistral AI qui se dit favorable à la régulation de l’IA mais uniquement sur les applications et usages à risque.

    Sur l’AI Act, Mistral a plaidé pour éviter des obligations trop lourdes sur les modèles à usage général, craignant qu’elles pénalisent les start-up européennes face aux géants américains. Arthur Mensch a ensuite jugé le texte final « tout à fait gérable ».

    Mistral AI défend par ailleurs la transparence sur les données d’entraînement, à condition qu’elle ne force pas la divulgation de secrets industriels. Cette position a nourri les critiques d’ONG et de responsables européens, qui estiment que Mistral a contribué, avec Aleph Alpha et les gouvernements français et allemand, à assouplir le projet initial d’AI Act.

    La scale-up français reste toutefois favorable à certaines règles comme une contribution obligatoire, adossée au chiffre d’affaires des fournisseurs de modèles opérant en Europe, afin de rémunérer les créateurs dont les œuvres sont utilisées pour l’entraînement. Il demande que cette contribution s’applique aussi aux fournisseurs étrangers.

    Photo : © DR Mistral AI

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  • Friday 16 October 2026 - 11:32
    from Silicon

    Proofpoint avait bel et bien l’œil sur Varonis.

    Depuis plusieurs mois, la rumeur d’une acquisition courait. Il y a désormais un accord, pour 6,3 milliards $ en cash.

    Proofpoint entend finaliser l’opération au premier trimestre 2027. Jusque-là, les deux entreprises continueront à fonctionner indépendamment, sans partager de données clients, affirme-t-il. Pour la suite, c’est beaucoup plus flou. Officiellement, aucune décision n’a été prise concernant les produits. Le discours s’arrête globalement à la promesse d’une « expérience unifiée », typique des fusions-acquisitions dans le domaine du logiciel.

    Gouverner les accès aux données…

    Varonis est né en 2004, deux ans après Proofpoint. Basé aux États-Unis, il a toutefois plus d’un tiers de son effectif en Israël, d’où sont originaires ses deux fondateurs. Nommément, Yaki Fatelson et Ohad Korkus. Le premier est toujours de l’aventure : il est P-DG. Le second, ancien CTO, est parti il y a quelques années.

    Le cœur de l’offre de Varonis (Data Security Platform) associe DSPM et gestion des accès aux données. Sa technologie – traduite en un portefeuille d’une centaine de brevets aux États-Unis – se fonde sur l’analyse continue des métadonnées. Une couche de GenAI y a été greffée pour l’investigation, la réponse et le reporting. Sur le plan commercial, l’ensemble se décline en quatre packages ciblant autant de types d’environnements :

    • Microsoft 365
    • Partages Windows/CIFS et NAS
    • Hybride (M365 + Windows & NAS)
    • Cloud (SaaS et IaaS)

    … dans le prolongement de la brique DSPM

    Varonis avait amorcé sa transition SaaS en 2021-2022. Il a fixé au 31 décembre 2026 la fin de vie de ses produits sur site.

    En 2023, le SaaS avait représenté 9 % de ses revenus. La part était passée à 38 % en 2024. Elle a atteint 74 % en 2025. Cette année-là, le CA a progressé (+ 13 %, à 623,5 M$). Pas le résultat net. Douze ans après son IPO, Varonis n’a toujours pas connu d’exercice bénéficiaire. Il a néanmoins davantage de trésorerie que de dette, celle-ci se composant exclusivement d’obligations convertibles à échéance 2029.

    Proofpoint dispose déjà d’un socle DSPM, constitué grâce à l’acquisition de Normalyze (2024). Varonis en élargira le rayon d’action, en complément aux briques de gouvernance IA… elles aussi issues en partie de rachats. Dont celui d’Acuvity début 2026.

    Illustration générée par IA

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  • Thursday 15 October 2026 - 17:25
    from Silicon

    L’IA mathématicienne montre des progrès notables. Et si elle finissait par casser le chiffrement post-quantique ?

    Questionné à ce propos lors des Assises de la cybersécurité, Philippe Coué n’a pas nié l’existence d’un tel risque. Mais cela ne doit pas, affirme-t-il, empêcher le Crédit Agricole de se préparer au fameux Q-Day. Une échéance encore hypothétique à laquelle les ordinateurs quantiques deviendraient suffisamment puissants pour briser les algorithmes de chiffrement asymétriques actuels.

    Des échéances à 2030 et 2035

    Philippe Coué est group COO cybersecurity & risk IT. « Chargé de tout ce qui est transformation, sensibilisation, innovation sur les sujets et risques IT », comme il se définit lui-même.

    Voilà « un an et demi, deux ans » que le Crédit Agricole réfléchit au sujet du chiffrement post-quantique. En tant que banque systémique, il a des échéances à 2030 pour ses assets critiques et à 2035 pour le reste de son parc. Il s’agit pour le moment de recommandations – qu’on trouve notamment dans une feuille de route du G7. Pas encore d’obligations réglementaires. « Mais la BCE commence déjà à nous poser des questions ».

    Un premier PoC « crypto-agile » dans les assurances

    Le Crédit Agricole a aussi commencé à travailler avec ses partenaires technologiques sur une roadmap, tout en intégrant dans chaque nouveau contrat des clauses d’exigence PQC. Il en est à la phase d’inventaire. Laquelle a démarré par le recensement, à un niveau macro, des principaux usages du chiffrement et des données nécessitant une protection sur plus de 10 ans.

    Un PoC avec CryptoNext Security a débuté au premier semestre 2026. Il couvre un périmètre « restreint mais représentatif ». En l’occurrence, une application dans le domaine des assurances, avec « des métiers en France et à l’étranger [et] des technologies différentes ».

    « Le but, c’est de profiter du passage au post-quantique pour introduire la notion d’agilité cryptographique », explique Florent Grosmaitre, président de CryptoNext. C’est-à-dire d’aller vers une cryptographie configurable, pilotée de manière centralisée, le choix de l’algorithme se faisant à l’exécution sur la base d’une politique.

    PoC crypto-agile
    Un agent intercepte les appels crypto et récupère l’algorithme depuis le serveur de politiques.

    Le Crédit Agricole n’y est pas encore : « Aujourd’hui, passer d’un algorithme à l’autre dans nos infrastructures, c’est une montagne, parce que la cryptographie est codée en dur », résume Philippe Coué.

    L’hybridation, un moyen, pas une fin

    Pour les applications dont il n’a pas le code, le groupe explore un mécanisme alternatif de surchiffrement TLS. Il consiste à faire passer le flux d’origine dans un tunnel post-quantique géré par proxy.

    alternative double tunnel

    Si l’hybridation n’est pas la cible, elle a été testée avec la filiale CACEIS, spécialisée dans les services financiers pour les investisseurs institutionnels. Elle pourra consistuer un palliatif « si on n’arrive pas à migrer dans les temps, comme c’est malheureusement souvent le cas »…

    POC hybride

    Le Crédit Agricole compte structurer un mode programme pour 2027, avec un budget, tout en élargissant le périmètre aux paiements et à la banque d’investissement. Quant à la possibilité que les principales librairies cryptographiques finissent par embarquer directement la crypto-agilité, Philippe Coué adopte la même posture que sur l’IA mathématicienne : « On se doit d’expérimenter. »

    Des questions architecturales non résolues en l’état

    « Je n’aimerais pas le dire, mais on a un manque d’agilité dans nos mises en place d’environnements de test, admet l’intéressé. On est très industriels. […] On n’a pas encore cet esprit où ces environnements lab nous permettraient de tester à la voler des nouvelles technologiques, des nouveaux use cases ».

    La première expérimentation a été « plus technique que métier ». Évoquer l’impact du chiffrement post-quantique sur les performances est donc « un peu prématuré », assure Philippe Coué. Ce qui est certain, c’est que des « questions architecturales » se posent, les options expérimentées présentant un point de défaillance unique…

    Photo : Philippe Coué © DR

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  • Thursday 15 October 2026 - 16:01
    from Silicon

    Acronis, éditeur de solutions de cyberprotection IA pour MSP et équipes IT, a un nouveau CEO.

    Prakash Panjwani succède à Jan-Jaap « JJ » Jager, qui conserve ses parts d’actionnaire au sein de l’entreprise.

    Le nouveau CEO s’appuie sur un parcours marqué par la direction d’acteurs majeurs de la sécurité informatique. Il a notamment dirigé WatchGuard Technologies et chez SafeNet. Durant ses dix années à la tête de WatchGuard, il a guidé la mutation de l’éditeur ( à l’origine centré sur les pare-feu) vers une offre plus vaste intégrant de l’EDR, du XDR et des services de détection et réponse gérés (MDR) automatisés par l’IA.

    Sur sa feuille de route, Prakash Panjwani entend réunir au sein d’un socle technique unique la cybersécurité, la sauvegarde des données, l’administration des infrastructures et la gestion automatisée des services.

    L’objectif affiché est d’aider les prestataires de services gérés à rationaliser leurs processus et à abaisser leurs coûts opérationnels grâce à l’automatisation IA.

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  • Thursday 15 October 2026 - 15:47
    from Silicon

    L’extension nationale de la Slovénie, le .si, a enregistré 46 066 nouveaux domaines en septembre 2026, contre 3 515 en août.

    Cette progression spectaculaire coïncide avec les déclarations de Donald Trump qui affirme vouloir remplacer l’expression « Artificial Intelligence » par « Super Intelligence ».

    Le 22 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a proposé de privilégier cette expression plutôt qu’Artificial Intelligence, dont il juge le terme artificial peu valorisant. Une semaine plus tard, le 29 septembre, il signe un décret demandant aux administrations fédérales américaines d’adopter cette nouvelle terminologie dans leurs communications.

    .si : une extension nationale depuis 1992

    Né le 1er avril 1992 avec sa délégation officielle auprès de l’IANA, le .si constitue le véritable pilier de l’identité en ligne de la Slovénie. Sa gestion et la robustesse de son infrastructure DNS sont assurées par l’Academic and Research Network of Slovenia (ARNES), garantissant un ancrage local solide.

    L’extension n’est pas réservée aux acteurs slovènes. Les conditions d’enregistrement autorisent les personnes physiques comme les personnes morales, sans imposer de condition de nationalité ou de résidence.

    L’attribution repose sur le principe du premier arrivé, premier servi, sous réserve du respect des règles du registre. Un nom de domaine doit comporter entre 2 et 63 caractères. Il ne peut commencer ou se terminer par un tiret, ni comporter deux tirets consécutifs en troisième et quatrième positions.

    L’enregistrement est possible pour une durée de un à cinq ans, avec renouvellement.

    Un tarif de gros de 10 euros par an

    Le registre affiche un tarif de 10 € hors taxes pour l’enregistrement ou le renouvellement annuel d’un domaine. Ce montant, en vigueur depuis le 1er janvier 2023, correspond au prix facturé aux bureaux d’enregistrement (registrars), et non nécessairement à celui payé par le client final.

    ARNES précise ne pas intervenir dans la fixation des prix pratiqués par ces intermédiaires. Le coût pour un titulaire dépend donc du prestataire choisi et des éventuels services associés.

    Les chiffres du registre slovène montrent l’ampleur du phénomène.

    Register.si a comptabilisé 46 066 nouveaux domaines en septembre, contre 3 515 en août, soit environ treize fois plus.

    Le 23 septembre, au lendemain du discours de Donald Trump, le registre affichait déjà 4 794 nouvelles inscriptions sur les dernières 24 heures. Après la signature du décret, ce rythme a dépassé les 13 000 enregistrements quotidiens.

    Ces données ne suffisent toutefois pas à attribuer l’ensemble de la hausse au Président américain. Une progression avait commencé avant le décret, et l’arrivée de nouveaux bureaux d’enregistrement a également contribué à l’accélération.

    Une ruée qui tient aussi à la spéculation

    Par ailleurs, l’afflux de demandes ne traduit pas nécessairement une adoption massive du .si par les entreprises de l’IA. Une partie des acheteurs cherche à réserver des noms courts ou évocateurs dans l’espoir de les revendre si l’expression Super Intelligence s’installe durablement dans le vocabulaire professionnel.

    Les observations de Netcraft, société spécialisée dans la surveillance de l’activité sur Internet, confortent cette hypothèse.

    Lors de la première vague, plus de la moitié des noms .si enregistrés sur la plateforme Dynadot dans la période étudiée avaient été mis en vente sur son marché secondaire. Il s’agit d’un échantillon lié à un bureau d’enregistrement, et non d’une mesure représentative de l’ensemble des acheteurs.

    Le phénomène rappelle celui du .ai, l’extension nationale d’Anguilla, devenue un nom de domaine standard pour des entreprises de l’intelligence artificielle.

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  • Thursday 15 October 2026 - 11:02
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    Transformer un back-end de stockage… pour finalement se rendre compte qu’il est beaucoup moins mis en difficulté par une flotte d’agents que par une flotte d’humains.

    C’est arrivé à Sekoia dans le cadre de ses expérimentations sur Elevate, son module de SOC agentique, passé en disponibilité générale fin septembre. L’entreprise en a rendu compte lors des Assises de la sécurité. Elle était accompagnée de son premier testeur : SPIE.

    Le groupe européen, fournisseur de services multitechniques dans l’énergie et les communications*, est client de Sekoia depuis février 2024. Il a expérimenté ce « SOC agentique » à partir de juillet 2026.

    Sa sécurité opérationnelle s’organise ainsi :

    • Un MSSP pour le triage de niveau 1 en 24/7
    • Automatisation du traitement via SOAR aussi bien côté MSSP qu’en interne
    • Niveaux 2 et 3 gérés en interne (une dizaine de personnes dans le département SecOps groupe + équipes SecOps des filiales)

    Sur son périmètre global, SPIE reçoit environ 43 000 alertes par mois. Certaines – typiquement, celles qui font trop de bruit – ne sont pas gérées par le MSSP.

    Plus précise, l’IA « gaspille » moins de ressources

    Sur la zone France, Sekoia a « entre 12 et 15 Po de données » à disposition de Roy, l’agent d’Elevate. En prévision de la charge que ce dernier générerait, l’entreprise a « complètement transformé » son back-end de stockage, d’après son Georges Bossert. CTPO (Chief Technology and Product Officer).

    La pression n’a pas été celle attendue. « Les agents sont beaucoup plus performants que les humains d’un point de vue technologique », pour reprendre les mots de Georges Bossert. Leurs recherches sont « extrêmement précises », sur les timelines nécessaires, avec les bons filtres. « Avec les agents, on a des temps de recherche beaucoup plus courts malgré le volume beaucoup plus élevé. »

    Le même impact devrait être constaté sur les technologies tierces. C’est justement le « gros sujet » actuel de Sekoia : donner à Roy l’accès à son catalogue d’intégrations.

    SPIE a dû faire sans. Dimitri Farcy, head of SecOps, donne un exemple : les recherches d’IOC étaient limitées à la CTI de Sekoia. Dans un autre registre, il souligne l’absence de traitement en masse via les cases – une fonctionnalité que Sekoia affirme toutefois avoir sur sa roadmap.

    96 % de verdicts inchangés… mais beaucoup de « vrais positifs » qui n’en étaient pas

    Si c’était à refaire, SPIE fournirait davantage de contexte dès le départ (instructions personnalisées pour décrire l’environnement), ciblerait plus tôt les alertes à score élevé et connecterait le module CAASM Reveal à davantage de sources.

    Le groupe se dit néanmoins satisfait des résultats. Il avance deux indicateurs en particulier : 96 % des verdicts inchangés par les analystes**, et des équipes SOC « entre 2 et 5 fois plus rapides ».

    Le retour d’expérience présenté aux Assises de la sécurité couvre un peu plus de 35 000 alertes. Son volet principal en englobe environ 10 000, traitées en septembre. Sur la base des 80 règles de détection que SPIE avait fournies, l’intégralité des prédictions de faux positifs se sont révélées justes.

    Elevate s’est avéré moins bon sur les vrais positifs : des 411 prédits, seuls 2 en étaient. À ce sujet, Dimitri Farcy met un bémol. Il évoque la présence de « faux positifs bénins », en conséquence desquels on entreprend tout de même des actions. « Typiquement, un bot qui va nous scanner », en conséquence de quoi on bloque une adresse IP. « Sur les 409 [faux positifs], c’est très souvent le cas », assure l’intéressé. Et de rappeler que SPIE avait choisi de ne pas fournir de contexte à Roy, ayant décidé de s’en servir pour améliorer ses règles de détection. Preuve en serait que les verdicts erronés ont culminé en début de mois, après quoi la prise en compte du filtrage sur les règles de détection a « grandement amélioré la véracité ».

    Recentrer le niveau 1 sur la couverture

    À date, Elevate fournit un verdict, mais ne réalise pas lui-même d’actions. « Le but, c’est qu’on puisse le configurer demain pour le faire, explique Maxime Hugon, solutions architect chez Sekoia. Pour ça, j’ai construit, à la demande de Dimitri, un playbook qui permet, en fonction du verdict et du niveau de confiance associé à une investigation, de faire de l’auto-close d’une alerte ou de réaliser des actions de containment ».

    Dans ce contexte, Dimitri Farcy admet que « le niveau 1 est voué en grande partie à disparaître pour se concentrer sur la partie couverture. » « Cela fait partie de l’accompagnement qu’on se doit d’apporter à nos collaborateurs, renchérit Sébastien Louis, RSSI groupe de SPIE. L’objectif n’est pas de déstaffer, mais de faire monter le niveau de valeur ajoutée des tâches confiées aux personnes. L’augmentation de la couverture et [la] boucle vertueuse d’amélioration continue, c’est là-dessus qu’on va se positionner. »

    Cette « boucle vertueuse » reposera notamment sur les runbooks « agentiques » qu’Elevate génère automatiquement pour chaque règle. Les analystes peuvent les éditer pour ajouter des requêtes qui affineront le verdict.

    Par rapport aux runbooks classiques qui définissent les étapes et leur ordre, ceux d’Elevate :

    • Décrivent les questions importantes
    • Définissent les hypothèses à considérer
    • Indiquent signaux et éléments de contexte
    • Orientent vers les sources et les outils utiles
    • Déterminent ce qu’il faut avoir établi pour pouvoir conclure

    Dans ce schéma, « l’analyste a un rôle de maintien d’une méthodologie d’investigation », résume Dimitri Farcy. Georges Bossert lui fait écho : « Cet effort d’explication redonne un intérêt à travailler sur la méthodologie d’investigation. »

    SPIE prévoit des « discussions avec [son] MSSP » sur le partage de la valeur

    « On a développé l’infrastructure à base de nos propres GPU [et] de modèles choisis et constamment réévalués disponibles sur le marché avec des benchmarks », commente le CTPO de Sekoia. Quant à savoir de quels modèles il s’agit, on repassera. L’entreprise préfère mettre en avant tout ce qu’il y a autour. Y compris ce qui est encore sur la feuille de route. Par exemple :

    • Agents améliorant les règles de détection, les parseurs, les runbooks, la définition des cases, etc.
    • Mode conversationnel à l’issue de la boucle agentique dans l’optique de guider Roy dans la remédiation
    • Gestion des tâches (créer, suspendre, reprendre et suivre des tâches d’investigation lorsqu’une réponse dépend d’une action, d’une donnée ou d’un événement futur)
    • Association d’agents et de playbooks déterministes

    Du côté de SPIE, on prévoit « des discussions avec [le MSSP] pour prendre la juste mesure des gains […] et voir comment on arrive à se partager cette valeur additionnelle », détaille Sébastien Louis.

    Avant d’annoncer la GA d’Elevate, Sekoia l’a déployé chez 1000 clients. Il annonce un temps moyen d’investigation de 88 secondes, pour 90 % de verdicts non modifiés. « On n’est pas aussi bons que chez SPIE, où il y a eu tout un travail de choix des règles et ainsi de suite, justifie Georges Bossert. Là, ç’a été beaucoup plus ‘je clique sur le bouton, j’active sans configuration’ »…

    * SPIE a lui-même la casquette de MSP à travers sa filiale de services informatiques SPIE ICS.

    ** 11 analystes ont été sollicités. Sekoia a présenté des résultats plus détaillés pour une quinzaine de règles, sur un sous-ensemble d’environ 5000 alertes. La précision pondérée atteint 94,4 %. SPIE a validé 100 % des verdicts dans trois cas : désactivation de service, énumération des partages réseau et modification d’un groupe AD à privilèges.

    Photo : Sébastien Louis © DR

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  • Wednesday 14 October 2026 - 15:27
    from Silicon

    En Europe, on fait de moins en moins le parallèle entre open source et réduction des coûts.

    Cette tendance s’est dessinée au gré des sondages annuels de la Fondation Linux. En tout cas de la restitution qu’elle en fait depuis 2022 pour le périmètre européen, sous forme de rapports d’une quarantaine de pages.

    Nous en avons proposé une brève analyse centrée sur l’utilisation de l’open source. En miroir, il y a l’aspect contribution, que nous traitons ici.

    Les contributions à l’open source, de moins en moins motivées par le développement de carrière

    De 2022 à 2024, la Fondation Linux s’est arrêtée, dans ses synthèses, sur ce qui motivait les sondés à contribuer à des projets open source sur leur temps personnel.

    En 2022, ils furent 78 % à déclarer que l’apprentissage et le développement personnel avaient une grande ou une très grande influence. 64 % avaient cité l’attrait du travail entre pairs. 62 %, leur responsabilité morale envers la communauté en tant qu’utilisateurs. 57 %, le moyen de combler un besoin technologique non satisfait. 48 %, les opportunités de carrière.

    Le taux de mention de l’item « opportunités de carrière » a reculé en 2023 (44 %), puis en 2024 (42 %). Il est resté moins cité que l’apprentissage / développement personnel (62 %, puis 74 %), la satisfaction d’un besoin technologique (51 %, puis 55 %), la responsabilité morale (47 %, puis 53 %) et le travail avec les pairs (44 %, puis 59 %).

    Des contributions inner source en premier lieu

    En 2022, la pratique la plus courante de contribution à l’open source était la remontée de problèmes (ouverture d’issues). 63 % des organisations s’y adonnaient. 48 % contribuaient au code ; 38 %, à la doc ; 18 %, à d’autres assets. Elles étaient 35 % à contribuer plus indirectement en participant à des discussions sur Reddit, Stack Overflow, etc.

    Cette année-là, 46 % des répondants affirmaient que leur organisation encourageait « ouvertement » les contributions. 35 % évoquaient l’absence de politique claire. Principales motivations : améliorer la qualité de leur parc de logiciels open source (85 %), remplir l’obligation morale vis-à-vis de la communauté (74 %), accroître l’attractivité de l’organisation (72 %) et améliorer la sécurité (70 %). Parmi les répondants qui passaient au moins quelques heures par mois à contribuer à des projets, 54 % le faisaient en inner source ; 43 %, sur des projets externes créés, adoptés ou sponsorisés par leur employeur ; 33 %, sur d’autres projets externes.

    En 2023, le taux de contribution au code était passé à 54 %. Le taux de participation sur Reddit & Cie avait augmenté plus sensiblement, à 46 %. Les contributions à la documentation étaient restées stables (38 %).
    Le taux de contribution avait crû aussi bien pour l’inner source (59 %) que pour les projets externes (49 % pour ceux créés, adoptés ou sponsorisés par l’employeur ; 47 % pour les autres).

    Un quart des organisations sous-traitent des contributions amont

    En 2025, la Fondation Linux avait examiné le niveau d’implication sur 4 échelons. Il en était ressorti :

    • 14 % d’organisations « très actives » (maintenance de dépendances-clés ou contribution régulière à leur code)
    • 28 % de participation « modérée » (contributions occasionnelles au code, à la doc et au signalement de bugs)
    • 20 % de contributions « limitées » (remontées de problèmes et discussions, essentiellement)
    • 23 % d’organisations « passives » (pas de contributions)

    Cette année, la synthèse du rapport State of Open Source in Europe ne présente pas tant le degré d’implication que la forme qu’elle prend. 59 % des organisations contribuent à des dépôts en amont. 26 % délèguent cette tâche à du personnel externe. 37 % s’impliquent dans la gouvernance des projets. 48 % maintiennent des forks en interne.

    ROI, licences et propriété intellectuelle, principaux obstacles aux contributions

    Au fil des ans, les questions de licences / propriété intellectuelle et le manque de clarté sur le ROI se sont affirmés comme les principaux freins aux contributions à l’open source. La Fondation Linux a en tout cas fini par ne plus mentionner que ces aspects dans ses synthèses (2025 et 2026).

    Freins 2022 2023 2024 2025 2026
    Manque de clarté sur le ROI 49 % 31 % 28 % 33 %
    Crainte de fuite de propriété intellectuelle 43 % 36 % 24 % 40 %
    Absence de politique claire et/ou de ressources associées 41 % 30 %
    Questions juridiques / licences 40 % 36 % 14 % 31 % 42 %
    Contraintes technologiques 34 % 25 %
    Manque de temps 73 %
    Difficulté à comprendre les règles de contribution des projets 33 %
    Crainte de rejet des contributions ou de retours négatifs 31 %
    Manque de compensations pour les contributions 26 %
    Feed-back inadéquat des mainteneurs 26 %
    Problèmes de communication (dont barrière de la langue) 7 %

    En 2024, plus de la moitié des répondants (51 %) disaient ne pas savoir si la réglementation influençait la participation de leur organisation à l’open source.

    Deux ans plus tard, ils sont nettement plus nombreux à déclarer un impact sur la gestion des dépendances. Pour 20 % d’entre eux, le changement est net. Pour 26 %, il est modéré ; pour 17 %, mineur. 23 % n’en perçoivent pas.

    Les sondés réclament d’abord du temps

    Quant à ce qui accroîtrait les contributions, qu’on les interroge sous le prisme de leur organisation (2022 et 2023) ou bien dans une perspective globale (2025), les sondés privilégient toujours l’option « donner plus de temps aux employés ».

    En 2022, suivaient le financement de projets (62 %), la sensibilisation à la proposition de valeur (61 %), la mise en open source de produits ou outils internes (55 %), la mise en place de politiques plus claires pour les employés (54 %) et l’implication dans l’élaboration de politiques au niveau industriel ou gouvernemental (44 %).

    En 2023, les priorités avaient changé… mais la question aussi (qu’est-ce que améliorerait la « soutenabilité » des projets). Derrière l’allocation de davantage de temps aux employés (63 %), il y avait :

    • Accepter la responsabilité de contribuer en retour (54 %)
    • Sponsoriser des projets axés sur l’interopérabilité (46 %)
    • Donner des incitations financières pour les contributions à des projets qui ont un intérêt pour l’organisation (40 %)

    Invités en 2025 à sélectionner jusqu’à trois options, les sondés avaient placé, derrière l’allocation de temps aux employés (42 %), la sensibilisation à la proposition de valeur (28 %). Puis le financement de projets (27 %), la définition de politiques plus claires (24 %) et la publication de produits ou d’outils internes (22 %).

    Illustration © pexels – Shutterstock

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  • Wednesday 14 October 2026 - 15:17
    from Silicon

    OVHcloud monte en puissance au sein de la Cloud Native Computing Foundation (CNCF).

    A l’occasion de l’Open Source Summit Europe, qui se tenait à Prague, le groupe de Roubaix a annoncé son changement de statut, passant de « membre » à  » membre platnimum ».
    « Pour nous, devenir membre Platinum signifie jouer un rôle plus actif dans les technologies et les communautés qui façonnent l’avenir de l’infrastructure cloud.» indique-t-il sur son blog.

    Un statut qui crédibilise une stratégie

    Le passage au rang Platinum intervient après plus de dix ans d’investissement d’OVHcloud dans les infrastructures ouvertes, l’interopérabilité et la portabilité du cloud.

    La CNCF souligne notamment l’usage d’OpenStack depuis 2012, l’adhésion à l’OpenStack Foundation en 2014 et la contribution, en 2020, d’un opérateur Kubernetes développé en interne à Harbor, le registre open source devenu projet gradué de la CNCF.

    Ce statut donne à OVHcloud une place plus visible au sein d’un écosystème qui héberge des briques devenues centrales dans les architectures modernes, dont Kubernetes, Prometheus et Envoy. La fondation revendique près de 800 membres et fait partie de la Linux Foundation.

    Selon la grille publiée par la CNCF, l’adhésion Platinum coûte 350 000 dollars par an pour une entreprise déjà membre de la Linux Foundation, avec un engagement minimal de trois ans. La cotisation à la Linux Foundation est facturée séparément.

    Peser sur les standards de l’IA

    La raison la plus stratégique de cette adhésion réside dans la convergence entre cloud natif et IA. La CNCF rappelle que les organisations doivent désormais faire évoluer des applications cloud natives tout en déployant des charges de travail d’IA en production, dans des environnements publics, privés et hybrides.

    OVHcloud participe au Certified Kubernetes AI Conformance Program, qui définit une base commune, développée par la communauté, pour exécuter de manière fiable des charges IA et machine learning sur Kubernetes. En mars 2026, ses services AI Deploy et Managed Kubernetes Service ont été approuvés dans ce programme.

    Pour Octave Klaba, PDG et fondateur d’OVHcloud, l’indépendance technologique ne signifie pas tout construire seul, mais pouvoir s’appuyer sur des standards ouverts, contribuer aux technologies utilisées et éviter l’enfermement dans un écosystème unique. Le groupe veut ainsi contribuer à façonner les technologies ouvertes, l’IA et leur gouvernance.[cncf]

    L’adhésion Platinum s’appuie aussi sur une démonstration opérationnelle. OVHcloud exploite des milliers de clusters Kubernetes en production dans 20 régions de cloud public, avec Cilium pour le réseau multi-tenant, l’observabilité et la sécurité.

    La question est désormais de mesurer la capacité du fournisseur à convertir cet engagement en contributions techniques visibles, notamment dans les projets liés à l’IA, à la sécurité et à la portabilité des charges de travail.

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  • Wednesday 14 October 2026 - 12:31
    from Silicon

    Qu’on s’en tienne au parc logiciel ou qu’on élargisse à l’exploitation informatique voire au budget global de fonctionnement des entreprises, l’open source est de moins en moins vu comme un levier de réduction des coûts.

    La Fondation Linux ne l’affirme pas, mais les données communiquées au fil des ans dans son rapport State of Open Source in Europe le suggèrent.

    Jusque-là, elle en a publié 5 éditions (2022-2026), à partir des éléments recueillis dans le cadre de son sondage World of Open Source. Nous n’en reprenons pas les résultats « bruts », mais les synthèses – d’une quarantaine de pages en moyenne. Une vision partielle, donc, surtout que certains sujets tendent à en chasser d’autres. Pour autant, des tendances se dégagent…

    La réduction des coûts, de moins en moins mentionnée…

    En 2022, lorsqu’on leur avait demandé pourquoi il fallait accroître l’usage de l’open source, 64 % des sondés avaient sélectionné l’option « réduire les coûts logiciels ». Ils avaient été à peu peu aussi nombreux à choisir les items « améliorer la productivité » (65 %), « améliorer la sécurité » (63 %) et « accroître l’attractivité des organisations » (63 %).

    Pour 2023 et 2024, la Fondation Linux avait légèrement changé l’angle de la question. Elle avait demandé aux sondés les aspects sur lesquels l’open source bénéficiait le plus aux secteurs économiques.

    En 2023, les deux éléments les plus cités furent la productivité (59 %) et l’innovation (58 %). La réduction des coûts de fonctionnement n’était arrivée qu’au troisième rang (57 %). La réduction des coûts de développement produit (51 %) était au niveau des standards industriels et de l’interopérabilité (52 %) et de la collaboration (51 %). Suivaient transparence (48 %), partage des données (33 %), conformité (31 %) et gestion du risque (29 %).

    En 2024, l’option « standards industriels et de l’interopérabilité » avait largement été la plus citée (66 %), devant l’innovation (58 %) et la productivité (55 %). Ils ne furent plus que 51 % à mentionner la réduction des coûts de fonctionnement (et 54 %, la réduction des coûts de développement produit). Pour le reste, pas de grande variation (transparence : 53 % ; collaboration : 47 % ; partage des données : 27 %, etc.).

    En 2025, nouveau changement d’angle, tout du moins dans la synthèse. Les sondés devaient sélectionner les bénéfices pour le secteur d’activité. Ils furent moins de la moitié (48 % en l’occurrence) à choisir les coûts de fonctionnement. Contre 49 % la transparence et 58 % l’innovation, entre autres.

    … quel que soit l’angle de questionnement

    La tendance est similaire, quoique moins marquée, si on oriente la question sur la fréquence à laquelle l’open source procure des bénéfices.

    En 2023, ils furent 82 % à déclarer que l’open source abaissait « souvent » ou « toujours » les coûts logiciels. C’était l’item le plus cité, devant l’augmentation de la productivité (79 %), la réduction du lock-in (77 %), l’amélioration de la qualité logicielle (76 %), etc. Ils furent, en parallèle, 64 % à répondre « toujours » ou « souvent » concernant la baisse des coûts d’exploitation informatique.

    En 2024, il n’y avait plus d’option « toujours ». Les coûts logiciels avaient à nouveau réuni la plus forte proportion de « souvent » (66 %), mais à égalité avec la productivité (66 %) et juste devant le lock-in (65 %). La réduction des coûts d’exploitation IT (47 %) avait glissé, entre autres, derrière l’amélioration de la sécurité (51 %).

    En 2025, ils furent encore moins à juger que l’open source procurait souvent des bénéfices en matière de réduction des coûts logiciels : 58 %. Ils furent davantage à citer la productivité (63 %) et la réduction du lock-in (62 %). Recul aussi, même si moins prononcé, pour la réduction des coûts d’exploitation IT : 45 %, dans les mêmes eaux que « accroître l’attractivité de l’organisation » et « accélérer la mise sur le marché » (44 %).

    Rapport coûts-bénéfices : une perception devenue moins positive

    À deux reprises, la Fondation Linux a évoqué la perception du rapport coûts-bénéfices.

    En 2023, 77 % des sondés avaient jugé que ce rapport était en faveur des bénéfices. Il l’était même « largement » pour 40 % de l’échantillon. Seuls 5 % avaient estimé que l’open source engendrait plus de coûts.

    En 2025, ils ne furent plus que 55 % à déclarer davantage de bénéfices que de coûts. À l’inverse, 12 % constataient plus de coûts que de bénéfices (5 % en constataient même « largement » plus).

    Ces deux mêmes années, la Fondation Linux a listé dans sa synthèse les technologies open source les plus utilisées au sein des organisations pour lesquelles travaillaient les sondés. En voici un récapitulatif :

    Technologies open source Taux d’utilisation 2023 Taux d’utilisation 2025
    Systèmes d’exploitation 73 % (Linux) 64 %
    Cloud / conteneurs 65 % 55 %
    DevOps & CI/CD 60 % 52 %
    Bases de données & data management 57 % 53 %
    DevOps / GitOps / DevSecOps 56 % 51 %
    Développement web et applicatif 54 % 54 %
    Kubernetes 47 %
    Cybersécurité 42 % 36 %
    Analytics & data science 41 % 33 %
    IA / ML 34 % 41 %
    IoT & embarqué 29 % 19 %
    Stockage 29 % 26 %
    Réseau 23 % 20 %
    Edge 22 % 13 %
    Open hardware 14 % 5 %
    Blockchain 12 % 6 %
    AR / VR 9 % 10 %
    Données et modèles ouverts 22 %

    La sécurité, désormais en tête des facteurs limitants

    Pour ce qui est des facteurs limitant l’usage de l’open source, la perception s’avère beaucoup plus stable au fil des ans.

    En 2022, la Fondation Linux avait fait le distinguo entre les métiers de l’IT et les autres populations. Chez les premiers, licences et propriété intellectuelle étaient le frein le plus cité (28 %). Suivaient :

    • Manque de compréhension de la proposition de valeur non technologique (27 %)
    • Absence de politique ou de ressources pour la soutenir (25 %)
    • Réglementations et autres restrictions formelles (18 %)

    Les autres populations avaient mentionné principalement l’absence de politique ou de ressources pour la soutenir (49 %). Puis :

    • Manque de compréhension de la proposition de valeur non technologique (46 %)
    • Licences / propriété intellectuelle (44 %)
    • Réglementations et autres restrictions formelles (33 %)

    En 2025 et 2026, plus de distinction entre « l’IT et les autres » dans la synthèse du rapport State of Open Source in Europe. Mais au final, relativement peu d’évolution dans la hiérarchie des freins perçus.

    En 2025, la Fondation Linux s’en était tenue à trois freins : manque de support technique (40 %), licences / propriété intellectuelle (35 %) et manque de compréhension de la valeur non technologique (34 %). Cette année, elle a élargi la sélection :

    Irritant Taux de mention
    Sécurité 39 %
    Licences 36 %
    Support technique 35 %
    Manque de leadership 34 %
    Manque de compréhension (de la valeur) 34 %
    Absence de politique ou de formation 34 %
    Qualité 31 %
    Réglementation 28 %
    Identité ou affiliation des mainteneurs de projets 26 %

    Comprendre la valeur non technologique

    À trois reprises, la Fondation Linux a mis en avant ce que les sondés considéraient comme les principaux leviers pour accroître l’usage de l’open source.

    En 2022 et 2023, il leur avait été demandé de se prononcer au niveau global. En 2025, au niveau de leur organisation – ce qui peut expliquer les taux de mention plus bas. Les intitulés de certaines options ont changé d’un sondage à l’autre ; auquel cas nous en donnons une formulation la plus « harmonisée » possible.

    Levier 2022 2023 2025
    Assistance juridique / conformité / sécurité 51 % 56 % 26 %
    Amélioration de la politique open source ou des ressources associées 51 % 60 % 22 %
    Présence d’un OSPO ou d’un leadership visible 45 % 58 % 34 % (leadership
    19 % (OSPO)
    Outils automatisés 44 % 52 % 16 %
    Compréhension de la valeur non technologique 40 % 53 % 30 %
    Amélioration des pratiques de développement sécurisé 55 % 21 %
    Utilisation de SBOM 49 % 17 %

    Le codage par IA, coup de boost pour l’open source

    Il y a des données au sujet du niveau d’encouragement à utiliser l’open source, mais elles sont assez « anciennes ». Les voici tout de même.

    En 2022, 57 % des sondés avaient déclaré que leur organisation encourageait « ouvertement » à utiliser l’open source. 22 %, qu’elle le faisait « sous conditions ». 1 %, qu’elle ne le permettait pas. 17 %, qu’il n’y avait pas de politique claire.

    La répartition des réponses avait peu évolué en 2023 : 53 % d’« ouvertement », 12 % de « sous conditions », 1 % de « non » et 9 % de « pas clair ». Mais c’était essentiellement lié à l’intégration d’un choix supplémentaire : « Chaque équipe de développement décide ». 24 % des sondés l’avaient sélectionné.

    Cette année, la Fondation Linux glisse une stat sur le codage assisté par IA. 48 % des sondés affirment que cela a accru leur utilisation de bibliothèques et de frameworks open source (15 %, « nettement plus »). 47 % déclarent que cet usage est resté stable. 5 %, qu’il a reculé (1 %, « nettement »).

    Illustration générée par IA

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  • Tuesday 13 October 2026 - 18:40
    from Silicon

    Deux LLM concurrents font-ils nécessairement doublon ? Spendesk a pris ce parti pour évoquer les dépenses logicielles des entreprises dans l’UE.

    Au-delà de la méthodologie, on gardera à l’esprit que les résultats émanent d’un fournisseur… de solutions de gestion des dépenses. Nous en reprenons néanmoins quelques-uns, en particulier parce qu’ils illustrent un état de fait : pour une même chose, tout le monde ne paye pas le même prix.

    7 Md€ à aller chercher en négociant ?…

    L’analyse couvre la période de juin 2025 à juin 2026. Elle englobe 2568 entreprises actives. La majorité en France (60,5 %). Le reste dans 13 autres pays, principalement l’Allemagne (16 %) et le Royaume-Uni (12,6 %). La distribution est à l’image du marché européen : 91 % de ces entreprises comptent moins de 250 employés.

    À partir de cet échantillon, Spendesk extrapole à l’UE en s’appuyant sur les données d’Eurostat pour 2024. Bilan : dans la catégorie des entreprises de 50 à 250 employés, la variation des prix entraîne à elle seule 7 Md€ de surdépenses par an.

    Ce montant découle de l’analyse des dépenses dans une trentaine de logiciels SaaS avec licence par siège. Spendesk affirme avoir mesuré ce que les entreprises payaient mensuellement par employé « pour exactement le même produit ». Partant, il a pris comme référence le « quartile le plus discipliné » (i.e. les 25 % d’entreprises ayant le moins dépensé). Puis il y a comparé l’ensemble de l’échantillon.

    Entre les « bons élèves » et la dépense médiane, il y a un ratio de 3,4:1 pour Figma, de 3,7:1 pour Slack et de 4,4:1 pour HubSpot. On atteint 8,3:1 pour Atlassian et 9:1 pour Notion.

    Spendesk concède que la profondeur de gamme peut, chez des éditeurs comme Adobe et Atlassian, expliquer en partie l’écart. Il estime qu’on ne peut pas en dire autant concernant Slack : à l’en croire, c’est « presque entièrement » une question d’opacité… ou d’absence de négociation.

    … et 3 Md€ en dédoublonnant les logiciels ?

    Spendesk estime que sur l’échantillon, dédupliquer les logiciels permettrait d’économiser 15 M€ par an. Rapporté aux entreprises de 50 à 250 employés dans l’UE, cela fait 3 Md€.

    L’IA et le design, explique-t-il, concentrent plus des deux tiers du potentiel d’économies. Sur ces segments, respectivement 72 % et 64 % des acheteurs payent pour au moins deux produits concurrents*.

    Spendesk assimile effectivement cette situation à un doublonnement. Et note, à ce propos, que 65 % des entreprises dont il a analysé les dépenses utilisent au moins deux modèles concurrents, contre 29 % il y a un an.

    Sur la période examinée, la variation mensuelle médiane du montant de la facture IA s’élève à 61 %. Elle est un peu plus élevée en France (62,4 %) qu’au UK (60,2 %) et qu’en Allemagne (55,5 %). Il faut dire que Spendesk y inclut les tarifications à l’usage…

    * Suivent les outils de développement (44 %), l’automatisation (37 %), la gestion de projet (29 %), le CRM (22 %), etc.

    Illustration générée par IA

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  • Tuesday 13 October 2026 - 14:56
    from Silicon

    Des modèles d’IA de petite taille pourraient bientôt se copier d’un objet connecté à l’autre, sans datacenter. C’est le scénario que décrit la Frontier Red Team d’Anthropic dans une étude publiée le 12 octobre.

    Le document de recherche signé William Zhou et Daniel Freeman soutient que de petits modèles d’IA pourraient d’ici quelques mois devenir capables de se répliquer sur des objets connectés bon marché, comme des fours intelligents ou des boîtiers Android TV.

    Si la scale-up reconnaît qu’il n’existe pas encore de « réplicateur » pleinement autonome, elle observe toutefois que les agents savent déjà accomplir de plus en plus d’étapes de la chaîne de réplication et transmettre leurs adaptations à leurs copies.

    Un ver dopé à l’IA, sans datacenter

    Le scénario étudié est celui d’un « ver IA ». Comme tout ver, il se copie d’une machine à l’autre sans intervention humaine, mais il emporte ici ses propres poids de modèle qui font partie de la charge malveillante.

    Anthropic rappelle que des travaux antérieurs ont montré des agents capables de scanner un réseau, d’exploiter une faille et de copier leurs poids sur une machine cible au sein d’un cluster de GPU.

    Son apport est de montrer que des GPU de datacenter ne sont pas indispensables. Un réseau d’objets connectés, bon marché et en général peu défendus, pourrait fournir assez de puissance pour exécuter un modèle capable.

    Pour le démontrer, les chercheurs ont fait tourner Gemma4-26B-A4B, un modèle de Google, sur 15 boîtiers Android TV d’entrée de gamme, achetés environ 55 $ pièce et mis en réseau.

    Le modèle était réparti entre les boîtiers, chacun n’en hébergeant qu’une fraction des couches. Le débit atteint était de 0,39 token par seconde. Ces appareils embarquent généralement entre 1 et 4 Go de RAM. Avec 4 Go et une quantification en 4 bits, Anthropic estime qu’il faut au moins quatre machines pour un modèle de 9 milliards de paramètres et dix ou plus pour un modèle de 26 milliards.

    Dans le même esprit, un modèle trop gros pour un seul appareil peut être découpé en fragments exécutés sur plusieurs machines. Anthropic cite parmi les cibles possibles les réfrigérateurs, fours et aspirateurs connectés, ainsi que les caméras de sécurité et les systèmes de visioconférence dotés de petites puces d’IA.

    Ce que les tests montrent…et leurs limites

    L’étude découpe la réplication en quatre étapes :

    • trouver des cibles,
    • obtenir l’exécution de code,
    • installer l’inférence,
    • poursuivre la propagation depuis le nouvel hôte.Anthropic écarte largement l’aspect cyber pour lequel elle renvoie à des travaux existants. L’étude se concentre sur l’installation de l’inférence sur du matériel inconnu jugée peu étudiée et potentiellement la plus difficile pour de petits modèles.

    Sur ce point, un modèle de 9 milliards de paramètres a réussi à faire fonctionner l’inférence sur 8 des 9 types de matériel testés, des Jetson Nano aux Mac et aux RTX 4090. Les modèles de 30 milliards de paramètres ou moins réalisent déjà beaucoup d’étapes isolées, mais commettent des erreurs quand il faut les enchaîner de bout en bout.

    Le test de bout en bout s’est déroulé sur huit nœuds Google Cloud émulant Android 15, avec un port ADB sans authentification.

    Parmi les modèles à poids ouverts évalués, seul GLM-5.2 s’est montré capable de se propager de façon fiable : il a atteint les huit nœuds dans quatre essais sur cinq et sept dans le dernier.

    Les chercheurs précisent que la tâche consistait à installer Llama 3.1-8B, ce qui revient à supposer qu’un modèle de 8 milliards de paramètres atteigne un jour les capacités de GLM-5.2. Ils indiquent aussi que la partie cyber, volontairement triviale, fait de ce résultat une borne supérieure du succès réel. Ils notent néanmoins que des botnets comme Mirai se sont propagés avec de simples listes d’identifiants par défaut.

    Dans une variante où l’installation de l’inférence est remplacée par un script, de nombreux modèles, y compris de petits, parviennent à mener le reste de la tâche. Un modèle de 3 milliards de paramètres atteint environ la moitié des nœuds d’un réseau de 17 machines.

    Une échéance fixée à la fin de 2026

    Anthropic raisonne en termes de plancher de capacité nécessaire pour se répliquer et de plafond de taille imposé par le matériel visé. Aujourd’hui, les deux ne se rejoignent pas.

    En extrapolant la progression des modèles à poids ouverts de 30 milliards de paramètres ou moins, mesurée par l’Epoch Capabilities Index (13,7 points par an), la scale-up situe à la fin de 2026 le moment où un petit modèle atteindrait le niveau de GLM-5.2. Il reconnaît que cet indice est un indicateur indirect de la capacité de réplication et que l’estimation reste approximative.

    Un ver lent, mais difficile à éteindre

    Le principal atout d’un tel ver serait l’absence de point central à couper, d’où la difficulté à l’arrêter. Sa vitesse serait en revanche faible, avec un temps de doublement de l’ordre de plusieurs jours. Sur les boîtiers de test, l’installation complète de l’inférence prendrait 71 à 150 heures pour Gemma4-26B-A4B, et 28 à 51 heures pour Qwen3.5-9B.

    Anthropic s’appuie sur le botnet Kimwolf, qui a infecté plus de deux millions d’appareils, surtout des boîtiers Android TV.

    Un parc équivalent, organisé en groupes de 15 boîtiers, donnerait environ 133 000 réplicas et quelque 80 000 tokens par seconde. C’est l’équivalent d’une quarantaine de GPU H100, soit très peu en valeur absolue. Les auteurs précisent que ce calcul repose sur une seule classe de matériel et un seul précédent.

    Adaptation et défenses

    Les chercheurs ont aussi testé la capacité d’apprentissage.

    Chaque instance de Qwen 3.5-9B tenait des notes sur ses échecs et les transmettait à la suivante. Le taux de réussite de l’installation est passé de 45 % à la première génération à une fourchette de 61 à 84 % aux générations suivantes.

    Donner accès à Opus 4.8 comme conseiller n’a en revanche produit aucune amélioration mesurable. Sur l’hameçonnage ciblé, les petits modèles obtiennent des scores allant de « très faible » à « faible », une fois normalisés aux évaluateurs humains. Anthropic en déduit que l’ingénierie sociale reviendrait plutôt à de grands modèles.

    Côté défense, le laboratoire propose de raisonner comme en épidémiologie, en ramenant le nombre moyen de nouvelles infections par appareil infecté sous 1. Il met en avant plusieurs leviers :

    • Détection réseau : de gros transferts de poids de modèles et un trafic soutenu entre appareils laisseraient des traces visibles pour les fournisseurs d’accès.
    • Quarantaine par les FAI : pour Mirai, elle avait permis d’éliminer 92 % des infections en 14 jours, contre 74 % sans notification.
    • Réglementation : le Royaume-Uni considère désormais les mots de passe par défaut des objets connectés comme non conformes.

    Anthropic admet que l’élimination complète supposerait une coordination entre tous les fournisseurs concernés, ce qui est difficile. Elle évoque d’autres formes possibles de réplication, comme un modèle puissant qui pénétrerait des datacenters ou un modèle qui escroquerait des gens pour obtenir des crédits de calcul. Elle parle de « signes de vie » et prévoit un avenir où des agents tourneront sur toutes sortes de matériels, dont certains hors de tout contrôle humain.

    Un contexte de comportements inattendus

    Cette publication s’inscrit dans une série d’annonces d’Anthropic sur des comportements non prévus de ses modèles, d’une nature différente de la réplication.

    Selon la presse américaine, un modèle non publié et testé sur des sites choisis au hasard a soumis en juillet un faux témoignage sur le site de la police de Philadelphie, consacré aux homicides non résolus. Le message, sans nom ni coordonnées, évoquait une personne aperçue près des lieux. Il a été classé comme spam et n’a pas été transmis aux enquêteurs.

    Anthropic dit avoir découvert l’incident le 28 septembre, puis prévenu la police le 7 octobre. La police de Philadelphie a jugé « inacceptable » ce délai de deux mois.

    D’après la scale-up, le modèle devait remplir la copie d’entraînement d’un formulaire administratif mais a rejoint le site réel et l’a soumis. Ses consignes lui interdisaient de se connecter, de créer un compte ou d’acheter quoi que ce soit, sans exclure explicitement l’envoi de formulaires.

    D’autres cas ont touché des sites d’agences publiques américaines, fédérales, d’États et locales.Anthropic affirme avoir informé la Maison-Blanche et chaque agence concernée et mis en place des outils de détection et de blocage.

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  • Tuesday 13 October 2026 - 13:17
    from Silicon

    Le 17 octobre 2026, la France aura deux ans de retard sur la transposition de la directive NIS2, dont l’échéance était fixée au 17 octobre 2024.

    Le calendrier semblait pourtant enfin se resserrer : inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale les 7 et 9 octobre, le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité devait être débattu en séance publique. Il n’en sera rien. Le 6 octobre, la conférence des présidents l’a retiré de l’ordre du jour, sans fixer de nouvelle date.

    Faut-il s’en émouvoir ? Pour les cybercriminels, la réponse est connue : l’absence de loi n’a jamais arrêté un attaquant. Pour les entreprises, elle ne doit pas non plus servir de prétexte. Car ce que NIS2 demande, sécuriser sa supply chain et former ses équipes, relève moins de la conformité que du bon sens opérationnel.

    Trois constats, tirés de l’actualité récente, le montrent.

    Un texte qui n’en finit pas d’attendre

    Le parcours du projet de loi Résilience ressemble à une longue série de rendez-vous manqués. Déposé au Sénat le 15 octobre 2024 avec engagement de la procédure accélérée, il a été adopté par les sénateurs le 12 mars 2025, puis remanié par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, qui a adopté sa version le 10 septembre 2025.

    Un examen en séance avait ensuite été espéré en juillet 2026, avant d’être repoussé, en raison notamment, selon la presse spécialisée, d’un désaccord sur un article consacré aux messageries chiffrées.

    Le 8 juillet, la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’Union européenne contre la France, aux côtés de l’Irlande, de l’Espagne et des Pays-Bas, pour défaut de transposition. Et voilà qu’un nouveau report vient d’être acté.

    Ce retard n’est pas qu’un sujet de calendrier. Il retarde la montée en puissance de l’ANSSI, qui doit passer de la supervision de quelques centaines d’entités à celle d’environ 15 000, réparties sur 18 secteurs contre 6 aujourd’hui. Il décale aussi l’ouverture de l’enregistrement obligatoire des entités, dont l’ANSSI a seulement pu ouvrir un guichet de pré-enregistrement à l’automne 2025.

    Son directeur général, Vincent Strubel, a toujours plaidé pour une mise en œuvre progressive : il faudra, selon lui, au moins trois ans avant d’exiger une conformité complète. Autrement dit, chaque mois perdu à l’Assemblée repousse d’autant le moment où les entreprises seront réellement contraintes de se mettre à niveau.

    Ce sursis est un piège. Les sanctions envisagées, jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires mondial pour les entités essentielles, 7 millions d’euros ou 1,4 % pour les entités importantes, ne seront pas immédiates.

    Mais l’investissement initial que l’ANSSI estime nécessaire, de l’ordre de 100 000 à 200 000 euros pour une société importante, ne se décide pas du jour au lendemain.

    Chez nos voisins, la comparaison est cruelle : l’Allemagne a déjà rendu l’obligation effective, avec environ 17 700 entités enregistrées pour quelque 29 500 estimées dans le champ, et l’Italie a fixé à fin octobre 2026 l’échéance des mesures de sécurité de base pour sa première cohorte d’entités, sans prolongation.

    La France, elle, attend, quand les attaques, elles, continuent.

    Quand le fournisseur du fournisseur devient le maillon faible

    La supply chain est le cœur battant de NIS2, et son talon d’Achille. L’article 21 de la directive impose à toute entité concernée de gérer la sécurité de sa chaîne d’approvisionnement, y compris dans ses relations avec ses fournisseurs directs, et de tenir compte des vulnérabilités propres à chacun. Mais aucun de ces textes n’impose quoi que ce soit au fournisseur lui-même. Le client est responsable de la sécurité d’une entreprise qu’il ne contrôle pas.

    L’affaire Harvest SA l’illustre mieux que n’importe quel schéma. En février 2025, cette fintech parisienne découvre une attaque par rançongiciel qui paralyse son logiciel de gestion de patrimoine, alors utilisé par plus de 4 600 clients. Ses services restent hors ligne environ quatre semaines.

    L’origine ? Une machine virtuelle hébergée chez l’un de ses propres prestataires. Trois mois plus tard, un superviseur bancaire explique aux parlementaires que le fournisseur de logiciels des banques a été compromis par l’intermédiaire du fournisseur de son propre fournisseur.

    Le bilan se lit dans les notifications : la MAIF a averti 55 000 clients et prospects, BPCE a informé des clients dans l’ensemble de ses filiales, AXA France vingt clients.

    La cause exacte de la violation n’a pas été confirmée. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que Harvest SA n’était pas un mauvais élève : l’entreprise avait déployé l’authentification multifacteur sur au moins une partie de ses comptes, de l’EDR, du XDR, du SIEM et une gestion des correctifs. Les contrôles existaient. Ce qui manquait, c’était peut-être leur étendue réelle ou leur efficacité, précisément ce qu’un questionnaire fournisseur ne sait pas mesurer. Il constate l’existence d’une mesure, pas sa portée, et il photographie un instant là où la menace est un mouvement.

    C’est tout le paradoxe de la conformité par questionnaire : elle rassure le donneur d’ordre sans protéger la chaîne. Et les petits fournisseurs, qui échappent au champ de la directive, n’auront d’obligation que celle que leurs clients voudront bien écrire dans les contrats. Pour les 15 000 entreprises françaises, cela signifie qu’il faut dès maintenant cartographier les dépendances, y compris de rang 2, et obtenir des preuves plutôt que des déclarations.

    Une base de données volée est une infrastructure de phishing

    Le vol de données chez un fournisseur ne s’arrête pas à la détection de l’incident ni à la remise en état des systèmes. Les données volées deviennent le carburant des attaques de demain, d’autant plus crédibles qu’elles sont précises.

    En ouverture des Assises de la cybersécurité à Monaco, Vincent Strubel a reconnu que l’on n’était pas parvenu à éliminer les failles élémentaires que l’ANSSI retrouve un peu partout, après une année marquée par une série de fuites de données d’une ampleur inédite : ANTS, Ficoba, Bloctel, DGFiP. Le rapport d’incident publié par l’agence sur la fuite de la DGFiP, qui a touché 678 000 particuliers et professionnels en août, décrit selon lui ce que chaque professionnel observe au quotidien.

    Aussi, le général Patrick Touak, qui dirige le commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace, a alerté sur l’usage de ces données fuitées pour cibler des personnes à forte valeur ajoutée, notamment dans l’univers des cryptomonnaies, jusqu’à des violences physiques.

    La campagne documentée par le CERT-EU entre septembre 2025 et février 2026 contre des organisations du fret et de la logistique, en Allemagne, en France, en Lituanie et aux États-Unis, en est la démonstration.

    Plus de 1 600 identifiants uniques dérobés, des « perturbations importantes » des opérations, et, côté infrastructure criminelle, 52 domaines de phishing et 75 840 adresses e-mail ciblées, selon des chercheurs ayant retrouvé la base de données de l’opération dans un dépôt Git exposé.

    Spearphishing, phishing vocal pour intercepter en temps réel les codes d’authentification multifacteur, usurpation de plateformes que les cibles utilisent chaque jour : les plateformes elles-mêmes n’ont pas été compromises. Ce sont les personnes qui s’y connectent qui ont été piégées.

    C’est ici que se joue l’angle mort de la conformité. NIS2 prévoit bien l’hygiène informatique de base et la formation à l’article 21, ainsi que la formation des organes de direction, avec l’obligation de proposer des formations similaires aux collaborateurs, à l’article 20.

    Mais les États ont transposé ces dispositions de façon très inégale.

    L’Allemagne n’a pas transposé expressément l’offre de formation aux collaborateurs. L’Italie a transposé les deux volets. Le projet français forme les dirigeants et les « personnes exposées aux risques », et renvoie le reste à un référentiel encore marqué « document de travail ». L’exigence qui touche chaque maillon de la chaîne est celle que les législateurs nationaux ont le plus rognée, et le seul texte européen contraignant qui oblige une entité à fixer des exigences de formation pour le personnel de ses fournisseurs, le règlement d’exécution (UE) 2024/2690, ne couvre que le secteur numérique.

    Or un collaborateur qui reconnaît un message trop bien informé, qui refuse de communiquer un code à un « support » rappelant pour la deuxième fois, vaut davantage qu’une ligne de plus dans un questionnaire. La sensibilisation doit être continue, contextualisée par métier et mesurable, y compris chez les prestataires qui accèdent à nos systèmes.

    Ne pas attendre le feu vert de l’hémicycle

    Le report du 6 octobre est un mauvais signal, mais il ne change rien au fond. Les incidents surviennent par la chaîne d’approvisionnement, et des attaques sans lien apparent peuvent être facilitées par un même vol de données antérieur.

    La loi, quand elle viendra, formalisera des obligations que les organisations avisées devraient déjà avoir amorcées : cartographier leurs fournisseurs et sous-traitants, remplacer le questionnaire par des preuves régulièrement vérifiées, inscrire des exigences de sécurité et de formation dans les contrats, et préparer leurs équipes à reconnaître l’hameçonnage hyper-personnalisé.

    Le chantier va d’ailleurs s’élargir. Avec l’arrivée de l’IA dans les chaînes d’approvisionnement, il ne s’agira plus seulement de protéger des identités humaines, mais aussi de se demander ce qui se passe lorsqu’un agent intégré à un service SaaS que l’on a souscrit dérape. Aucune exemption n’existera pour les outils ou agents d’IA.

    Autant maîtriser dès aujourd’hui les fondamentaux, avant de sécuriser ce nouveau paysage agentique. Le meilleur moment pour agir, c’est maintenant, et certainement pas le jour où l’Assemblée nationale trouvera enfin une place dans son agenda.

    *Florian Malecki est responsable Europe du Sud chez KnowBe4

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  • Tuesday 13 October 2026 - 11:22
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    Mozilla officialise Firefox Enterprise, une offre destinée aux organisations soumises à des exigences renforcées de sécurité, de gouvernance et de conformité.

    Sa particularité : associer Firefox à une console d’administration que l’entreprise peut exploiter sur sa propre infrastructure. Elle peut ainsi centraliser les politiques du navigateur, gérer les accès et encadrer les flux de données, notamment l’utilisation des outils d’IA.

    Firefox Enterprise repose sur le moteur de rendu Gecko, développé par Mozilla. Parmi les trois principaux moteurs de navigateur, avec Blink de Google et WebKit d’Apple, Gecko est le seul indépendant de ces deux groupes.

    L’offre intègre notamment des fonctions de prévention des fuites de données (DLP). Des règles peuvent être définies par domaine et par action afin d’avertir l’utilisateur ou de bloquer certaines opérations.

    Gouvernance de l’IA et visibilité pour le SOC

    Firefox Enterprise intègre des contrôles dédiés à l’usage de l’intelligence artificielle dans le navigateur. Les administrateurs peuvent autoriser, restreindre ou bloquer l’accès à certains domaines et services d’IA, encadrer les actions des extensions sur ces domaines ou désactiver globalement les fonctions d’IA via un « AI Killswitch ».

    L’offre est conçue pour coexister avec les outils déjà déployés dans l’entreprise. Mozilla indique que les organisations peuvent conserver leur fournisseur d’identité, leur SIEM et leur solution de gestion des terminaux (MDM). Les événements du navigateur et les actions d’administration peuvent être exportés vers un SIEM, afin d’améliorer la visibilité des équipes de sécurité.

    L’accès conditionnel s’appuie sur le SSO de l’entreprise et sur la posture de l’appareil. Mozilla indique que ce mécanisme peut fonctionner sur des terminaux non gérés, sans MDM, VPN ni EDR. Les conditions précises de cette prise en charge restent à documenter pour apprécier sa portée opérationnelle.

    Mozilla inscrit ce lancement dans le débat européen sur la souveraineté numérique et la réduction des dépendances technologiques. L’éditeur entend notamment donner aux entreprises davantage de maîtrise sur l’infrastructure qui administre leur navigateur, plutôt que de dépendre entièrement des environnements de gestion proposés par les grands fournisseurs.

    « Si toutes vos options reposent sur la même technologie sous-jacente, le “choix” n’est qu’une illusion. Tout comme le contrôle », déclare Anthony Enzor-DeMeo, PDG de Mozilla.

    Positionné sur l’indépendance technologique

    Firefox Enterprise est lancé en Europe, avec une priorité commerciale initiale sur la France, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. D’autres marchés suivront, précise Mozilla.

    Les organisations qui utilisent déjà Firefox ESR peuvent conserver leurs mécanismes d’administration existants, qui restent gratuits. La nouvelle offre payante se distingue par sa console de gestion et par des fonctions supplémentaires de DLP, de gouvernance de l’IA et d’exportation des événements vers le SIEM.

    Mozilla ne communique pas de tarif public : l’accès passe par une demande de démonstration. Un support standard est inclus, tandis qu’une formule Premium avec un interlocuteur technique dédié est proposée en option.

    Mozilla annonce enfin le développement de Thunderbird Enterprise qui doit étendre cette approche fondée sur le contrôle par le client à la messagerie et aux communications. Aucun calendrier précis n’est communiqué pour cette future offre.

    Illustration : © DR

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  • Monday 12 October 2026 - 16:12
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    Pour les 100 ans de son usine de Lons-le-Saunier (Jura), Bel a franchi un cap technologique avec l’annonce d’un « jumeau numérique » de La Vache qui rit.

    Le groupe y voit une première mondiale pour un fromage.

    Le jumeau rassemble dans un même environnement virtuel les ingrédients, la formulation, les propriétés physico-chimiques, la perception sensorielle et les préférences des consommateurs. Les équipes peuvent y simuler des milliers de combinaisons de recettes et ne lancer des essais physiques au pilote que sur les plus prometteuses.

    Anne Pitkowski, directrice recherche et application chez Bel, résume l’intérêt de l’outil : prédire le goût et la perception sensorielle d’une recette. Il s’agit par exemple de savoir si elle sera plus ou moins fondante, salée ou crémeuse et si elle conviendra à un palais américain ou vietnamien. La marque compte déjà plus d’une centaine de déclinaisons dans le monde.

    Le développement d’un produit alimentaire repose traditionnellement sur une succession d’essais, suivis d’analyses et de dégustations. Bel présente la simulation comme un complément à cette expertise, pas un remplacement. Le groupe vise aussi une amélioration continue du profil nutritionnel et de l’empreinte environnementale de ses produits.

    Deux ans de développement

    La technologie a été conçue par les équipes recherche, innovation et développement de Bel. Elle doit être déployée à l’échelle industrielle à l’horizon 2028 et le groupe espère sortir à cette date les premières recettes issues de l’outil.

    Selon Les Echos, deux ans de développement ont été nécessaires avec un important travail de remontée et de tri des données internes. Le montant investi n’est pas détaillé mais Bel parle d’un investissement « lourd ».

    D’autres briques sont déjà en service. Des solutions de microbiologie prédictive et des outils d’aide à la formulation, issus de travaux avec des partenaires externes, sont utilisés dans les nouveaux développements.

    Dassault Systèmes, partenaire depuis 2024

    Le projet découle de l’accord annoncé en juillet 2024 (signé au quatrième trimestre 2023) entre Bel et Dassault Systèmes.

    Cet accord prévoit le déploiement de la solution « Perfect Production », fondée sur la plateforme 3DEXPERIENCE, dans 11 usines du groupe. Il s’appuie sur des briques de gestion des opérations de fabrication (MOM) et de gestion du cycle de vie produit (PLM), sur les sciences de l’alimentation et des matériaux, et sur l’IA.

    Les technologies de jumeaux numériques de Dassault sont déjà employées dans l’aéronautique, l’automobile et les sciences de la vie.

    La numérisation de l’usine (jumeau, capteurs, analyseurs) reste en phase d’expérimentation. Elle vise notamment à réduire les pertes et à gérer la variabilité du lait, une matière première vivante. Le groupe répète qu’il ne s’agit pas de remplacer l’humain.

    Antoine Fiévet, président de Bel, reconnaît le risque auprès des Echos. Le groupe investit chaque année des dizaines de millions d’euros dans cette démarche data et tech, « avec des retours qui restent à démontrer ». Avec 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Bel pèse moins que Lactalis ou Danone. « Nous sommes trop petits pour ne pas innover », justifie-t-il.

    Photo : © DR

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  • Monday 12 October 2026 - 15:31
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    Voici venu LibreOffice 26.8… garanti sans IA générative.

    The Document Foundation avait annoncé la couleur fin août au lancement de cette nouvelle version. Elle avait fait valoir une « position délibérée », essentiellement dans une logique de préservation de la confidentialité. Et rappelé, à ce sujet, qu’aucune composante de la suite n’exigeait d’accès réseau.

    Quelques jours plus tard, la fondation avait apporté des précisions. Elle disait ne pas s’opposer purement à l’intégration d’IA. Mais expliquait refuser d’en inclure aussi longtemps que ne seraient pas respectées 6 conditions. Dans les grandes lignes :

    • L’utilisateur doit pouvoir choisir où se fait l’inférence
    • Aucun contenu ne doit quitter le poste local sans autorisation
    • Pas de télémétrie, comme c’est le cas pour l’ensemble de LibreOffice
    • Pas de dépendance à un fournisseur unique
    • Le contenu généré doit respecter le format ODF
    • Les éventuelles fonctionnalités IA doivent pouvoir être supprimées et masquées sur l’UI pour qui ne veut pas les utiliser

    Dans ces conditions, aucune intégration ne peut être activée par défaut en l’état, concluait The Document Foundation. Non sans rappeler que l’utilisateur peut tout à fait installer lui-même des extensions – la plupart utilisant des modèles locaux.

    OnlyOffice ne précharge plus d’IA sur ses versions open source

    Chez OnlyOffice, on pousse au contraire les fonctionnalités IA. En tout cas sur les versions cloud et serveur. Les retours utilisateurs ont convaincu de faire l’inverse sur les versions open source : finie l’IA préchargée, les outils s’installent désormais séparément.

    iA Writer écarte la rédaction automatisée et met en avant le texte généré par LLM

    Jusque-là, Information Architects s’est abstenu d’embarquer des fonctionnalités de rédaction automatisée dans son application iA Writer. Il y a en revanche intégré un mécanisme qui distingue les contenus générés par des LLM en les grisant.

    Visible uniquement par l’auteur, le mécanisme repose sur une convention Markdown qui en permet la préservation lorsque le texte est copié dans un autre logiciel. Lancé fin 2023 sur Mac, iOS et iPadOS, il est arrivé cette année sur Windows.

    Une « externalisation du jugement » : Vivaldi rejette tout assistant IA

    À l’été 2025, Vivaldi Technologies prenait position : « Keep browsing human ». L’entreprise expliquait ne pas avoir l’intention d’exploiter de LLM pour ajouter, dans son navigateur, un chatbot, un outil de résumé ou un moteur de reconnaissance. Du moins aussi longtemps qu’il n’existerait pas de quoi fournir ces services « de manière rigoureuse ». « Si une IA se révèle utile sans violer la propriété intellectuelle ni compromettre la vie privée ou le web ouvert, nous nous en servirons, résumait-elle. Pas si elle fait de nous des consommateurs passifs. »

    Début 2026, le discours n’avait pas changé. Vivaldi Technologies réaffirmait l’absence d’assistant IA dans son navigateur. « Lorsqu’un assistant artificiel s’interpose entre vous et le web, il filtre ce que vous voyez et décide de ce que vous ne voyez pas. C’est une externalisation du jugement. »

    Procreator dit non à la GenAI pour raisons éthiques

    Savage Interactive développe l’application d’art numérique Procreate pour iPad. Il a arrêté sa position sur l’IA générative à l’été 2024. Bilan : il n’y en aura pas dans ses produits, tant pour des raisons éthiques que pour sauvegarder la créativité humaine (qui se « façonne par l’apprentissage et le geste »). Cela n’empêche pas d’inclure des algorithmes de machine learning pour des fonctionnalités telles que la reconnaissance de formes et la stabilisation du trait.

    Clip Studio Paint dissuadé par sa communauté

    Savage Interactive affirme aussi ne pas utiliser de GenAI en interne.

    Son concurrent Celsys avait projeté d’intégrer un générateur d’images dans son application Clip Studio Paint. C’était en novembre 2022. Il en est très vite revenu. Le retour de bâton de la communauté l’a effectivement dissuadé. Grosso modo pour les mêmes motifs que Procreate (violation de la propriété intellectuelle d’autres artistes et restriction de la créativité).

    En quelques mois, Sketch a assoupli sa position

    En septembre 2024, Sketch, éditeur de l’application du même nom pour Mac, ne se disait pas encore prêt à faire le saut. « L’IA est peut-être notre avenir, mais elle ne générera pas de designs », avait-il déclaré, l’envisageant plutôt comme une aide pour des tâches comme le renommage de calques, l’organisation de fichiers et l’isolation d’images. Son principal argument était d’ordre éthique : il ne ferait appel à des modèles tiers que sous condition de transparence à la fois sur les données d’entraînement et sur la permission de les utiliser.

    En 2025, les choses avaient bien changé. Sketch avait, en particulier, doté son application d’un serveur MCP. Exclusivement local néanmoins, et non activé par défaut.

    Pas d’IA native chez 37signals, toutefois ouvert aux agents

    37signals, que l’on connaît pour ses prises de position fermes sur certains enjeux technologiques, a intégré dans sa politique de confidentialité une section sur l’IA. Il assure ne pas avoir intégré, dans ses produits, de fonctionnalités qui traitent le contenu des utilisateurs.

    On retrouve ces affirmations en réponse au HECVAT (Higher Education Community Vendor Assessment Toolkit). Ce questionnaire d’autoévaluation de la sécurité et de la conformité se destine aux fournisseurs de technologies qui vendent des services aux établissements du secondaire et du supérieur. À la question « Votre solution a-t-elle des fonctionnalités IA ou pensez-vous en implémenter dans les 12 prochains mois ? », 37signals répond non concernant Basecamp, son principal produit. Tout en rappelant qu’il donne la possibilité d’y connecter des agents via son CLI et ses serveurs MCP.

    Illustration générée par IA

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  • Monday 12 October 2026 - 15:26
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    Une attaque qui ne vise ni les caisses ni les fichiers clients mais la marchandise.

    Dans la nuit du 11 au 12 octobre, plusieurs enseignes de la grande distribution française ont vu leurs installations frigorifiques dérégulées à distance. Intermarché et Coopérative U ont confirmé l’attaque relayée par une information de BFMTV.

    Intermarché a d’abord évoqué 150 à 200 magasins, et Coopérative U « moins d’une centaine ».

    Interrogé ensuite par BFMTV, le groupement des Mousquetaires a revu son bilan à la hausse. 300 magasins Intermarché et Netto seraient touchés, soit le double des premières estimations. Ces chiffres sont déclaratifs et peuvent encore évoluer.

    Le groupement E.Leclerc a confirmé la cyberattaque auprès de Franceinfo. Elle « a eu des répercussions sur le fonctionnement des équipements de froid dans plusieurs magasins ». Un détournement du dégivrage

    D’autres enseignes sont citées, sans confirmation officielle à ce stade.

    Selon le site spécialisé « Je bosse en grande distribution », des Carrefour Market et des Monoprix seraient aussi concernés, ce que ces enseignes n’ont pas confirmé non plus.

    BFMTV évoque en outre des magasins Metro et des commerces indépendants, notamment des boucheries.

    L’attaque aurait visé certaines anciennes versions du logiciel de régulation de l’entreprise danoise Danfoss, antérieures à la version 4, très répandu dans les magasins français, ce qui pourrait expliquer l’ampleur des dégâts.

    « Dans une note technique publiée en octobre 2025, le constructeur cite notamment 16 supermarchés équipés de contrôleurs AK-SM 800 attaqués en Russie en 2022. » indique  Cyberattaque.org. « La recommandation de Danfoss était alors claire : abandonner l’ancien AK-SM 800 et migrer vers l’AK-SM 800A, doté de mécanismes de sécurité renforcés. L’AK-SM 800 avait d’ailleurs été déclaré en fin de vie dès mai 2021. » précise le site.

    Les installations frigorifiques disposent normalement d’un dégivrage automatique, programmable, par exemple pour deux heures sur vingt-quatre. Les pirates auraient imposé un dégivrage forcé et continu, avec une consigne à 50 °C. Les équipements auraient ainsi chauffé pendant des heures au lieu de conserver le froid.

    Le calendrier de l’attaque expliquerait des bilans très inégaux. Dans certains magasins, elle aurait débuté vers minuit, ce qui a laissé plusieurs heures aux températures pour grimper.

    Ailleurs, touchés plus tard, les équipes auraient sauvé une partie du frais.

    Pertes alimentaires et financières

    Le parquet de Paris s’est saisi d’une enquête dirigée par la section anticybercriminalité et confiée à l’Office anticybercriminalité, chargé de recenser les victimes et de relier l’attaque aux dégâts signalés (pertes de denrées, départs de feu).

    Aucun auteur ni mode opératoire précis n’a été désigné dans les sources disponibles.

    Sur X, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a assuré que ses équipes travaillaient avec les frigoristes pour rétablir la situation.

    Les sources consultées ne rapportent aucune réaction de Danfoss.

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  • Monday 12 October 2026 - 12:10
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    « Développer une offre de services IaaS, PaaS et d’intelligence artificielle répondant aux standards les plus exigeants de sécurité et de souveraineté juridique.»

    C’est pour ce projet que Cloud Temple a été sélectionné dans le cadre de l’appel « Renforcement de l’offre de services cloud « . L’entreprise mène un consortium qui rassemble Thales, Bull, Vates et le CEA. L’appel est opéré par Bpifrance pour le compte de l’État.

    Lancé en mars 2024, cet appel à projets prolonge la stratégie cloud de France 2030. Il vise à renforcer l’offre française et européenne de services cloud au service de la souveraineté numérique et de l’IA. Son périmètre couvre le développement d’offres IaaS et PaaS, le cloud de confiance et les services cloud pour l’IA.

    Le texte de l’appel prévoit des projets collaboratifs réunissant jusqu’à six partenaires, avec un chef de file fournisseur de services IaaS/PaaS, et encourage les collaborations avec des organismes de recherche.

    47 millions € dont 20 millions d’aide publique

    Selon Cloud Temple, le programme mobilisera 47 millions d’euros d’ici fin 2028. Le soutien public de France 2030 s’élève à 20 millions et les partenaires industriels apportent le solde. Il s’agit de faire changer d’échelle des capacités existantes que Cloud Temple dit qualifiées SecNumCloud par l’ANSSI, certifiées HDS et conformes au référentiel allemand C5.

    Le consortium se présente comme unique parmi les projets soutenus. Il part du constat qu’aucun acteur européen ne maîtrise seul toute la chaîne du cloud de confiance. Cloud Temple, qui dit opérer déjà des plateformes en production pour la santé, la finance, l’industrie et la sphère publique, pilote l’ensemble.

    Les partenaires se répartissent ainsi les rôles :

    • Thales : cybersécurité, environnements critiques et son offre S3NS ;
    • Bull : intégration d’infrastructures matérielles et logicielles pour l’IA, avec sa plateforme BullSequana AI ;
    • CEA : appui scientifique sur les architectures de nouvelle génération ;
    • Vates : socle open source de virtualisation, présenté comme gage d’interopérabilité et de réversibilité, à l’heure où la recomposition du marché de la virtualisation pousse des entreprises européennes à chercher des alternatives.

    Le consortium met en avant l’extraterritorialité du droit et des textes comme NIS 2, DORA et l’AI Act. Il estime que les directions générales cherchent des garanties juridiques pour leurs traitements numériques et d’IA. Plutôt que de rivaliser sur la puissance brute, il vise les usages critiques et régulés où la conformité et la maîtrise juridique sont décisives.

     

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  • Monday 12 October 2026 - 11:12
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    Applications web, Android ou Linux ? Sur GoogleBook, telle est la question.

    Beaucoup d’utilisateurs se la posent en tout cas… et la réponse n’est pas toujours claire.

    Une logithèque Android inégale…

    Pour les apps du Play Store, Google signale la compatibilité desktop sur une échelle à 5 niveaux :

    • Conçu pour mobile (= non testé sur desktop)
    • Meilleure expérience sur le site web
    • Compatible desktop (= gère clavier et souris)
    • Optimisé pour le bureau (= fonctionnalités et contrôles spécifiques)
    • Conçu pour le bureau

    Malgré ce système, il apparaît difficile de deviner précisément comment une application Android fonctionnera sur GoogleBook. Un utilisateur donne l’exemple de Zoom, marqué « optimisé pour le bureau », mais fonctionnellement plus limité qu’en version web.

    … et encore très orientée tactile

    D’après certains retours, des applications populaires refusent de s’installer alors même qu’elles tournent sur Chromebook. D’autres ne fonctionnement pas pleinement (partage sur Synology DSfile, importation de profil dans WireGuard…).

    Le passage au GoogleBook ne change pas le fait que nombre d’applications Android restent pensées pour le tactile. Le clic droit s’avère souvent inopérant ou pauvre en options. Des problèmes d’affichage surviennent chez certains lors du redimensionnement des fenêtres – une action qui, par ailleurs, se révèle parfois difficile.

    Cast My Apps, sans Samsung pour commencer

    Google avait prévenu avant le lancement : les fonctionnalités d’écosystème Better Together (Continue On et Cast My Apps, entre autres) ne fonctionneraient qu’avec les smartphones Android 17. Il n’avait pas précisé, en revanche, que cela n’inclurait pas les Samsung. Un correctif est en cours de déploiement.

    Sur les téléphones pris en charge (c’est-à-dire les Pixel), l’expérience Cast My Apps est mitigée. Notamment parce qu’elle dépend de la qualité du réseau Wi-Fi local (Google ne propose pas d’option P2P au contraire d’Apple). Pour des raisons de sécurité, les applications bancaires ou d’authentification ne fonctionnent pas. Idem, plus généralement, pour celles qui n’autorisent pas le partage d’écran.

    Une émulation x86 pas parfaite

    La quasi-totalité du parc d’appareils Android tournant sous Arm, les applications sont compilées en conséquence. Malgré la couche d’émulation x86, « quelques applications ou jeux complexes ont besoin d’être adaptés pour fonctionner au mieux sur les plates-formes Intel », admet Google. Qui assure toutefois que 96,6 % des 10 000 applications les plus utilisées sur le Play Store fonctionnent « parfaitement » sur GoogleBook.

    Au nom du codage agentique, les applications Linux graphiques attendront

    Les GoogleBook embarquent une VM Debian. Mais pour l’heure, l’expérience Linux est ouvertement pensée pour les outils de codage agentique en ligne de commande. Qu’il s’agisse de VS Code ou d’Android Studio, impossible d’installer des IDE. Quant aux applications graphiques, elles sont globalement inutilisables. Le serveur Wayland en est encore officiellement au stade expérimental. Le copier-coller ne fonctionne pas correctement, la mise à l’échelle de certaines applications est compliquée et les programmes installés n’apparaissent pas dans le tiroir d’applications de GoogleBook OS.

    En parallèle, le conteneur Linux ne permet pas de monter nativement des partages NFS ou SMB. Et le dossier des applications Linux est moins bien intégré que dans ChromeOS.

    Des régressions de ChromeOS à GoogleBook OS

    L’application Fichiers de GoogleBook OS ne gère pas non plus les partages NFS. Quant à Chrome, il ne supporte pas encore le multiprofil – alors que c’est le cas sur les autres systèmes d’exploitation. Et les téléchargements se comportent comme sur Android. À savoir qu’on ne peut ni choisir le répertoire cible, ni renommer les fichiers à la volée. La base Android compromet par ailleurs le fonctionnement de certaines extensions de navigateur.

    Avec ChromeOS, un balayage à 4 doigts sur le pavé tactile affiche les bureaux virtuels. Un geste pas encore implémenté sur GoogleBook OS. Autre surprise et pas des moindres : on ne peut installer en tant que PWA que les web apps « conformes ». Celle de Slack n’en est pas une. Sur ChromeOS, il y a une méthode d’installation manuelle alternative. Elle n’existe pas encore sur GoogleBook OS.

    Illustration © Google

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  • Monday 12 October 2026 - 11:06
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    Keyrus nomme Nicolas Bouffard au poste de Directeur Général France.

    Rattaché à Marc Stukkens, Directeur Général du Groupe Keyrus, il prend la responsabilité des activités françaises du groupe, qui réunissent près de 600 collaborateurs autour de quatre domaines : Data & AI, Business Transformation, Software Engineering et Cybersecurity.

    Diplômé de l’EPITA et de la Cranfield School of Management, Nicolas Bouffard totalise plus de vingt ans d’expérience dans la technologie et le conseil. Il a occupé des fonctions commerciales et managériales chez Oracle et SAP, avant de diriger les activités franciliennes d’Akkodis, puis les activités Cloud en France de Devoteam, sur les écosystèmes Microsoft, AWS et Google.

    Sa feuille de route s’articule autour de quatre priorités : accélérer une croissance rentable, renforcer le go-to-market sectoriel et les grands comptes, transformer les offres et les compétences à l’ère de l’IA, et construire un modèle unifié, « One Keyrus France ». Cette nomination s’inscrit dans la stratégie du groupe « Architect of Intelligence », qui ambitionne de faire de Keyrus France le premier terrain d’application de cette vision.

    « Avec Nicolas, nous voulons accélérer : passer de la Data à l’Intelligence, de l’expertise à l’orchestration, et progressivement de plusieurs Keyrus à One Keyrus », commente Éric Cohen, Fondateur et Président Exécutif de Keyrus.

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  • Friday 09 October 2026 - 15:31
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    Les agents d’IA d’OpenAI ont frappé à la porte de Wikipédia.

    La Wikimedia Foundation confirme, après avoir mené sa propre enquête, avoir découvert des activités non autorisées par des agents d’OpenAI sur ses plateformes. Ce cas s’ajoute à une liste d’incidents que l’entreprise peine à circonscrire.

    La fondation en décrit trois.

    D’abord des modifications de pages, presque toutes cantonnées à des « bacs à sable » invisibles du grand public. Quelques-unes, en revanche, touchaient la configuration d’un outil de citations. Wikimedia les juge potentiellement malveillantes, destinées à détourner l’outil pour en faire un relais vers des services distants. Aucune des autorisations que la communauté exige des robots d’édition n’avait été demandée.

    Ensuite, des tentatives infructueuses de compromettre Etherpad, un outil public de prise de notes hébergé par la fondation, toujours dans le but de s’en servir comme proxy. D’autres agents, probablement opérés par OpenAI, y ont consigné des notes sur leurs missions, sans que cela ait débouché sur une coordination.

    Enfin, un afflux de trafic. Les agents ont envoyé des millions de requêtes automatisées aux interfaces publiques (API) de Wikimedia et parcouru des millions de pages, principalement sur Wikidata, la base de données structurée qui alimente Wikipédia, et sur Wikimedia Commons, sa médiathèque. Ils ont également lancé des centaines de milliers de requêtes sur le service d’interrogation de Wikidata, un moteur qui permet d’extraire des informations de la base.

    Ce déluge a pu contribuer à une panne partielle de ce service en mai. Wikimedia reste prudente sur ce point, et OpenAI dit n’avoir pas pu confirmer de lien avéré.

    Une facture que personne ne présente

    Wikimedia insiste sur ce que l’affaire révèle de l’économie du web ouvert.

    Wikipédia revendique plus de 67 millions d’articles dans plus de 300 langues et jusqu’à 15 milliards de pages vues par mois. L’encyclopédie compte aussi parmi les jeux de données de la meilleure qualité pour l’entraînement des grands modèles de langage. Elle fournit donc la matière première de ceux qui la sollicitent aujourd’hui.

    Or l’infrastructure est financée par une organisation à but non lucratif et ce sont des bénévoles qui nettoient.

    Wikimedia rappelle avoir déjà signalé en 2025 une hausse de 50 % de sa bande passante depuis 2024 sous l’effet des robots ; 65 % du trafic le plus gourmand en ressources leur étant imputable. Ces chiffres couvrent l’ensemble des bots et non les seuls agents d’OpenAI.

    La fondation ne réclame pas de sanctions mais un minimum de traçabilité afin que ces systèmes soient identifiables par les propriétaires de sites, qui doivent pouvoir choisir comment ils interagissent avec eux.

    Sa conclusion vise tout le secteur : ceux qui lâchent ces agents et en tirent profit doivent contribuer à prévenir et réparer les dégâts. Pour l’instant, la charge repose sur les victimes.

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  • Friday 09 October 2026 - 15:08
    from Silicon

    C’est un ajustement discret, qui ne passe pas par les licenciements.

    Depuis la fin de 2022, les entreprises françaises recrutent moins de jeunes en CDI dans les métiers où l’IA générative peut le plus facilement faire le travail.

    C’est ce qui ressort d’une étude conjointe de la Banque de France et du Laboratoire de l’innovation et du futur du travail de HEC, coordonnée par l’économiste Antonin Bergeaud.

    Les chercheurs ont d’abord classé les métiers selon leur exposition potentielle à l’IA. Pour cela, ils ont soumis à un modèle de langage les savoir-faire du répertoire des métiers de France Travail, qui décrit plus de 1 500 professions.

    Le modèle devait évaluer dans quelle mesure l’IA peut les réaliser ou les assister en tenant compte de ce qui freine la substitution : expertise tacite, présence physique, interactions humaines. Cet indice mesure donc une capacité technique, et non un usage réel. Il est néanmoins fortement corrélé aux données d’usage observé issues de Google.

    Les auteurs ont ensuite confronté cet indice aux déclarations administratives de mouvements de main-d’œuvre.

    Chez les 21-29 ans, les embauches en CDI dans dans les 20 % de métiers les plus exposés (quintile)  se situaient en mars 2026 à environ 28 % sous leur niveau de novembre 2022.

    Dans les 20 % les moins exposés, la baisse n’est que d’environ 8 %.

    Tous contrats confondus, les embauches de jeunes reculent de 22,1 % dans les métiers les plus exposés et progressent de 1 % dans les moins exposés.

    L’effet s’atténue avec l’âge. Il est réduit chez les 30-49 ans et presque inexistant à partir de 50 ans. Les juniors encaissent donc l’essentiel du choc : chez les jeunes développeurs et ingénieurs informatiques, les embauches en CDI sont environ 42 % sous leur niveau de fin 2022.

    Moins d’entrées, moins de sorties

    Le phénomène ne se traduit pas par un report vers les CDD, qui reculent eux aussi.

    Les jeunes quittent aussi moins souvent leur poste. Chez les 21-29 ans, les fins de contrat en CDI sont environ 23 % moins nombreuses en mars 2026 qu’en novembre 2022 dans les métiers les plus exposés à l’IA, contre 6 % de moins dans les métiers les moins exposés. Les salariés restent donc plus longtemps en poste et les équipes se renouvellent plus lentement. Dans les métiers les plus exposés, les embauches baissent toutefois plus que les départs (environ 28 % contre 23 %) : il entre proportionnellement moins de jeunes qu’il n’en sort.

    Les auteurs avancent une explication. Une entreprise qui confie à l’IA une partie des tâches des débutants n’a pas besoin de licencier ; il lui suffit de recruter moins et de ne pas remplacer certains départs.

    Cette marge de manœuvre est d’autant plus pertinente en France que la rupture d’un CDI y est plus encadrée que dans plusieurs autres pays. Selon Antonin Bergeaud, l’IA excelle dans les tâches faciles à codifier et laissant peu d’autonomie, ce qui correspond aux postes d’entrée. Les employeurs, estime-t-il, évitent de recruter sur des métiers qui pourraient disparaître, sans pour autant se séparer de salariés dont l’expertise pourrait servir.

    Le constat est cohérent avec ce que disent les DRH.

    Selon une enquête de l’Association nationale des DRH menée en septembre auprès de 220 professionnels, un quart des entreprises interrogées ont réduit ou envisagent de réduire leurs recrutements de jeunes. Un tiers observe un changement dans les missions confiées aux stagiaires, alternants et jeunes recrues, et 9 % font état d’une baisse significative des tâches d’exécution. .

    L’adoption déclarée, un signal plus ambigu

    La Banque de France a aussi apparié ses données avec son enquête de conjoncture, ce qui permet de suivre environ 6 000 entreprises, dont près de 600 déclarent un usage intensif de l’IA début 2026.

    Leurs embauches de 21-29 ans en CDI ont évolué moins favorablement depuis fin 2022 que celles des autres entreprises, et l’écart est beaucoup moins net chez les plus âgés. Leur emploi total ne diverge pas de façon statistiquement nette. L’ajustement porte donc sur le rythme et la composition des recrutements, pas sur une contraction visible des effectifs.

    Ce que l’étude ne prouve pas

    Les auteurs eux-mêmes invitent à la prudence.

    D’autres forces ont frappé les mêmes emplois comme le resserrement monétaire et la correction post-Covid du secteur technologique qui pèsent sur les embauches depuis 2022.

    Le télétravail, qui aurait aussi un effet négatif sur le recrutement des juniors, concerne largement les mêmes catégories d’emplois. Ces facteurs ne sont pas forcément concurrents de l’IA car ils peuvent avoir agi ensemble sur les mêmes entreprises.

    L’enquête ne mesure par ailleurs l’intensité d’usage qu’au début de 2026, alors que les écarts de recrutement sont apparus plusieurs trimestres plus tôt.

    Les entreprises utilisatrices intensives recrutaient déjà, avant ChatGPT, dans des métiers plus exposés, même à secteur donné. L’adoption n’est donc pas distribuée au hasard. La comparaison établit une association mais ne permet pas encore d’isoler l’effet propre de l’IA de la sélection des entreprises qui l’adoptent.

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  • Friday 09 October 2026 - 13:14
    from Silicon

    L’essentiel

    Le retour d’expérience de l’ANSSI sur le vol de données à la DGFiP met en évidence six niveaux de protection à renforcer, de l’exposition des applications métiers à la gestion des comptes compromis. L’enjeu est d’éviter qu’un identifiant dérobé permette d’extraire massivement des données sans détection ni réaction suffisamment rapides.

    • Les protections à renforcer : exposition des applications, authentification, droits d’accès, quotas de consultation, détection et réponse aux incidents.
    • Le risque : qu’un compte légitime compromis soit utilisé pour accéder à des données et les extraire à grande échelle.
    • La nuance : toutes les mesures recommandées par l’ANSSI ne correspondent pas à des failles avérées. Un audit complet reste nécessaire pour identifier l’ensemble des vulnérabilités exploitables.

    Le scraping de données qui a touché la Direction générale des finances publiques (DGFIP) ne peut pas être réduit à une simple affaire de comptes compromis.

    C’est un des principaux enseignements du retour d’expérience publié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)

    Le document ( une vingtaine de pages) met en évidence une série de contrôles à renforcer autour des applications métiers, de l’authentification, des droits d’accès, de la détection et de la réponse à incident.

    Il faut toutefois distinguer les faits des recommandations. L’ANSSI précise elle-même que seul un audit complet du SI et des applications concernées permettra d’identifier avec exhaustivité les vulnérabilités exploitables. Les mesures qu’elle énumère ne constituent donc pas toutes la liste de failles avérées.

    Elles dessinent néanmoins une chaîne de défense dont plusieurs maillons ont pu être insuffisamment robustes. Six niveaux ressortent particulièrement.

    1- Une exposition des applications métiers à mieux maîtriser

    La première faiblesse concerne la manière dont les applications métiers sont exposées.

    L’ANSSI distingue trois catégories. Les applications internes devraient être accessibles uniquement depuis des postes administrés par la DGFIP et ne pas être directement accessibles depuis Internet, sauf au travers d’un VPN dédié aux agents.

    Pour les applications destinées à un usage externe limité, l’agence préconise également un accès depuis les réseaux internes ou via un VPN pour les partenaires. À défaut, une limitation à une liste d’adresses IP autorisées peut être envisagée.

    Cette recommandation est importante dans le contexte de l’incident. Plus une application métier est directement exposée à Internet, plus elle doit disposer de mécanismes complémentaires pour contrôler qui peut s’y connecter et ce qu’il peut y faire.

    L’ANSSI ne dit pas que toutes les applications concernées étaient inutilement exposées. Mais la réduction de cette exposition constitue clairement l’un des axes de remédiation identifiés après l’incident.

    Pour les applications qui doivent rester publiques, l’agence recommande notamment le géofiltrage, le filtrage des adresses IP mal réputées et l’utilisation de la source de connexion comme critère d’alerte lorsque son blocage n’est pas possible.

    2 – Une authentification qui doit résister à la compromission des identifiants

    Deuxième niveau : la protection des comptes.

    Le retour d’expérience de l’ANSSI accorde une place importante à la prévention du vol d’identifiants. L’agence recommande notamment de proscrire l’utilisation d’appareils personnels pour accéder aux ressources professionnelles et de renforcer le niveau de sécurité des postes administrés : mises à jour, EDR, antivirus et VPN always-on sont cités parmi les mesures à mettre en œuvre.

    Elle préconise également le déploiement de l’authentification multifacteur sur tous les applicatifs.

    Mais l’ANSSI apporte une précision importante : tous les MFA ne se valent pas.

    Le second facteur doit rester indépendant de la compromission du premier. Un code à usage unique transmis par e-mail n’est ainsi pas considéré comme suffisamment protecteur si la messagerie est elle-même accessible avec le même couple identifiant-mot de passe.

    L’agence recommande plutôt des tokens physiques ou des applications d’authentification et préconise, lorsque cela est possible, l’utilisation d’un appareil différent pour le second facteur.

    Cette partie du retour d’expérience montre que la question n’est donc pas seulement de savoir si un MFA existe. Il faut aussi déterminer contre quel scénario de compromission il protège réellement.

    L’ANSSI demande parallèlement de renforcer les mots de passe et de mieux séparer les usages professionnels et personnels afin d’éviter qu’un environnement non administré par la DGFIP ne devienne le point d’entrée vers des identifiants professionnels.

    3 – Des droits d’accès et des périmètres de consultation trop larges

    C’est le troisième maillon et l’un des plus importants pour comprendre comment une compromission peut se transformer en extraction de données.

    L’ANSSI recommande une gestion fine des droits applicatifs afin que chaque utilisateur ne puisse accéder qu’aux informations nécessaires à l’exercice de sa fonction.

    Elle demande également la mise en place de plafonds de consultation des ressources métiers.

    La nuance est importante. Un utilisateur peut être légitimement autorisé à accéder à une application sans pour autant devoir pouvoir consulter une quantité illimitée de données.

    Cette distinction entre droit d’accès et capacité de consultation est fondamentale dans un scénario de scraping.

    Un attaquant disposant d’identifiants valides peut en effet produire des requêtes qui, prises individuellement, ressemblent à une activité légitime. Le problème apparaît lorsque le compte permet d’enchaîner ces requêtes et d’explorer un périmètre de données beaucoup plus large que celui nécessaire à l’activité normale de l’utilisateur.

    La limitation des droits ne constitue donc pas seulement une mesure de confidentialité. Elle sert aussi à contenir l’impact d’une compromission de compte.

    4- Des mécanismes de limitation du scraping insuffisants

    Le quatrième niveau est celui du contrôle du volume.

    L’ANSSI demande explicitement l’application de quotas portant sur :

    • le volume de ressources métiers consultées ;
    • le nombre de requêtes ;
    • le volume de données échangées sur une période donnée.

    Ces mesures sont particulièrement adaptées à la prévention du scraping automatisé.

    Elles permettent de distinguer un utilisateur qui consulte ponctuellement une ressource d’un compte qui enchaîne des milliers de requêtes ou récupère des volumes de données incompatibles avec son usage habituel.

    L’ANSSI préconise également des plafonds de consultation des ressources métiers. Il s’agit donc de créer plusieurs niveaux de limitation plutôt que de compter uniquement sur l’authentification.

    Cette protection aurait un rôle essentiel dans un scénario où les identifiants ont déjà été compromis : même connecté avec un compte valide, l’attaquant ne devrait pas pouvoir exploiter indéfiniment l’application.

    Il faut toutefois rester prudent sur la formulation. Si le texte de l’ANSSI recommande ces mécanismes, il ne permet pas, à lui seul, d’affirmer que chacun d’eux était absent au moment des opérations de scraping.

    5 – Une détection et une réaction qui doivent être plus rapides

    Cinquième maillon : la supervision.

    L’ANSSI recommande que les applications soient systématiquement intégrées à un SIEM et que plusieurs indicateurs puissent déclencher des mesures de restriction : réputation IP, géolocalisation ou comportement inhabituel.

    Le document fournit surtout un élément concret : des recherches suspectes sur E-Contact ont généré de vrais positifs.

    Cette précision est intéressante parce qu’elle montre que le problème ne se situe pas nécessairement dans l’absence totale de détection.

    Détecter une activité suspecte n’est toutefois qu’une première étape. Il faut ensuite pouvoir qualifier l’événement et interrompre rapidement l’activité malveillante.

    C’est pourquoi l’ANSSI propose d’étudier la possibilité de déclencher automatiquement le blocage des comptes après certaines recherches suspectes.

    Dans le cas d’une opération automatisée, cette capacité peut faire une différence considérable. Une alerte traitée manuellement peut laisser à l’attaquant une fenêtre d’exploitation supplémentaire. Un mécanisme automatisé peut au contraire interrompre la chaîne avant que le volume de données extrait ne devienne important.

    L’enjeu est donc celui du passage d’une logique de détection à une logique de détection-réaction.

    6 – Une gestion des comptes compromis à renforcer

    Le dernier niveau concerne la réaction à la compromission elle-même.

    L’ANSSI estime que la réinitialisation du mot de passe ne doit pas constituer la seule mesure.

    Lorsqu’un compte est considéré comme compromis, son activité doit être analysée depuis la date présumée de la compromission. L’objectif est notamment d’identifier les applications auxquelles l’attaquant a pu accéder et les données qu’il a pu consulter.

    La cartographie du SI devient ici un élément essentiel. Sans connaissance précise des applications auxquelles un compte peut accéder, il est difficile de mesurer correctement l’étendue d’une compromission.

    L’ANSSI recommande également de révoquer les sessions actives sur tous les applicatifs et portails accessibles.

    Cette mesure répond à un problème classique : modifier un mot de passe ne suffit pas nécessairement à mettre fin à une session déjà établie.

    Enfin, si un même compte est compromis à plusieurs reprises, l’agence préconise une analyse approfondie de la cause racine.

    La réponse à incident ne doit donc pas seulement consister à « changer le mot de passe ». Elle doit permettre de comprendre ce qui a été compromis, pendant combien de temps, par quels accès et pourquoi la compromission a pu se reproduire.

    Selon l’ANSSI, un plan d’action prenant en compte les défaillances exploitées a été défini avec la DGFiP. Reste à connaitre le calendrier des déploiements.

    Photo : © ANSSI

     

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  • Friday 09 October 2026 - 12:40
    from Silicon

    Multisourcing et gestion fédérée : avec le temps, ce schéma s’affirme pour la gestion des API.

    Gartner le souligne dans la synthèse du Magic Quadrant qu’il dédie à ce marché.

    D’une année sur l’autre, 6 fournisseurs sont restés « leaders ». Aucun n’a corrigé tous les défauts que le cabinet américain lui reprochait en 2025. Plus précisément :

    • Boomi au niveau de l’intégration avec les passerelles tierces
    • Google sur la stratégie commerciale, l’expérience utilisateur et la tarification
    • Gravitee concernant sa notoriété et la concentration géographique de sa clientèle
    • IBM pour sa difficulté à vendre hors de sa base installée
    • Kong sur la stratégie sectorielle, la présence géographique et l’expérience utilisateur
    • Salesforce sur la tarification

    L’an dernier, le franco-américain Axway faisait partie des « leaders ». Il a rétrogradé chez les « challengers ». Sensedia et WSO2 ont fait le chemin inverse.

    Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un, étiqueté « exécution », reflète la capacité à répondre au besoin (tarification, expérience client, qualité des produits/services…). L’autre, dit « vision », traduit les stratégies (ventes, marketing, innovation…).

    La situation sur l’axe « exécution » :

    Rang Fournisseur Évolution annuelle
    1 IBM + 1
    2 Kong + 2
    3 Salesforce (MuleSoft) =
    4 Microsoft + 5
    5 Gravitee + 2
    6 Axway =
    7 Google – 6
    8 WSO2 =
    9 Microsoft =
    10 SAP =
    11 Sensedia + 1
    12 AWS – 1
    13 Workato + 2
    14 Tyk =
    15 Postman + 1
    16 SmartBear – 3
    17 Traefik Labs nouvel entrant

    Sur l’axe « vision » :

    Rang Fournisseur Évolution annuelle
    1 Kong =
    2 IBM + 3
    3 Google + 3
    4 Salesforce (MuleSoft) =
    5 Boomi – 3
    6 Gravitee – 3
    7 WSO2 + 7
    8 Sensedia + 7
    9 Postman – 1
    10 Tyk – 3
    11 Axway – 2
    12 Microsoft – 1
    13 Workato – 1
    14 SmartBear – 4
    15 SAP – 2
    16 AWS + 1
    17 Traefik Labs nouvel entrant

    Des acquisitions bien intégrées chez Boomi…

    L’an dernier, Gartner avait noté que Boomi dépendait désormais moins de la seule brique iPaaS pour se différencier, les acquisitions d’APIIDA et de TIBCO Mashery (mai 2024) ayant accompagné la refonte de l’offre et de la feuille de route.
    Leur intégration a été efficace, confirme-t-il cette année en y ajoutant le rachat de Thru (transfert de fichiers géré ; mai 2025).

    Autre bon point qu’on retrouve d’une année sur l’autre : l’extension de la présence commerciale. En 2025, Gartner avait mis en avant le renforcement des partenariats, en particulier avec AWS et ServiceNow. Il les mentionne à nouveau cette année, en plus de Snowflake. Et note la capacité de Boomi à toucher les profils d’acheteurs spécialisés sur l’intégration et sur l’IA.

    Nouveauté cette année : un bon point sur l’innovation. Plus spécifiquement au titre des avancées sur l’IA agentique, dont témoignent Boomi Connect (MCP géré) et Boomi Orchestrate. Gartner salue les possibilités de combinaison avec des workflows déterministes.

    … dont les solutions restent complexes à prendre en main

    L’intégration avec les passerelles tierces peut s’avérer complexe, avait signalé Gartner en 2025. Il en dit tout autant cette année. Et parle plus globalement d’une plate-forme complexe à prendre en main.

    Malgré des certifications et des « accélérateurs » pour des secteurs comme la santé et la distribution, l’attrait reste limité pour qui cherche des solutions verticales.

    Boomi n’a, par ailleurs, pas encore développé à l’international la présence et la notoriété qu’il a développées en Amérique du Nord. Gartner se fait, en outre, l’écho des inquiétudes de clients sur la transparence tarifaire.

    Google salué pour son rayon d’action…

    L’an dernier, Google avait eu un bon point pour son outillage favorisant la conception d’API par des agents. Cette année, Gartner salue son positionnement « en première ligne » sur les passerelles IA et l’agentique. Et mentionne l’add-on Specification Boost, qui améliore la lisibilité et la « découvrabilité » des API pour les agents.

    En 2025, Google était crédité d’un bon point pour la stabilité de son offre et sa capacité à couvrir les cas d’usage les plus complexes. Cette année, Gartner met l’accent sur la large diffusion de ses solutions dans les secteurs réglementés. Il y ajoute la sécurité multicouche et les fonctionnalités IA qui favorisent la prise en charge des environnements « difficiles » (banque, production industrielle).

    … mais toujours pas pour sa tarification

    D’une année sur l’autre, même réflexion sur la stratégie commerciale : Google positionne ses produits (Apigee et Google Cloud API Gateway) comme des compléments à GCP plutôt que des solutions autonomes.

    La complexité de l’offre reste d’actualité : il faut beaucoup d’expertise pour l’implémenter et l’exploiter. La tarification demeure aussi un irritant. Elle « reste une des plus grosses barrières à un usage soutenu », pour reprendre les mots de Gartner. Lequel avait, l’an dernier, pointé les doutes de certains clients de longue date quant au rapport coût/bénéfice.

    De l’indépendance et de la vision chez Gravitee…

    Gravitee a su rapidement proposer une passerelle IA gérant MCP, avait souligné Gartner en 2025. Il va un peu plus loin cette année : l’entreprise née à Lille a vite eu la vision d’un catalogue d’interfaces orienté événements. Et elle a concrétisé, en lançant la plate-forme Gamma, l’unification de la gestion des API, des flux d’événements et des agents.

    Gravitee a toujours pour lui une indépendance vis-à-vis de tout cloud, progiciel ou iPaaS. Et une approche de déploiement flexible avec gestion de la fédération.

    … toutefois exposé à une acquisition

    Gravitee manque toujours de notoriété. Surtout en Amérique du Nord, ajoute Gartner cette année.

    La clientèle demeure largement concentrée en Europe (à près des deux tiers), le reste se trouvant pour l’essentiel en Amérique du Nord. Les acheteurs sur d’autres plaques géographiques se poseront la question du service et du support.

    Gravitee est par ailleurs un des plus petits fournisseurs en termes de revenus. Cela l’expose, souligne Gartner, à un risque d’acquisition ; d’autant plus que parmi ses concurrents figurent certains des plus gros éditeurs mondiaux.

    IBM avance une roadmap « intéressante » au croisement des agents IA et des API…

    En 2025, IBM avait été salué sur la livraison de fonctionnalités IA (gestion des prompts et routage LLM, notamment). Cette année, Gartner apprécie son approche de la gouvernance des API et de leur rationalisation (identification des doublons ou quasi-doublons + serveur MCP d’enrichissement de métadonnées). Il y ajoute une feuille de route « intéressante » sur la gestion des patterns applicatifs qui émergent à la croisée des agents IA et des API.

    La diversité du réseau commercial et de support avait été un autre point fort évoqué en 2025. Cette année, Gartner met l’accent sur son extension, tant au niveau des partenaires intégrateurs que sur les marketplaces des hyperscalers.

    … mais peine toujours à séduire hors de sa base installée

    D’une année sur l’autre, un constat demeure : IBM a du mal à vendre ses solutions de gestion des API au-delà de sa base installée. Par ailleurs, il a peu d’offres sectorielles hors banque et finance. Quant à sa stratégie commerciale, elle est focalisée sur les acheteurs IT, peinant à toucher les autres métiers à l’heure où les budgets se décentralisent.

    Kong s’est construit une vraie visibilité…

    La génération d’API, de specs et de serveurs MCP par IA avait valu un bon point à Kong en 2025. Tout comme la passerelle Kafka (Event Gateway) intégrée à son maillage de services.
    Cette année, Gartner insiste sur la brique Context Mesh (context engineering), la gestion des identités machine et les capacités de monétisation des agents, modèles et serveurs MCP. Il apprécie aussi certains éléments de roadmap, comme l’intégration d’OpenMeter et les sandbox d’exécution de code.

    L’an dernier, le cabinet américain avait noté la visibilité que Kong s’est construite à renfort d’événements, de partenariats et de présence sur les principales marketplaces. Cette année, il relève le niveau d’adoption de ses outils open source et sa capacité à toucher à la fois les populations techniques et métiers.

    … mais sa tarification reste difficile à lire

    Comme en 2025, il n’y a pas de solutions verticales au catalogue de Kong. Son empreinte géographique demeure limitée (40 % des revenus aux États-Unis, 35 % en EMEA).

    L’an dernier, Gartner avait pointé la courbe d’apprentissage nécessaire pour prendre en main les solutions de Kong. Il avait aussi souligné la confusion que pouvait susciter la tarification basée sur les services, assortie de frais supplémentaires pour certains éléments (portails, tests, analytics).
    Mêmes remarques cette année, en plus du constat d’une prise en charge limitée de la fédération des passerelles tierces.

    MuleSoft s’est bien emparé du sujet IA…

    L’intégration de l’offre de MuleSoft avec celle de Salesforce a contribué à attirer de la clientèle, avait affirmé Gartner en 2025. Tout en saluant plus globalement la présence commerciale et le réseau de partenaires. Il en dit à peu près autant cette année, en mettant l’accent sur la croissance et la stabilité opérationnelle de l’activité de MuleSoft.

    Autres bons points : la capacité à répondre aux défis liés à l’adoption de l’IA (shadow AI, prolifération des serveurs MCP, gestion des coûts) et de récentes améliorations telles que la conception d’API en langage naturel ou la conversion d’API en outils agentiques.

    … mais reste orienté sur l’écosystème Salesforce

    Pour la gestion des API, MuleSoft est l’un des fournisseurs les plus chers, avec une structure de prix complexe. Ce constat valait l’an dernier… et vaut toujours cette année.

    Complexe est aussi la prise en main de la solution (défis de paramétrage, en particulier), en plus de la difficulté à trouver des développeurs spécialisés.

    Des fonctionnalités peuvent se révéler superflues pour qui n’utilise pas Salesforce. Beaucoup sont effectivement modelées sur des cas d’usage spécifiques à cet écosystème.

    Sensedia, avancé sur la gouvernance des API…

    Nouveau « leader » de la gestion des API, le brésilien Sensedia se distingue par ses investissements dans la gouvernance et son positionnement sur la « souveraineté ». Il a aussi pour lui une expertise du milieu bancaire, dont il parvient à faire un atout. Sur le plan géographique, remarque très spécifique : fournisseur intéressant pour des déploiements en Amérique du Sud vu sa présence et sa connaissance des réglementations locales.

    … moins sur les fonctionnalités IA

    Plus des trois quarts du revenu de Sensedia provient d’Amérique du Sud. Les investissements réalisés sur les autres plaques géographiques ne se sont globalement pas encore traduits par des ventes. En parallèle, la notoriété du fournisseur est limitée, en Amérique du Nord comme en Europe. La livraison de fonctionnalités IA intervient généralement en décalage par rapport aux autres « leaders ». Au final, Sensedia est en retard sur des capacités comme le registre MCP et la découverte orientée agents.

    Modularité contractuelle chez WSO2…

    Sur la partie produit, hormis les investissements dans l’IA, WSO2 se distingue par l’intégration de Moesif (acquis en mai 2025 ; monétisation des API), l’extension des capacités de fédération et l’adoption complète de la spécification Arazzo.

    L’éditeur aéricain est revenu à la croissance et sa maison mère EQT semble le percevoir comme un actif stratégique – elle investit à la fois dans ses produits commerciaux et open source. Gartner apprécie aussi la contractualisation modulaire et la flexibilité de déploiement.

    … mais une empreinte SaaS limitée

    Comme Sensedia, WSO2 est un nouveau « leader »… et comme lui, il manque de notoriété. L’approche « plate-forme modulaire » manque encore d’écho et l’approche commerciale demeure centrée sur les profils techniques.

    Gartner estime que le message axé sur les déploiements hybrides alors que la brique de monétisation n’est disponible qu’en SaaS peut engendrer de la confusion.

    Les déploiements SaaS, justement, se limitent à une zone, aussi bien pour l’Europe que pour l’Amérique du Nord. Quant à la page de statut, Gartner la juge « rudimentaire », donnant peu d’informations utilisables.

    Illustration © Murrstock – Adobe Stock

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  • Friday 09 October 2026 - 08:26
    from Silicon

    Après les images et l’audio*, OpenAI commence à tatouer le texte que génèrent ses LLM.

    Le déploiement initial est en opt-in sur l’API. « Dans les prochaines semaines », il s’étendra à ChatGPT et à Codex… dans l’Union européenne.

    En toile de fond, l’AI Act. Le règlement impose aux systèmes d’IA mis sur le marché avant le 2 août 2026 de marquer les contenus qu’ils génèrent. Les fournisseurs concernés ont jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en conformité.

    L’UE considère qu’aucune technique ne satisfait pour l’instant aux 4 critères qu’énonce l’AI Act (efficacité, interopérabilité, robustesse, fiabilité). Elle suggère donc d’en combiner, en priorisant métadonnées signées et filigrane invisible.

    Le texte libre ne pouvant transporter de métadonnées, une couche unique est considérée comme suffisante. Certains éléments sont hors champ :

    • Courtes séquences de nombres, symboles ou lettres
    • Code source
    • Sorties traitées uniquement en M2M, sans exposition à des humains
    • Sorties utilisées en boucle fermée dans un contexte industriel ou de développement produit (exemple : production d’un film)

    Pour compenser la fiabilité potentiellement moindre du tatouage de texte libre, les fournisseurs concernés peuvent restreindre à des utilisateurs experts l’accès à la solution de détection correspondante. Celle-ci peut être mise à disposition sous forme de spécification, de logiciel (exécutable ou bibliothèque) ou de service par API.

    Un problème de transport optimal et du traitement par blocs

    OpenAI a donc choisi la dernière option. Il promet toutefois, sans donner d’échéance, une publication en source ouverte. Sa technologie, dite textGrain, biaise légèrement le choix des tokens en utilisant une clé secrète qu’elle combine au texte précédent.

    Pour trouver le juste milieu entre insertion de ce signal traçable et préservation de la diversité des réponses générées, le problème est modélisé sous forme de couplage statistique via le transport optimal. Pour ne pas avoir à résoudre ce problème sur l’intégralité du vocabulaire du LLM à chaque mot, textGrain découpe ce vocabulaire en blocs de tokens. Puis applique le transport optimal pour choisir le bloc en fonction de la clé.

    OpenAI affirme que cette technologie atteint voire dépasse la performance des autres approches qu’il a testées. Dont SynthID. Il en reconnaît toutefois les limites. Par exemple, sur des passages de 400 tokens, remplacer 10 % des mots par des synonymes fait baisser le taux de détection de 92 % à 66 %. En remplacer le quart réduit ce taux à 17 %.
    La détection est moins efficace sur des passages courts (80 % sur 200 tokens à un taux cible de faux positifs de 1 %). Elle l’est aussi sur les domaines où les modèles ont moins de liberté pour altérer leurs outputs, comme les maths.

    * Pour l’image et l’audio, OpenAI a déjà un outil web et l’API Content Provenance, accessibles au public.

    Illustration générée par IA

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  • Thursday 08 October 2026 - 05:23
    from Silicon

    « Autorité renforcée pour l’ANSSI »… et « embouteillage parlementaire ». Lors de la conférence d’introduction des Assises de la sécurité, ce fut à peu près tout au sujet de NIS 2.

    Vincent Strubel avait eu l’occasion de s’exprimer plus largement la semaine dernière à l’Assemblée nationale. Il était auditionné par la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi qui doit transposer cette directive. En ligne de mire, des débats en séance publique le 7 octobre. Il n’en a finalement rien été. La veille, le texte a été retiré de l’ordre du jour – avec report sine die – en raison d’un calendrier parlementaire trop chargé.

    Un texte attendu par la cyber française

    Devant les rapporteurs, le directeur général de l’ANSSI a appelé à ne pas « surtransposer » ou surcharger NIS 2. Le député Philippe Latombe venait de lui demander si, les mois ayant passé (le Sénat a adopté le texte en mars 2025), il était nécessaire d’actualiser le projet de loi.

    Fin de non-recevoir pour Vincent Strubel, qui perçoit une « réponse adaptée à l’état de la menace et à ses évolutions anticipées ». Un texte « neutre technologiquement » et dont les mesures « auraient été efficaces contre la majorité des vols de données constatés en France ces derniers mois. »

    Les délais de transposition, ajoute-t-il, ont un effet d’éviction sur la préparation des entités concernées. Y compris au niveau des allocations de budgets. Ce que les entreprises françaises de cybersécurité ont fait remonter…

    Jusqu’à fin 2028 pour se mettre en conformité ?

    En mars, l’ANSSI a publié le ReCyF (Référentiel Cyber France), décliné depuis en fiches pratiques. Ce socle pour la conformité NIS 2 sera complété « en delta au cas par cas pour les cadres spécifiques ». À l’exclusion toutefois de ceux qui ne sont pas du ressort de l’ANSSI. Qui invite, le cas échéant, à utiliser le comparateur disponible sur la plate-forme MesServicesCyber.

    Lors d’une précédente audition devant cette même commission, Vincent Strubel avait  évoqué un délai de 3 ans avant de demander une conformité complète. Dans le contexte que l’on sait, il considère désormais qu’on « ne peut pas rester sur ce timing ». Est désormais envisagée la fin 2028, pour toutes les entités. En attendant l’application du cadre réglementaire, il y aura des « galops d’essai ». Autant pour accompagner les futurs assujettis que pour permettre le rodage de la missions de contrôle de l’ANSSI.

    La logique de sanctions, de pouvoir contraignant doit aussi contribuer à « faire de la cybersécurité non plus un sujet de techniciens mais un sujet de gouvernance : de directions des finances, des affaires juridiques, de boards, de comex… »

    Sécurité de l’État : la journalisation, cet autre défi

    La transposition de NIS 2 a pour toile de fond la stratégie nationale de cybersécurité publiée en janvier. S’y est ajoutée, en avril, la feuille de route pour la sécurité de l’État. « Pas une nouveauté, mais un calendrier et un pilotage nettement resserrés », pour résumer les propos de Vincent Strubel. Les ministères ont effectivement plusieurs actions à effectuer d’ici au 31 décembre 2026. Dont :

    • Mettre en œuvre une politique d’audit et de contrôle des SI
    • Homologuer les SI soutenant des missions essentielles
    • Mettre en œuvre des procédures d’installation des correctifs de sécurité
    • Remplacer les éléments de sécurité obsolètes
    • Généraliser ProConnect sur les SI à enjeux
    • Mettre en place du MFA pour les administrateurs SI
    • Déployer des EDR ou XDR sur tous les postes de travail et serveurs

    Sous ce régime, l’ANSSI a « vu des chantiers qui étaient jusque-là prévus pour prendre trois ans aboutir en trois mois ». Son DG l’expliquait il y a quelques semaines au député Éric Bothorel, rapporteur principal de la commission spéciale. Il avertissait, en parallèle, que le généralisation de l’authentification forte ou multifacteurs ne serait pas simple. Au menu, « des milliers et des milliers de services numériques », dont une grande partie externalisés, pour lesquels toute évolution est soumise au cadre des marché publics. Bref, « c’est une question de mois, pas d’années ; mais pas non plus de semaines ». Pas vraiment réglo en la matière, la DGFiP doit tenir compte de 90 000 agents, mais aussi potentiellement de centaines de milliers de partenaires extérieures. Parmi eux, des notaires, des comptables de collectivités… ou encore des géomètres experts (profession mise en évidence par une des compromissions).

    Il faudra aussi, entre autres, systématiser la génération et la collecte de logs utiles dans l’ensemble des applicatifs de l’État. Or, « c’est loin d’être le cas, et certains ne sont pas tout jeunes, ou développés dans des technologies exotiques ».

    « Osons »… penser autrement l’IA

    Vincent Strubel trouve « presque surprenante » la consternation née de la publication du rapport sur la DGFiP. L’ANSSI, explique-t-il, y prouve « probablement ce que chaque professionnel de la cybersécurité voit dans son quotidien ». Dit autrement : « Des vulnérabilités de base qu’on trouve partout ».

    Face à ce qu’il qualifie de « décalage », l’intéressé avance le travail de transparence que l’agence mène depuis quelques semaines. Il s’est matérialisé avec le rapport sur la DGFiP, le premier point d’étape du dispositif REACTIV… et, cette semaine, un retex que le CERT-FR et le CERT-Santé ont consolidé sur la base des incidents qu’ils ont traités ces dernières années. Ce document fait aussi ressortir des défauts de sécurisation élémentaires (mots de passe par défaut non changeables, absence de contrôle d’accès…).

    Ce travail de transparence « pique un peu », admet Vincent Strubel. « Il faut surmonter des pudeurs mal placées, encaisser des traitements parfois un peu sensationnalistes. » Il y a d’autres choses à ne pas éluder, ajoute-t-il : « Est-ce qu’on se parle trop entre nous et pas assez aux autres ? Est-ce qu’on donne parfois trop dans le buzzword et pas assez dans les fondamentaux ?…  »

    Cela n’empêche pas d’ « oser penser par soi-même  », en premier lieu sur le sujet de l’IA. Son postulat : plutôt que d’ancrer sa réflexion sur les annonces de quelques fournisseurs, commencer par les mettre face à leurs responsabilités. Les attaques d’agents IA, même dans le cadre de tests ou à l’insu de leur concepteur, « ce n’est pas une prouesse technique, c’est un défaut de sécurité élémentaire. Partout ailleurs, ça provoque […] des mesures urgentes. Ça ne peut pas être différent dans l’IA. Sinon, on va reproduire le péché originel : […] dégager les éditeurs de leur responsabiliré ».

    L’œil sur le CRA, binôme de NIS 2

    La responsabilité des éditeurs est l’objet du CRA (Cyber Resilience Act). S’agissant d’un règlement, il n’est pas soumis au calendrier parlementaire. Son entrée en application interviendra le 11 décembre 2027.

    La commission spéciale de l’Assemblée nationale a choisi d’intégrer cette population « en bloc » dans la transposition de NIS 2. L’ANSSI n’y est pas favorable. Son argument : cela créerait une obligation qui ne s’imposerait qu’aux éditeurs implantés en France.

    Pour la prise en charge des sous-traitants, elle juge au contraire qu’on tient « la bonne manière de faire les choses ». Ces acteurs ne sont pas assujettis en tant que tels, mais sont soumis indirectement aux exigences à travers leurs relations contractuelles. « On pourrait toujours faire plus mais à un moment, il faut fixer la barre d’un niveau de complexité et de proportionnalité approprié », résume Vincent Strubel.

    L’ANSSI s’estime capable de mener ses nouvelles missions NIS 2… parce qu’elle a adapté son fonctionnement à travers des relais dans les services de l’Etat, le secteur privé et les collectivités. Autrement, avec 670 ETP, « il n’y a pas de gras », d’après son DG, qui rappelle que le BSI (homologue allemand) en a entre 1800 et 2000 pour les mêmes missions.

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  • Wednesday 07 October 2026 - 12:47
    from Silicon

    IBM et Red Hat annoncent que Lightwell a découvert et corrigé plus de 400 vulnérabilités jusqu’alors inconnues dans des bibliothèques Java largement utilisées.

    Pour autant, aucune bibliothèque n’est nommée, aucune CVE citée, aucune répartition par gravité fournie. Impossible en l’état de vérifier le chiffre, ni pour une DSI de savoir si elle est concernée.

    Les correctifs ont été développés puis rétroportés, c’est-à-dire intégrés à des versions anciennes encore déployées en production.

    Lancé au printemps dernier, Lightwell est un programme visant à redéfinir l’avenir du logiciel open source et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement logicielles des entreprises à l’ère de l’IA.

    De la détection à la remédiation : le déséquilibre

    Pendant des années, la sécurité de la supply chain s’est structurée autour de la visibilité : inventorier les composants, repérer leurs vulnérabilités, hiérarchiser les risques. L’IA bouscule cet équilibre en accélérant la recherche de failles.

    Selon Red Hat, un code ancien ou réputé stable n’est pas à l’abri : il suffit à un agent d’IA d’une faille, même mineure, pour amorcer une attaque en plusieurs étapes.

    De son. côté, le programme Glasswing d’Anthropic donne un autre ordre de grandeur. Entre avril et juillet 2026, ses partenaires ont identifié au moins 129 000 vulnérabilités vérifiées, dont plus de 33 000 classées critiques ou élevées. Anthropic juge ces chiffres fortement sous-estimés.

    Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose : Glasswing recense des vulnérabilités découvertes dans des logiciels très variés, Lightwell des failles corrigées dans des bibliothèques Java. Il ne s’agit donc pas de dire que Lightwell n’a traité que 0,3 % du problème, mais de montrer que la découverte va beaucoup plus vite que la correction.

    Corriger est plus difficile que trouver

    Corriger une faille en production, ce n’est pas installer la dernière version. Une mise à niveau peut changer les API, casser la compatibilité, introduire des régressions, relancer une certification. Certaines applications reposent même sur des versions que plus personne ne maintient en amont.

    La parade s’appelle le backporting. Soit écrire le correctif pour la version réellement déployée puis l’intégrer à une branche ancienne. Cela suppose de comprendre le code, de prouver que le correctif fonctionne, de chasser les effets de bord, de tester et de distribuer. Rien d’automatique.

    Pour Gunnar Hellekson, de Red Hat, détecter les bogues ne fait que la moitié du chemin. L’autre moitié est que les clients n’aient pas à choisir entre sécurité et disponibilité. C’est cette ingénierie, lente et coûteuse, que Lightwell veut industrialiser.

    Un service de maintenance, vendu par abonnement

    Avec un investissement annoncé de 5 milliards $ et plus de 20 000 ingénieurs, augmentés par des outils d’IA, Lightwell combine l’expertise d’ingénierie open source des deux groupes. En juillet, ils ont présenté un premier catalogue de plus de 6 500 dépendances remédiées, signées numériquement et certifiées pour les écosystèmes Java et Python, avec l’ambition de passer de milliers à potentiellement des millions de paquets.

    Le Clearinghouse ajoute une étape. Au lieu de piocher dans un catalogue, l’entreprise peut soumettre les vulnérabilités ou les dépendances de son organisation pour un examen et une correction prioritaires applicables aux versions anciennes qu’elle utilise encore.

    L’offre est vendue par abonnement annuel en deux niveaux. Lightwell Network donne accès à des correctifs vérifiés et aux logiciels corrigés, à intégrer aux workflows existants. Lightwell Clearinghouse offre un traitement sur mesure des dépendances soumises. Un programme prévoit en outre un accès gratuit pour certaines universités, ONG et think tanks américains.

    Le positionnement est celui d’une infrastructure de maintenance où les correctifs sont distribués via des référentiels sécurisés. Les entreprises gardent leurs scanners, dépôts, pipelines et processus de test. Selon IBM et Red Hat, rien ne doit être remplacé. Le modèle économique est assumé : mutualiser un coût d’ingénierie élevé et le vendre aux entreprises qui ne peuvent pas l’assumer en interne.

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  • Wednesday 07 October 2026 - 11:39
    from Silicon

     » Celui-là a demandé un peu de préparation de base. Entraîné et servi sur notre propre infrastructure de calcul, et le RL ne montre aucun signe de saturation. » Sur X, Arthur Mensh la joue modeste pour présenter Mistral Large 4 (ML4) alias Le Chonk.

    Avec Mistral Large 4 (ML4), Mistral AI ne prétend pas détrôner immédiatement les modèles fermés les plus avancés. Modèle généraliste multimodal fondé sur une architecture Mixture-of-Experts (MoE) granulaire, sa documentation indique 1,05 trillion de paramètres au total, dont 52 milliards actifs par token, ainsi qu’un encodeur visuel de 1,6 milliard de paramètres.

    Le communiqué de lancement évoque pour sa part 49 milliards de paramètres actifs.

    Cette architecture MoE permet de mobiliser seulement une fraction du modèle à chaque étape de génération. L’objectif est de combiner une capacité potentielle très élevée avec un coût d’inférence plus maîtrisé que celui d’un modèle dense de taille équivalente.

    Une fenêtre de contexte très large

    La principale promesse d’usage de ML4 réside dans sa fenêtre de contexte annoncée à 1 million de tokens. Elle doit permettre de traiter de très longs documents, dépôts logiciels, corpus réglementaires ou bases de connaissances d’entreprise sans les découper systématiquement. Et une couverture de plus de 160 langues, dont toutes les langues officielles de l’Union européenne.

    Le modèle expose également des fonctions orientées vers les usages comme les appels de fonctions, les sorties structurées, les questions-réponses documentaires ainsi que le traitement par lots, agents et conversations. Autrement dit, Mistral positionne  ML4 comme une brique pour construire des applications et des workflows d’entreprise.

    Des benchmarks solides, sans domination

    Sur l’Intelligence Index d’Artificial Analysis, ML4 obtient 38 points.

    C’est un bond important par rapport à Mistral Large 3, crédité de 9 points, et cela place le modèle au niveau de GPT-6 Luna sur cet indicateur composite.

    Indicateur Mistral Large 4 Lecture
    Intelligence Index 38 Au niveau de GPT-6 Luna, derrière les modèles fermés de premier plan.
    Cyber Index 50 À égalité avec GLM-5.3-Flash, derrière MiMo-V2.6-Pro.
    DeepSWE v1.1 61,7% Bon résultat annoncé en codage agentique.
    Terminal-Bench 4.0 28,3% Point faible relatif sur les tâches agentiques en terminal.
    CyberGym-E2E-AA 82% Devant GPT-6 Luna (78%) et MiMo-V2.6-Pro (79%).
    Vitesse de génération 116,1 tokens/s Au-dessus de la médiane mesurée par Artificial Analysis.
    Latence au premier token 1,46 s Inférieure à la médiane des modèles de raisonnement comparés.

     

    Mais la performance n’est pas homogène : le score de 28,3% à Terminal-Bench 4.0 montre que ML4 reste en retrait sur certains scénarios d’automatisation exigeants.

    Les chiffres communiqués par Mistral doivent également être lus avec prudence, car le modèle est encore en préversion et ses poids ne sont pas encore disponibles publiquement.

    Face aux modèles fermés

    ML4 se situe dans le haut du panier des modèles non américains et non chinois mais loin du sommet du marché.

    Claude Opus 5.5 obtient 58 points sur l’Intelligence Index, contre 53 pour GPT-6 Astra et Gemini 4 Argon, tandis que ML4 s’arrête à 38.

    Modèle Type Intelligence Index Coût par tâche Contexte
    Claude Opus 5.5 Fermé 58 5,98 $ 1 M
    GPT-6 Astra Fermé 53 3,26 $ 1 M
    Gemini 4 Argon Fermé 53 1,99 $ 1 M
    GPT-6 Luna Fermé 38 0,07 $ 1 M
    Mistral Large 4 Poids ouverts annoncés 38 1,13 $ 524 k mesuré par Artificial Analysis

    ML4 égale donc GPT-6 Luna sur l’intelligence globale, mais il coûte environ 16 fois plus cher par tâche selon les mesures d’Artificial Analysis. Son avantage n’est donc pas le prix à l’usage API mais réside dans la perspective de poids ouverts et dans le contrôle qu’ils offrent aux entreprises.

    L’atout décisif : les poids ouverts

    Mistral annonce la publication des poids de ML4 pour la fin octobre. Cette décision distingue le modèle des offres d’OpenAI, d’Anthropic et de Google, qui restent principalement accessibles via API.

    Les poids ouverts permettent à une organisation de déployer ML4 dans son propre cloud privé, son VPC ou sur ses serveurs. Elle peut ainsi conserver les données dans son périmètre, définir ses propres politiques de sécurité et adapter le modèle à ses besoins métier par fine-tuning.

    Mistral présente ML4 comme un moyen pour ses clients de garder le contrôle de l’intelligence, des données, du calcul et des opérations.

    Un positionnement business clair

    ML4 vise trois segments principaux :

    • Les entreprises qui veulent exploiter un modèle multimodal performant sans envoyer leurs données à une API tierce.
    • Les organisations ayant des besoins de cybersécurité, d’analyse de code ou d’automatisation de workflows, domaines où ML4 affiche des résultats compétitifs.
    • Les acteurs publics et industriels sensibles à la souveraineté numérique européenne, pour lesquels l’hébergement en Europe et la maîtrise des poids constituent un argument décisif.

    Le tarif API de lancement est de 0,68 dollar par million de tokens en entrée, 0,07 dollar par million de tokens d’entrée en cache et 2,09 dollars par million de tokens en sortie, après une remise de 50% pendant les deux premières semaines.

    Ce que ML4 apporte vraiment

    ML4 apporte trois choses au paysage des LLM :

    • Un modèle multimodal européen de très grande capacité, avec une fenêtre de contexte d’un million de tokens et des fonctions orientées agents.
    • Des performances crédibles en cybersécurité et en codage agentique, sans atteindre le niveau des meilleurs modèles fermés sur tous les indicateurs.
    • Une alternative de souveraineté grâce aux poids ouverts, permettant aux entreprises de déployer, personnaliser et contrôler le modèle dans leur propre infrastructure.

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  • Wednesday 07 October 2026 - 09:37
    from Silicon

    Lors d’une récente discussion avec plusieurs directeurs des systèmes d’information, un mot revenait sans cesse : démocratisation. Il était question de mettre des agents IA entre les mains des collaborateurs, de les connecter aux processus métiers et de permettre à chaque équipe de créer ses propres assistants.

    Quelques jours plus tard, le sujet est revenu lors d’une réunion avec des responsables de la sécurité des systèmes d’information. L’enthousiasme avait laissé place à des questions plus concrètes : qui peut utiliser ces agents, avec quelles permissions et comment garantir la responsabilité et la traçabilité de leurs actions ?

    Une question s’est alors imposée : faut-il gérer les agents IA comme des utilisateurs humains, ou sommes-nous face à une nouvelle catégorie d’identités qui exige de revoir nos modèles de gouvernance ? Cette question devient urgente.

    Gartner estime que jusqu’à 40 % des applications d’entreprise pourraient intégrer des agents spécialisés d’ici fin 2026, contre moins de 5 % en 2025. Le mouvement ne concerne donc plus uniquement quelques expérimentations. Les agents commencent à s’insérer dans les processus commerciaux, financiers, juridiques et opérationnels.

    Une identité qui ne ressemble à aucune autre

    Un agent peut agir au nom d’un collaborateur, accéder à plusieurs systèmes et déléguer des actions à d’autres agents. Lui accorder les mêmes droits peut convenir pour une tâche courte, mais devient risqué si sa mission se prolonge. Il faut donc le traiter comme une identité de charge de travail : temporaire, limitée et éphémère.

    Mais contrairement à une identité traditionnelle, l’agent IA peut adapter son comportement et élargir son périmètre d’action selon les instructions, les outils ou les modules utilisés. L’agent n’est donc pas seulement une identité à authentifier, c’est une identité capable d’agir de manière autonome.

    Le problème n’est plus seulement l’accès, mais l’autorité

    Lorsqu’un agent accède à un dossier client, il faut déterminer ce qu’il peut réellement en faire : l’analyser, le transmettre, le modifier, déclencher une procédure ou engager l’entreprise.

    Avoir un accès technique ne signifie pas être autorisé à prendre toutes les décisions associées. C’est l’angle mort de nombreux programmes actuels : ils savent identifier qui peut entrer, mais moins bien ce que cette identité peut décider. Le risque augmente lorsque les agents se délèguent des tâches. À chaque niveau, des permissions peuvent être transmises et créer une chaîne d’accès plus large que prévu.

    Les identités non humaines sont aussi difficiles à contrôler. Contrairement à une personne, un agent n’a ni fonction clairement identifiable ni interlocuteur direct. En cas d’incident, les équipes doivent reconstituer sa finalité, ses accès et les décisions qu’il pouvait prendre.

    Une gouvernance à la vitesse des machines

    L’authentification et le principe du moindre privilège ne suffisent pas à garantir que les actions d’un agent restent conformes à sa mission. La gouvernance doit donc suivre son comportement en temps réel en bloquant les accès à risque, renforçant les validations sensibles et en retirant les permissions injustifiées.

    Cette évolution s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire européen marqué par NIS2 et l’AI Act, qui renforcent les exigences de gestion des risques, de sécurité et de supervision des systèmes d’IA. L’identité des agents dépasse donc désormais le seul périmètre de la Gestion des Identités et des Accès (IAM).

    Les premières mesures à prendre

    Les entreprises doivent fiabiliser leurs annuaires, inventorier leurs identités non humaines et appliquer le principe du moindre privilège. Chaque agent doit avoir un responsable, une finalité et des droits limités dans le temps.

    L’authentification multifacteur (MFA) conçue pour résister aux attaques de phishing doit protéger les comptes, les jetons, les sessions et les délégations. Il faut également anticiper la compromission d’un identifiant grâce à la segmentation, aux accès éphémères et à la surveillance continue.

    Ces mesures ne sont pas propres aux agents IA. Elles relèvent des mêmes principes de gouvernance que ceux qui devraient s’appliquer à l’ensemble des identités numériques de l’entreprise. Mais avec les agents, il n’est plus possible de continuer à les reporter.

    *Michael Adams est Chief Information Security Officer chez Docusign

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  • Tuesday 06 October 2026 - 17:23
    from Silicon

    Stormshield change de CEO.

    Christophe Canguilhem succédera à Pierre-Yves Hentzen à compter du 1er janvier 2027. Cette phase de transition de trois mois lui permettra de travailler aux côtés du dirigeant sortant, qui garde son poste jusque là.

    Le futur CEO revendique 25 ans d’expérience dans l’aéronautique et la défense. Il a passé près de vingt ans chez Airbus sur des programmes d’hélicoptères, avant d’être nommé en 2022 à la tête de Survey Copter, filiale d’Airbus Hélicoptères spécialisée dans les systèmes de drones tactiques légers. Son parcours, en revanche, ne comporte pas d’expérience affichée dans la cybersécurité.

    Sa mission sera de poursuivre le développement de Stormshield en France et à l’international et renforcer son positionnement d’acteur européen de confiance. Il promet de consolider la place de l’éditeur dans la cybersécurité souveraine européenne.

    Pierre-Yves Hentzen, président de Stormshield depuis 2017, prendra à la même date de nouvelles fonctions au sein du groupe Airbus, dans le cadre du développement de ses activités de cybersécurité.

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  • Tuesday 06 October 2026 - 16:44
    from Silicon

    Il n’y a pas que les startups de l’IA qui réalisent de belles levées de fonds.

    L’éditeur grenoblois de solutions de virtualisation open source, Vates, a convaincu le fonds Growth d’IRIS et Bpifrance ( via son fonds Large Venture) de signer une série A de 30 millions €. Il indique qu’à l’issue de l’opération, ses cofondateurs restent majoritaires au capital.

    Le calendrier a son importance. Selon Vates, l’acquisition de VMware par Broadcom a accéléré une transformation déjà amorcée du marché. L’évolution des modèles de licences, la hausse des coûts d’infrastructure et la complexité croissante des architectures poussent les entreprises à réexaminer leurs choix technologiques. Elles chercheraient désormais des plateformes alliant performance, maîtrise des coûts, interopérabilité, souveraineté et réversibilité.

    C’est sur ce terrain que l’éditeur se positionne, avec une plateforme open source censée permettre aux organisations de garder la main sur leurs infrastructures et de limiter leur dépendance à un fournisseur. Ses produits phares sont XCP-ng et Xen Orchestra.

    Le contexte VMware

     » Nous vendons du support et des services autour d’un logiciel qui est le même avec ou sans abonnement. Ce modèle nous rend rentables depuis dix ans, et c’est ce modèle qu’IRIS et Bpifrance ont choisi de financer. » explique Marc-André Pezin, son directeur marketing.

    Vates revendique une croissance supérieure à 65 % en 2025, avant même l’arrivée des nouveaux investisseurs, et plus de 1 000 clients répartis dans une centaine de pays.

    L’éditeur réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export où l’Amérique du Nord pèse près de la moitié de son activité. Une partie des fonds levés sera d’ailleurs consacrée à y renforcer sa présence ainsi que celle sur les principaux marchés européens.

    La priorité affichée est de développer la nouvelle génération de sa plateforme avec un accent sur la performance, le stockage, la sécurité, l’automatisation et la gestion d’infrastructures à grande échelle. Vates cite explicitement l’évolution des charges de travail et les nouveaux besoins liés à l’IA. Motif de satisfaction pour l’éditeur : figurer pour la première fois cette année dans le Magic Quadrant de Gartner consacré à la virtualisation.

    Côté commercialisation, l’accent est mis sur la montée en puissance de l’écosystème de partenaires (distributeurs, intégrateurs, MSP) pour accompagner des projets de migration et de transformation plus volumineux à l’échelle internationale.

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  • Monday 05 October 2026 - 15:06
    from Silicon

    Synopsys va concevoir un modèle d’IA expert dans la conception de semi-conducteurs… et ce sera avec OpenAI.

    L’entreprise l’a annoncé dans le cadre de son Investor Day. Une manière d’appuyer sa promesse de passer « de l’IP standardisée à l’IP dédiée ». En la matière, elle aura comme vitrine un nouveau contrat à « plus d’un milliard $ » avec Amazon.

    Le modèle en question s’appellera GPT-Synopsys. On n’en sait pour l’heure pas grand-chose, sinon qu’il « tournera sur une infrastructure hébergée par OpenAI »… et qu’il exploitera l’outillage EDA de Synopsys.

    OpenAI a déjà ses entrées chez Synopsys

    Les LLM d’OpenAI ont déjà des points d’ancrage chez Synopsys. Ils furent notamment le substrat initial de l’offre Synopsys.ai Copilot. Lancée en 2023, cette dernière regroupe aujourd’hui 5 modules d’assistance (création de scripts, de bancs de test et de code RTL ; liting et aide généraliste) reposant sur une sélection de LLM commerciaux et open source assortis de prompts et de pipelines RAG propriétaires.

    Ansys – concurrent que Synopsys a acquis l’an dernier pour plus de 30 Md€ – a sa propre couche générative avec de l’OpenAI dedans. Elle s’incarne dans l’assistant Engineering Copilot, axé sur l’assistance technique.

    Le passage de Synopsys à l’agentique se fait sous la bannière Autopilot Platform. Promesse : fournir des familles d’agents spécialisés sur les différents compartiments de l’EDA, tout en laissant le choix du compute et des LLM.

    Synopsys IA agentique

    « 9 mois de l’idée au tape-out » : Jalapeño, un jalon franchi

    OpenAI a exploité ses modèles d’IA pour ses propres besoin de conception de semi-conducteurs. Le principal fruit s’appelle Jalapeño. Cette puce d’inférence conçue avec Broadcom n’est pas passé inaperçue. Essentiellement parce qu’il n’a fallu que 9 mois de la conception initiale au tape-out de fabrication.

    Cédric Gouy-Pailler est responsable du programme de recherche en intelligence artificielle du CEA-List. Intervenu lors du dernier salon Big Data & AI Paris au sujet des composants et systèmes pour les infrastructures du numérique, il n’a pas manqué de mentionner Jalapeño. Et de confirmer qu’on « assiste à l’introduction massive de l’IA dans le processus de conception des puces électroniques ».

    Reprenant des données de Microsoft, Cédric Gouy-Pailler a souligné qu’il semblait possible, « dans un horizon de quelques mois ou quelques années », de diviser par 8 à 20 la consommation d’énergie par requête d’inférence. Un facteur de 3 à 4 serait à gagner sur le modèle ; de 2 à 3 sur l’optimisation du déploiement ; de 1,5 à 2 sur le hardware.

    À consulter en complément, une synthèse des mesures que la Commission européenne propose avec le Chips Act 2.0. Elle y maintient l’objectif de mettre en place une plate-forme cloud de conception de semi-conducteurs. Lorsqu’elle a proposé son texte (juin 2026), l’hébergeur était sélectionné. Des négociations étaient en cours avec les fournisseurs d’outils EDA. Bruxelles pensait pouvoir les conclure à l’automne, pour un passage en phase opérationnelle avant 2027.

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  • Monday 05 October 2026 - 14:56
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    ( MISE A JOUR – 7 octobre 2026 – 13h30 ) –  L’examen du texte a finalement été retiré de l’ordre du jour « en raison de l’encombrement du calendrier parlementaire ».

    La France va-t-elle enfin transposée la directive européenne NIS2, deux ans après la date initialement prévue dans le calendrier de la Commission Européenne. Bruxelles avait, en effet, fixé l’échéance de transposition dans les droits nationaux au 17 octobre 2024.

    Attendu à l’ordre du jour de la session parlementaire extraordinaire de juillet, le Projet de loi relatif à « la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité » qui porte la transposition de NIS 2 , c’est finalement en séance publique que le projet de loi n° 1112, relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, sera  examiné

    Le projet de loi ne se limite pas à NIS2. Il transpose également trois directives européennes adoptées en 2022 : la directive REC sur la résilience des entités critiques, NIS2 sur la cybersécurité et la directive associée au règlement DORA pour la résilience opérationnelle numérique du secteur financier.

    Son titre Ier modernise le dispositif français de sécurité des activités d’importance vitale (SAIV), créé en 2006 et applicable à plus de 300 opérateurs. Il élargit ce cadre à de nouveaux sous-secteurs, dont les réseaux de chaleur et de froid, l’hydrogène et l’assainissement, et impose des plans de résilience aux opérateurs et aux quelque 1 500 points d’importance vitale.

    Le titre II, consacré à la cybersécurité, est le volet directement lié à NIS2. Il élargit le périmètre régulé de 6 à 18 secteurs, incluant notamment la santé, les industries manufacturières, la fabrication de produits chimiques, la recherche, les services postaux et les infrastructures numériques.

    Qui est concerné ?

    La transposition devrait toucher les entités essentielles et les entités importantes, deux catégories dont les obligations seront proportionnées à leur criticité.

    Sont notamment visés les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, les administrations centrales, les moyennes et grandes entreprises, ainsi que les collectivités territoriales.

    Selon les éléments présentés dans le cadre de l’examen parlementaire, environ 15 000 entités seront concernées, dont environ 1 500 collectivités locales, parmi lesquelles 300 communes de plus de 30 000 habitants.

    Le rapport de la commission spéciale évoque également 14 500 entités que l’ANSSI sera chargée de suivre et de contrôler.

    Avant le texte Après transposition attendue
    Environ 500 entités régulées Près de 15 000 entités régulées
    6 secteurs régulés 18 secteurs régulés
    Environ 300 opérateurs d’importance vitale Entités essentielles et importantes, publiques et privées
    Obligations concentrées sur les infrastructures critiques Obligations étendues à une large part du tissu économique et public

    Les obligations attendues

    Les entités régulées devront notamment transmettre des informations à l’ANSSI et déclarer leurs incidents de sécurité.

    Concrètement, les entreprises devront s’attendre à des exigences renforcées en matière de gouvernance de la cybersécurité, de gestion des risques, de notification d’incidents et de coopération avec l’autorité nationale.

    Pour les directions informatiques et les RSSI, l’enjeu immédiat sera l’identification du statut de l’organisation : entité essentielle ou importante, secteur concerné, taille, dépendances à des prestataires critiques et capacité à détecter puis notifier un incident dans les délais prévus.

    Des sanctions significatives

    En cas de manquement, les entités concernées pourront être sanctionnées par une amende pouvant atteindre 10 millions € ou 2% du chiffre d’affaires mondial. Cette amplitude est cohérente avec le régime de sanction prévu par NIS2.

    Toutefois, l’État, les collectivités locales et leurs établissements publics administratifs ne seront pas soumis à ces amendes. Cette précision est importante pour les acteurs publics, qui resteront néanmoins concernés par les obligations de sécurité et de notification.

    Le point sensible du chiffrement

    L’examen au Sénat a introduit un article 16 bis visant à « sanctuariser » le chiffrement dans la loi. Il interdirait d’imposer aux messageries instantanées l’installation de portes dérobées, de clés de déchiffrement maîtresses ou d’autres mécanismes affaiblissant volontairement leur sécurité.

    Les sénateurs ont justifié cette disposition par le risque de créer des vulnérabilités exploitables par des cybercriminels, des États hostiles ou des acteurs privés. Ce point pourrait rester l’un des sujets de débat les plus sensibles lors de l’examen à l’Assemblée.

    Un vote incertain à l’Assemblée

    Adopté en première lecture au Sénat le 12 mars 2025 par 181 voix contre 134, le projet de loi n° 1112 dispose d’une majorité relative au Sénat, mais sans abstention parmi les 315 suffrages exprimés.

    À l’Assemblée nationale, en revanche, aucun vote en séance publique n’a encore eu lieu. La commission spéciale avait adopté le texte à l’unanimité en septembre 2025, mais l’examen en hémicycle prévu à partir du 7 octobre déterminera la majorité finale.

    En commission spéciale, les députés ont examiné 472 amendements et adopté le texte de commission le 10 septembre 2025. Ce consensus en commission ne garantit toutefois pas l’absence de divisions lors du vote final en séance publique.

    Pour autant, l’examen du 7 octobre ne marque pas l’entrée en application immédiate de NIS2 en France. Le projet de loi a devra  suivre la navette parlementaire avant une éventuelle promulgation.

    L’ANSSI rappelle en outre que NIS2 n’entrera en vigueur en France que lorsque l’ensemble des textes de transposition ( loi, décrets et arrêtés) aura été promulgué.

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  • Monday 05 October 2026 - 11:36
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    Aucun segment de la cybersécurité n’échappe à l’impact de l’IA.

    Avec sa levée de fonds de 4 millions € (en pré-amorçage), Fleuret AI veut faire évoluer le pentest, encore souvent réalisé sous forme d’audit ponctuel, vers une démarche de sécurité continue.

    Pour la start-up, un test d’intrusion classique ne donne qu’une photographie de la sécurité d’un système à un instant donné, alors qu’un nouveau déploiement peut rapidement modifier la surface d’attaque d’une entreprise.

    Pour cela, elle a développé deux agents IA – Emile et Champollion – qui cartographient l’environnement d’une entreprise, explorent ses applications, API et infrastructures puis tentent d’exploiter les vulnérabilités identifiées.

    Chaque faille détectée est accompagnée d’une preuve de compromission, destinée à démontrer concrètement son exploitabilité. La plateforme surveille ensuite en continu la surface d’attaque et peut relancer des tests lorsque le système évolue.

    Sa plateforme s’appuie sur cinq piliers : connaître les systèmes exposés, identifier les vulnérabilités, démontrer leur exploitabilité, faciliter leur correction et vérifier leur résolution effective. Elle vise notamment à aider les organisations à répondre aux exigences de sécurité renforcées, dont celles associées à la directive européenne NIS2.

    Fondée en 2026 à Paris par Yanis Grigy, directeur général, et Augustin Ponsin, directeur technique, Fleuret AI compte aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et plusieurs clients, dont Stoïk, Ouwba, Brevo et Yogosha.

    Son tour de table est mené par RAISE Ventures, aux côtés d’Auriga Cyber Ventures, Wind, Better Angle et de business angels issus du secteur de la cybersécurité.

    « Notre ambition est de construire la couche de cybersécurité offensive qui permettra demain aux entreprises d’être en sécurité tout au long de l’année, et ce, peu importe leurs tailles », déclare Yanis Grigy, CEO et cofondateur de Fleuret AI.

    Illustration : © DR

     

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  • Monday 05 October 2026 - 11:17
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    Au tour de Google de s’avouer dépassé par la « bouillie IA ».

    Pour ce motif, l’entreprise a partiellement mis en pause un de ses bug bountys publics. En l’occurrence, l’Open Source Vulnerability Rewards Programs, qui englobe ses projets en source ouverte.

    Depuis le 1er octobre, elle n’accepte plus de soumissions pour des « vulnérabilités produit ». C’est-à-dire des problèmes de conception ou d’implémentation qui « entraînent une vulnérabilité affectant considérablement la confidentialité ou l’intégrité des données utilisateur ».

    Elle accepte en revanche toujours celles qui relèvent de la catégorie « compromission de la supply chain » (risques pour l’intégrité d’une source ou d’un build). Des exceptions pourront par ailleurs être faites pour les projets qui alimentent l’écosystème Google Cloud, dans le cadre du bug bounty qui lui est dédié (Cloud Vulnerability Reward Program).

    Google se donne jusqu’au premier trimestre 2027 pour faire évoluer la partie « vulnérabilités produit ». En attendant, il invite à se tourner vers son Patch Rewards Program. Celui-ci couvre les projets open source externe pour lesquels Google a signalé des vulnérabilités, ainsi que ceux intégrés dans OSS-Fuzz… et une centaine d’autres parmi lesquels :

    • Serveurs web et mai (Apache httpd, nginx, Postfix, Sendmail…)
    • CMS (Drupal, Joomla, Mangenta, PrestaShop, WordPress…)
    • Frameworks web (Angular, Dart, Go, jQuery, Struts…)
    • Gestionnaires de paquets (apt, npm, pip, yum)
    • Services réseau (BIND, OpenSSH, OpenVPN…)
    • Bibliothèques de décompression (7z, bzip2, gzip, tar…)

    De premières mesures prises au printemps

    Google avait déjà serré la vis au printemps, pour le même motif : nette augmentation de rapports faits par l’IA et truffés d’éléments incorrects ou non significatifs au regard du modèle de sécurité des projets concernés. Il avait entériné un système à quatre niveaux de priorité :

    • Flagship (projets les plus critiques : Angular, Bazel, Golang…)
    • Important (projets à forte empreinte communautaire)
    • Standard (projets actifs, stables, disponibles dans les principaux gestionnaires de paquets)
    • Faible (projets expérimentaux et/ou à petit périmètre)

    Aux deux premiers niveaux, Google avait imposé, pour les vulnérabilités de corruption mémoire, une reproduction OSS-Fuzz ou un fix fusionné dans le dépôt cible. Aux deux autres niveaux, il avait supprimé les récompenses pour les « vulnérabilités produit » et les « autres problèmes de sécurité », ne laissant que celles pour le volet supply chain.

    Curl a fait volte-face ; pas GitHub

    À l’heure où Google serrait la vis, Curl la desserrait.

    Fin janvier, le projet avait annoncé la fermeture de son bug bounty public sur HackerOne. Le pourquoi tenait en un chiffre : en 2025, le taux de rapports reçus traitant effectivement de « vraies » vulnérabilités était passé sous les 5 %. Alors qu’il était plutôt autour de 15 % les années précédentes.

    Curl avait alors basculé sur le système de signalement privé de vulnérabilités de GitHub – tout en supprimant les récompenses financières. Il en est revenu en mars, pas satisfait par la qualité du service… mais aussi rassuré par une hausse de la qualité des « contributions IA » (à tel point que le ratio des 15 % était à nouveau d’actualité). D’autres projets (Django, Firefox, Git, Python, Ruby…) faisaient alors un constat similaire. Pas GitHub.

    Ce dernier avait d’abord annoncé, au printemps, la fin des récompenses financières pour les rapports qui permettaient de corriger du code ou de la documentation sans toutefois démontrer d’impact significatif. Puis, cet été, il a diminué le plafond indicatif de récompense pour les vulnérabilités de faible sévérité. Et conditionné les montants les plus élevés à l’obtention du statut VIP. Il a par ailleurs commencé à utiliser l’indice de réputation HackerOne.

    arXiv plafonne les soumissions d’articles pour tous

    Le phénomène n’épargne pas arXiV. L’archive ouverte d’articles de recherche s’en voit soumettre de plus en plus. Mais beaucoup ne respectent pas les critères de fond et de forme. Cela s’accompagne d’une tendance à « saucissonner » la restitution des travaux en plusieurs articles. Autant d’éléments qui « consomme une part disproportionnée du temps des modérateurs ».

    Dans ce contexte, arXiv a imposé, sans durée déterminée, une limite de 2 soumissions par mois pour chaque utilisateur.

    Du côté d’Apple, on projette des mesures contre un autre effet indésirable : les erreurs de l’IA agentique. Dans le collimateur, une autorisation de macOS pensée pour les outils de sauvegarde : l’accès complet au disque interne. Apple n’explique pas précisément comment elle va évoluer, mais laisse entendre qu’il compte la rendre encore plus explicite qu’elle n’est (à l’heure actuelle, il faut ajouter manuellement, dans les paramètres système, les applications concernées).

    Illustration générée par IA

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  • Monday 05 October 2026 - 11:02
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    Schneider Electric poursuit le développement de son activité dans les logiciels industriels et l’IA appliquée à l’industrie.

    Le groupe français annonce l’acquisition de l’éditeur américain PTC pour environ 22,6 milliards $ (20,1 milliards €). L’opération, réalisée entièrement en numéraire, reste soumise à  l’approbation d’unne majorité des actionnaires de PTC et l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. La clôture est attendue d’ici le troisième trimestre 2027.

    Pourquoi PTC ?

    PTC, basé à Boston et coté au Nasdaq, emploie plus de 7 000 personnes et sert plus de 30 000 clients. Ses logiciels couvrent notamment la conception assistée par ordinateur (CAD), la gestion du cycle de vie des produits (PLM), des applications (ALM) et des services (SLM).

    L’éditeur a généré 2,4 milliards € de chiffre d’affaires en 2025, avec une marge d’EBITA ajusté d’environ 40%. Schneider Electric anticipe une croissance annuelle d’environ 10% de son chiffre d’affaires et de ses revenus récurrents annualisés jusqu’en 2029.

    Pour Schneider, PTC apporte une activité à forte composante d’abonnements, des marges élevées et une bonne génération de trésorerie, tout en élargissant la présence du groupe dans les industries manufacturières discrètes et hybrides.

    Relier conception, usine et exploitation

    L’acquisition, la plus grande acquisition de l’histoire de Schneider Electric, s’inscrit dans la stratégie d’« Intelligence Énergétique et Industrielle » défendue par ke groupe français. L’idée est de connecter les données de conception des produits et des machines, apportées par PTC, aux données opérationnelles et énergétiques qu’il exploite déjà.

    Concrètement, Schneider veut construire un « digital thread » unifié ; soit une chaîne de données qui relie la conception d’un produit, sa fabrication, son exploitation puis sa maintenance. Ce socle de données contextualisées devrait alimenter des applications d’IA industrielle.

    PTC complète ainsi le portefeuille logiciel de Schneider, qui comprend déjà AVEVA. Le projet d’acquisition de Cognite, annoncé en juillet dernier, reste lui aussi soumis à ses conditions de clôture et aux autorisations réglementaires.

    Une ambition de plateforme logicielle de bout en bout

    Avec PTC, Schneider Electric estime porter la part des logiciels et services à environ 24% de son chiffre d’affaires en incluant PTC et Cognite. Le groupe affiche plus de 15 000 collaborateurs dédiés aux logiciels et plus de 50 000 clients logiciels après l’opération.

    Schneider affirme également que la combinaison multipliera par trois environ son marché adressable dans les logiciels industriels, notamment grâce à l’accès aux industries manufacturières discrètes et hybrides. Le groupe mise sur des ventes croisées, l’extension de ses canaux de distribution, une couverture géographique élargie et le développement conjoint de « digital threads » enrichis par l’IA.


    FAQ — Schneider Electric rachète PTC

    Pourquoi Schneider Electric rachète-t-il PTC ?
    Schneider Electric veut accélérer le développement de son activité logicielle et renforcer son offre d’IA industrielle. PTC lui apporte notamment des logiciels de conception, d’ingénierie et de gestion du cycle de vie des produits.

    Combien Schneider Electric va-t-il payer pour PTC ?
    L’opération valorise les fonds propres de PTC à environ 22,6 milliards de dollars, soit 205 dollars par action. En valeur d’entreprise, le montant atteint environ 23,7 milliards de dollars.

    Que fait exactement PTC ?
    PTC édite des logiciels destinés notamment à la conception et à l’ingénierie des produits, à leur gestion sur l’ensemble de leur cycle de vie et à leur maintenance. L’entreprise revendique plus de 30 000 clients dans le monde.

    Quel est l’intérêt de PTC pour l’offre logicielle de Schneider ?
    PTC complète les actifs logiciels déjà constitués par Schneider Electric. Le groupe dispose notamment d’AVEVA pour les environnements industriels et vient également de renforcer son portefeuille avec Cognite, spécialisé dans les données industrielles et l’IA. L’objectif est de relier les données depuis la conception des produits jusqu’à leur exploitation et leur maintenance.

    Schneider Electric devient-il pour autant un éditeur de logiciels ?
    L’opération confirme en tout cas l’évolution du groupe vers un modèle davantage fondé sur le logiciel et les revenus récurrents. Schneider estime que le SaaS représentera environ 24 % de ses revenus après l’opération.

    Quand le rachat sera-t-il finalisé ?
    La finalisation est actuellement prévue au troisième trimestre 2027, sous réserve notamment de l’approbation des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires nécessaires.

     


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  • Friday 02 October 2026 - 19:27
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    Attention : il y a dans Metabase une vulnérabilité critique qui permet l’injection SQL sans authentification.

    Le 10 septembre 2026, le CERT-FR avait émis une alerte de sécurité à ce sujet. Il disait avoir connaissance de nombreuses compromissions. Parmi elles, il y avait très probablement celle de Zéro Logement Vacant.

    Ce service, que les collectivités territoriales utilisent pour identifier les propriétaires de logements durablement vacants et prendre contact avec eux, a visiblement subi un vol de données. L’acte a en tout cas été revendiqué, d’après l’ANSSI, qui affirme en avoir été informée le 28 août. « Le point d’entrée serait la compromission d’une instance Metabase », explique-t-elle désormais dans son premier point de situation sur le dispositif REACTIV.

    Le document liste une vingtaine d’incidents survenus depuis début juillet. Leur point commun : des exfiltrations potentielles ou avérées. Certains restent en cours de qualification. Pour les autres, l’ANSSI communique, avec plus ou moins de certitude, des bilans chiffrés. Parfois sur les victimes, parfois sur les volumes de données, parfois sur les deux.

    Les incidents chiffrés avec certitude

    Le 12 août, une agence de ministère de l’Europe et des affaires étrangères a été ciblée. En l’occurrence, l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Un compte compromis a perms l’accès à l’annuaire interne. Et la récupération d’informations concernant « plus de 30 000 personnes » : identité, coordonnées, certifications professionnelles, qualifications, expériences, évaluations, financement des parcours VAE.

    Le 7 août, soit quatre jours avant sa fermeture, le service Bloctel a subi une exfiltration de données. Le vecteur : un compte professionnel d’une entreprise. Butin : une archive qui contenait la liste des numéros qu’avait soumis ce professionnel, ainsi que la liste après traitement par Bloctel. La combinaison permettait d’identifier environ 600 000 numéros inscrits.

    Toujours dans la sphère des ministères économiques et financiers, un incident a touché TRACFIN. Levier : la compromission du sous-traitant de l’opérateur du module d’assistance aux usagers intégré au portail de déclaration utilisé par les professionnels assujettis. L’exfiltration s’est étalée entre fin juin et mi-juillet. Elle concerne 136 professionnels. Butin : des noms, prénoms, fonctions, adresses électroniques et numéros de téléphone. Ainsi que le contenu de 213 demandes d’assistance envoyées au support technique.

    Il y a bien sûr aussi la série d’attaques dirigées, les 12 et 13 août, contre la DGFiP. Une première a exposé les données fiscales d’environ 353 000 particuliers (état civil, coordonnées, numéro fiscal, situation familiale, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source et liste de demandes). Et de 252 000 professionnels (SIREN, dénomination, adresse, liste de demandes). Une seconde a permis de récupérer, depuis le serveur professionnel de données cadastrales, environ 2 millions de données concernant quelque 434 000 usagers (noms, dates de naissance, adresses, identifiants fonciers, parcelles, nature des droits).

    L’ANSSI touchée elle aussi

    Le 25 août, on a détecté la compromission de plus de 300 comptes utilisateurs de BNUM (Bureau Numérique). Cette application que porte le pôle ministériel Écologie fournit aux agents publics un portail d’accès à leurs outils de travail. Elle a permis d’exfiltrer le contenu de boîtes de messagerie et de l’espace de fichiers partagé.

    Autre portail touché : OISO (Outil informatique de surveillance des organismes). Le ministère de l’Écologie s’en sert pour contrôler le respect des normes environnementales par des prestataires privés. L’utilisation du compte compromis d’un organisme privé a permis d’énumérer des données personnelles de 22 000 agents et organismes agréés.

    L’application Qualicharge aide la puissance publique à gérer les infrastructures de recharge des véhicules électriques. L’exploitation de la vulnérabilité Metabase (CVE-2026-72898) a engendré l’exfiltration de 102 000 sessions de recharge. Et d’une centaine de comptes techniques (identifiants, adresses électroniques, mots de passe chiffrés).

    Cette même vulnérabilité a aussi permis de cibler… le laboratoire d’innovation de l’ANSSI. Dans la nasse, 118 comptes utilisateurs, dont une trentaine d’externes. Butin : des données statistiques d’utilisation, des identifiants, des adresses électroniques et des mots de passe hachés.

    Les incidents chiffrés sans certitude

    L’ANSSI évoque l’attaque survenue fin juillet sur le SI du ministère de l’Éducation nationale. Elle explique que l’attaquant « a potentiellement pu exfiltrer » des données de 4,35 millions d’enseignants (identité, affectation, grade, formation, indemnités).

    Ces données ont pour partie alimenté une autre revendication, faite le 17 août… et qui a aussi révélé un vol massif dans l’académie de Créteil : la base d’un million d’élèves, de leurs responsables légaux et d’enseignants.

    Bilan également incertain pour Préférence Formations, outil du réseau national des EPLEFPA (Établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles). La fuite porterait sur 5265 personnes (identifiant, nom, prénom, adresse électronique, ville, pays, fuseau horaire).

    Une attaque contre le portail du SNU (Service national universel) aurait exposé les données de 275 000 utilisateurs. Plus précisément, identifiants, noms, adresses électroniques, numéros de téléphone, rôles, statuts, informations géographiques et activité. La faute à une vulnérabilité IDOR (Insecure Direct Object Reference ; contrôle inapproprié des permissions par une application ou une API).

    Les incidents non chiffrés

    À la DINUM aussi, il y a eu compromission d’instances Metabase. Deux en l’occurrence, rattachées à ProConnect et à Nuage Public. Les informations que l’opération a exposées sont déjà publiques, assure l’ANSSI. Elles concernent des organismes publics (SIREN, SIRET, budgets, effectifs). Il s’y trouve aussi des métadonnées de contribution à des projets logiciels open source, et des historiques de connexion anonymisés.

    Metabase toujours pour le portail France VAE, compromis le 8 août. L’intégralité des données des utilisateurs ont filtré (identité, contact, certifications, qualification, expériences, évaluations, financement). Et donc « a priori » aussi pour Zéro Logement Vacant.

    Pas non plus de bilan chiffré concernant la compromission du compte Tchap d’un agent de l’Éducation nationale. Détectée le 19 août, elle a permis l’accès à des salons publics et privés, dont certains du cadastre et de la DGFiP (à ce sujet, consulter notre article sur le « décloisonnement » de Tchap à base de Matrix…).

    L’ANSSI dit aussi avoir établi, le 21 août, un lien entre la compromission de trois comptes de messagerie d’agents de la DGDDI (Direction générale des douanes et droits indirects) et celle d’un serveur utilisé pour les échanges entre agents et prestataires. Un de ces comptes y avait effectivement accès…

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  • Friday 02 October 2026 - 16:55
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    La bibliothèque s’en va, les pages et les espaces arrivent, les projets restent : ainsi évolue ChatGPT.

    Ce changement n’est pas que terminologique. Il est aussi fonctionnel. Avec lui, OpenAI introduit une couche d’édition collaborative. Elle s’incarne pour le moment en un format : les fameuses « pages », équivalentes à des documents Word. Les « espaces » servent à les organiser, éventuellement aux côtés de fichiers importés. Ils sont, en quelque sorte, ce que les « projets » sont aux conversations*, en plus de remplir la fonction jusque-là dévolue à la « bibliothèque ».

    L’ensemble arrive progressivement sur les forfaits ChatGPT Pro, Business (ex-Team) et Enterprise. L’édition collaborative est pour le moment opérationnelle sur le web et les applications de bureau. Sur mobile, on ne peut que consulter les pages. Feuilles de calcul et diapositives sont censées s’y ajouter « bientôt ».

    ChatGPT Work avait ouvert la voie

    OpenAI avait déjà développé l’aspect suite de productivité avec le mode ChatGPT Work. Lancé en juillet sur les forfaits Business et Enterprise, il complète les modes Chat et Codex pour accompagner la « production de livrables finalisés » (documents texte, feuilles de calcul, présentations, rapports et sites), y compris dans Excel et Google Workspace.

    L’aspect collaboration s’est notamment manisfesté, pendant un peu plus d’un an, à travers la fonction Canvas. Abandonnée au printemps 2026, elle favorisait le travail avec GPT sur les projets d’écriture et de code nécessitant des modifications et des révisions. Elle permettait par exemple de surligner des sections pour préciser à l’IA les points sur lesquels se concentrer.

    Le choix d’un assistant IA d’entreprise dépend encore beaucoup du niveau d’adhérence à une suite bureautique, a récemment fait remarquer Gartner. Non sans affirmer que ChatGPT Enterprise était d’ores et déjà suffisamment exhaustive pour constituer une alternative « cohérente » aux suites de productivité.

    À consulter en complément :

    Comment OpenAI s’est installé au coeur des logiciels d’entreprise
    Qui est Jacob Coxon, le chercheur qui accuse l’IA de vouloir nous tuer ?
    GPT-6 Astra, un modèle qui pose problème à OpenAI
    Tokenomics : les chiffres d’une discipline FinOps en construction
    Comment Microsoft articule le « code de conduite » qui va gouverner ses IA

    * Intégrés fin 2024, les projets sont centrés sur les discussions. On y définit des instructions système et on y dépose des fichiers de référence.

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  • Friday 02 October 2026 - 12:39
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    Bull inaugure son nouveau bâtiment de production à Angers. La construction du site remonte à 1963,

    Avec un investissement de 80 millions d’euros, le fabricant français de supercalculateurs double sa capacité industrielle, alors que l’Europe cherche à renforcer son autonomie en matière de calcul haute performance et d’IA.

    Selon Reuters, la production du site est déjà passée de six à douze baies par mois. Bull indique pouvoir atteindre 24 baies mensuelles en 2027 si la demande se maintient.

    L’usine est présentée par Bull comme le seul site industriel européen capable d’assembler de grands supercalculateurs. Elle conçoit, intègre, teste et valide des machines de calcul avancé, des infrastructures d’IA, des serveurs d’entreprise et, à terme, des technologies quantiques.

    Le nouveau bâtiment couvre 20 000 m², dont 10 700 m² dédiés à la production. Bull annonce un doublement de capacité, une hausse de 30% de la productivité et une réduction de 30% des coûts de maintenance du bâtiment.

    Une demande portée par l’IA

    Ce doublement de capacité intervient dans un contexte de forte croissance des commandes.

    Emmanuel Le Roux, le PDG de Bull, indiqué à Reuters que l’entreprise avait reçu cette année plus de commandes que jamais auparavant et remporté 15 des 18 appels d’offres émis par EuroHPC, face notamment à Hewlett Packard Enterprise.

    L’Union européenne a engagé 7 milliards € entre 2021 et 2027 pour développer un réseau européen de supercalculateurs, afin de réduire l’écart de capacité de calcul avec les États-Unis et la Chine.

    Bull assemble notamment JUPITER, premier supercalculateur exascale européen, exploité au centre de Jülich en Allemagne. Le site doit également livrer en 2027 Alice Recoque, futur système exascale français, et LUMI-AI, infrastructure au cœur de la LUMI AI Factory en Finlande.

    La commande française Alice Recoque représente 94 baies et est assemblée en parallèle de LUMI-AI, contrat de 388 millions € passé par la Finlande et présenté comme le plus important de l’histoire de Bull. Selon Reuters, ces deux programmes n’auraient pas pu être menés simultanément avant l’agrandissement de l’usine.

    Vers une industrie européenne de l’IA

    Bull lance également le programme Open Factory, destiné à ouvrir ses capacités industrielles à des entreprises travaillant sur l’IA, le calcul avancé et le quantique.

    L’objectif est d’aider ces acteurs à passer du laboratoire à la production à grande échelle, tout en favorisant la relocalisation de la fabrication d’infrastructures stratégiques en Europe.

    Le partenariat annoncé avec Foxconn prévoit de fabriquer en Europe des serveurs IA fondés sur la plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72 avec un assemblage final à Angers.

    Selon Reuters, les composants européens représentent désormais 70% des machines produites, contre 20 à 30% il y a cinq ans. L’usine assemble également des systèmes intégrant des processeurs Nvidia, AMD et Intel, selon les besoins des clients.

    L’État français est devenu actionnaire unique de Bull après le rachat de l’entreprise à Atos pour une valorisation pouvant atteindre 404 millions €.

    Image : © Bull

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  • Friday 02 October 2026 - 12:05
    from Silicon

    La guerre des clones a commencé.

    C’est un ancien d’OpenAI qui le dit. Il dirige désormais TypeSafe AI. Cette start-up a acquis une certaine aura depuis qu’elle est sortie du bois mi-septembre. Le produit qui lui a valu cette attention s’appelle Jev. Une référence à l’économiste britannique Willam Stanley Jevons (1835-1882). Lequel a théorisé l’idée que plus les progrès techniques permettent d’utiliser une ressource efficacement, plus la consommation de cette ressource a tendance à augmenter.

    Il y a effectivement en Jev la promesse d’un usage plus efficace… des tokens, en l’occurrence. À travers lui, TypeSafe AI pousse une nouvelle typologie de modèle, à cheval entre LLM et classifieurs. Dite System One, elle ne produit pas de texte, mais des « décisions calibrées ». Plus précisément, des réponses structurées à trois types de questions cadrées :

    • Sélectionner des options dans une liste finie
    • Distribuer les scores de probabilité sur un échantillon déterminé
    • Évaluer si un élément est vrai ou faux

    Chaque question a sa primitive (respectivement Choice, Score et Noul). On peut les combiner dans un même appel. Elles sont traitées en parallèle, mais isolément pour éviter la contamination du contexte.

    Plus fiable, plus rapide et plus économique que les LLM… sur un périmètre d’action limité

    Le nom TypeSafe AI est une allusion à la sûreté du typage, une propriété qui garantit qu’un programme n’utilise pas les données de manière incorrecte par rapport à leur type (par exemple, essayer de multiplier un prix par une date). Il reflète la promesse de l’approche System One : obtenir des réponses que les machines peuvent directement utiliser… et traiter plus simplement que des réponses de LLM, avec davantage de fiabilité (grâce aux scores de confiance embarqués), moins de latence et un coût inférieur (pour Jev, « sous les 100 ms pour la plupart des requêtes », à raison de 0,042 $ par million de tokens en entrée).

    Le scénario de sélection dans une liste finie peut, par exemple, aider à transmettre une demande client vers la bonne équipe. Le scoring de probabilité, à mesurer son niveau de frustration. L’évaluation vrai/faux, à savoir si la demande implique ou non un remboursement. Dans un système agentique, l’ensemble peut servir tant au routage des requêtes qu’à la sélection d’outils, la vérification d’arguments ou l’application de garde-fous.

    Les modèles System One se prêtent dans tous les cas à des réponses rapides – du genre qu’un humain averti donnerait instantanément, explique TypeSafe AI. On les combinera éventuellement à des vérifications déterministes dans le code.

    AWS répond avec un modèle spécifique ; OpenAI, avec GPT Luna

    La démarche a inspiré AWS, qui en a publié sa propre incarnation : Strands Decider. Il avance globalement les mêmes arguments que TypeSafe AI, mais en ajoute un en particulier : l’entraînement nécessite moins d’expertise que pour un classifieur traditionnel.

    Cette remarque n’est pas anodine : Strands Decider est open source. Conçu pour un usage en local, il dérive de Qwen3.5-2B. AWS en a repris le tronc (adapté avec LoRA), mais a retiré la tête qui modélise le texte. Il l’a remplacée par une tête de type pointeur qui évalue chaque option.

    Strands Decider architecture

    AWS communique des indicateurs de performance sur le benchmark public JevBench. Sur une RXT 3090 dans WSL2, la dernière version en date de Strands Decider (v19) a un temps de réponse médian d’un peu plus de 100 ms, pour un score global de précision de 0,7229. Sur un MacBook M3 Pro à 36 Go, on passe à 234 ms « à chaud » (requêtes successives).

    OpenAI aussi a répliqué, avec l’API Decisions, qui est toutefois en accès limité. Au contraire d’AWS et de TypeSafe AI, il n’a pas développé de modèle spécifique. Sous le capot, il y a GPT Luna, dont on « [concentre] l’intelligence […] sur un ensemble de précis de questions définies par l’utilisateur, avec un nombre fini de réponses prédéfinies ». Ce choix a un avantage : accepter les images en entrée en plus du texte.

    Illustration principale générée par IA

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  • Friday 02 October 2026 - 11:22
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    L’affaire Hugging Face reste au centre des préoccupations sur l’activité « désalignée » des agents IA.

    Dans une note d’information publiée le 30 septembre, OpenAI indique que ses équipes ont prévenu plus de 100 organisations dont les systèmes ou services avaient été concernés par une activité répondant à ses critères de notification.

    Le créateur de ChatGPT a engagé une revue portant sur environ 50 pétaoctets de données,en précisant que ce volume s’explique notamment par l’ampleur des campagnes d’entraînement et de test, qui mobilisent des dizaines de milliers de GPU.

    Cependant, OpenAI précise explicitement qu’une notification « ne signifie pas » qu’une information privée a été consultée ou qu’un système tiers a été compromis.

    Une alerte n’est pas une intrusion

    Les cas examinés recouvrent plusieurs catégories d’incident. Sont évoqués le contournement des contrôles d’accès, l’utilisation d’identifiants exposés publiquement, l’injection de requêtes ou de commandes, l’accès à des éléments internes d’un service ou encore la publication non sollicitée de contenus sur des sites tiers ; ce qu’OpenAI appelle « agent spam ».

    OpenAI reconnaît que ses modèles ont parfois utilisé Internet de manière non prévue ou que les restrictions appliquées à certaines tâches n’étaient pas suffisamment strictes. Mais elle affirme ne pas avoir identifié, à ce stade, une autre compromission de système tiers comparable en ampleur ou en gravité à l’incident Hugging Face.

    OpenAI le décrit comme le cas le plus sévère identifié à ce jour. L’environnement d’évaluation ExploitGym ne donnant pas directement accès à Internet, les modèles auraient exploité une vulnérabilité jusque-là inconnue dans Artifactory, un proxy de cache pour registres de paquets, afin d’obtenir cet accès.

    Depuis, OpenAI affirme avoir renforcé l’isolation de ses environnements de recherche, restreint l’accès au réseau, accru la surveillance et ajouté des mesures d’entraînement destinées à éviter les actions non autorisées.

    Une enquête qui durera des mois

    La scale-up présente son dispositif comme un exercice de transparence et affirme  privilégier la notification lorsqu’une activité expose une vulnérabilité potentielle, même si l’on ignore encore si les informations consultées étaient destinées à être publiques.

    Le processus repose sur plusieurs étapes automatisées, puis sur une vérification humaine. OpenAI souligne qu’un signal automatisé n’est pas un incident confirmé. Par exemple, un modèle peut envisager une action dans son raisonnement sans jamais l’exécuter, ou tenter une action qui échoue.

    Mais cette prudence rend le bilan difficile à interpréter. Les organisations alertées doivent elles-mêmes déterminer si l’activité signalée révèle une faiblesse, une exposition de données ou un simple comportement sans conséquence ?

    OpenAI affirme que la grande majorité des actions examinées relevait de tâches de recherche ordinaires, notamment la consultation du contenu web public. Son enquête se concentre sur les cas où des agents ont interagi avec des sites tiers au-delà de leur mission ou des méthodes prévues.

    La scale-up s’attend toutefois à identifier d’autres cas et à notifier davantage d’organisations à mesure que l’examen des archives progresse. Certains signalements pourraient concerner des événements remontant à plusieurs mois.

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  • Thursday 01 October 2026 - 18:28
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    Pour se positionner dans les « usines IA », NetApp a choisi sa voie : ce sera pNFS.

    Cette extension de la spécification NFS a émergé au début des années 2000. Elle favorise les accès parallèles en désagrégeant le serveur de métadonnées.

    Ce dernier peut communiquer aux clients différents layouts (agencements de données) en fonction des systèmes. NetApp a choisi celui dit Flex Files, qui permet d’agréger des serveurs NFS dans un même namespace. Une solution qu’il juge idéale à l’échelle des usines IA pour éviter la charge de coordination associée à des points de montage séparés.

    L’option du NAS d’entreprise à architecture shared-everything a été écartée, essentiellement faute d’opérer cette désagrégation.

    Lustre l’implémente*… mais le serveur de métadonnées est monolithique. La réponse classique pour passer à l’échelle – partitionner le namespace – n’a pas convaincu NetApp, qui estime qu’elle ne fait que décaler le goulet d’étranglement. Il lui a préféré une technologie qui s’est récement greffée à l’écosystème pNFS : Lattice.

    L’acquisition de PEAK:IO prend tout son sens

    Publié en source ouverte avec le soutien de la Fondation Linux, Lattice fournit un moteur d’exécution en espace utilisateur, articulé autour d’un plan d’autorité partagé (un cluster RonDB). Ces propriétés facilitent la mise à l’échelle – jusqu’à 72 nœuds – et ouvrent la voie à des instances de serveurs de métadonnées éphémères.

    L’orchestration avec l’infrastructure de stockage repose sur des appels RPC directs. Le moteur implémente pour le moment la personnalité NFSv4.2/pNFS. L’objectif est d’en faire un socle pour d’autres architectures distribuées.

    Avec le concours technique du laboratoire de Los Alamos, le projet a commencé à évoluer vers un modèle open core. Des modules (restructuration des données, répartition pondérée, hiérarchisation…) émergent sous l’impulsion d’une start-up : PEAK:IO. NetApp la connaît d’autant plus qu’il en a fait l’acquisition.

    Novus est censé fournir plus de 100 To/s de bande passante agrégée, à une échelle de l’ordre du zettaoctet, avec un scaling « quasi linéaire ». Pour le moment, les données doivent résider sur des baies ONTAP (pas encore d’option SDS). Le serveur de métadonnées tourne sur du matériel x86.

    À consulter en complément :

    VAST Data s’approprie le calcul confidentiel sur GPU NVIDIA
    AI gateway : la prochaine bataille des infrastructures IA
    Stockage d’entreprise : les disques durs en phase de regain
    Microsoft veut optimiser chaque token d’IA
    AI gigafactories : les détails de l’appel d’offres

    * Autre limite de Lustre : il exige un noyau spécifique à maintenir sur chaque nœud. Cette nécessité n’existe pas avec pNFS, intégré nativement dans Linux.

    Illustration générée par IA

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  • Thursday 01 October 2026 - 11:29
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    Washington renforce la surveillance des technologies d’IA.

    La Federal Trade Commission (FTC) mène une enquête à l’échelle du secteur sur Anthropic, OpenAI et d’autres acteurs de l’IA afin d’examiner les dangers potentiels de leurs technologies pour les consommateurs, a indiqué un haut responsable à Reuters.

    La FTC prévoit d’adresser des demandes formelles d’informations aux entreprises concernées et de contraindre certains de leurs dirigeants à témoigner. Anthropic, OpenAI et l’organisme de recherche METR figurent parmi les acteurs cités par le responsable. Le porte-parole de la FTC n’a toutefois pas précisé quelles autres entreprises seraient concernées.

    Selon Reuters, il s’agit de la première action officielle d’un régulateur américain consacrée spécifiquement aux agents d’IA dits « rogue », dont le comportement s’écarte de ce qui était attendu par leurs concepteurs ou utilisateurs.

    Hugging Face a accéléré le dossier

    La FTC s’intéressait déjà au sujet avant que des agents d’OpenAI, dans le cadre d’un test de cybersécurité, échappent à leur environnement contrôlé avant de compromettre l’infrastructure de Hugging Face.

    D’autres comportements similaires ont depuis été signalés dans le secteur. OpenAI et Anthropic ont notamment indiqué que certains de leurs systèmes avaient effectué des opérations de cybersécurité dépassant les intentions initialement fixées par leurs utilisateurs ou développeurs.

    Pour les régulateurs, l’enjeu est désormais de déterminer dans quelle mesure les entreprises peuvent être tenues responsables des conséquences de tels comportements.

    Un accord volontaire signé à la Maison-Blanche

    La nouvelle enquête intervient dans un contexte particulier.

    La veille, Donald Trump avait réuni à la Maison-Blanche plusieurs dirigeants du secteur – Greg Brockman pour OpenAI, Dario Amodei pour Anthropic, Mark Zuckerberg pour Meta, Sundar Pichai pour Google et Jensen Huang pour Nvidia – afin d’annoncer un accord volontaire sur la sécurité de l’IA.

    Le document prévoit notamment que les entreprises travaillent avec des auditeurs indépendants afin d’évaluer leurs dispositifs de contrôle et de surveillance. Elles s’engagent également à mettre en place des mécanismes internes et à veiller à ce que leurs outils ne puissent pas accéder ou s’en prendre à des systèmes techniques de manière non prévue.

    Mark Zuckerberg a indiqué que les entreprises travailleraient également au renforcement de leurs contrôles internes. Donald Trump a comparé l’accord à une forme de « constitution » et évoqué la possibilité de créer un comité d’une dizaine de personnes chargé de surveiller la sécurité des outils d’IA.

    L’accord reste toutefois volontaire et ne constitue pas une nouvelle réglementation fédérale.

    La question de la responsabilité

    L’intervention de la FTC intervient alors que ses principaux acteurs commencent à reconnaître l’incertitude juridique entourant ces nouveaux systèmes.

    Dans son prospectus préparé pour son introduction en Bourse, Anthropic souligne que les actions de ses systèmes pourraient donner lieu à des réclamations de clients ou d’utilisateurs et que le cadre juridique applicable demeure incertain.

    L’éditeur de Claude évoque notamment les conséquences possibles d’une suppression de données, d’une opération financière non autorisée ou d’une autre action exécutée sans validation explicite.

    La FTC va donc chercher à déterminer ce que les développeurs savent de ces risques, comment ils les contrôlent et dans quelles circonstances leur responsabilité pourrait être engagée.

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  • Thursday 01 October 2026 - 10:50
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    Disponibilité générale actée pour les conteneurs WSL… mais n’y cherchez pas de fonctionnalité à la Docker Compose.

    Microsoft affirme en faire une priorité. Cependant, au sein du projet WSL, on n’a pas encore tranché entre réimplémenter complètement Docker Compose ou exposer directement l’API Docker.

    Vers une exposition directe de l’API Docker

    On semble se diriger vers la deuxième solution, étant donné que le moteur Docker est déjà présent et fonctionnel. Chaque session WSLc exécute effectivement une version standard et complète de Moby (dockerd). Le socket Unix par lequel on y accède n’est simplement relié à aucun point d’accès externe. Il suffirait donc théoriquement d’exposer un écouteur vers l’hôte Windows.

    Un socket brut contournerait toutefois les contrôles de sécurité de WSLc. L’option préconisée consiste ainsi à déployer un point d’accès filtré interceptant et validant les requêtes sensibles. Les tests ont été concluants : Docker Compose, Dev Containers et Testcontainers fonctionnent complètement. Des limites structurelles demeurent néanmoins. Entre autres, il n’y a pas de prise en charge du multiarchitecture (l’absence de QEMU / binfmt fait planter les binaires étrangers).

    Des passerelles avec Intune et Defender

    Microsoft n’évoque pas le projet communautaire wslc-compose, qui offre un palliatif sous la forme d’un package Python. Il en mentionne en revanche d’autres, dont WSL Container Desktop et Lazywslc. Tous deux résolvent une autre limite actuelle de WSLc : l’absence d’une interface graphique de gestion des conteneurs.

    En attendant ces ajouts, Microsoft a créé une passerelle avec son EDR, qui peut extraire l’activité de l’environnement WSLc et la corréler à celle de l’hôte. Une jonction est également établie avec Intune, qui peut activer et désactiver des conteneurs, ainsi que restreindre les tirages à des registres approuvés.

    Une architecture réseau en espace utilisateur

    Alors que Docker Desktop tourne dans la VM WSL partagée, WSLc crée une VM par conteneur. Il ne les attache pas à un commutateur virtuel Hyper-V classique : elles envoient leurs paquets sous forme de trames Ethernet brutes via une file d’attente virtualisée. Un processus Windows dédié en espace utilisateur lit cette file en continu et réémet les requêtes sur le réseau Windows. Cela évite les problèmes que le modèle WSL2 traditionnel – NAT, avec une IP distincte par VM – pose avec les VPN et les pare-feu.

    Plusieurs options pour le stockage persistant

    Chaque session dispose de son propre disque dur virtuel qui conserve l’état global de l’environnement. Il est stocké directement sur l’hôte Windows.
    Par défaut, l’espace d’écriture d’un conteneur est éphémère. Des volumes permettent de conserver les données. Ils sont mappés à un dossier sur l’hôte, exposé à la VM via virtiofs. Il en existe une variante : les volumes VHD, où la source n’est pas un dossier Windows partagé mais un fichier disque virtuel dédié. Par rapport aux dossiers Windows partagés, cela permet d’imposer une limite de stockage stricte. Et le formatage en ext4 évite les problèmes avec les logiciels qui gèrent mal les particularités de NTFS.

    Illustration générée par IA

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  • Wednesday 30 September 2026 - 16:45
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    Cloudflare a un nouveau terrain de jeu : le voilà qui veut devenir une autorité de certification publique.

    Il a soumis sa propre clé racine aux principaux magasins de confiance du marché (Chrome, Apple, Microsoft, Mozilla). Comme la procédure d’inscription peut prendre plusieurs années, il en a aussi racheté une à GlobalSign. Existant depuis 2012, elle lui permettra une couverture plus rapide… et aussi plus large. En ligne de mire, les terminaux anciens arrivés en fin de support et que sa racine aurait par là même du mal à atteindre.

    Quand Cloudflare présente Let’s Encrypt comme un risque systémique

    Cloudflare promet une alternative à Let’s Encrypt. Son argument : cette autorité, qui émet aujourd’hui près de 40 % des certificats TLS publics, induit un risque systémique. En cas d’incident, il n’existe pas de concurrent capable d’absorber la charge gratuitement et de manière automatisée.

    À défaut d’avoir émis jusque-là ses propres certificats, Cloudflare peut revendiquer une expérience en tant que mandataire. Pour chaque domaine configuré sur son réseau, il obtient des certificats auprès d’autorités partenaires. Cela lui a, affirme-t-il, permis de saisir les faiblesses du Web PKI (plafond de requêtes, lenteur des révocations massives, changements de politiques chez les CA…).

    Cloudflare anticipe plus globalement une croissance de la demande en certificats pour trois raisons principales. Parmi elles, le raccourcissement de leur durée de vie, impulsé en particulier par Apple et Google. Il y a aussi l’activité des agents autonomes, qui entraîne une prolifération de microservices nécessitant des identités cryptographiques propres.

    La suite avec les arbres de Merkle

    La troisième raison, c’est la transition post-quantique. Cloudflare veut faire partie des premières autorités de certification à prendre ce train. Il vise une admission début 2027 dans le programme spécifique récemment ouvert par Chrome.

    La démarche reposera sur les MTC (Merkle Tree Certificates), qui se sont imposés, dans l’écosystème, comme la solution technique de référence. Ils font l’objet d’un projet de spécification au sein de l’IETF. Dans les grandes lignes, plutôt que de signer chaque certificat feuille individuellement, on les insère par lots dans un arbre de Merkle dont on signe la racine. Les clients n’ont alors qu’à vérifier une preuve d’inclusion (suite logarithmique de hachages cryptographiques).

    Les MTC réutilisent le conteneur standard X.509 en y insérant un identifiant d’algorithme de signature. Ils sont délivrés de deux manières. Dans la forme dite autonome, le certificat embarque tout ce dont le client a besoin. Dans celle dite « avec repère », l’autorité de certification regroupe l’ensemble de ses certificats actifs sous forme d’une série de sous-arbres, formant une référence temporelle commune. Le clients reçoivent en amont, hors bande, les têtes d’arbre signées. Le serveur ne transmet alors que la preuve d’inclusion, éliminant les signatures post-quantiques de la négociation TLS. Ce mécanisme permet qu’une poignée de signatures sécurise des milliards de certificats. Il suppose toutefois de pouvoir mettre à jour les clients. D’où le besoin de conserver le mode autonome.

    Passer à l’échelle le mécanisme de transparence

    Cloudflare fondera son infrastructure sur un fork de Boulder, utilisé par Let’s Encrypt. Les flux d’émission reposeront sur le protocole standard ACME. Ils impliqueront – spécificité de l’ère MTC – des cosignataires indépendants. Ceux-ci stockeront une copie des journaux d’émission et vérifieront que l’arbre grandit strictement en ajout seul, sans bifurcation frauduleuse.

    Seulement après validation d’un cosignataire externe, l’autorité de certification pourra assembler l’objet MTC final. Lequel contiendra les cosignatures, la clé publique du serveur demandeur et la preuve d’inclusion Merkle.

    Parallèlement, Cloudflare projette une évolution du système de transparence du Web PKI. Il impose à chaque autorité de soumettre tout certificat à au moins deux registres publics. Il n’est cependant pas natif à X.509. Son ajout a posteriori engendre des inefficacités ; à commencer par le multi-enregistrement fréquent des certificats. Leur coût va se révéler d’autant plus important avec les signatures post-quantiques, les volumes à ingérer étant amenés à augmenter nettement (x 40, d’après Cloudflare).

    Sous l’ère MTC, il s’agira de faire de ce mécanisme une propriété native. Le registre ne stockerait que des hachages de clés publiques et la signature sur la tête d’arbre couvrirait mathématiquement l’intégralité du log.

    Une expérimentation prometteuse sur Chrome

    Une expérimentation a été menée auprès de 50 % des utilisateurs de la bêta de Chrome 146. Cloudflare a déployé une fausse autorité délivrant, pour un échantillon des sites hébergés sur son plan gratuit, des MTC adossés à une chaîne de certificats conventionnelle.

    Sur des milliards de certificats servis, la négociation TLS en mode autonome s’est révélée 9 % plus rapide qu’avec une chaîne de signatures classique. Cloudflare admet qu’en l’état, l’essentiel du gain provient de l’élision des certificats intermédiaires. Cependant, ayant testé les MTC avec des signatures classiques, il dit attendre, en post-quantique, un gain nettement supérieur.

    Pour éviter de recréer un goulet d’étranglement, il faudra que des opérateurs de cosignature émergent. Et, plus simplement, que d’autres CA passent au régime post-quantique…

    Illustration générée par IA

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  • Wednesday 30 September 2026 - 13:01
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    Que fallait-il attendre du rapport d’incident de l’ANSSI sur le vol de données fiscales qui a attérré les français en plein coeur de l’été ? Pas vraiment de révélations sur le mode opératoire mais plutôt des explications sur la nature des lacunes qui ont permis au hacker ZeroBytes de mettre la main sur environ 678 000 jeux de données fiscales, dont près de 393 000 particuliers et 286 000 professionnels.

    Commençons par la fin : « l’ANSSI conclut que la compromission n’est pas le fruit d’une attaque sophistiquée, mais de faiblesses classiques que les attaquants ont enchaînées.» Dont acte.

    Son analyse s’organise autour de trois domaines : l’identité, l’architecture et la détection.

    Cause n° 1 : des identifiants faciles à voler et à réutiliser

    Le point de départ est le vol de plusieurs dizaines d’identifiants d’agents légitimes. L’ANSSI note qu’aucune attaque par force brute ni par « credential stuffing » n’a été observée : l’attaquant disposait donc déjà des mots de passe.

    Le rapport les attribue probablement à des logiciels espions de type infostealers, installés sur des ordinateurs non administrés par la DGFiP. Il s’agit, selon l’Agence, d’appareils personnels pour les accès au portail ADER et d’équipements d’organismes tiers pour le portail APEX.

    Elle explique que l’attaquant a exploité des faiblesses dans trois domaines.

    Côté identité, plusieurs dizaines d’identifiants d’agents, probablement dérobés par des logiciels espions sur des ordinateurs non administrés par la DGFiP, ont pu être réutilisés faute d’authentification multifacteur sur deux portails, ou avec un second facteur insuffisant.

    Côté architecture, des applications sensibles étaient accessibles depuis le Réseau Interministériel de l’État sans cloisonnement suffisant, ce qui a permis à l’attaquant de rebondir depuis des infrastructures compromises du ministère de l’Éducation nationale.

    Enfin pour la détection, le portail utilisé pour exfiltrer les données n’était pas supervisé et aucun mécanisme n’a corrélé les signaux suspects. Résultat : aucune des exfiltrations n’a été détectée, ni par la DGFiP ni par l’ANSSI.

    L’ANSSI juge aussi limitée la réponse habituelle de la DGFiP.

    Son SOC réinitialise les mots de passe dès qu’une compromission est signalée, notamment par son prestataire de veille. Mais un délai subsiste entre la compromission et la réinitialisation, suffisant pour accéder à une application et commencer à exfiltrer. La veille ne peut pas non plus couvrir toutes les plateformes de revente. Enfin, changer un mot de passe est inefficace si l’appareil infecté n’est pas nettoyé, ce que la DGFiP ne peut garantir sur du matériel personnel ou externe.

    Le rapport relève un épisode illustratif. Les 23 et 24 juin, le mot de passe du compte utilisé a bien été réinitialisé et les accès au PIGP contrôlés, mais l’exfiltration menée via le RIE est passée inaperçue. La réinitialisation n’a pas interrompu la session en cours.

    Cause n° 2 : un cloisonnement réseau insuffisant

    L’attaquant est entré sur le Réseau Interministériel de l’État (RIE) grâce à la compromission d’infrastructures du ministère de l’Éducation nationale, elles-mêmes raccordées au RIE. Il a ensuite atteint le portail ADER de la DGFiP depuis des adresses de ce réseau.

    Pour l’ANSSI, des applications sensibles de la DGFiP étaient accessibles depuis le RIE sans cloisonnement suffisant, ce qui accroît leur exposition et ouvre un risque de latéralisation depuis des ressources d’organismes tiers. Plusieurs accès illégitimes provenaient de localisations sans besoin apparent d’accéder aux infrastructures de la DGFiP. Sa conclusion : la segmentation réseau était trop permissive.

    La coordination interministérielle est aussi évoquée. Le 9 juin, le centre de sécurité de l’Éducation nationale avait partagé des marqueurs techniques d’attaque avec les autres ministères. L’ANSSI estime que le délai d’analyse et de partage de ces marqueurs aurait dû être réduit au minimum, et que des blocages de flux au niveau du RIE auraient pu limiter les exfiltrations, à condition de mieux cartographier les flux légitimes.

    Cause n° 3 : une détection défaillante

    Pendant l’incident, le SOC de la DGFiP ne supervisait pas le portail ADER, pourtant utilisé pour exfiltrer les données. Aucun mécanisme n’a corrélé les signaux suspects, que l’ANSSI énumère:

    • des volumes de données importants (11 Go entre le 22 et le 25 juin, 3 Go entre le 21 et le 23 juillet) ;
    • un grand nombre de requêtes, inhérent au scraping automatisé, sans limitation de débit ;
    • des connexions depuis des VPN, depuis l’Inde et depuis des adresses IP classées malveillantes ;
    • des connexions nocturnes.

    Chaque signal, pris isolément, génère beaucoup de faux positifs. Mais leur corrélation aurait pu déclencher des alertes, selon l’Agence.

    L’ANSSI reconnaît aussi ses propres limites. Elle n’avait pas de supervision applicative sur ce périmètre, et sa supervision réseau ne pouvait pas repérer des comptes légitimes utilisés à mauvais escient. Elle estime néanmoins que le volume cumulé de requêtes aurait dû déclencher des alertes.

    Un facteur aggravant : des droits d’accès larges

    Le rapport n’a pas étudié la manière dont les droits des utilisateurs sont attribués. Il constate toutefois que les sessions d’exfiltration ont été menées depuis des comptes ordinaires, ce qui montre que ceux-ci pouvaient accéder à un volume important de données.

    L’ANSSI indique que ce point pourrait être examiné plus tard, dans le cadre d’un audit de l’organisation de la DGFiP prévu dans une seconde phase.

    Les remèdes préconisés

    Comment éviter qu’un tel fiasco se reproduise ? Dans son rôle de RSSI de l’Etat, l’ANSSI préconise d’abord de restreindre l’accès aux applications métiers selon leur usage, qu’il soit interne, externe limité ou public.

    Elle demande que toutes les applications soient placées sous supervision dans un SIEM, avec des quotas de consultation et des blocages fondés sur la géolocalisation et la réputation des adresses IP.

    Côté équipements, l’usage d’appareils personnels pour accéder aux ressources professionnelles doit être proscrit, et les appareils professionnels doivent être durcis.

    L’authentification multifacteur doit être déployée sur l’ensemble des applicatifs, avec un second facteur capable de résister à la compromission du premier : jetons physiques ou applications d’authentification plutôt qu’un simple code envoyé par e-mail.

    L’Agence recommande aussi une gestion plus fine des droits des utilisateurs, assortie de plafonds de consultation pour limiter l’impact d’un accès illégitime.

    Enfin, chaque réinitialisation de mot de passe devrait s’accompagner d’une analyse de l’activité du compte depuis la date supposée de compromission, ainsi que de la révocation des sessions actives sur tous les portails accessibles.

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