un simple agrégateur, lecteur de flux rss pour tout suivre .... par: fonds d'écran - Kriss Feed, version : 7 -
  • Sunday 12 July 2026 - 07:45
    from Korben

    Vous avez peut-être remarqué un petit point rouge tout en bas de mon site, avec un nombre à côté. Il s'agit du nombre de personnes passées sur le site durant la dernière heure.

    Je voulais remettre ce truc depuis un bail, bien à l'ancienne comme dans les années 2000 mais sur un site statique, qui plus est sans tracker de stats JS type Google Analytics ou Matomo, et sans cookies de tracking, c'était pas franchement une option... jusqu'à maintenant !

    Le compteur, en vrai, tout en bas de korben.info.

    La solution évidente sur des sites statiques, c'est souvent un petit Worker Cloudflare qui compte les visiteurs et servirait le chiffre, mais ça se facture à chaque requête. À 390 000 pages vues par jour, ça grimpe vite à des dizaines de millions d'invocations par mois, soit dans les 6 à 7 dollars. C'est pas super cher mais pour un compteur qui n'est utile qu'à satisfaire mon égo tout en sachant s'il y a du monde aujourd'hui, ça ne sert strictement à rien ! Donc le Worker, je l'ai écarté direct.

    Du coup j'ai fait ça à l'ancienne. Un petit script Python tourne sur la machine qui héberge le site, une fois par minute. Il pose une seule question à Cloudflare, à savoir combien d'adresses IP distinctes ont chargé une page durant la dernière heure (ou demi-heure, ou quart d'heure ou 5 min, c'est vous qui paramétrez), il écrit la réponse dans un minuscule fichier live.json de quelques centaines d'octets, et c'est tout. Ce fichier, Cloudflare le sert ensuite depuis son cache comme il servirait une image, gratuitement. Zéro Worker, zéro base de données, zéro abonnement, j'ai exactement le même résultat sans dépenser une thune.

    Maintenant, faut que je sois clair sur ce que ce chiffre raconte. C'est le nombre de navigateurs distincts ayant chargé une page durant la dernière heure, hors trafic interne de Cloudflare. C'est un "*combien de monde est passé récemment *", pas un "combien lisent là tout de suite".

    Et les bots là-dedans ?

    En fait, les bots pourris , ceux qui scrapent en boucle, se font bloquer en amont par le Super Bot Fight Mode de Cloudflare, donc ils n'arrivent même pas jusqu'à mon site. Restent les gentils bots, du genre de Googlebot et compagnie, que je laisse passer exprès, parce que les bloquer reviendrait à me flinguer mon référencement. Sur les 7 derniers jours, Cloudflare classe à peine 4% comme bots vérifiés. Donc c'est une goutte d'eau, surtout qu'ils tournent sur une poignée d'IP. Donc oui, mon compteur avale deux ou trois crawlers au passage, mais je ne voulais pas vous mentir en écrivant "zéro bot". Mais l'essentiel c'est que les nuisibles, eux, ne soient pas comptabilisés.

    J'ai aussi dû gérer un petit piège car l'API de Cloudflare plafonne sa réponse à 10 000 lignes. Et comme sur une heure entière de trafic ça peut se remplir vite, si je crève ce plafond, la requête sous-compterait sans rien dire. Donc le script lève un flag et le compteur affiche "10 000 personnes ou plus" plutôt qu'un faux nombre. Quand j'y serai aux 10 000 et plus, je pense que je réduirai alors le delta temps en passant de 1h à 30 min...etc.

    Côté vie privée, c'est carré également. Cloudflare renvoie à mon serveur une liste JSON des IP passées dans l'heure, mon script en compte le nombre de distinctes, et efface cette liste de sa mémoire dans la milliseconde qui suit. Aucune IP n'est stockée, aucune n'atterrit dans un log, aucun fichier avec les IPs n'est créé sur le disque... Il ne reste qu'un entier. Comme je vous le disais, pas de cookie , pas de traceur, et rien qui touche votre navigateur . Et comme le compteur ne s'affiche jamais en dessous de 10 personnes, impossible d'isoler qui que ce soit.

    Maintenant, si vous voulez le même chez vous, sachez que j'ai tout balancé en open source sur GitHub , sous licence MIT, donc servez-vous. Voici les pré-requis :

    1. votre site doit être derrière Cloudflare, le plan gratuit suffit largement.
    2. vous générez un token API Cloudflare avec le droit de lecture sur les analytics.
    3. vous posez le script live_count.py sur votre serveur et vous le lancez une fois par minute (ou toutes les 5 ou 10 min) via un cron.
    4. vous ajoutez le bout de JavaScript et son span dans vos pages, tout se règle par des attributs, aucun script inline, donc ça passe même avec une politique de sécurité stricte.

    Le seul truc sur lequel ne pas vous louper, c'est de mettre un temps de cache court à live.json. Si c'est trop long, tous vos visiteurs verraient un chiffre périmé.

    Voilà. Un petit compteur maison simili-live sans tracking et qui ne me coûte rien, c'est le bonheur !

  • Sunday 12 July 2026 - 06:42
    from Korben
    -- Article en partenariat avec Surfshark --

    Les attaques Adversary-in-the-Middle (AiTM) représentent l'évolution sophistiquée des classiques attaques Man-in-the-Middle. Contrairement à l'écoute passive, l'attaquant s'insère activement entre la victime et le service légitime, usurpant les deux parties pour intercepter, modifier et rediriger les communications. Ces attaques permettent de voler des identifiants, de contourner l'authentification à deux facteurs (2FA) en capturant les cookies de session, et même de manipuler les transactions financières en temps réel. Des outils facilitent grandement la mise en place de ces attaques et l'une des protections valables repose sur le chiffrement des communications (VPN, HTTPS), l'authentification multi-facteurs résistante au phishing (WebAuthn) et la vigilance face aux liens suspects.

    Faites preuve d'un peu d'imagination pendant quelques minutes. Vous êtes tranquillement installé au Starbucks du coin, vous buvez votre latte caramel macchiato à 7 balles, et vous vous connectez au WiFi public pour checker vos mails. Sauf que le mec à la table d'à côté, avec son hoodie noir et son MacBook Pro qui sent le terminal, n'est pas là pour boire son café. Il est là pour se positionner entre vous et le reste du monde.

    Et là, on ne parle pas d'un simple Man-in-the-Middle à l'ancienne, non non. On parle d'un Adversary-in-the-Middle, le gros calibre. La différence ? Le mec usurpe activement les deux côtés de la conversation. C'est pas juste un petit curieux qui écoute aux portes. C'est un escroc qui se fait passer pour votre banque ET pour vous, en même temps. Il relaie tout, modifie ce qu'il veut, et vous, vous ne voyez rien.

    "Mais j'ai la 2FA, je suis blindé !"

    Hé ben non. C'est là que ça pique.

    Les attaques AiTM ont un super-pouvoir de merde : elles contournent la 2FA. Comment ? Le mec crée un site parfaitement identique à celui de votre banque. Vous cliquez sur le lien du mail de phishing et vous arrivez sur sa copie. Login, mot de passe, et PAF, le code SMS arrive. Vous le rentrez. Sauf que le code passe par le serveur du mec au milieu, qui le relaie en temps réel à la vraie banque. Résultat ? Il a votre session, vos cookies, et il peut se connecter à votre compte pendant des heures sans que vous vous en rendiez compte.

    C'est ce qu'on appelle le session hijacking. Vous avez validé l'authentification, et pourtant c'est lui qui se retrouve connecté à votre place. Et il peut même modifier les données en transit : changer le numéro de compte bénéficiaire d'un virement, injecter du malware dans une mise à jour, bref, tout ce qui lui chante.

    Des outils comme Evilginx2 traînent dans la nature depuis 2018 et permettent à n'importe quel script kiddie de monter ce genre d'attaque en 10 minutes. Le framework MITRE ATT&CK a même une entrée dédiée pour ça (T1557), tellement c'est devenu courant.

    "Ok, et je fais quoi alors ?"

    Ben déjà, arrêtez de cliquer sur les liens de vos mails comme un débile. Mais surtout, surtout, chiffrez votre connexion. Et là, un VPN entre en jeu.

    Pas n'importe lequel. Un VPN qui sait ce qu'il fait. Je vous en parle régulièrement (j'espère qu'à force ça finit par rentrer hein) mais, récemment, Surfshark vient encore de se faire remarquer en recevant le PCMag Editor's Choice award . Ce qui, dans le monde des VPN, est un peu comme recevoir une étoile Michelin pour un kebab. Ça veut dire que les mecs de PCMag, qui testent ce genre de truc toute la journée, ont trouvé que Surfshark tenait la route.

    Pourquoi un VPN ça marche contre l'AiTM ?

    C'est simple. Lorsque vous activez Surfshark , tout votre trafic passe dans un tunnel chiffré entre votre machine et le serveur VPN. Même si le mec au Starbucks contrôle le routeur, même s'il fait de l'ARP spoofing, du DNS poisoning, ou je ne sais pas quelle autre magie noire, il verra que dalle, juste des paquets chiffrés illisibles, point barre.

    Pas d'identifiants en clair, pas de cookies de session à sniffer, et pas moyen de modifier une page web en transit. Le gars peut toujours essayer de vous rediriger vers son faux site, mais votre connexion VPN reste intacte et chiffrée.

    Et Surfshark, en plus du chiffrement AES-256-GCM (celui que la NSA approuve pour ses documents top secret, pour ceux qui aiment les détails techniques), propose des fonctionnalités sympas :

    • CleanWeb qui bloque les trackers et les pubs (et donc les domaines malveillants souvent cachés derrière)
    • Kill Switch qui coupe internet si le VPN tombe (parce qu'un tunnel qui s'effondre, c'est pas un tunnel)
    • MultiHop qui fait passer votre connexion par DEUX serveurs VPN successifs pour ceux qui sont vraiment parano
    • Surfshark Alert qui surveille si vos identifiants ont fuité sur le dark web
    • Alternative ID qui vous permet de créer de fausses identités temporaires

    Le prix de la tranquillité

    Alors oui, un VPN ça coûte un peu d'argent. Mais franchement, entre payer quelques euros par mois et se faire vider son compte bancaire par un mec qui a sniffé votre session sur le WiFi du McDo, le choix est vite fait. Surtout que Surfshark propose des abonnements longue durée à prix cassés, et avec leurs offres actuelles, vous en avez pour moins cher qu'une paire de cafés par mois (2.75€ TTC pour le pack Starter ou 3.35€ TTC pour Surfshark One avec l'antivirus & co).

    Et puis, ils ont aussi une politique de no-logs auditée indépendamment et régulièrement. C'est-à-dire qu'ils ne gardent aucune trace de ce que vous faites. Contrairement à votre FAI qui sait exactement à quelle heure vous regardez vos séries un peu spéciales sur Netflix.

    Bref

    Les attaques AiTM n'ont rien de la science-fiction. Ça arrive tous les jours. Microsoft a documenté une campagne qui a ciblé plus de 10 000 organisations depuis 2021. Twitter (pardon : X), Microsoft 365, Slack, Twilio... tous ont morflé à cause de ce genre d'attaque. Et vous, sur votre WiFi public, vous êtes une cible parfaite.

    Un VPN comme Surfshark n'est pas une baguette magique qui vous protège de tout. Si vous cliquez sur un lien de phishing, le VPN ne vous sauvera pas de votre propre étourderie. Mais il vous protègera de l'interception passive et active sur les réseaux non sécurisés. Et ça, c'est déjà énorme. Dans le doute, chiffrez. Toujours.

    Profitez de l'offre du moment chez Surfshark !

  • Sunday 12 July 2026 - 05:55
    from Korben

    Simon Willison, le créateur de Datasette et co-créateur de Django, vient de porter un modèle d'inpainting d'image directement dans le navigateur. Sa démo vous permet de choisir une photo, de peindre sur la zone à faire disparaître et ensuite le modèle IA reconstitue ce qu'il manque. Et ce qui est merveilleux avec cette appli c'est que tout tourne sur votre carte graphique en local, comme ça vos données restent chez vous.

    Le modèle s'appelle Moebius, dispose de 0,22 milliard de paramètres, et a été développé par une équipe de l'université Huazhong en Chine. À l'origine c'est un modèle PyTorch, que Willison a converti au format ONNX pour le faire tourner via ONNX Runtime Web sur le backend WebGPU, une nouvelle API qui donne aux pages web un accès direct au GPU. Et ce qu'on obtient, c'est un modèle de diffusion qui s'exécute à 100% côté client dans Chrome ou Safari.

    Lors de la première utilisation, l'outil télécharge 1,27 Go de poids depuis Hugging Face, ce qui est énorme pour une page web. Mais c'est un one-shot car ensuite, le navigateur range tout ça dans son Cache Storage, et les fois d'après il ne re-télécharge rien.

    Je l'ai installé et testé et ça fonctionne vraiment très très bien. J'ai sélectionné quelques tuiles comme un bourrin et ça me les a enlevées très proprement en quelques dizaines de secondes (une fois le modèle initial téléchargé évidemment).

    C'est du vrai inpainting génératif en tout cas et pas un truc qui recopie les pixels d'à côté.

    Willison raconte dans le README que la conversion PyTorch vers ONNX et l'appli web complète ont été réalisées par Claude Code avec le modèle Claude Opus 4.8, et qu'il n'a "*pas regardé une seule ligne de code *". Il s'est juste contenté de tester dans le navigateur et de signaler ce qui clochait. Hé ouais c'est comme ça maintenant, les temps changent ;)

    C'est open source sous licence Apache 2.0, la démo est en ligne, et le code est sur GitHub si vous voulez le lancer chez vous. Testez, et effacez ce gars avec son coup de soleil sur le crâne qui gâche votre plus belle photo de vacances, je ne vous juge pas ^^.

    Source : Hackaday

  • Saturday 11 July 2026 - 18:30
    Ça marche bien pour trouver des emojis/caractères unicode sur un thème.
    (Permalink)
  • Saturday 11 July 2026 - 13:55
    from Korben

    Vous voyez le principe du wallet crypto au format carte bancaire ?

    Ça se compose d'une puce, d'un code, et de vos précieuses clés privées cryptos planquées dedans. Et bah figurez-vous que Baptistin Boilot, un chercheur de chez Ledger Donjon, vient de montrer qu'avec un laser, un scalpel et une sacrée dose de patience, on peut imposer un nouveau code à une carte Tangem sans jamais connaître l'ancien. C'est en tout cas la démonstration que vient de publier son labo, et le plus dingue, c'est que ça se joue sur un secure element Samsung certifié EAL6+, autrement dit le très haut du panier en matière de puces sécurisées.

    Un petit pulse laser d'une nanoseconde envoyé pile au bon endroit, et le taux de réussite pour remettre à zéro le code secret de la carte monte à 100 % !!

    Alors oui, Ledger Donjon c'est le laboratoire de sécurité de Ledger, concurrent frontal de Tangem, et Tangem n'a évidemment pas manqué de le rappeler. Sauf que la faille a été divulguée à la marque en février 2026, bien avant publication, donc tout a été fait dans les règles de l'art. Et puis Ledger n'a pas vraiment de leçons à donner niveau boulettes (rappelez-vous la fuite de sa base client ), donc on va juger le boulot technique plutôt que la rivalité commerciale.

    Leur cible, c'est l'instruction SetPin, celle qui gère le code protégeant vos fonds. Quelque part là-dedans, la puce se pose une question toute bête, du genre "cette carte est-elle en mode récupération ?". Et le tir laser vient fausser ce test à l'instant exact où il s'exécute. Il ne grille rien du tout hein, il fausse juste le résultat une fraction de seconde, ce qui permet à la puce d'accepter un nouveau code sans jamais vérifier le vôtre.

    Après, y'a quand même un sacré ticket d'entrée car pour en arriver là, les chercheurs ont ouvert la carte au scalpel, retiré le blindage métallique, dessoudé la puce, recâblé le tout sur une carte maison, et remplacé l'antenne NFC par une alimentation filaire pour piloter chaque signal. Un vrai travail d'orfèvre ! Ajoutez environ 250 000 dollars de matériel entre le laser, l'oscilloscope et la sonde électromagnétique et puis beaucoup de temps : 1 heure de balayage laser pour la première réussite, puis 2 heures par carte ensuite, sans parler de toute la R&D en amont.

    La puce se défend, en plus. Elle tient un compteur de fautes en mémoire flash et se verrouille pour de bon au bout de quelques centaines de ratés. Sauf que les chercheurs ont trouvé la parade qui est de couper l'alimentation au moment précis où la puce s'apprête à noter l'incident. Du coup le compteur ne grimpe quasiment plus, et une carte qui aurait dû se bloquer très vite a encaissé plus d'une journée de tirs laser !

    Alors, la question que vous vous posez forcément c'est : est-ce que votre Tangem est toujours fiable ? Pour vous, au quotidien, oui car il faut un accès physique à la carte. Puis l'opération laisse des dégâts parfaitement visibles (une carte charcutée au scalpel, ça se remarque), et je pense que personne ne va monter un labo à un quart de million pour siphonner votre wallet.

    Maintenant, c'est vrai que cette faille ne sera jamais corrigée, car les cartes Tangem n'embarquent aucun mécanisme de mise à jour du firmware. Ça peut vous sembler absurde, mais en fait c'est pas si con que ça parce que qui dit pas de mise à jour dit pas de mise à jour vérolée. Hé hé.

    Mais maintenant que le trou existe, et qu'aucun patch n'est possible, cela veut dire que toutes les cartes en circulation, dont la vôtre peut-être, restent vulnérables à vie. Et celle que vous achèteriez aujourd'hui ? Bah vulnérable tout pareil, tant que Tangem ne revoit pas son design.

    Alors oui, l'attaquant ne lit pas vos secrets, il prend juste le contrôle du wallet en lui imposant son propre code, un peu comme une carte à puce sécurisée qu'on déverrouillerait de force sans en lire le contenu. C'est pourquoi Tangem estime que le risque est quasi inexistant, en rappelant au passage que n'importe quel secure element finira au bout d'un moment par céder si on y consacre assez de temps et d'argent.

    Bref, si vous avez une Tangem au fond d'un tiroir, pas de panique, gardez-la juste bien à vous, parce que côté correctif, vous pourrez attendre longtemps, il n'y en aura jamais.

    Source

  • Saturday 11 July 2026 - 13:11
    from Korben

    Vous le savez, j'adore mon Kindle ! Je manque effectivement de temps pour lire tout ce que je voudrais mais bon, on verra ça quand la retraite sera là ^^.

    En attendant, ce que j'ignorais, c'est que sur les Kindle récents, il y a encore un petit navigateur web, plus exactement un vieux Chrome de 2019 bien planqué dans des menus qu'on n'ouvre jamais. Et c'est à ce module précisément que Tanguy Dubroca de Synacktiv s'est intéressé. Et en creusant, il a découvert qu'une faille s'y cachait et permettait de prendre le contrôle total de la liseuse avec votre compte Amazon en supplément salade tomate oignon.

    Son objectif premier c'était de comprendre comment prendre la main sur un Kindle verrouillé sans le jailbreaker. Alors il a fouillé dans le firmware de son Paperwhite 5 et y a découvert ce vieux Chrome et son moteur Webkit qu'une quinzaine d'années, prêt à céder à toutes ses demandes... niark niark.

    Il n'a eu plus qu'à piocher dans les vieilles failles déjà bien connues de Chrome et en a choisi une présentée dans le moteur Javascript V8 patchée par Google en 2022. Sauf que normalement, elle ne devait pas marcher sur un Kindle, parce qu'Amazon avait désactivé le composant vulnérable.

    Enfin, avait essayé...

    Parce que dans la commande censée le désactiver, il manquait deux petits tirets. Une faute de frappe qui faisait que l'option était ignorée en silence, et donc que le moteur JS d'époque restait allumé avec cette porte grande ouverte...

    L'attaque n'a ensuite besoin que d'une seule chose qui est que vous ouvriez un site web piégé dans le navigateur de la liseuse. Pas de panique donc, car ça ne se déclenche pas tout seul quand vous recevez un livre, mais une fois la page web ouverte, elle peut trafiquer la mémoire de l'appareil, ce qui permet au chercheur de prendre la main sur le navigateur pour ensuite, via une seconde vulnérabilité dans le composant qui lance les applis, obtenir des droits administrateur et donc l'accès complet.

    Une fois avec ça, il peut tout faire comme exécuter n'importe quel programme, vous espionner, détourner votre compte Amazon, et même rebondir vers les autres appareils présents sur votre réseau Wi-Fi. La totale !!

    Dubroca a prévenu Amazon en décembre 2025, qui a classé le truc en critique, lâché 20 000 $ de prime, et poussé un correctif dans le firmware 5.19.2 en janvier. La mise à jour se fait toute seule une fois le Kindle branché et connecté au Wi-Fi alors si votre liseuse dort dans un tiroir depuis des mois, un petit coup de Wi-Fi et elle se mettra à jour, hop. D'ailleurs c'est la deuxième faille Kindle en 7 mois , après celle du livre audio piégé. Deux équipes françaises, deux fois le même appareil, ça commence à faire beaucoup pour de vieilles liseuses qu'Amazon laisse doucement vieillir .

    Bref, une liseuse c'est comme un ordinateur, ça se pirate mais ça peut se mettre à jour ^^. Ouf !

    Source

  • Saturday 11 July 2026 - 09:20
    Sous le coude si vous devez monter un dossier pour louer un logement.
    (Permalink)
  • Saturday 11 July 2026 - 09:14
    wwLes avantages des ingrédients biologiques en cuisinePourquoi les ingrédients biologiques séduisent-ils autant les particuliers que les professionnels ? Qualité, saveurs, durabilité et traçabilité : découvrez comment le bio transforme la cuisine du quotidien et inspire les tendances culinaires à Toulouse.
  • Saturday 11 July 2026 - 08:59
    from Korben

    Logitech Options+, vous connaissez ce délire, je pense... Pour régler 3 boutons de souris, on vous pousse à créer un compte, à partager vos data, et à laisser une usine à gaz tourner H24 en tâche de fond. Le dev AprilNEA en a eu marre, du coup il a écrit OpenLogi en Rust et son truc fait le même boulot côté réglages, mais sans rien envoyer chez Logitech.

    Si vous me lisez régulièrement, ça devrait vous rappeler Mouser , dont je vous parlais en mars dernier. C'est la même philosophie, sauf que Mouser restait coincé, à l'époque, sur la MX Master 3S en Bluetooth uniquement, sans SmartShift et sans Linux. OpenLogi reprend donc le flambeau et va beaucoup plus loin.

    Alors, qu'est-ce que vous pouvez faire avec ?

    Hé bien d'abord remapper vos boutons (41 actions prêtes à l'emploi, quand même), régler le DPI, activer le SmartShift, ce fameux défilement en roue libre. Vous pouvez aussi créer des profils qui basculent tout seuls selon l'appli active. Et tout ça cause directement avec le protocole HID++ de Logitech à votre MX Master , sans jamais lancer le pilote maison.

    Peu importe comment la bête est branchée d'ailleurs, récepteur Bolt, clé Unifying, Bluetooth ou un bon vieux câble, les quatre passent ! Toute votre config ensuite se trouve dans un simple fichier TOML posé en local, que vous pouvez versionner dans un Git si ça vous chante. L'outil dispose d'une interface graphique, mais vous pouvez également l'utiliser en ligne de commande.

    Pour l'installer sous macOS, c'est facile, il suffit de faire un brew install --cask openlogi et voilà ! Quant à Linux, vous avez des paquets .deb et .rpm. Notez que ça tourne aussi sous Windows, mais uniquement en beta.

    OpenLogi est compatible avec les MX Master 4, 3S et 3, MX Anywhere 3, Signature M650, Ergo M575 et le code est libre sous double licence Apache 2.0 et MIT au choix.

    Voilà, si Options+ vous gonfle de fou, OpenLogi mérite sans doute un petit test de votre part. C'est par ici , et le code est sur GitHub .

    Vous m'en direz des nouvelles !

  • Saturday 11 July 2026 - 06:59
    from Korben

    Prenez un chien robot d'Unitree, du genre qui patrouille dans les usines, ajoutez-y un siège baquet, un harnais et pas mal de code et vous obtiendrez un nouveau genre de jambes bioniques du futur ! Jake Laser a réalisé ça pour son père, en fauteuil roulant depuis une dizaine d'années à cause d'une sclérose en plaques et le résultat est bien délire.

    La machine de départ est donc un quadrupède industriel Unitree à roues motorisées et pattes articulées qui sur sol lisse, roule comme un véhicule à roues mais qui sur terrain accidenté, peut déplier ses gambettes, grimper des escaliers, enjamber les obstacles et traverser des paysages rocheux sans broncher.

    Rien à voir cela dit avec le Unitree Go2 grand public que vous connaissez qui est plus un jouet. Là c'est la version B2-W pour les entreprises vendue autour de 100 000 dollars, qui sert d'habitude à inspecter des entrepôts ou des sites dangereux. Pour info, Unitree, c'est la même boîte qui vend aussi un mecha à 500 000 dollars , histoire de vous situer le niveau de matériel.

    Le transformer en engin sur lequel on peut monter, ça a demandé du vrai boulot d'ingénierie. Après avoir testé plusieurs positions d'assise, Jake a fixé un siège baquet de course directement sur la colonne du robot, les jambes du passager vers l'avant pour que les pattes robotisées puissent bouger librement en dessous.

    Il a ajouté un harnais bien costaud et surtout, il a dû recalibrer tout le logiciel de balance du robot pour compenser le poids d'un humain qui se déplace en permanence. Un B2-W sait s'équilibrer avec une charge fixe, mais beaucoup moins avec quelqu'un qui bouge dessus, se penche et change le centre de gravité à chaque seconde.

    Mais une fois le code ajusté, les capteurs et les moteurs gardent l'équilibre même en marchant sur un terrain pourri. Le pilotage passe ensuite par un joystick double sans fil qui gère tout : avancer, tourner, se déplacer en crabe, et ajuster la hauteur du robot pour monter et descendre plus facilement.

    Et le plus fou, c'est qu'un B2-W ne devrait porter qu'une quarantaine de kilos quand il marche alors que là il trimballe un adulte plus son siège, soit largement le double. Vous l'aurez compris, c'est pas homologué hein ^^.

    Capture : JLaservideo (YouTube)

    Jake voulait aussi que son père soit fier de son engin alors il s'est inspiré des Bugatti des années 40 pour l'habiller avec une carrosserie galbée, de la fibre de carbone, des phares chromés + éclairage LED sous le châssis et enjoliveurs custom. On est à mi-chemin entre le robot de combat et la voiture de collection ^^.

    Bien sûr, avant d'y installer son père, Jake a fait subir à son robot plein de tests d'efforts et de sécurité. Il lui a fait grimper des rebords super hauts, traverser des échelles, monter des tonnes d'escaliers bien tordus et franchir des lits de rivière rocheux, le tout sans jamais perdre l'équilibre. C'est seulement une fois la fiabilité prouvée que son père est monté à bord. Et après des années coincé dans un fauteuil classique, il a pu retourner sur des sentiers et dans des endroits qui étaient devenus, pour lui, des souvenirs lointains.

    Bien sûr, c'est un exemplaire unique, et pas un dispositif médical que vous pourrez commander, mais je trouve que l'idée de détourner de la robotique industrielle pour redonner de l'autonomie à quelqu'un c'est vraiment chouette. On a déjà vu des robots japonais faire ça pour des personnes en situation de handicap , et ce genre de bidouille prouve que la techno existe déjà, et qu'il ne manque que des gens motivés pour la détourner dans le bon sens.

    Bref, matez la vidéo, vous allez kiffer la partie où le père de Jake capte qu'il peut de nouveau aller où il veut (dans la limite de l'autonomie disponible)

    Source : Yanko Design

  • Friday 10 July 2026 - 17:16
    from Korben

    Il est 1h12 du mat', vous êtes allongé dans le canap, le téléphone à 20 cm du museau, et votre pouce swipe encore et encore dans un automatisme le plus complet... Un reel de chat, une recette de lasagnes, un type qui répare une tondeuse. Vous aviez ouvert Instagram pour répondre à un message d'un pote il y a 40 minutes, et vous en êtes là. Ah bah bravo ! Mais ne vous blâmez pas trop car en sortir est à peu près aussi facile que de quitter un repas de famille avant le café.

    Et c'est d'ailleurs pour ça que Bruxelles vient de mettre un nom là-dessus : "le mode pilote automatique".

    L'expression est écrite noir sur blanc dans le communiqué que la Commission européenne a publié ce matin et vous l'aurez deviné, on parle bien de ce foutu scroll infini, mais également de l'autoplay, des notifications push et des reels qui je cite, "nourrissent l'envie de continuer à scroller" et "contribuent à des habitudes malsaines et à un usage compulsif". Conclusion, Instagram et Facebook enfreignent le Digital Services Act ! Ah !

    Et attention, pas à cause du contenu qui circule dessus. Non, c'est vraiment à cause du design des app en lui-même.

    Ce qu'on reproche à Meta, c'est de n'avoir jamais sérieusement évalué ce que ce design fait à votre bien-être physique et mental, mineurs et adultes vulnérables compris, alors qu'elle avait les données sous les yeux. Notamment sur le temps que vos ados passent sur ses applis la nuit.

    Et les garde-fous maison prennent cher au passage car les outils de gestion du temps proposés par Meta, même activés par défaut pour les ados, se contournent trop facilement et ne réduisent en rien l'usage. Sans parler des contrôles parentaux qui ne fonctionnent, écrit la Commission, que si vous avez "une expertise technique adéquate" et du temps à y consacrer. Pffff !

    Alors Bruxelles sort sa liste de courses : Couper l'autoplay et le scroll infini par défaut, vous imposer de vraies pauses d'écran , et rendre les recommandations moins obsédées par votre engagement. Notre régulateur préféré demande à Meta d'éteindre par défaut le moteur à attention qui fait rentrer le pognon ^^.

    Sauf que rien n'est joué. Ce ne sont là que des conclusions préliminaires, et pas une condamnation.

    Meta doit encore répondre par écrit, le Comité européen des services numériques donnera ensuite son avis, et seulement après tombera, ou pas, une décision de non-conformité. Au bout du chemin, une amende qui pourrait grimper jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial (environ 201 milliards de dollars en 2025, sortez la calculette).

    Meta monte déjà au créneau, et rétorque que ces conclusions du régulateur "*ne prennent pas correctement en compte les mesures significatives que nous avons prises pour protéger les ados *". Évidemment !

    Tout ceci ne date pas d'hier puisque la procédure est ouverte depuis mai 2024 mais Bruxelles tape sur plusieurs fronts. Le volet vérification d'âge des moins de 13 ans a déjà eu ses conclusions, celui sur les effets "rabbit hole" des recommandations tourne encore, et TikTok avait déjà goûté à la fessée avec sa version rémunérée .

    Perso, je ne crois pas une seconde que Meta coupe le scroll infini par défaut sans se battre durant des années mais je suis quand même content de voir que ça bouge un peu sur ce qu'on appelle l'économie de l'attention dont on est tous victimes.

    Bref, la prochaine fois que vous vous réveillez à 1h du mat' à regarder une critique ciné chiante ou un gars qui vous parle de ses montres de luxe alors que vous n'avez pas un rond, dites-vous que l'Europe viendra bientôt vous sauver !

    Source

  • Friday 10 July 2026 - 17:04
    from Korben

    8 825 joueurs qui se canardent au même endroit, sur un seul serveur, pendant 14 heures. C'était en 2020 dans le système FWST-8 d'EVE Online, et le moteur qui a encaissé ça s'appelle Carbon. Et si je vous cause de ça c'est parce que Fenris Creations (le studio du jeu, ex-CCP Games) vient de le poser sur GitHub , en licence MIT, gratuit !

    Au fil des mois, ils ont ainsi mis en ligne 33 dépôts à cloner, dont 30 sous licence MIT. Vous y trouvez Trinity, le moteur de rendu, Destiny , qui simule la physique et calcule les trajectoires de vos vaisseaux, et même une bibliothèque C++ dédiée au calcul d'itinéraire sur la carte du jeu. Du code qui tourne en production depuis 20 ans.

    Et ça se monte tout seul puisque le README de Trinity dit simplement ceci : "*Compilez en utilisant le fichier CMakeLists.txt fourni à la racine du dépôt. *".

    Un moteur de rendu avec 20 ans de production dans les pattes et pas une seule dépendance planquée, c'est fou.

    Par contre, Destiny, lui, c'est le meuble en kit livré sans le sachet de vis. Son README prévient : "Pour compiler la bibliothèque, vous devez avoir accès à Perforce, car c'est là que se trouvent certaines de nos dépendances."

    Pour vous la faire courte, chez vous, ça ne compilera pas, donc.

    Car le 8 juillet, un développeur a ouvert l'issue #5 pour demander gentiment la liste des dépendances liées à Perforce et jusqu'à aujourd'hui, c'est resté sans réponse. Donc non, vous ne monterez pas votre serveur EVE privé ce week-end car l'économie du jeu et l'infrastructure serveur ne sont pas dans les cartons.

    Alors pourquoi maintenant ??? Eh bien en mai, le studio a repris son indépendance en se rachetant 120 millions de dollars à Pearl Abyss, et il prépare EVE Frontier, un MMO de survie spatiale qu'il annonce "personnalisable, adapté au joueur". Donc "ouvrir la maison", ça prépare le terrain...

    En tout cas, je trouve que ça nous change des jeux qu'on libère une fois morts, comme Arma Cold War Assault, dont Bohemia a ouvert le code pour ses 25 ans . Et vu ce que les moddeurs sortent sans même avoir le code ( un type a collé un mode multijoueur dans le Witcher 3 , j'vous rappelle ^^), avec les sources sous la main ça va être drôle.

    Merci Emmanuel pour le lien !

    Source

  • Friday 10 July 2026 - 16:28
    from Korben

    Accrochez-vous parce que celle-là, elle est bien barrée ! Des chercheurs de l'université d'Uppsala veulent stocker la mémoire d'une IA... dans de la lumière. Leur projet Fiber Memory fait tourner les données d'un LLM en boucle dans 1 000 km de fibre optique, et les puces se servent au passage !

    Pour comprendre le délire, il faut voir comment ça marche aujourd'hui. Dans un gros data center IA, chacune des 10 000 puces de calcul (des accélérateurs, en gros des GPU) garde sa propre copie complète du modèle dans sa mémoire embarquée, la HBM . Un Llama 3 70B compressé pèse 70 Go, ce qui donne 700 To de mémoire hors de prix pour stocker 10 000 fois exactement la même chose.

    Vous qui râlez déjà quand un modèle ne tient pas sur votre matériel , imaginez le même casse-tête multiplié par 10 000.

    La solution d'Hannah Atmer et de son équipe, c'est le tapis roulant à sushis. Un serveur unique injecte 128 Go de données dans la boucle (les poids du modèle, plus un peu de marge), et tout ça défile en continu à 25,6 To/s. Chaque puce attrape alors les plats qui l'intéressent quand ils passent devant elle, et le tour complet prend 5 ms !

    La topologie retenue : un seul serveur de poids alimente la boucle, les pods se servent au passage. Schéma tiré du papier d'Atmer, Voigt, Yao et Kaxiras.

    Concrètement, chaque châssis prélève 1 % de la lumière qui circule et laisse filer le reste vers les copains d'après. Pas de requête, pas d'adresse mémoire, juste un péage optique qui pique sa part au passage.

    Le prélèvement en détail : un splitter 99:1 détourne 1 % de la puissance optique vers le pod, le reste poursuit sa route et se fait ré-amplifier.

    Et le plus dingue, c'est que cette idée de génie a 80 ans ! Les premiers ordinateurs des années 40 stockaient déjà leurs données sous forme d'ondes qui tournaient en rond dans des tubes de mercure, la fameuse mémoire à ligne de délai . On avait déjà croisé des mémoires franchement bizarres , mais celle-ci place la barre très haut.

    Évidemment, y'a des conditions à respecter... Ça ne marche que pour des données qui ne changent jamais et que tout le monde se partage, comme les poids d'un modèle déjà entraîné (les calculs en cours restent dans une petite mémoire locale classique). Et si une puce rate son sushi, elle attend 5 ms que le tapis fasse un tour complet... une éternité pour un GPU.

    Côté conso, leurs calculs annoncent 284,8 kW pour la livraison des poids, contre 1 024 kW avec la HBM classique. Presque 4 fois moins ! Bon, la comparaison avantage un peu leur bébé (le scénario fibre répartit les poids entre les 8 puces d'un châssis, quand la référence garde une copie entière par puce), mais l'ordre de grandeur reste violent.

    Par contre, tout ça n'existe encore que sur le papier. Les briques sont là, entre les commutateurs Spectrum-X Photonics de NVIDIA qui causent déjà en lumière et la HBM3e de Micron qui dépasse 1,2 To/s par pile, mais personne n'a encore assemblé le puzzle. Et il faudrait quand même réussir à caser 280 amplificateurs sur la boucle, plus quelque 3 500 amplis et 1 750 régénérateurs autour des pods...

    Reste à voir si le bilan énergétique survit à un vrai prototype !

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  • Friday 10 July 2026 - 15:29
    Ah bon ? Windows descend en dessous de 60% dans la part des navigateurs desktop ? C'est étonnant.
    (Permalink)
  • Friday 10 July 2026 - 12:10
    Linux Mint Cinnamon supportera Wayland, mais X11 reste disponible.
    (Ouf. J'ai quelques outils spécifiques qui ne marchent que sous X11, et je n'ai carrément pas pris le temps de tester XWayLand.)
    (Permalink)
  • Friday 10 July 2026 - 10:59
    from Korben

    314 députés européens ont voté jeudi pour enterrer Chat Control et 276 ont voté pour le garder.

    Et c'est quand même passé OKLM.

    Et oui, pas la peine de vous frotter les yeux, je vais vous expliquer tout ça. En seconde lecture, le Parlement a besoin d'une majorité absolue de ses membres pour rejeter un texte du Conseil, soit 360 voix. Et cette "majorité", c'est pas une majorité des présents dans l'hémicycle, mais une majorité d'élus, absents compris.

    Du coup les 314 sont tombés à 46 voix du compte, 17 députés se sont abstenus, et 112 qui n'ont pas pris part au vote ont terminé le boulot à leur place puisque leur chaise vide valait pour un oui.

    Je rappelle quand même que ces 112 là touchent 359 euros d'indemnité journalière, et qu'il leur suffit de signer un registre le matin pour encaisser leur thune. Je pense que si ces feignasses d'absentéistes faisaient correctement leur boulot en étant là, au moins pour les choses importantes, on n'aurait pas des problèmes comme ça qui impactent tous les citoyens européens. Ils ne méritent vraiment ni leur poste, ni leurs indemnités de merde.

    Maintenant que ça c'est dit, je vous propose qu'on fasse une petite séance de cohérence cardiaque tous ensemble pour se détendre, car y'a quand même un peu de positif dans cette seconde lecture.

    Le texte voté, c'est Chat Control 1.0, c'est à dire la dérogation qui autorise les plateformes à scanner volontairement les messages de leurs utilisateurs. Ce n'est donc pas un scan obligatoire, ni des ordres de détection, ni de la vérification d'âge qui vous ferait montrer vos papiers pour ouvrir un compte sur une messagerie. Tout ça, c'est prévu dans Chat Control 2.0, un règlement séparé, qui n'est toujours pas adopté, mais qui revient à l'automne !!

    L'autre bonne nouvelle dans notre malheur, c'est que les députés (ceux qui bossent hein, pas les autres paresseux) ont arraché un amendement qui exclut du texte tout ce qui est chiffré de bout en bout. Donc Signal, WhatsApp, iMessage, et les salons Matrix que vous avez pris soin de chiffrer vont passer entre les mailles du filet de Big Brother.

    Restent quand même Gmail , Outlook, Discord, Snapchat, iCloud Mail, les publications et les groupes Facebook, et tout ce qui transite en clair sur des serveurs... C'est-à-dire là où vous comme moi, écrivons la plupart de nos trucs.

    Cette dérogation "temporaire", Chat Control 1.0, est née en 2021 et a expiré le 3 avril dernier, quand le Parlement avait refusé de la prolonger. Alors le Conseil l'a renvoyée au Parlement et ils veulent maintenant qu'elle coure jusqu'au 3 avril 2028. Ça c'est du bon gros provisoire reconduit à coups de 2 ans... Ce genre de provisoire, moi j'appelle ça du permanent mais bon, bref...

    Et le pire, les amis, c'est que ce scan qu'on vous vend comme une protection contre tous les criminels et autres pédophiles nazis terroristes NE FONCTIONNE PAS. Et c'est pas moi qui le dis !

    En effet 807 chercheurs et cryptographes dans 37 pays ont signé une lettre ouverte, la quatrième depuis 2023, où ils écrivent qu'il est "tout simplement impossible de détecter, avec un niveau de précision acceptable, les contenus pédopornographiques connus et nouveaux pour des centaines de millions d'utilisateurs.".

    C'est donc simplement pas faisable à cette échelle, avec une suffisance de précision. Et les chiffres leur donnent raison puisque quand l'Irish Council for Civil Liberties a épluché les signalements automatiques atterris chez la police irlandaise, à peine 20 % étaient réellement des contenus pédocriminels, et moins de 10 % étaient exploitables par un enquêteur.

    Le reste, bah c'est du bruit... Ce sont vos photos de vacances, vos consultations médicales, vos ados qui s'écrivent entre eux. Et chaque faux positif, c'est un inconnu payé pour regarder vos photos à la plage ou vos sextapes. Sans parler des erreurs humaines ou IA qui viendront se glisser là-dedans et qui vous enverront en zonzon pour pédocriminalité pour une photo de Sphinx (les chats sans poil, vous savez) ou autre...

    Quatorze pointures de la crypto, dont Ron Rivest, Whitfield Diffie et Bruce Schneier, ont posé le diagnostic dans un document, Bugs in our Pockets où ils expliquent que le scan côté client "ne garantit pas une prévention efficace de la criminalité et n'empêche pas la surveillance".

    Et c'est à nous de payer toutes ces conneries avec notre vie privée.

    Puis j'sais pas si vous vous souvenez, mais Apple s'y est cassé les dents en public. Ils avaient annoncé un système de détection en août 2021, et des chercheurs ont conçu dans la foulée, des collisions de hash (deux images différentes, même empreinte), qui a poussé Apple à enterrer le projet en décembre 2022 parce qu'ils se sont rendu compte que ce n'était pas suffisamment fiable et efficace.

    Reste la question qui nous intéresse tous : Comment se protéger de ce viol de notre vie privée ?

    D'abord, débarrassez-vous de deux illusions. Votre VPN ne sert à rien contre ce truc, parce qu'il chiffre le tuyau, mais pas votre message au moment où vos doigts le tapent. Et votre navigation privée non plus.

    Le scan côté client en fait, c'est un mouchard qui lit sur votre appareil, avant le chiffrement et ni le VPN ni le chiffrement de bout en bout ne peuvent faire quoi que ce soit si l'application ou le système d'exploitation coopère. Et une app dont vous ne pouvez pas lire le code, bah vous n'avez aucun moyen de savoir ce qu'elle regarde avant d'envoyer.

    Ce qui marche vraiment par contre, c'est de foutre le camp des services que ce texte vise, c'est à dire ceux qui ne chiffrent pas de bout en bout. J'avais fait le tour des messageries sécurisées il y a un moment, et où on en est en 2026.

    • Messageries : Signal (AGPL, mais l'inscription réclame toujours un numéro de téléphone, les usernames introduits en 2024 servent juste à ne pas le filer à vos contacts), SimpleX Chat (aucun identifiant utilisateur, ni numéro ni email, c'est le seul), Molly (un Signal durci pour Android, sans les services Google), Briar (pas de serveur du tout, ça passe par Tor, le Wi-Fi local ou le Bluetooth).
    • Mail : Tuta chiffre le corps, le sujet et le nom de l'expéditeur. Mais pas les adresses ni la date (le protocole ne le permet pas). Proton Mail chiffre le sujet et les adresses au repos, sans aller jusqu'au bout en bout, une limite héritée de PGP. Les deux savent quand même envoyer un vrai message chiffré à quelqu'un qui n'est pas chez eux, par mot de passe partagé ou avec PGP. Dans les deux cas vous quittez Gmail, c'est déjà l'essentiel.
    • Chiffrer avant d'envoyer : Cryptomator , age ou GnuPG. Votre fichier part déjà illisible, l'app qui le transporte n'a plus rien à lire. Hop, problème réglé, quelle que soit votre messagerie.
    • Le téléphone : GrapheneOS , uniquement sur Pixel. Le bac à sable durci et les Storage Scopes limitent ce qu'une app peut fouiller. Honnêtement, ça ne bloque rien si c'est l'app elle-même qui scanne. Mais ça réduit la surface.

    Tout ceci est parfaitement légal, et non, vous n'avez pas à vous cacher pour le faire. L'article 30 de la LCEN le dit noir sur blanc depuis 2004 : "L'utilisation des moyens de cryptologie est libre."

    Sachez seulement que dans une procédure judiciaire, l'article 434-15-2 du code pénal punit le refus de remettre une clé de déchiffrement aux autorités. Vous avez donc le droit de chiffrer, mais pas de mentir au juge.

    Le site exitchatcontrol.org recense tout ça et beaucoup plus, service par service, avec les alternatives testées et l'argumentaire qui va avec. Allez y faire un tour, c'est du bon boulot ! Et si vous voulez écrire à votre eurodéputé, fightchatcontrol.eu vous prépare le mail.

    exitchatcontrol.org existe en français, avec son encart daté du 9 juillet

    Ensuite, pour les recours, je vais être franc avec vous, attaquer le texte devant la Cour de justice de l'UE, ça va être compliqué car depuis l'arrêt Plaumann de 1963, un particulier doit prouver qu'un règlement le touche "individuellement", ce que vous ne pourrez jamais démontrer face à une surveillance de masse qui vise tout le monde pareil.

    La vraie porte de sortie est ailleurs je pense. Elle se trouve dans la question préjudicielle, quand une juridiction nationale interroge la Cour. C'est en tout cas comme ça que La Quadrature du Net a fait tomber la conservation généralisée des données en 2020.

    Et la Cour européenne des droits de l'homme a déjà tranché sur le chiffrement, dans Podchasov contre la Russie en février 2024 : affaiblir le chiffrement "permettrait apparemment, d'un point de vue technique, de mener une surveillance systématique, générale et sans distinction".

    Voilà, maintenant le VRAI rendez-vous, c'est septembre. Le texte de jeudi repart au Conseil, qui a 3 mois pour avaler l'exclusion du chiffrement ou la recracher, auquel cas tout le monde part en conciliation. Et surtout, Chat Control 2.0 reprend à l'automne sous présidence irlandaise, avec le scan obligatoire, la vérification d'âge et la fin de l'anonymat dans le paquet. Devant le même Parlement, avec j'imagine les mêmes branles couilles absents, ceux-là mêmes qui, quand l'Allemagne avait dit non , s'étaient bien gardés de dire quoi que ce soit.

    Alors oui, Big Brother a avancé ses pions ce jeudi mais moi ce que je retiens aussi c'est qu'un texte rejeté par la majorité des votants est passé grâce à des chaises vides et ça recommencera en septembre si vous n'allez pas secouer vos députés européens. Trois ans de débats pour en arriver là, avec un truc médiocre qui marche pas et qui met nos démocraties en danger, je trouve ça tellement triste...

    Bref, n'oubliez pas, ACTA aussi c'était plié d'avance, jusqu'à ce que tout le monde s'y mette.

    Rendez-vous en septembre !

    Source

  • Friday 10 July 2026 - 10:27
    from Korben

    Windows serait passé sous la barre des 60 % de parts de marché. C'est ce qu'on peut lire un peu partout dans la presse tech cette semaine. C'est StatCounter qui le dit avec précisément 56,61 % de Windows comptabilisé en juin 2026. Et juste en dessous, sur la ligne suivante du même tableau, il y a une case bien étrange qui s'appelle "Unknown" et qui est évaluée à 21,45 %. Presque 5 fois Linux ! Et ça, pas grand monde n'en parle...

    StatCounter compte ce "Unknown" comme un OS, à côté de macOS, de Chrome OS, de Linux et même de la PlayStation, et si vous cliquez sur le petit bouton "Download" de la page Statcounter, le CSV que vous récupérez ne contient aucune case "Unknown". Le site recalcule tout sans elle et dans ce fichier, Windows remonte à 72 % de part de marché.

    Du coup, je me suis demandé quelle était la bonne mesure pour connaître la part de Windows sur le desktop. Est-ce que c'est 56,61 % en comptant les visiteurs non identifiés comme un système d'exploitation, ou 72 % en ne les comptant pas. Si vous faites la division vous-même, 56,61 sur 78,55 (100 − 21,45 = 78,55) donne bien les 72 % du CSV.

    Et là, si vous comparez avec l'an dernier, vous verrez qu'en juin 2025, Windows était à 70,13 % dans ce tableau, et "Unknown" à 9,17 %.

    Et 12 mois plus tard, v'la ti pas que Windows perd un peu plus de 13 points et la case des non-identifiés en gagne 12. Étrange non ?

    Les 2 courbes sont presque symétriques ( Source : StatCounter )

    Mais la domination de Microsoft s'effrite quand même, car même sur la base ils sont passés de 77,22 % à ces 72 % en un an. Donc y'a bien une tendance, mais ça n'a rien de l'effondrement annoncé partout. Linux, lui, grimpe de 4,50 % à 5,59 % sur cette même base, et le gros gagnant de l'année, c'est Apple, qui passe de 16,90 % à 20,87 % !

    Alors qu'est-ce qu'il y a dans cette case Unknown en réalité ? Et bien on ne le sait pas car StatCounter ne dit pas ce qu'il y a dedans. Mais sur Hacker News , les hypothèses tournent autour des scrapers d'IA qui n'envoient pas d'user-agent standard, des bots qui se déguisent en Windows, et des navigateurs qui brouillent votre empreinte .

    Mais pour le moment, aucune n'est réellement prouvée. Ce qui est mesurable par contre, c'est que la case des inconnus gonfle... Nous sommes à peine en juillet 2026 et elle est déjà à 23,67 % de part de marché. Perso, ça m'intrigue plus que le podium Windows / Apple / Linux.

    Après, le parseur de StatCounter s'est d'ailleurs déjà planté en beauté par le passé. En octobre 2025, il affichait Windows 7 à 9,61 % pour le mois de septembre, contre 0,88 % en juillet et suite à une résurrection / correction aussi miraculeuse que silencieuse, si vous allez regarder la même case aujourd'hui, vous y lirez 1,62 %.

    Leur FAQ précise tout de même que les stats restent révisables durant 45 jours donc ces chiffres qu'on voit actuellement peuvent encore bouger jusqu'à la mi-août... On verra bien.

    En tout cas, je suis content de voir que la poussée de Linux n'est pas une illusion. La plupart des jeux Windows tournent maintenant sous Proton , Windows 11 continue de refuser les machines trop vieilles , sans parler du fait que Windows 10 est mort et enterré depuis octobre 2025 (même si les rustines de sécurité de l'ESU tiennent encore la baraque jusqu'en octobre 2027...) donc vous avez tous de vraies raisons de bouger.

    Bref, Windows baisse, Linux monte mais un cinquième du panel est devenu invisible, et ça c'est louche...

    Source

  • Friday 10 July 2026 - 06:09
    Mama Shelter de ToulouseEnvie d'un été brûlant ? Le Mama Shelter de Toulouse lance sa Hot Summer Season avec des saveurs épicées et des soirées festives.
  • Thursday 09 July 2026 - 15:05
    from Korben

    OWA Light vit ses derniers mois. Microsoft l'a annoncé le 8 juillet, la déclinaison allégée du webmail d'Exchange Server sera coupée dans une prochaine mise à jour, attendue pour août 2026. Presque 20 ans de service, c'est beau. Il est maintenant temps de prendre sa retraite (Qui a dit : "Toi aussi".

    Ah vous le connaissez pas OWA Light ? J'ai envie de dire tant mieux pour vous !

    OWA (Outlook Web App), c'est le webmail livré avec Exchange, le serveur de messagerie que votre boîte héberge elle-même (parfois dans un placard qui chauffe). Et la version Light, arrivée avec Exchange 2007, dépannait tous les oubliés du web de l'époque tels que les navigateurs privés d'Internet Explorer (coucou Firefox 1.5, Safari, Opera), les connexions poussives et les lecteurs d'écran.

    OWA Light, figée dans son jus depuis Exchange 2007

    Alors pourquoi tout couper ???

    Eh bien c'est parce que chaque couche de compatibilité, c'est du code en plus à surveiller face aux menaces web actuelles, pour un machin que plus personne n'utilise (ou presque). L'équipe Exchange ne s'en cache pas dans son annonce , retirer le client léger va "réduire la surface des systèmes hérités, simplifier les travaux d'ingénierie en cours" sans oublier l'oraison funèbre qui va bien : "OWA Light a été une expérience importante en matière de compatibilité à un moment où le Web en avait besoin".

    Du coup, qui est concerné ? Eh bien si vous êtes sur Exchange SE, son successeur avec abonnement, la mise à jour d'août 2026 fera le ménage directement chez vous, et vos utilisateurs basculeront tous vers Outlook on the web, la version moderne, sans option de repli.

    Par contre, si vous vous traînez encore une version 2016 ou 2019, ce n'est pas une surprise car ça avait été annoncé par Microsoft en août 2024. Du coup, ce n'est plus pris en compte dans le support depuis octobre 2025, donc il n'y a plus de patch. Mais soyez rassurés, cette mise à jour ne viendra jamais rien couper chez vous, donc vous pouvez rester comme ça à la merci des failles de sécurité ou faire la mise à jour à la main.

    Pour la mise à jour, c'est assez simple :

    Set-OwaMailboxPolicy -OwaLightEnabled $false
    Set-OwaVirtualDirectory -LogonPageLightSelectionEnabled $false
    

    La première commande désactive totalement l'interface via la politique de boîte aux lettres, en précisant bien sûr le nom de la vôtre (C'est Powershell qui vous le réclamera). Vérifiez ensuite qu'elle est bien assignée à toutes les boîtes avec Set-CasMailbox.

    Et la seconde commande retire l'option de la page de connexion. À vous ensuite de faire la chasse à tout ce qui pointe encore vers le webmail de secours dans vos process, genre ce vieux script helpdesk de 2012 ^^.

    Bon, enfin bref, même si on savait que ça allait arriver, tout ça tombe dans des mois déjà bien sportifs côté Exchange, entre la grosse panne Microsoft 365 et le correctif qui cassait les règles de transport ... Mais c'est pour le bien de tous, car moins de code legacy, c'est moins de trucs qui vous pètent à la figure un vendredi soir !

    Bref, prévenez les irréductibles de la version Light qui travaillent avec vous, que c'est le moment de lui faire un petit bisou et de lui dire au revoir !

    Source

  • Thursday 09 July 2026 - 14:48
    Je crois que la meilleure comparaison qu'on puisse faire c'est "Est-ce que vous accepteriez que le gouvernement ouvre et lise le courrier de tout le monde ?"
    (Permalink)
  • Thursday 09 July 2026 - 13:27
    from Korben

    Alors ça, Google va adorer ! En effet, depuis hier (le 8 juillet), le navigateur DuckDuckGo bloque les pubs YouTube tout seul comme un grand. Le pre-roll interminable avant votre tuto Docker , la double coupure en plein milieu d'un unboxing, ou encore la pub pour une appli de casino que vous n'avez jamais demandée... tout dégage, en mode par défaut sans avoir besoin d'ajouter une extension.

    iOS, Windows et Mac sont servis d'office, et sur Android ça s'active à la main dans Settings > Ad Blocking (le par défaut arrive bientôt).

    Le canard américain ne réinvente rien puisqu'il embarque tout simplement les listes de filtres communautaires du projet uBlock Origin , mises à jour régulièrement pour suivre les parades de la régie pub de Google.

    Sur son blog , ils annoncent donc que leur fonctionnalité bloque la "plupart" des publicités. Donc pas 100% et ils préviennent qu'un peu de buffering peut également apparaître au lancement d'une vidéo. Ouais ça c'est la petite astuce de Google pour contrarier les utilisateurs d'AdBlocker...

    Mais une fois la lecture partie, plus d'interruption !

    Sur ordi, vous verrez une petite icône vidéo à côté du bouclier vert dans la barre d'adresse, c'est là que ça se pilote.

    Le réglage Ad Blocking, planqué dans le menu du navigateur

    Sur mobile, je le précise encore parce que ça ne coule pas de source pour tout le monde, c'est seulement si vous ouvrez YouTube dans le navigateur DDG. L'application YouTube officielle , elle, continuera de vous balancer des tunnels de pubs tranquillement.

    Et si vous utilisez déjà Duck Player , le mode théâtre sans cookies de pistage, les 2 fonctionnent ensemble sans se marcher dessus.

    Bon, les blasés de la vie me diront que Brave fait ça nativement depuis des années et c'est vrai. Mais ce qui est intéressant ici, c'est que c'est un blocage activé par défaut pour madame et monsieur Tout-le-monde, sur un navigateur qui se télécharge gratuitement . Le blocage de pub n'est plus une bidouille de geek, mais c'est devenu un argument marketing pour "vendre" son navigateur.

    Du coup, dans le bras de fer entre YouTube et les bloqueurs de pubs , qui s'est durci depuis fin 2023 à coups d'avertissements, de ralentissements volontaires et de lectures bloquées, je pense que la riposte de Google ne va pas tarder donc préparez les popcorns.

    Mais quoi qu'il en soit, c'est encore un coup dur pour les youtubeurs. Bon, il restera toujours la possibilité de faire des segments sponsorisés directement dans la vidéo... Ah mais non, oups, c'est vrai, il y a SponsorBlock qui se débarrasse de ça aussi. Ouin !

    Mais alors qu'est-ce qu'on va devenir, nous, les créateurs de contenu ?

    Eh bien c'est simple. Si vous aimez bien ce qu'on fait, faut nous soutenir. Moi, par exemple, j'ai un Patreon et il y a plein de gens dessus qui me soutiennent, ce qui est super cool, j'ai vraiment beaucoup de chance. Et je les remercie tous.

    J'encourage les autres créateurs de contenu à faire pareil, y compris les YouTubers, à mettre en place ce genre de système. Et sachez qu'on n'est pas obligé de se prendre la tête avec des contreparties...etc parce qu'on n'a pas vraiment le temps, on a déjà beaucoup de choses à faire. L'important c'est d'être transparent avec votre communauté, vous dites juste que c'est pour continuer à faire ce que vous faites d'habitude, c'est pour continuer à faire tourner la chaîne dans la joie, la bonne humeur et ça devrait très bien se passer.

    Moi mon rêve c'est qu'un jour le Patreon ramène suffisamment d'argent pour que je puisse me passer à 100% de partenaires pub. Un jour peut-être, on verra bien.

    Source

  • Thursday 09 July 2026 - 13:05
    from Korben

    Quitter Gmail, c'est vrai, tout le monde y pense. Pour ma part, c'est fait depuis très longtemps, mais c'est vrai qu'abandonner des années et des années de mails, de factures, de photos, etc., tout ce qu'on a reçu, il n'y a personne qui est très motivé pour ça. Alors il y a bien sûr des possibilités de transférer, mais c'est toujours un peu la galère.

    Toutefois, j'ai une bonne nouvelle pour vous. Il y a Tuta qui vient de dégainer One-Click Migration , un outil de migration automatique de votre ancienne boîte, pour l'instant en bêta fermée.

    Si vous débarquez, Tuta c'est anciennement TutaNota et c'est une messagerie allemande qui chiffre tout de bout en bout par défaut. Et sa nouvelle fonction permet de lier votre ancienne boîte mail, donc ça peut être Gmail, Outlook, tout ce qui cause en IMAP. Et une fois que c'est fait, tout l'historique de vos e-mails se déverse dans Tutamail, avec même la structure des dossiers qui est répliquée à l'identique.

    Et ce n'est pas juste un simple import puisque la synchro tourne ensuite en continu à sens unique. Ça veut dire qu'un nouveau mail qui arrive dans votre Gmail atterrira aussi dans votre nouvelle boîte tuta. Tant que vous n'avez pas coupé ce lien ou fermé l'ancien compte, les mails seront acheminés de manière tout à fait transparente. Et vous pourrez les ranger par exemple dans un dossier dédié type "Archives" si vous préférez repartir vraiment sur un compte propre.

    Maintenant côté sécurité, c'est comme d'hab avec Tuta, c'est du solide. Le chiffrement se fait directement sur votre ordinateur avant même que vos vieux e-mails ne partent chez eux sur leur serveur. Donc comme ça, il n'y a rien qui se balade en clair sur les serveurs. Tout ce que vous faites chez TUTA est chiffré en respectant des principes de zéro knowledge.

    Notez que Proton propose déjà son Easy Switch, avec le même type de connexion continue pour Gmail, mais comme Tuta supporte l'IMAP au complet, ils sont compatibles avec n'importe quel fournisseur. C'est d'ailleurs assez marrant quand on sait que Tuta ne propose pas d'IMAP, de POP3 et ce genre de choses nativement sur ses services... Il faut soit passer par une app dédiée, soit passer par le site web pour accéder à ses emails sur Tuta.

    Voilà pour la bonne nouvelle, donc en attendant si l'envie de larguer Gmail comme une vieille chaussette vous démange, sachez que j'ai déjà fait le tour des messageries sécurisées qui tiennent la route . Et pour les impatients, la bonne vieille migration IMAP à la main fonctionne toujours. Ah et en même temps que cette annonce, Tuta en a aussi profité pour annoncer l'arrivée de son application native Tuta Drive sur iOS et Android, pour ceux qui veulent aussi déménager leurs fichiers.

    Voilà, la dernière bonne excuse pour rester chez Google vient de sauter ! Je vais surveiller ça de près.

  • Thursday 09 July 2026 - 11:30
    J'ai utilisé rapidement des outils de traduction, mais visiblement cette entreprise textile Allemande qui existait depuis 37 ans dépose le bilan suite à une cyberattaque. 😮
    La cybersécurité ça coûte toujours trop cher, juqu'au moment où vous vous rendez compte que vous auriez dû investir plus dedans.
    (Permalink)
  • Thursday 09 July 2026 - 11:27
    C'est carrément pas déconnant de passer d'Ubuntu à Debian comme base.
    D'ailleurs c'est aussi pour ça que Linux Mint a aussi une version basée sur Debian (LMDE) en plus de celle basée sur Ubuntu. Actuellement Linux Mint vire toutes les merdes d'Ubuntu (snaps, etc.) mais jusqu'à quand ce genre de chose est tenable ?
    (Permalink)
  • Thursday 09 July 2026 - 10:05
  • Thursday 09 July 2026 - 10:04
    from Korben

    Votre Nextcloud sait tout de vous. L'admin du serveur (vous, ou pire, quelqu'un d'autre) peut ouvrir n'importe quel fichier stocké dessus, parce que le chiffrement de bout en bout reste une option planquée dans un plugin.

    C'est pourquoi Hoodik , un projet de Tibor Hudik, prend le problème à l'envers. Parce que chez lui, le chiffrement, ce n'est pas une case à cocher, c'est l'architecture au complet.

    Grâce à sa solution, vos fichiers sont chiffrés dans votre navigateur, avant même de partir sur le réseau, et à aucun moment le serveur ne voit vos fichiers en clair, ni ne reçoit les clés de chiffrement.

    Votre clé privée ne quitte donc pas votre machine, et comme ça, même une intrusion sur le serveur ou un vol ne livrera jamais vos fichiers en clair.

    L'interface web, sobre et sans fioritures

    Et là où beaucoup d'outils chiffrés deviennent pénibles à l'usage, celui-ci garde les trucs du quotidien super pratiques. Y'a du partage entre comptes avec des rôles (lecture, édition, co-propriétaire), des notes Markdown chiffrées avec historique de versions, et même des aperçus photo et vidéo sans rien déchiffrer côté serveur, HEIC de l'iPhone compris.

    La recherche fonctionne aussi alors que le serveur ne voit rien… En fait, votre navigateur découpe les noms de fichiers en petits morceaux, les hashe, et le serveur ne compare que ces empreintes, et jamais de texte en clair. Quant au partage public, la clé de déchiffrement voyage dans le fragment de l'URL, cette partie après le # que votre navigateur n'envoie jamais au serveur.

    Au niveau de la crypto, le boulot se divise en deux, il y a d'un côté une paire RSA 2048 qui ne sert qu'à faire circuler les clés, et de l'autre, AEGIS-128L qui chiffre vos données, calculé en direct par le navigateur grâce à WebAssembly (du code quasi natif quoi...). Et avant que vous leviez un sourcil sur ce cipher au nom de Pokémon, AEGIS-128L est finaliste de CAESAR, un concours international de crypto, et est en cours de standardisation à l'IETF. Vous pouvez par exemple le retrouver implémenté dans libsodium . C'est du sérieux, donc.

    L'autre bonne surprise, c'est le poids plume de l'app. Le serveur est écrit en Rust (Actix-web) avec un front en Vue 3 et il tourne autour de 20 Mo de RAM au repos, alors que votre Nextcloud réclame ses 200 à 500 Mo pour afficher 3 photos de vacances.

    Hoodik est dispo sous la forme d'une image docker pour AMD64 et ARM donc vous pouvez l'installer sur n'importe quoi, un Raspberry Pi , un vieux NAS, un vieux PC, ce que vous voulez...

    docker run --name hoodik -d \
    -e DATA_DIR='/data' \
    -e APP_URL='https://my-app.example.com' \
    --volume "$(pwd)/data:/data" \
    -p 5443:5443 \
    hudik/hoodik:latest
    

    Pour vos téléphones, il y a également des applications Android et iOS dont le chiffrement tourne en Rust compilé dans l'appli elle-même (et pas une page web déguisée en application, on a assez donné...). Par contre elles passent en payant après 30 jours d'essai, sans tarif affiché publiquement sur le site... c'est le modèle économique du projet.

    Autrement, c'est sous licence Creative Commons, le code est dispo sur GitHub , mais par contre notez bien que l'usage commercial est interdit sans l'accord de l'éditeur. Ajoutez à ça un projet encore jeune et aucun audit de sécurité indépendant publié, contrairement à Cryptomator qui est en GPLv3 et audité. Après ma comparaison s'arrête là par contre, parce que Cryptomator chiffre par-dessus un cloud existant alors que Hoodik c'est vous qui l'hébergez.

    Quoi qu'il en soit, pour votre dossier de photos de famille, vos sauvegardes ou vos documents sensibles, le compromis se défend largement. Et si vous voulez explorer d'autres pistes, jetez un œil à OpenCloud pour du Nextcloud-like allégé, ou à Picocrypt pour chiffrer des fichiers à l'unité.

    Allez, y'a plus qu'à ressusciter le vieux NAS qui prend la poussière et suivre le guide d'installation pour lancer votre docker compose up.

    Votre nuage perso vous attend !

    Merci à Camille Roux pour le lien !

  • Thursday 09 July 2026 - 08:42
    from Korben

    On reçoit tous des mails un peu bizarres avec des liens qu'on n'ose pas ouvrir, et pourtant on est curieux, on est tenté parfois... C'est difficile de résister mais heureusement l'équipe de Linuxserver.io a pondu un truc super pour ça.

    Il s'agit tout simplement d'une instance de Firefox qui tourne dans un conteneur Docker et qui est totalement pilotable depuis votre navigateur habituel.

    Comme ça, quand vous recevez un lien louche que vous voulez ouvrir, vous le mettez là-dedans, dans une session jetable qui est totalement coupée de votre vraie machine. Et comme ça, si ça part en couille, vous butez le conteneur et on n'en parle plus.

    Voilà, ça se présente juste comme une page HTTPS avec un navigateur dedans. Et comme c'est LinuxServer qui maintient l'image, vous êtes tranquilles parce que c'est du sérieux.

    L'avantage d'avoir ce truc, c'est qu'un Firefox en conteneur ne voit ni votre répertoire personnel, ni vos cookies, ni vos sessions Google, ni vos extensions, absolument rien, il est totalement isolé. Donc si un site tente un drive-by download ou un exploit navigateur, eh bien en principe les dégâts resteront coincés dans le conteneur. Et le simple fait de le redémarrer remettra tout à 0.

    Attention quand même, un conteneur, ce n'est pas une machine virtuelle. Une vulnérabilité au niveau du noyau pourrait en théorie s'en échapper. Mais c'est pas le genre d'attaque qui se fait avec juste un clic douteux sur une page web.

    Les chercheurs en sécu s'en servent pour ouvrir des pièces jointes chelou, les marketeux pour jongler avec 12 comptes ad sans cookie cross-tracking , et les paranos dans mon genre pour cliquer sur les liens des mecs bizarres de Discord sans rien flinguer chez eux..

    Après y'a des petits inconvénients. Je pense aux perfs graphiques qui prennent une claque par rapport à un Firefox natif ou encore l'audio qui transite par le pipeline du navigateur, du coup ça crachote parfois sur les vidéos lourdes. Le copier-coller marche, mais en passant par la section presse-papiers de la barre latérale Selkies , pas en direct. Et la persistance ne tient que si vous mappez le volume /config comme il faut, sinon vos onglets et vos bookmarks gicleront dès que le conteneur sera recréé (à la première mise à jour d'image, typiquement).

    Côté vie privée c'est plutôt une qualité mais pour un usage quotidien, ça peut devenir relou.

    Installation en une commande

    L'image officielle, c'est lscr.io/linuxserver/firefox:latest. Elle tourne sur Selkies depuis juin 2025 (avant c'était KasmVNC) et démarre en Wayland par défaut depuis mars 2026. Maintenant, si un site part en vrille à cause de ça, vous ajoutez le paramètre PIXELFLUX_WAYLAND=false à la commande Docker et vous serez de retour en X11.

    La commande minimale ressemble à ça :

    docker run -d \
    --name=firefox \
    -e PUID=1000 \
    -e PGID=1000 \
    -e TZ=Europe/Paris \
    -e LC_ALL=fr_FR.UTF-8 \
    -p 3001:3001 \
    -v $HOME/firefox-config:/config \
    --shm-size=1gb \
    --restart unless-stopped \
    lscr.io/linuxserver/firefox:latest
    

    Le --shm-size=1gb, c'est la mémoire partagée de Docker et vous n'y couperez pas, désolé. Si vous le zappez, YouTube comme les sites un peu lourds vous planteront le navigateur. Le port 3001, c'est l'accès HTTPS, avec un certificat auto-signé qui fera râler votre Firefox principal (c'est normal, faut l'accepter). Y'a aussi un port 3000, mais lui c'est du HTTP en clair, à réserver derrière un reverse proxy genre SWAG et rien d'autre.

    Ensuite, direction https://localhost:3001/ et un joli Firefox vous attend. Notez que par défaut, il n'y a AUCUNE authentification. Personne ne vous demande rien, alors si vous voulez l'exposer sur votre réseau, définissez bien un CUSTOM_USER et PASSWORD pour activer le basic auth avant qu'un petit malin de votre réseau ne tombe dessus.

    La version docker-compose, plus propre

    Envie d'un setup versionnable, que vous pouvez reproduire ailleurs sans réfléchir ? Le compose fait ça mieux :

    ---
    services:
    firefox:
    image: lscr.io/linuxserver/firefox:latest
    container_name: firefox
    environment:
    - PUID=1000
    - PGID=1000
    - TZ=Europe/Paris
    - LC_ALL=fr_FR.UTF-8
    - CUSTOM_USER=korben
    - PASSWORD=changezmoi
    - HARDEN_DESKTOP=true
    - HARDEN_OPENBOX=true
    volumes:
    - ./firefox-config:/config
    ports:
    - 3001:3001
    shm_size: "1gb"
    restart: unless-stopped
    

    Ensuite, un docker compose up -d et roulez jeunesse. Le volume ./firefox-config conserve votre profil entre deux redémarrages avec bookmarks, extensions installées depuis le store Mozilla, tout reste en place.

    Et si vous avez envie de repartir de zéro, on met le dossier à la poubelle, on relance, et voilà. Et pour glisser des outils tiers dans le conteneur (filezilla, un éditeur, ce genre de bidule), [proot-apps install](https://github.com/linuxserver/proot-apps) les posera dans $HOME, où ils survivront aux mises à jour de l'image.

    Le hardening qu'il faut absolument activer

    Maintenant, le piège que la doc évoque du bout des lèvres et qui mérite d'être écrit en gros c'est que l'interface web embarque un terminal avec sudo passwordless . Traduction : quiconque accède à votre Firefox conteneurisé devient root dans le conteneur en deux clics. Exposez ça sur votre réseau, ou pire sur Internet, sans durcir le machin, et vous ouvrez un boulevard.

    La parade tient en une variable : **HARDEN_DESKTOP=true**, qui pose les principaux verrous d'un coup. Ça coupe sudo, ça vire les terminaux, et ça bloque xdg-open et exo-open, qui pourraient lancer des trucs hors conteneur. Vous pouvez empiler ça avec HARDEN_OPENBOX=true par-dessus, histoire de neutraliser les raccourcis clavier dangereux genre Alt+F4, de désactiver le clic droit et de masquer le bouton de fermeture. Firefox reste parfaitement utilisable, mais impossible de s'évader pour faire mumuse avec le système derrière.

    Et pour une exposition sur Internet, le basic auth CUSTOM_USER/PASSWORD ne suffira pas car c'est trop léger. Moi ce que je vous recommande, c'est de coller le tout derrière un reverse proxy SWAG avec une vraie couche OAuth2 ou Authelia. Le basic auth, gardez-le pour le LAN entre potes ou collègues de confiance, mais pas au-delà.

    SealSkin, le bonus qui change tout

    SealSkin , c'est la cerise sur le conteneur ^^. C'est une extension navigateur, dispo pour Chrome et Firefox, qui monte la garde sur votre navigateur principal et détourne ce qui sent mauvais vers le conteneur isolé. Un lien repéré comme suspect ? Hop, il s'ouvre direct dans le Firefox conteneurisé. Pareil pour les téléchargements, qui atterrissent dans le conteneur au lieu de finir sur votre machine.

    Du coup, l'isolation devient un réflexe permanent au lieu d'un machin que vous activez à la main quand vous y pensez (c'est-à-dire jamais). Seule contrainte par contre, faudra héberger le serveur SealSkin vous-même, et installer l'extension dans votre vrai Firefox. Mais vous verrez, après quelques jours à ce régime, vous aurez du mal à faire autrement.

    Et sur tablette ou mobile ?

    J'imagine que vous comptiez sur l'ancien tag kasm pour le tactile ? Eh bien c'est raté, puisque LinuxServer l'a déprécié début juillet. En échange, la barre latérale Selkies embarque désormais un trackpad virtuel et un clavier à l'écran, donc de quoi rendre l'interface utilisable depuis un iPad ou un smartphone sans bidouille en plus. On reste loin, c'est vrai, du confort d'un vrai desktop, et taper Ctrl+Tab au doigt c'est toujours la misère, mais pour dépanner ça fait le job.

    Et voilà, votre Firefox jetable vit désormais dans son petit conteneur, bien au chaud. Comme ça, le prochain lien douteux, vous l'ouvrirez sans trembler... pour tester des sites au calme, difficile de trouver mieux, je pense.

  • Thursday 09 July 2026 - 08:10
    from Korben

    Si vous lisez ça depuis Abidjan, Dakar, Douala ou Kinshasa, y'a une chance sur deux que votre téléphone soit un Tecno, un Infinix ou un itel. Trois marques, mais un seul patron : Transsion, qui trône sur près de la moitié des smartphones vendus en Afrique.

    Et si je vous parle de ça aujourd'hui, c'est parce qu'un chercheur en sécu, Buchodi, vient de décortiquer ce que ces appareils racontent dans votre dos et c'est pas joli, joli.

    Son terrain de jeu, c'est un Tecno Spark 40 tout ce qu'il y a de banal. En rétro-ingénierant le firmware, il tombe sur un framework maison signé Transsion, baptisé Athena pour la collecte et oneID pour le pistage entre applis. On n'est pas sur une appli lambda que vous auriez installée, mais un truc costaud câblé au niveau du système, avec les pleins pouvoirs.

    Et ce qu'il remonte, c'est du lourd ! Votre position GPS précise, les antennes-relais autour de vous, la consommation réseau appli par appli sur une soixantaine d'applis, quelle appli est affichée à l'écran en temps réel, et même quelle appli vient d'allumer la caméra (pas ce que filme la caméra, hein, juste le fait qu'une appli l'ait activée).

    Ensuite, tout ça part vers des domaines en shalltry.com et transsion-os.com. Shalltry, c'est la branche logicielle de Transsion, et les serveurs tournent sur du cloud loué en Europe.

    Donc c'est de la télémétrie++ qui part chez le fabricant, mais le gros souci, c'est qu'on ne peut rien désactiver ni désinstaller facilement. C'est vraiment une brique essentielle du téléphone reposant sur le SDK du constructeur. Ça prend racine dans l'application Réglages (pour les paramètres), l'interface système, et surtout dans un module assez discret nommé com.hoffnung qui est bardé de permissions flippantes comme lire le presse-papier en arrière-plan, connaître toutes les applis installées, forcer l'arrêt des autres.

    Alors oui, c'est chiffré avec un bon vieux AES, sauf que ça ne sert pas à grand chose parce que la clé de déchiffrement est planquée dans le code de l'application elle-même. Autrement dit, quiconque met la main sur le fichier récupère la clé avec, et peut tout ouvrir. Le chiffrement n'est là que pour faire un peu de camouflage afin que vous ne puissiez pas voir facilement ce qui sort de votre poche. Mais ce n'est absolument pas de la confidentialité.

    Et malheureusement, ça ne s'arrête pas à votre smartphone puisque ce même SDK se balade aussi dans des applications grand public très très populaires en Afrique comme Boomplay (100 millions de téléchargements et des poussières), StarTimes ou Orange Max it. Du coup, même avec un mobile d'un autre fabricant, vous pouvez trimballer ce mouchard sans le savoir.

    Alors oui, c'est vrai, tous les smartphones font de la télémétrie. Google, Apple, Samsung, Xiaomi, tout le monde collecte des trucs, et des centaines d'applis passées au crible violaient déjà le RGPD début 2026. C'est déjà pas normal, mais ça peut normalement se désactiver assez facilement. Mais dans le cas de Transsion, c'est fait au niveau système, c'est totalement invisible et la destination est très opaque...

    Puis surtout, ça concerne la moitié du continent !

    Notez que ce n'est pas la première fois que les constructeurs chinois low cost se font choper puisqu' en 2016 déjà, une backdoor chinoise se planquait dans le firmware de smartphones low-cost et balançait contacts et SMS toutes les 72 heures. Plus récemment, il y a eu aussi un malware qui s'appelle Triada et qui a été préinstallé sur environ 53 000 Tecno W2 vendus en Éthiopie, au Ghana ou encore au Cameroun avec, s'il vous plaît, des abonnements souscrits totalement à l'insu de leur propriétaire.

    C'était des composants différents à chaque fois, mais le motif se répète.

    Alors que faire les amis ? Eh bien la bonne nouvelle, c'est qu'on peut quand même bloquer 2-3 trucs pour les empêcher de remonter des infos. Vu que tout transite par ces fameux domaines, il suffit de bloquer *.shalltry.com (et *.transsion-os.com tant qu'à faire) au niveau DNS.

    Ça se fait facilement avec un NextDNS, un AdGuard ou un Pi-hole à la maison, ou directement sur le téléphone avec cette application qui s'appelle Personal DNS Filter , et comme ça, la télémétrie se retrouve isolée sans toucher au reste.

    Par contre, ça ne sert à rien d'aller trifouiller les réglages du téléphone parce que ce n'est pas désactivable à partir de là. Désolé.

    Source

  • Thursday 09 July 2026 - 06:09
    Aiko Konomi travaillant les chapelets de couleurs pour la tapisserie La sieste de Mei et Totoro - Cité internationale de la tapisserie ©Zoé ForgetPlongez dans la magie de Hayao Miyazaki tissée en laine à la Cité d'Aubusson. Un hommage exceptionnel à l'animation japonaise.
  • Wednesday 08 July 2026 - 22:17
    from Korben

    Snif, snif, macOS 28 ne lira plus vos disques chiffrés en Mac OS Étendu . C'est écrit dans un document de support Apple publié le 7 juillet, alors si vous stockiez là-dessus vos photos de 2014, vos factures, votre mémoire de fac ou une sauvegarde Time Machine chiffrée de l'ancienne époque, bah c'est grave le moment de vous en occuper.

    Pas de panique cela dit, seul le chiffrement dégage. Un volume HFS+ non chiffré restera donc lisible sous macOS 28 et après. Ce qui part à la benne, c'est surtout CoreStorage, la couche qui chiffre ces volumes... Et c'est aussi elle qui fait tourner les Fusion Drives avec lesquels j'aimais bien m'amuser à l'époque. Mais hormis ça, rien ne change.

    Et vu qu'APFS est le format par défaut depuis High Sierra en 2017, les disques concernés ont, pour la plupart, grosso modo 9 ans au compteur, donc ce sont des disques d'archives que vous ne branchez jamais j'imagine... jusqu'au jour où vous en avez vraiment besoin évidemment !

    Alors pour vérifier si vous êtes concerné, ouvrez l'Utilitaire de disque et regardez le libellé sous le nom de vos volumes externes. S'il affiche "CoreStorage Logical Volume" avec la mention "Encrypted", c'est lui. Et si vous êtes sous macOS 26, le système peut aussi vous envoyer une notification quand il détecte un disque qui ne passera pas le cap. Même si ça fait chier, c'est quand même assez réglo de la part d'Apple de prévenir 1 an à l'avance.

    Côté solutions, Apple vous laisse 2 portes de sortie. La douce d'abord... Vous faites un clic droit sur le volume dans le Finder pour le déchiffrer, et si le cœur vous en dit, vous le convertissez ensuite en APFS sans perdre le moindre fichier. Ou alors la radicale ensuite où vous reformatez le volume direct en APFS. Attention hein, ça efface tout, et définitivement donc on sauvegarde bien avant de jouer à ça, les amis ^^.

    Apple prévient aussi que le déchiffrement prend beaucoup de temps, spécialement si le volume est gros. Du coup lancez la machine avant d'aller vous coucher, et vous pourrez ensuite faire un petit diskutil cs list dans le Terminal pour savoir où ça en est !

    Malheureusement, la méthode douce, vous pouvez l'oublier pour les disques de sauvegarde Time Machine chiffrés. Howard Oakley en parlait déjà sur Eclectic Light Company 3 semaines avant que les gros sites américains ne captent le truc et il a expliqué pourquoi dans son article. En fait, ces vieilles sauvegardes s'appuient sur des liens en dur de répertoires, et c'est un mécanisme qu'APFS ne sait tout simplement pas reproduire.

    Du coup, ces sauvegardes-là, c'est impossible de les convertir, donc... il faudra repartir de zéro avec une sauvegarde toute neuve. Rassurez-vous, vos fichiers actuels ne craignent rien. Par contre, tout votre historique de versions restera coincé sur le vieux disque, que vous pourrez encore lire sous macOS 26 et 27, et après, ce sera terminé.

    Donc si vous êtes motivé (et avez-vous bien le choix ?), vous branchez vos vieux disques, vous faites des backups, vous checkez le format, vous déchiffrez ou reformatez ce qu'il faut puis vous relancez une sauvegarde propre, que vous pouvez d'ailleurs accélérer avec cette astuce . Allez, un petit week-end là-dessus à le laisser tourner et c'est plié !

    Bref, prenez 10 minutes maintenant, plutôt que de vous retrouver dans 1 an devant un disque qui refusera de répondre. Votre moi du futur vous dira merci !!

    Source

  • Wednesday 08 July 2026 - 17:59
    from Korben

    Comme je vous le disais tout à l'heure, en avril 2026, le FBI a coincé un membre présumé de Scattered Spider. Le mec planquait son trafic derrière un VPN, avec des IP dans trois pays différents. Et devinez quoi ? Ce n'est pas une fausse manip qui l'a balancé mais un identifiant que votre Windows se trimballe H24 et que Microsoft refile aux autorités quand elles le demandent : le GDID. Je vous en ai déjà causé dans cet article , et après avoir écrit l'article, je me suis demandé si on pouvait le virer.

    Du coup j'ai monté une petite VM Windows 11 Pro et j'ai mis les mains dedans en me faisant assister de mon LLM préféré et voilà ce que j'ai trouvé. Ce qui marche, et surtout ce qui ne marche pas du tout, vous allez voir.

    Déjà, faut comprendre ce qu'est ce GDID. C'est pas le numéro de série de votre carte mère, c'est pas un hash en lien avec votre matos. Non, c'est un PUID de 64 bits, c'est-à-dire un identifiant que les serveurs de Microsoft collent à votre compte dès que vous ouvrez une session Windows. Il est écrit en clair dans votre registre, votre machine l'enregistre dans un annuaire côté Microsoft, et un service le fait remonter peinard quand c'est nécessaire. Et si vous changez d'IP avec un VPN, bah lui il s'en fout. Le GDID ne bouge pas d'un poil.

    Regardez votre propre mouchard en face

    On commence par le voir de nos yeux. Ouvrez un PowerShell et collez ça :

    $lid=(Get-ItemProperty 'HKCU:\SOFTWARE\Microsoft\IdentityCRL\ExtendedProperties').LID
    "g:$([Convert]::ToUInt64($lid,16))"
    

    Sur ma VM, ça m'a craché g:6755487812206045. C'est celui que Microsoft peut raccrocher à tout ce que je fais. (En théorie hein, parce que c'est le code qui est associé à ma VM, donc je m'en fous et c'est pour ça que je vous le montre).

    Vous venez de lire l'étiquette qu'on vous a collée dans le dos.

    Le supprimer ? Laissez tomber

    Réflexe de base, on efface la clé dans la base de registres HKCU:\SOFTWARE\Microsoft\IdentityCRL\ExtendedProperties et hop, plus de mouchard. C'est ce que j'ai testé au début... J'ai shooté la valeur, redémarré le service qui s'en occupe, et là plus rien. Gagné ? Ben non. J'ai ouvert le Microsoft Store durant deux petites secondes, et le GDID est revenu. Et pas un nouveau, hein, LE MÊME !!

    C'est ça qui est fou. C'est que votre GDID n'est pas planqué sur votre disque, il est planqué chez Microsoft, bien accroché à votre compte comme une moule à son rocher. Votre PC ne fait que le retélécharger encore et encore. Après si vous réinstallez tout, Windows vous donne un nouveau numéro, d'accord, mais l'ancien et tout ce qui y était rattaché restent tout de même bien au chaud sur leurs serveurs. Le passé, on le récupère jamais...

    Couper la télémétrie ne change rien non plus

    Un autre conseil qu'on voit partout, c'est de désactiver la télémétrie de Windows. Sur ma VM, le service de télémétrie classique était déjà à l'arrêt. Et pourtant mon GDID était là, bien lisible, et les services qui le font remonter tournaient à plein régime. Le mouchard ne passe pas par la télémétrie que vous croyez couper. Il passe ailleurs, par les services de la plateforme d'appareils connectés et de l'optimisation de distribution.

    Vous pouvez donc cliquer sur tous les boutons vie privée des réglages, il s'en tape.

    Fermer le robinet pour de vrai

    Alors puisqu'on peut pas l'effacer, on va faire la seule chose qui est en notre pouvoir : L'empêcher de sortir. Et sans se déconnecter du compte Microsoft, histoire de garder un PC utilisable, hein.

    Et pour ça, on a 2 leviers. Le premier, c'est de désactiver les services qui enregistrent et remontent les infos de votre machine. Le second, c'est de renvoyer les serveurs de Microsoft dans le décor simplement via le fichier hosts, comme ça même si les services qui mouchardent tournent, et bien ils ne peuvent plus joindre personne... Et surtout, on ne touche pas à login.live.com, sinon adieu la connexion à votre compte.

    Toutefois, il y a un petit piège, vous vous en doutez... Le service qui fait remonter le GDID, DoSvc, refuse de se laisser désactiver par la voie normale. Même en admin, Windows vous balance "Accès refusé". La parade, c'est donc de le désactiver direct dans le registre, où l'admin a le droit d'écrire là où le gestionnaire de services vous bloque.

    Maintenant pour faire ça, plutôt que de vous mettre des tonnes de lignes de code à copier-coller, j'ai tout regroupé dans des scripts propres, que j'ai testés, avec une commande pour tout remettre comme avant.

    Le projet est là : no-gdid sur GitHub . Vous lancez d'abord l'audit en lecture seule pour voir où vous en êtes, puis les scripts de blocage en mode aperçu, et seulement après avec l'option qui applique vraiment. Testez dans une VM avec un snapshot avant de faire ça sur votre vraie bécane, parce qu'on désactive quand même des services système. Et si vous voulez juste couper le réseau d'un process précis sans tout ce cirque, ce bon vieux ProcNetBlocker fait déjà une partie du taf.

    Allez c'est parti mon canard !

    Ouvrez un PowerShell en administrateur, et la première fois faites-le dans une VM avec un snapshot histoire de tester et de vous familiariser avec les commandes. Étape 1, on clone le projet :

    winget install --id Git.Git
    git clone https://github.com/Korben00/no-gdid
    cd no-gdid
    

    D'abord on regarde sa propre situation. Cet audit est en lecture seule, il ne modifie rien, il vous affiche juste votre GDID et quels services de la chaîne tournent :

    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\audit\Get-GDID-Audit.ps1
    

    Ensuite on regarde ce que la mitigation changerait, sans rien appliquer. Sans l'option -Apply, les deux scripts tournent en mode aperçu et se contentent de lister ce qu'ils feraient :

    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\mitigate\Disable-GDID-Services.ps1
    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\mitigate\Block-GDID-Endpoints.ps1
    

    Si ça vous va, on coupe pour de vrai. Cette fois on ajoute -Apply : les services qui enregistrent et remontent l'appareil sont désactivés, et les serveurs de Microsoft correspondants sont renvoyés dans le vide via le fichier hosts. Votre compte Microsoft, lui, reste connecté :

    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\mitigate\Disable-GDID-Services.ps1 -Apply
    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\mitigate\Block-GDID-Endpoints.ps1 -Apply
    

    Et pour tout remettre comme avant, une seule commande :

    powershell -ExecutionPolicy Bypass -File .\mitigate\Revert-GDID.ps1
    

    Une fois appliqué, tout redeviendra calme... les services d'enregistrement seront à l'arrêt, leurs serveurs injoignables, et votre compte Microsoft restera toujours connecté. Le GDID reste bien évidemment lisible sur le disque, mais il ne remontera plus chez Microsoft.

    La vérité qui pique

    Après, je ne vais pas faire un tuto qui vous vend du rêve. Ces manips réduisent ce que Microsoft pourra corréler à l'avenir mais elles n'effacent pas votre GDID, qui traîne sur leurs serveurs depuis votre toute première connexion, et elles ne vous rendent pas anonyme. Ensuite, passer en compte local comme j'ai pu le lire ailleurs supprime le chemin qu'on vient de bloquer, mais rien ne prouve encore qu'un identifiant anonyme ne prend pas le relais derrière.

    La seule vraie parade solide pour une activité sensible, est plus brutale : ne pas faire cette activité sous Windows. Un Linux live par exemple offre un contrôle total de ce qui sort de votre machine. Le reste, c'est que de la réduction des dégâts, rien de plus.

    Voilà, défendre sa vie privée, ça commence par savoir ce qu'on vous colle sur le dos et maintenant vous le savez. Pas merci Microsoft.

    Source : The Register et le reverse engineering de SmtimesIWndr .

  • Wednesday 08 July 2026 - 17:23
    from Korben

    Cet aprem, je bossais tranquillou quand j'ai reçu un mail de DoctoLib qui m'a bien énervé avec pour titre : "Doctolib s'engage dans la recherche pour améliorer la santé". Bon, si on s'arrête au titre, on se dit "Ah bravo, Doctolib", sauf qu'en le lisant en entier, j'ai vite compris qu'ils venaient de décider à ma place que mes données de santé allaient nourrir des trucs, des bidules et des machins pour de la recherche en intelligence artificielle.

    Et bien sûr que si ça ne me plaisait pas, bah fallait que je le dise.

    Alors ce qu'ils expliquent dans ce mail, c'est qu'à partir d'août 2026, Doctolib lance un projet de recherche mené par une équipe associée à Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité pour, je cite "améliorer les parcours de soins grâce à l'IA". Jusque-là, difficile de cracher dessus, ce sont des institutions publiques sérieuses et l'objectif est louable. Le truc, c'est ce qu'ils vont manger pour y arriver : nos données démographiques, nos données de santé, et même celles de vos proches rattachés à votre compte. Et cela que ces données aient été renseignées par nous ou par nos soignants.

    Et surtout, Doctolib ne nous demande pas notre accord. Ils s'appuient sur ce qu'on appelle l'intérêt légitime, une base légale du RGPD qui leur permet de piocher dans nos données sans passer par la case consentement. Hé ouais, en clair, on ne vous prend pas votre consentement, on vous l'enlève. Vous n'avez même pas à dire oui, c'est déjà oui par défaut, et vous êtes obligé de dire non si vous voulez sortir du dispositif.

    Ils présentent ça comme de l'intérêt légitime, sauf qu'en même temps on ne sait pas du tout sur quoi ils vont bosser, on ne sait pas avec qui ils vont bosser, on ne sait pas comment nos données seront sécurisées, bref, on ne sait rien du tout. Alors forcément, moi je m'inquiète surtout que leur mail annonce clairement que d'autres travaux suivront, "avec des hôpitaux ou des institutions privées ou publiques". Donc on accepte qu'ils signent à notre place un chèque en blanc avec nos données pour des projets futurs dont personne ne connaît le contenu et basta, tout ça sous couvert d'intérêt légitime. Ce n'est que mon avis mais je trouve ça vraiment léger.

    Alors oui, tout ça est parfaitement légal. Doctolib s'appuie sur la méthodologie MR-004 de la CNIL , qui encadre la recherche en santé et autorise justement ce fonctionnement par opposition plutôt que par consentement. Rien d'illégal là-dedans. Mais légal ne veut pas dire que je dois être d'accord.

    Et c'est bien ça le problème... Ce cadre légal permet à une entreprise privée comme Doctolib de considérer que nos données de santé lui appartiennent assez pour les offrir (ou les revendre, je n'en sais rien ??) à la recherche, tant que vous ne levez pas la main pour refuser.

    Doctolib tente de nous rassurer aussi en expliquant que les données sont pseudonymisées et "ne permettent pas de nous identifier directement". Notez bien le "directement", lol, ça ne se mouille pas trop. En réalité, pseudonymisé, ça ne veut pas dire anonyme... Ça veut seulement dire qu'on a remplacé votre nom par un code, mais que le lien existe toujours quelque part et reste réversible. Aux yeux de la loi, ça reste encore vos données personnelles . La vraie anonymisation, elle, est irréversible, et ce n'est pas ce dont on parle ici.

    Et puis il y a le contexte... Non, Doctolib n'a pas subi de grosse fuite de données, il faut être honnête là-dessus mais on nage actuellement dans un écosystème tech en France qui prend l'eau de partout : 33 millions de Français touchés par le piratage des mutuelles Viamedis et Almerys début 2024, une quinzaine de millions de plus avec la fuite Cegedim en 2026. Chaque base de données de santé qui se constitue quelque part, c'est une cible de plus.

    Et il y a un mois à peine, le Canard Enchaîné accusait Doctolib de transmettre des infos à Google, Microsoft et Anthropic pour de l'IA. Doctolib a répondu que ces boîtes n'étaient que des prestataires techniques qui n'entraînent pas leurs modèles avec vos données. Alors peut-être, hein, mais quand on nous demande de faire confiance sur parole pour des données aussi intimes que notre santé, l'inquiétude a le droit d'exister.

    Bref, moi je m'oppose, et si vous êtes sur Doctolib je vous invite au moins à décider en connaissance de cause. Le mail est probablement arrivé dans vos spams, donc pour refuser, sachez que ça se passe dans les paramètres de confidentialité de votre compte, via le formulaire d'exclusion de la recherche . Ça bloque toute utilisation future de vos données et de celles de vos proches, sans aucun impact sur vos rendez-vous ni sur vos soins. Faites-le avant août 2026, car c'est le moment où le premier projet démarre.

    Enfin bref, moi je pense qu'on devrait avoir à donner son accord, et pas à courir derrière ces boîtes pour retirer un accord qu'on n'a jamais donné en pleine conscience... C'est ça qui me dérange surtout.

  • Wednesday 08 July 2026 - 15:36
    Un ensemble d'outils pour protéger de manière défensive les données d'un serveur.
    - USB: Si vous retirez la clé USB de l'ordinateur, les clés LUKS sont écrasées et l'ordinateur rebooté (ce qui équivaut à reformater les disques puisque les données sont indéchiffrables sans les clés).
    - Dead man switch : Si vous n'envoyez pas un signal de vie à un service toutes les 24 heures, même effet: Écrasement des clés LUKS et redémarrage.

    C'est un peu comme dans les films d'espionnage quand vous ne voulez pas que vos données tombent entre de mauvaises mains.
    (Permalink)
  • Wednesday 08 July 2026 - 14:55
    from Korben

    Putain, c'est abusé, vous allez voir ! Peter Stokes, 19 ans, accusé d'appartenir au groupe Scattered Spider, enchaînait les VPN et changeait de pays pour brouiller les pistes mais le FBI l'a quand même coincé. Et vous savez grâce à quoi ?

    Hé bien grâce à un petit numéro planqué dans son Windows. C'est Microsoft qui l'a mouchardé aux enquêteurs et ça a suffi pour le relier à une intrusion malgré tous ses VPN.

    Et alors me direz-vous, vous aussi vous avez un numéro sur votre machine qui peut servir à vous identifier... Ce truc s'appelle le GDID, pour Global Device Identifier et c'est un identifiant unique qui est attribué lors de chaque installation de Windows. Il sert à la télémétrie, au rapport de plantage, à la vérification des licences et surtout il reste constant même après des mises à jour.

    Vous ne le voyez jamais, vous ne l'avez jamais choisi, et il ne bouge pas d'un poil quand vous changez d'adresse IP. Normal, un VPN protège la couche réseau, mais pas ce que laisse fuiter votre OS. Et ça on l'apprend dans la plainte de 39 pages qui a été rendue publique début juillet, où elle expliquait comment Microsoft a fourni au FBI l'historique des adresses IP rattachées à ce GDID précis.

    Les enquêteurs n'ont eu qu'à croiser ça avec les comptes perso de Stokes, de son compte Apple à ses comptes de gaming, en passant par Snapchat et Facebook, pour finalement découvrir des adresses IP à Tallinn, New York, ou encore la Thaïlande, ce qui correspond exactement à ses déplacements.

    Le mec pouvait empiler 10 VPN s'il le voulait, Microsoft le suivait à la trace quand même. Et c'est là que ça me hérisse le poil, parce que le problème, ce n'est pas que la justice ait serré un type accusé d'avoir extorqué des millions. Ça, c'est le boulot du FBI, et tant mieux s'ils l'ont arrêté.

    Non, le vrai problème, c'est que Microsoft dispose d'un identifiant permanent sur plus d'un milliard de machines, qu'ils ne communiquent pas dessus, qu'ils le partagent tranquille sur demande, et qu'on ne peut même pas le désactiver.

    Alors on fait quoi ? Bah déjà, on arrête de subir. Vous pouvez installer Windows 11 sans compte Microsoft pour couper une partie de la laisse, désactiver la télémétrie facultative pour limiter les autres fuites, ou carrément regarder du côté d'une stack privacy européenne . Aucune de ces astuces ne touchera au GDID par contre, car il n'y a aucun bouton pour ça, et c'est bien ça le fond du problème.

    Mais bon, j'imagine que des petits malins vont sortir des logiciels qui vont permettre soit de désactiver ce numéro ... Et là, vous pourrez compter sur moi pour que je vous le partage. Quoi qu'il en soit, quand vous utilisez Windows, gardez juste en tête que vous n'êtes jamais vraiment seul. Et que quelqu'un vous épie en permanence... Brrrr.

    Source

  • Wednesday 08 July 2026 - 14:42
    from Korben

    Je sais pas si vous avez vu mais Valve vient de sortir Proton 11, la nouvelle version stable de sa couche de compatibilité qui fait tourner les jeux Windows sur Linux via Steam Play. Et cette fois, c'est basé sur Wine 11, donc il y a pas mal de "nouveaux" vieux jeux qui sont maintenant jouables.

    Parmi ces nouveautés, on retrouve donc Resident Evil premier du nom, celui de 1996, Resident Evil 2, Dino Crisis et Dino Crisis 2, SHOGUN: Total War, Gothic 1 Classic, Breath of Fire IV, Deadly Premonition ou encore Metal Fatigue. Et à côté de ces reliques, il y avait aussi des trucs plus récents comme METAL GEAR SURVIVE, Warhammer: Vermintide 2 et X-Plane 12.

    Et pour les jeux qui étaient déjà jouables, Proton 11 affine encore le support de ces derniers pour les rendre encore plus jolis ou plus rapides ou avec moins de bugs etc. Je pense notamment à Cyberpunk 2077, The Witcher 3, Death Stranding 2, Helldivers 2, ARC Raiders, THE FINALS, Titanfall 2, Satisfactory, Metal Gear Solid 2, Oblivion GOTY ou Call of Duty 2.

    Donc autant dire que si vous jouez sous Linux ou sous Steam Deck, je pense que vous êtes concerné par cette mise à jour. Et puis il y a un truc dont je ne vous ai pas parlé encore, c'est les correctifs qui font zizir. Je pense notamment au hot plug des manettes qui a été amélioré, notamment pour la 8BitDo Ultimate 2C et toutes les manettes qui exposent plusieurs périphériques HID. Sur KDE, la maximisation des fenêtres a aussi été corrigée, sans oublier le rendu des pop-ups du Rockstar Launcher ou encore la détection du fuseau horaire qui devient plus fiable. Même le lecteur multimédia Kodi passe mieux sous cette version, ce qui est top !

    Ce passage sur Wine 11, c'est justement celui qui avait montré des gains de perf assez dingues au moment des premiers benchmarks NTSync et maintenant que c'est dans le Proton officiel, tout le monde y a droit sans bidouiller !! Pour l'installer, rien de sorcier, comme d'habitude, vous allez sur Steam, vous faites un clic droit sur un jeu, vous cliquez ensuite sur "Propriétés", et puis vous allez dans l'onglet "Compatibilité". Et là, vous sélectionnez la branche Proton 11.

    Et voilà ! En tout cas, je suis content de voir que jouer sur Linux n'est plus un parcours du combattant . Avec le Steam Deck et cette compatibilité qui grignote chaque jour un peu de terrain, Windows perd de plus en plus son statut de passage obligé pour le jeu PC....

    Source : 9to5Linux

  • Wednesday 08 July 2026 - 11:35
    Ouais je sais, je suis chiant avec DeltaChat.
    Mais vous avez quoi ? C'est un petit recoin d'internet qu'on s'approprie. Un petit coin à l'abris des bots débiles, des moteurs de recherche, de l'appétit de données des GAFAMs, des databrokers et des boîtes d'IA, loin des influenceurs et des accros aux "likes", loin des spammeurs et des arnaqueurs. Un endroit pour les humains, quoi. C'est serein et confortable.

    (On ne peut vous contacter sur DeltaChat que si vous avez donné votre URL de contact. Donc impossible de vous spammer, et les GAFAM sont dans l'incapacité d'accéder au contenu. On peut se faire des salons de discussion totalement hors de portée de tous ces nuisibles. C'est comme ça que devrait être internet.)
    (Permalink)
  • Wednesday 08 July 2026 - 09:04
    (traduction:)
    " Si les entreprises d’IA ont accès gratuitement à toutes les œuvres protégées par le droit d’auteur parce que « ce n’est pas possible d’entraîner une IA sans cela », ne devrait-on pas donner un accès gratuit à toutes les œuvres protégées par le droit d’auteur aux enfants parce que « ce n’est pas possible de les éduquer sans cela » ? "

    Question pertinente, n'est-il pas ?
    (Permalink)
  • Wednesday 08 July 2026 - 08:56
    Ce "permis de tuer" n'a existé que lors du régime de Vichy et de la guerre d'Algérie.
    J'ai honte de mon pays.
    Et comme la police française était déjà la plus meutrière de l'Europe, il va y a voir encore plus de morts.

    Ce ne sont plus des gardiens de la paix, mais des gardiens de la peur.
    https://mastodon.social/@siedessine/116882798312394988
    (Permalink)
  • Wednesday 08 July 2026 - 08:37
  • Wednesday 08 July 2026 - 08:34
    Je crois que le titre à lui seul est assez représentatif de la classe politique française.
    (Permalink)
  • Wednesday 08 July 2026 - 06:09
    Intuition Experience Hot&Cold, Machine espresso automatique, 36 recettes, KRUPSCafé, ménage, air pur, hygiène connectée : je teste pour vous les produits qui changent vraiment le quotidien.
  • Tuesday 07 July 2026 - 17:50
  • Tuesday 07 July 2026 - 15:15
    Jeu gratuit en ce moment sur GOG
    (Permalink)
  • Tuesday 07 July 2026 - 11:55
    from Korben

    Depuis 16 ans, il y a une énorme faille qui fait dodo dans le coeur de tout ce qui gère la virtualisation sous Linux et personne ne l'avait remarqué, jusqu'à ce que Hyunwoo Kim, un chercheur en sécurité connu sous le pseudo @v4bel débarque. Ce dernier vient de dénicher un use-after-free dans le shadow MMU de KVM, ce bout de code que KVM partage entre les processeurs Intel et AMD. Il a baptisé sa trouvaille Januscape (CVE-2026-53359), et croyez-moi, le scénario a de quoi filer des sueurs froides à n'importe quel hébergeur...

    En pratique, quand vous louez une VM dans le cloud, vous y êtes root (normal, c'est votre instance). Mais si l'hôte autorise la virtualisation imbriquée, hé bien la faille vous ouvre en grand la porte vers la machine physique. Le code de démonstration que Kim a publié se contente de faire planter l'hôte, et il garde sous le coude un second exploit, non divulgué publiquement celui-là, qui transforme le même bug en exécution de code root sur l'hôte. Et il n'a pas trouvé tout ça par hasard, puisqu'il participait au kvmCTF de Google, un programme qui paie jusqu'à 250 000 dollars pour une évasion complète d'une VM vers son hôte...

    À ce stade, l'isolation censée séparer les locataires d'un même serveur vole en éclats, les VM de vos voisins de palier comprises.

    Le code fautif traîne depuis août 2010, du temps du noyau 2.6.36 et Kim présente d'ailleurs Januscape comme la première évasion d'une VM vers son hôte qui fonctionne aussi bien sur Intel que sur AMD, à sa connaissance en tout cas.

    Maintenant, avant de couper le wifi et de partir élever des chèvres dans le Larzac, deux petites nuances quand même car l'attaque réclame deux conditions réunies : être root dans la VM invitée, et que l'hôte expose la virtualisation imbriquée. Pas mal d'hébergeurs ne l'activent pas, donc c'est pas non plus une apocalypse universelle. Par contre, pour ceux qui l'activent, c'est game over.

    Mais bonne nouvelle, le correctif est déjà là donc si vous administrez des serveurs KVM, mettez à jour maintenant. Et si vous ne pouvez pas patcher tout de suite, la parade consiste à désactiver la virtualisation imbriquée en attendant, avec kvm_intel.nested=0 sur de l'Intel ou kvm_amd.nested=0 sur de l'AMD.

    VENOM s'échappait déjà d'une VM en 2015 via un vieux driver de disquette, et plus récemment une faille kernel planquée neuf ans offrait un accès root sur une machine Linux. Ces "fantômes" dorment longtemps dans le noyau, et ils choisissent toujours le pire moment pour se réveiller. Voilà, comme d'autres failles Linux à patcher d'urgence , celle-ci mérite tout de suite votre attention.

    Source

  • Tuesday 07 July 2026 - 10:51
    from Korben

    Posez votre doigt sur un capteur et hop, votre session s'ouvre. Sur un Mac, ce petit confort passe par exemple par le Magic Keyboard avec Touch ID (lien affilié) parce qu'Apple réserve la biométrie à son propre matériel. Mais le bidouilleur Zimeng Xiong a trouvé ça un peu chéros, alors il a bricolé la même chose avec un ESP32-S3 à quelques euros .

    Le tout tient dans un boîtier imprimé en 3D contenant un capteur d'empreinte ZW101 qui lit votre doigt, et une carte ESP32-S3 (une Seeed Studio XIAO - lien affilié) qui se fait passer pour un clavier USB. Ensuite, si l'empreinte correspond, elle tape votre mot de passe suivi d'Entrée. Vu de l'ordinateur, l'engin n'est qu'un clavier qui tape à votre place, et n'est donc liée à aucun système d'exploitation en particulier.

    Le truc bien pensé je trouve, c'est que le mot de passe ne vit jamais sur l'ESP. La carte ne garde qu'une clé d'appairage de 32 octets et le mot de passe, lui, reste sur l'ordinateur, conservé par un petit service que vous installez.

    Quand vous posez le doigt, l'ESP réclame ce mot de passe via un échange chiffré, avec une clé d'appairage partagée et un nonce aléatoire pour bloquer les rejeux, le déchiffre en mémoire vive le temps de le taper, puis efface tout en quelques millisecondes. Il compte aussi sur le Secure Boot et le Flash Encryption de l'ESP32-S3 pour qu'un dump de la puce ne livre aucune clé.

    Après, histoire d'être transparent avec vous, sachez que le seul maillon faible de ce gadget se situe entre le capteur et l'ESP car la liaison série n'est pas protégée. Toute la vérification de l'empreinte se passe dans le capteur, pas dans le microcontrôleur, donc quelqu'un qui aurait accès à votre machine et au boîtier en même temps pourrait usurper le capteur et forcer l'envoi du mot de passe. La parade de Zimeng c'est donc de noyer toute l'électronique dans de l'epoxy noir.

    Sous Windows, vous branchez un lecteur d'empreinte USB et Windows Hello fait le reste, c'est plutôt simple. Apple par contre verrouille un peu plus le truc, donc il faudra installer le logiciel compagnon. Et Zimeng Xiong ne compte pas s'arrêter là, puisqu'il annonce une version qui émule une carte à puce, pour se connecter sans jamais taper de mot de passe, comme le font déjà les passkeys . Là, on serait un cran au dessus en matière de sécurité.

    Le code est public sur GitHub si vous voulez tenter le montage. Rien de prêt pour la production évidemment, mais une chouette démonstration qu'avec un ESP32 et un peu de crypto, on peut faire de jolies choses.

    Source