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  • Wednesday 01 July 2026 - 12:21
    from Silicon

    Deux pas en avant, un pas de côté et un pas en arrière.

    VillageSQL juge ainsi le nouveau modèle de gouvernance de MySQL. Il s’inquiète d’une concentration des pouvoirs dans les mains d’Oracle et des hyperscalers.

    Des élections communautaires… dans 2 ans

    AWS, au contraire, se réjouit de l’initiative : « Pour la première fois depuis qu’Oracle a acquis MySQL, d’autres organisations ont un rôle défini dans [son] développement ». Il faut dire que la branche cloud d’Amazon est représentée tout au sommet de la pyramide : elle siège au comité de pilotage.

    D’après le document de gouvernance, ce comité doit réunir initialement « 5 à 7 personnes représentant Oracle (majorité), d’autres hyperscalers, des utilisateurs de MySQL et des membres de la communauté open source ».

    AWS apporte une précision : 4 sièges ne sont pas détenus par Oracle.

    Ce dernier nomme l’ensemble des membres initiaux du comité, pour 2 ans. Lorsque ce mandat arrivera à terme, des élections communautaires auront lieu pour les sièges hors Oracle. Autant de temps à attendre pour aller vers une gouvernance vraiment ouverte, déplore VillageSQL.

    Oracle, décisionnaire à tous les échelons

    Du côté d’Oracle, on explique que le comité de pilotage fonctionnera certes avec AWS et Google Cloud… mais aussi avec « des perspectives supplémentaires d’utilisateurs de MySQL ».

    Plutôt que ces « perspectives supplémentaires », AWS préfère mettre en avant les rôles de contribution structurés que crée le modèle de gouvernance. Un système à 5 échelons, en l’occurrence, avec des critères objectifs pour passer de l’un à l’autre. Par exemple, pour devenir project lead, avoir réalisé 30 à 50 contributions « de qualité » dans un sous-système majeur de MySQL.

    VillageSQL salue « une vraie structure avec de vrais critères ». Il souligne néanmoins qu’à la majorité des échelons, Oracle a la main. Cela commence avec les committers, chargés de valider les contributions. Pour le moment, seul Oracle les nomme. Même chose pour les chefs de projets. Pour ce qui est des core project leads (maintien de la cohérence technique, de la qualité et de la stabilité du projet dans son ensemble), il n’existe pas, en l’état, de voies de recrutement externe.

    Oracle s’engage, sans fixer d’échéance, à accorder à des membres de la communauté le statut de committer pour les éléments qui ne font pas partie du cœur fonctionnel (extensions, connecteurs…).

    Un ticket préférentiel pour les hyperscalers ?

    VillageSQL assimile le modèle de gouvernance à celui d’une fondation, où des entreprises – ici, les hyperscalers – achètent un ticket en échange d’une représentation au board. C’est une manière de financer un projet, admet-il. Et de combler les vides qu’ont laissés les coupes claires effectuées l’an dernier dans l’équipe MySQL. Mais de son avis, l’absence de « membres indépendants de la communauté » est préocuppante. Difficile, en tout cas, de parler de « gouvernance ouverte »…

    Dans cette communauté, il faut inclure la Fondation OurSQL, récemment mise en place après qu’Oracle a refusé de suivre cette approche. Le modèle de gouvernance peut être vu comme une réponse, globalement cohérente avec la manière dont l’entreprise de Larry Ellison a géré les autres projets open source de son portefeuille, comme Java et OpenOffice.

    VillageSQL évoque Fedora, dont le comité de pilotage est entièrement élu par la communauté. Il mentionne aussi PostgreSQL, qui « fonctionne purement à la méritocratie ». Et Linux, qui « avance avec Linus [Torvalds] comme ‘dictateur bienfaisant’ ».

    Collaborer d’abord sur le code publié

    Le chantier d’ouverture de MySQL avait véritablement démarré en janvier 2026, au sortir d’une réunion de la communauté à Bruxelles. Ayant pris acte du climat, Oracle avait pris quantité d’engagements. Il en a notamment résulté une roadmap publique pour l’édition communautaire, incluant les rapports de bugs. On y trouve, entre autres items :

    • Prise en charge native des magasins et des index vectoriels (Amazon est demandeur)
    • Serveur MCP
    • Gestion des versions de tables (en s’inspirant de ce que propose MariaDB)
    • Types de données BOOLEAN, UUID et SQL ARRAY
    • Migration de divers projets vers le nouveau modèle d’extensibilité référent (Component Framework)
    • Extension de ce modèle au moteur de requête (types de données, méthodes d’accès à l’index, opérateurs…)
    • Intégration de Health Monitor dans les déploiements sur site

    Le processus de contribution a été centralisé sur GitHub. Quatre webinaires ont eu lieu depuis fin février. Le point focal est pour le moment la collaboration sur le code publié. Oracle promet d’aller ultérieurement vers une dimension plus « temps réel ». En particulier en impliquant la communauté plus en amont sur les discussions de conception.

    Illustration © your123 – Adobe Stock

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