un simple agrégateur, lecteur de flux rss pour tout suivre .... par: fonds d'écran - Kriss Feed, version : 7 -
  • Tuesday 23 June 2026 - 10:57
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    Ayant « des années de stock » en DDR2, Raspberry Pi garantit que les prix de ses cartes d’anciennes générations n’augmenteront pas.

    L’entreprise avait pris cet engagement en début d’année. Jusque-là, elle a tenu promesse. Il n’en aurait probablement pas été de même sans ce stock. La pénurie de RAM a effectivement ruisselé jusqu’à la DDR2. D’un trimestre à l’autre (Q1 à Q2 2026), les OEM/ODM ont dû débourser 55 à 60 % de plus pour en acquérir, d’après TrendForce.

    Le cabinet taïwanais estime que la tendance se poursuivra au Q3 (+ 35 à + 40 %). D’autant plus que l’offre se réduit, les fabricants préférant concentrer la production sur des générations ultérieures de DRAM, dont ils tirent davantage de marge.

    Les principaux fournisseurs se sont réorientés sur la HBM, mémoire à large bande passante dont se nourrissent les infrastructures IA. Délaissant ainsi la DDR4 et la DDR5, ils ont « mécaniquement » engendré un report de la demande sur la DDR3. La DDR2 fut logiquement l’étape suivante… pour les machines la prenant en charge (équipements réseau, systèmes embarqués, informatique industrielle…). Un cycle potentiellement accéléré par des acteurs conservant leur stock dans une perspective spéculative.

    La HBM mobile, autre élément potentiellement perturbateur

    Le recentrage sur la production de HBM est susceptible de s’accentuer avec l’arrivée de ce type de mémoire sur les appareils mobiles. Samsung développerait une technologie de packaging adaptée à ces terminaux. Du côté de Huawei et Xiaomi, on plancherait sur de la DRAM basse latence « inspirée » de la HBM ; avec, en ligne de mire, les smartphones pliants, plus adaptés que les formats classiques en matière de dissipation thermique.

    Du côté de SanDisk, on travaille sur de la HBF (High-Bandwidth Flash), qui consiste à appliquer à la NAND une architecture similaire à celle de la HBM. Dans ce domaine, on aura noté qu’AMD s’est emparé de MEXT. Cette société américaine est à l’origine d’une technologie de tiering prédictif qui maximise l’usage de la NAND en combinaison avec la RAM.

    Illustration générée par IA

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  • Tuesday 23 June 2026 - 08:52
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    Direction Montpellier pour Guillaume de Landtsheer ?

    La filiale française de Dell a son siège sur place. L’intéressé a eu droit à la question après avoir officialisé qu’il en prenait la direction générale. À 53 ans, il succède à Anwar Dahab. Ce dernier aura passé 26 ans au sein du groupe, étant par deux fois DG France (2015-2017, 2023-2026).

    Guillaume de Landtsheer était précédemment à la tête de la filiale française de NetApp (nommé en septembre 2019, il aura passé près de 7 ans à ce poste). Celle-ci a déclaré, sur son exercice 2025, un CA net de 204,4 M€ (+ 4,6 % sur un an), pour 4,3 M€ de bénéfice (- 35,8 %) et un effectif de 194 personnes.

    Avec Dell France, on est sur une autre échelle. La société comptait 1653 salariés – dont 1486 cadres – à la fin de son exercice 2025. Sur cette période, elle a dégagé 2,28 Md$ de CA net (- 4 %). Son résultat s’est élevé à 50,3 M€ (+ 7 %).

    Avant son passage chez NetApp, Guillaume De Landtsheer avait notamment occupé diverses fonctions commerciales chez Microsoft (gestionnaire de compte pour AXA, enterprise sales management pour les pays nordiques, etc.). Après une première expérience d’entrepreneuriat dans la foodtech au cours des années 90, il avait fait son entrée dans le secteur IT au bizdev de Highdeal. Cette spin-off de France Telecom, spécialisée dans les systèmes de facturation, passerait dans le giron de SAP en 2009.

    Illustration © DR

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  • Monday 22 June 2026 - 14:57
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    Datasets, serveurs MCP, cartes A2A, plug-in Claude Code… Autant de ressources qui, dans l’écosystème agentique, ont leurs propres métadonnées et mécanismes de découverte.

    De ce constat de diversité – et surtout de ce qu’il implique en termes d’implémentation – a émergé une initiative appelée AI Catalog. Elle a pris forme fin 2025 sous l’égide de la Fondation Linux. Google, Microsoft et Anthropic sont aujourd’hui au comité de pilotage technique.

    AI Catalog vise à définir un conteneur JSON « agnostique » qui utilise les types de médias (ex-types MIME) pour décrire les ressources qu’il héberge. Les métadonnées sont embarquées ou référencées par URL. Le projet développe une extension dite « manifeste de confiance » pour les environnements qui nécessitent des identités vérifiables, des preuves de conformité et du suivi de provenance.

    Actuellement en brouillon, la spécification définit aussi une méthode standardisée pour publier ce conteneur sur une URL well-known. Elle n’est pas vouée à remplacer les formats spécifiques à chaque ressource, mais à fournir une « couche commune de découverte et de confiance ».

    Fédérer les catalogues de ressources agentiques

    AI Catalog nourrit un autre projet dans lequel s’impliquent Google et Microsoft : ARD (Agentic Resource Discovery). Y participent également AWS, Cisco, Databricks, GitHub, GoDaddy, Hugging Face, NVIDIA, Salesforce, ServiceNow et Snowflake.

    Il s’agit là aussi de procurer une surcouche, mais au niveau des registres qui indexent les ressources publiées au format AI Catalog.

    L’idée est que tout registre puisse indexer ces ressources en appliquant ses propres règles. Puis les communiquer à tout client IA grâce à des skills et/ou des serveurs MCP, lors du build ou du run, de manière dynamique (i.e. en fonction des tâches), sur le même principe qu’une recherche web.

    Ce modèle évite aux producteurs des ressources de les pousser dans chaque registre : ils les publient une seule fois, sur leur domaine. En y associant éventuellement des « signaux de confiance » que les clients IA peuvent vérifier. Parmi eux, des identités DID (Decentralized Identifiers), SPIFFE ou ANS (Agent Name Service), des signatures JWS et des attestations de lignage.

    En miroir, les utilisateurs peuvent définir des stratégies de manière centralisée, sans devoir les appliquer à chaque client IA – et sans avoir à embarquer tous les schémas dans le prompt système. ARD introduit donc une forme de portabilité, en parallèle d’un mécanisme de fédération (imbrication de registres sous un même endpoint).

    Hugging Face et GitHub, branchés en ARD

    Il existe actuellement des connecteurs ARD pour ChatGPT, Claude, Gemini, GitHub Copilot et Microsoft Copilot. Par défaut, ils donnent accès à deux registres : ceux de GitHub (Agent Finder) et de Hugging Face (Discover). On peut en ajouter en éditant agent-finders.json.

    Ces connecteurs se composent de deux briques. D’une part, un serveur MCP pour réaliser les appels. De l’autre, une skill qui, notamment, affiche un menu de sélection du registre et permet de demander confirmation à l’utilisateur avant d’ouvrir l’accès à une ressource.

    Pour Claude et GitHub Copilot, il y a un fichier Markdown à déposer dans le dossier de skills. Sur ChatGPT, la définition se fait au niveau des espaces de travail. Avec Microsoft Copilot, elle passe par la création d’un « agent déclaratif » dans le studio. Pour Gemini, l’équivalent de la skill est un Gem. Toutefois, il ne suffit pas à se connecter aux ressources : comme l’application ne peut pas se connecter à des serveurs MCP ou HTTP arbitraires, il faut utiliser le CLI ou l’API.

    Plusieurs méthodes de publication et d’indexation

    Tout registre doit exposer une API REST, avec au moins un endpoint de recherche (POST /search). Ils peuvent éventuellement proposer des endpoints d’exploration (POST /explore) et de navigation déterministe (GET /agents, utile en particulier pour les portails développeurs). Et mettre en place d’autres mécanismes de recherche, par exemple via MCP ou A2A.

    Avec l’API REST comme exigence commune, la fédération devient une simple opération HTTP. Les clients IA disposent d’un paramètre pour la contrôler.

    Les registres ont deux pipelines d’ingestion. Le principal, de type web, indexe les manifestes depuis leurs URI. Le secondaire, optionnel, scanne les dépôts Git, npm, OCI, etc. Si l’URL well-known est le moyen désigné pour exposer ces manifestes, ARD accepte aussi les enregistrements DNS, les balises d’en-tête HTTP et les directives Agentmap (entrées dans robots.txt).

    En plus GitHub et de Hugging Face, Cisco a aussi une implémentation de référence d’ARD.

    À consulter en complément :

    L’Estonie esquisse un registre national d’identités pour les agents IA
    DNS-AID à la Fondation Linux : qu’est-ce que ce projet d’« annuaire agentique » ?
    Entre hyperscalers, les stacks agentiques se suivent… et se ressemblent ?
    Assistants de codage : au régime agentique, un autre paysage concurrentiel

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  • Monday 22 June 2026 - 09:30
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    Vu l’échelle opérationnelle des agents IA, le plus crucial n’est pas tant de leur attribuer des identités que d’arriver à journaliser leurs actions.

    Une annonce récente du gouvernement estonien a suscité des commentaires de cette teneur. Le pays s’est en effet officiellement engagé dans une démarche de création d’identités numériques pour les agents IA. Pour le moment, il n’en dit pas beaucoup plus. Sinon qu’il s’agit de donner à ces agents « des pouvoirs limités et contrôlables », en clarifiant « qui, au final, est responsable ».

    L’Estonie peut capitaliser sur son infrastructure eID établie de longue date. Dans l’optique d’y intégrer les agents IA, il lui faudra toutefois, au-delà du chantier technique, adapter son cadre légal et juridique, du Digital Signatures Act aux logiques de procédure administrative.

    Dans la vision que semble entretenir Tallinn, les fournisseurs de services pourraient définir des règles distinctes pour ces agents. Par exemple, des plafonds d’opérations financières ou des limites d’accès à des données de santé. Les « codes d’identification », pour reprendre la terminologie qu’emploi le Premier ministre, seraient hébergés dans un registre national spécifique.

    L’initiative est portée par Eesti.ai, programme national destiné à accompagner la diffusion de l’IA dans l’économie du pays.

    À consulter en complément sur le sujet des agents IA :

    Les bug bountys, saturés par les agents IA
    Réservation en ligne : les agents IA, nouvelle porte d’entrée des fraudeurs
    « More agents is all you need »… ou pas : une esquisse de lois d’échelle pour l’IA agentique
    Les effets des agents de codage sur la qualité logicielle
    Le passage de La Centrale du mono au multi-agent

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  • Monday 22 June 2026 - 08:00
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    « L’objectif est de diminuer drastiquement les coûts de licence versés à cet éditeur, dont la politique tarifaire est particulièrement agressive. »

    Oracle aura apprécié cette déclaration qu’Audran Le Baron a faite à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques.

    L’Éducation nationale dit avoir été contrainte à souscrire un nouveau contrat

    L’intéressé est directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale. Ce dernier dépense un peu plus d’un million d’euros par an pour les briques Oracle hors bases de données. Cela inclut notamment de la gestion d’identités de messagerie dans les académies. L’objectif est d’en sortir pour aller vers une offre nationale s’appuyant sur Zimbra. « Je parle ici de 1,2 million de boîtes personnelles et de 300 000 boîtes fonctionnelles », précise Audran Le Baron. La transition est en cours (début avril, 420 000 boîtes avaient migré).

    Le ministère exploite aussi le serveur WebLogic pour une bonne partie de ses applications web. Sur les bases de données, il a surtout une adhérence à Db2 d’IBM. Fin 2025, Oracle l’a contraint à souscrire un nouveau contrat ULA (Unlimited License Agreement) non prévu au budget, assure Audran Le Baron. D’un montant d’un peu plus de 3 M€, il a été renouvelé pour 3 ans. C’est la fenêtre que le ministère s’est fixée pour « réduire drastiquement le nombre de licences actives » au sein de sa DSI…

    Oracle coûte plus de 8 M€ par an à la DGFiP

    À la DGFiP (Direction générale des finances publiques), de nombreuses applications s’appuient encore sur Oracle. L’éditeur « représente 8,5 M€ annuels », selon Tomasz Blanc, chef du service des SI. Il équipe notamment la déclaration en lignes des revenus et la comptabilité locale.

    « La richesse fonctionnelle de ces outils rend leur remplacement long et onéreux », reconnaît Tomasz Blanc. La DGFiP est cependant parvenue à sortir presque totalement d’Oracle sur le périmètre de la fiscalité des entreprises. Une réussite qu’il attribue, entre autres, à la standardisation de la fabrication applicative. « Une discipline essentielle puisqu’en évitant d’utiliser les fonctions trop spécifiques des produits propriétaires, comme les optimisations exclusives d’Oracle, nous reprenons l’ascendant lors des négociations commerciales ».

    Le libre ? Oui, mais…

    Pour Yves Billon, chef du service du numérique au secrétariat général des ministères économiques et financiers, Oracle est « une technologie avec laquelle nous sommes unanimement en difficulté au niveau interministériel, et ce depuis très longtemps ».

    « Nous essayons de recourir le plus souvent possible aux solutions alternatives libres, affirme-t-il. Mais cette démarche comporte des risques techniques étant donné que nous ne pouvons pas rater certaines échéances, comme la campagne annuelle de déclaration d’impôts. »

    Depuis « 5 ou 6 ans », néanmoins, Oracle n’est plus utilisé pour les nouveaux projets.

    Quand les progiciels imposent des bases de données propriétaires

    Le témoignage de Marie-Pierre Fontanel rejoint celui d’Yves Billon quant aux obstacles à la transition vers des outils du monde libre. « Ce n’est pas toujours possible, car certains progiciels imposent des bases de données propriétaires », déclare la DSI du CNRS.

    L’institut cible en particulier des migrations vers PostgreSQL. Les Urssaf ont déjà fait ce pas, a rappelé Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique. La gendarmerie nationale est dans la même dynamique, d’après le général de corps d’armée Marc Boget, directeur de l’Anfsi (Agence du numérique des forces de sécurité intérieure).

    À l’Inrae, on a basculé de l’ERP d’Oracle à une solution basée sur SAP et mutualisée au sein de l’ESR (enseignement supérieur et recherche), signale Louis-Augustin Julien, son directeur général délégué ressources.

    L’Ugap se détache d’Oracle

    Également auditionné, David Amiel a souligné que l’Ugap allait mettre fin aux ventes de logiciels Oracle sur son marché dédié, hors renouvellement. « C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la commande publique », estime le ministre de l’Action et des Comptes publics. Des renouvellements de contrats resteront possibles « pour assurer la continuité et se donner le temps d’effectuer certaines migrations très lourdes. Mais nous cesserons d’approfondir cette dépendance et de la disséminer dans de nouvelles entités publiques. »

    « L’Ugap a longtemps reflété le marché, juge Alain Garnier, président de Jamespot. Lorsqu’on ouvrait la page du site Internet des achats de logiciels, on voyait un gros logo Microsoft, un gros logo Oracle et un gros logo SAS Institute. Le reste se trouvait dans un fichier Microsoft Excel. »

    La centrale d’achat « est en train de changer clairement de position », se réjouit-il. « Nous travaillons avec le CSF [comité stratégique de filière logiciels et solutions numériques de confiance] pour modifier non seulement les politiques d’achat, mais aussi le marketing de l’offre, afin que les acheteurs publics ne soient plus dirigés vers les grands acteurs par ce qui relevait d’une forme de publicité fléchée. »

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  • Friday 19 June 2026 - 16:39
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    Il y a encore un an, la question du coût ne se posait presque pas. Les abonnements forfaitaires masquaient la réalité, les budgets IA étaient généreux et les équipes avaient carte blanche pour expérimenter.

    Aujourd’hui, les directeurs financiers se penchent sur leurs tableaux de bord et découvrent des chiffres qui les font tiquer.

    Chez Uber, la société a consommé l’intégralité de son budget IA pour l’année 2026 en seulement quatre mois. Andrew Macdonald, président et directeur des opérations du groupe, reconnaît qu’il devient « harder to justify »  le niveau de dépenses engagées, faute de preuves tangibles que ces tokens achetés à prix d’or se traduisent par des fonctionnalités réellement « utiles » pour les clients. La réponse de l’entreprise : un plafond mensuel de 1 500 $ par salarié sur les outils IA individuels.

    Chez Amazon, le constat est similaire, mais la source du dérapage est différente. Des ingénieurs avaient commencé à déployer des agents IA non parce qu’ils en avaient besoin, mais pour grimper dans les classements internes de performance.

    Le groupe a supprimé ces leaderboards et a lancé un message explicite à ses équipes : il faut cesser d’utiliser « l’IA pour l’IA ».

    Du forfait au compteur

    Pour comprendre ce virage, il faut regarder du côté des modèles de facturation.

    Longtemps, les grands fournisseurs comme Anthropic ou OpenAI ont facturé leurs services sous forme d’abonnements fixes. Une manière de « subventionner » les usages.

    Quand Anthropic a basculé ce client vers une tarification à la consommation, en mai dernier, le choc a été brutal. « Notre dépense a été multipliée par sept le premier jour. J’ai réalisé qu’on avait créé un monstre. » explique Carter Busse, DSI de Workato, cité par le Financial Times.

    Il a reconverti ses sessions hebdomadaires d’innovation IA en cours de « responsabilité financière numérique », orientant ses équipes vers les modèles les moins coûteux.

    Cette exposition directe au prix de chaque requête change la donne. Les entreprises ne payent plus un abonnement pour avoir accès à l’IA mais pour chaque prompt, chaque tâche automatisée, chaque décision déléguée à un agent.

    Et les agents consomment bien plus que les chatbots qui les ont précédés.

    ROI : le nouvel horizon

    Face à cette réalité, les entreprises cherchent leurs marques. Walmart a plafonné le nombre de tokens utilisables sur sa propre plateforme interne. Microsoft oriente ses développeurs vers des modèles moins onéreux. Partout, la question n’est plus « comment adopter l’IA ? » mais « comment éviter d’en abuser ? »

    Les fournisseurs d’IA eux-mêmes s’adaptent. Amazon, Google et Microsoft proposent désormais des outils qui acheminent automatiquement les requêtes vers le modèle le plus approprié, et souvent le moins cher, en fonction de la nature de la tâche.

    Costi Perricos, responsable mondial de l’IA générative chez Deloitte, tire la leçon de ce moment de sobriété forcée : « Les coûts de calcul entrent désormais dans l’esprit des directeurs financiers et des conseils d’administration. »

    Les entreprises ont promis à leurs actionnaires des gains de productivité massifs grâce à l’IA. Mais pour tenir cette promesse, elles doivent désormais s’imposer une discipline qu’elles n’avaient pas anticipée : celle de l’IA à dose mesurée.

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  • Friday 19 June 2026 - 14:35
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    Prenez Neon. Ajoutez-y Mooncake. Vous obtenez LTAP (Lake Transactional/Analytical Processing).

    Databricks compte intégrer cette architecture au sein de son offre Lakebase (Postgres serverless) « dans les prochaines semaines ». La promesse : pouvoir mêler OLTP et OLAP sans pipelines ni extensions… et en évitant le compromis de performance qu’implique HTAP. Le moyen : unifier non pas les back-ends, mais les formats de données.

    LTAP exploite le surplus CPU de Neon

    Lakebase découle de l’acquisition de Neon. Databricks avait finalisé l’opération en mai 2025 pour environ 1 milliard de dollars. Elle lui a apporté une brique transactionnelle sur stockage objet.

    Acquis en octobre 2025, Mooncake a procuré le substrat de LTAP : un mécanisme de conversion « à la volée » de Postgres à Parquet. Il exploite deux composants de la couche de stockage de Neon. D’un côté, les safekeepers, qui assurent la réplication des enregistrements générés à partir des lignes. De l’autre, le pagekeeper, qui reconstruit les pages de manière asynchrone.

    architecture écriture Neon

    L’architecture LTAP tire parti de la faible consommation CPU de ces services. Elle utilise les cycles disponibles pour effectuer le transcodage Postgres-Parquet au moment du dépôt sur le stockage objet (latence annoncée : 1 minute). Le pagekeeper fait office de cache conservant le format Postgres. On est donc sur une forme de mise en miroir qui permet à Databricks de revendiquer un format unifié, sans copie.

    À consulter en complément :

    Bases de données coud : l’abondance de l’offre devient un défi
    IBM secoue l’édifice Db2 pour y intégrer l’IA agentique
    Face aux bases de données vectorielles, pgvector atteint-il ses limites ?
    Injection de prompt et injection SQL : même concept ?

    Illustration générée par IA

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  • Friday 19 June 2026 - 14:16
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    Le projet de loi français de transposition de la directive européenne NIS2 ne figure toujours pas à l’agenda de la session extraordinaire ouverte le 1ᵉʳ juillet 2026.

    Pour le CESIN, la première association de RSSI en France, ce vide n’est pas seulement un problème juridique c’est un frein concret à l’investissement en cybersécurité.

    Le calendrier parlementaire avance, mais le texte n’y est pas. Rappelons que l’échéance initiale de transposition était fixée au 17 octobre 2024.

    Alors que la session extraordinaire s’ouvre le 1ᵉʳ juillet 2026, le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité brille par son absence à l’ordre du jour.

    Le CESIN tire la sonnette d’alarme sur les effets très pratiques de ce flottement.

    Des décisions en suspens

    La cybersécurité fonctionne par cycles longs et les directions cyber ont besoin d’un cadre stable.

    Faute de texte promulgué, certains projets sont ralentis. D’autres attendent.

    « L’incertitude réglementaire perturbe la commande cyber et ralentit les décisions d’investissement », résume Fabrice Bru, président du CESIN. « Elle impacte l’ensemble des organisations, y compris celles déjà soumises à des cadres réglementaires, dans la mesure où NIS2 élargit significativement les périmètres et les niveaux d’exigence. »

    Le retard français n’existe pas dans le vide. À l’échelle européenne, certains États membres ont déjà transposé la directive. Des entreprises opérant sur plusieurs marchés s’alignent progressivement sur les cadres les plus avancés, ce qui creuse mécaniquement l’écart avec les organisations françaises, maintenues dans l’incertitude.

    Le problème concerne aussi bien les entités historiquement régulées, qui voient leur périmètre s’élargir, que celles nouvellement concernées par NIS2, qui entrent pour la première fois dans le champ de la réglementation cyber et doivent anticiper des exigences encore non définitivement arrêtées.

    À quoi s’ajoute la question de la chaîne de sous-traitance. Les exigences de la directive ont vocation à se diffuser aux fournisseurs et prestataires, dont le positionnement dépend lui aussi d’une visibilité qu’ils n’ont pas encore.

    Trois demandes précises

    Le CESIN formule des attentes précises.

    L’association appelle à un calendrier parlementaire et réglementaire lisible, à une confirmation rapide des principales exigences pour permettre aux entreprises de préparer leurs plans d’action, et à une attention particulière aux conditions de mise en œuvre, notamment pour les entités nouvellement régulées et leurs sous-traitants.

    Elle souligne au passage que nombre d’entreprises n’attendent pas la loi pour agir. Les démarches de mise en conformité sont déjà engagées.

    « Le marché est prêt. Le cadre doit suivre. » La formule résume l’état d’esprit d’un secteur qui ne conteste pas la direction mais s’impatiente de ne pas voir le signal de départ.

    L’Europe aussi s’impatiente. Après une mise en demeure adressée à 23 États membres fin 2024, puis un avis motivé envoyé le 7 mai 2025 à 19 pays récalcitrants, l’exécutif européen enclenche la vitesse supérieure. Ce serait la saisine imminente de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

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  • Friday 19 June 2026 - 10:42
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    Les réseaux sociaux sont responsables des informations qu’ils présentent au moyen d’un algorithme.

    La CJUE vient de se prononcer dans ce sens. Sa décision englobe plus précisément tous les « services de la société de l’information ». Soit, dans les grandes lignes, tout service fourni par voie électronique.

    Leurs exploitants peuvent bénéficier d’une exonération de responsabilité au titre du statut d’hébergeur. Il faut pour cela qu’ils n’aient ni connaissance ni contrôle des informations qu’ils stockent à la demande d’un utilisateur.

    Ce statut ne s’applique pas dès lors qu’intervient un tri algorithmique. Ou, in extenso, lorsqu’ils « déterminent, au moyen d’un algorithme, sous quelles conditions, de quelle manière et dans quel ordre de priorité » les infos sont rediffusées ou ne le sont pas.

    Alertes radars et sites pornos

    Même dans l’hypothèse d’une telle exonération, un prestataire peut se voir, pour des raisons d’ordre, de sécurité ou de sûreté publics, interdire de rediffuser des informations relatives à certains contrôles routiers, ajoute la CJUE.

    Cette précision est un revers pour Coyote. L’entreprise française avait sollicité le Conseil d’État pour faire annuler le décret interdisant aux services d’aide à la conduite de relayer certaines « alertes radars ».

    WebGroup Czech Republic et NKL Associates avaient eux aussi déposé un recours en annulation. Mais contre un autre décret. En l’occurrence, celui qui les oblige, en tant qu’éditeurs de sites pornographiques, à mettre en place des dispositifs de vérification de l’âge des utilisateurs.

    Dans l’un et l’autre cas, le recours se fonde sur la méconnaissance du principe du « pays d’origine » consacré dans la directive e-commerce. En sa vertu, les prestataires de services de la société de l’information sont soumis au seul droit de l’État membre où ils sont établis.

    Des mesures permises au nom de l’ordre et de la sécurité publics

    La CJUE reconnaît que les mesures attaquées constituent une restriction à la circulation des services concernés. Elle estime toutefois que la directive les permet si elles poursuivent certains objectifs. Parmi eux, l’ordre public, qui englobe la protection des mineurs. Et la sécurité publique, à laquelle se rattache l’interdiction de rediffusion des « alertes radars ».

    Les mesures en question apparaissent proportionnées au regard de ces objectifs, déclare la CJUE. Elles semblent par ailleurs viser des services déterminés « qui portent effectivement atteinte » auxdits objectifs.

    Avant de prendre de telles mesures, un État membre doit tout de même, « sauf en cas d’urgence », demander à l’État membre d’établissement du prestataire concerné de les prendre lui-même. Et sinon, lui notifier – ainsi qu’à la Commission européenne – son intention de les prendre.

    Illustration © Bartek – Adobe Stock

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  • Thursday 18 June 2026 - 17:42
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    Pourquoi la Caisse des dépôts n’a-t-elle que récemment commencé à se soucier de sa dépendance à Microsoft 365 ? « Parce que nos données sensibles n’y étaient pas », a déclaré sa directrice générale déléguée Catherine Mayenobe.

    L’intéressée fut auditionnée, en mars, par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques. Ces données sensibles, a-t-elle alors expliqué, étaient « dans des applications sur site, que nous savions protéger ». L’IA générative a changé les choses. « Aujourd’hui, je ne sais plus gérer l’arrivée de dispositifs comme Copilot dans l’environnement de travail de mes collaborateurs » : il n’y a « plus aucune garantie » sur la traçabilité des données.

    En l’état, la Caisse des dépôts est en « dépendance totale » pour le cœur de la messagerie et des outils collaboratifs, reconnaît Patrick Laurens-Frings, son directeur de la transformation opérationnelle, digitale et des SI.

    D’un contrat à l’autre, une augmentation d’environ 20 % pour le CEA

    Baptiste Grigy ne parle pas de « dépendance totale », mais admet que Microsoft est « profondément ancré » chez le CEA, dont il est DSI. Au-delà de Windows et d’Office, ses technologies pilotent la gestion des identités (Active Directory) comme celle des parcs de PC et de serveurs.

    Le CEA vient de renégocier son contrat avec Microsoft pour 3 ans. Ordre de grandeur : 6 M€/an. Par rapport au contrat précédent, l’augmentation « est à deux chiffres », déplore Baptiste Grigy. Elle avoisine les 20 %, « ce qui est bien supérieur à l’inflation ». « De plus, ils pratiquent la vente liée en incluant des produits que nous n’utilisons pas. C’était le cas de Teams. »

    SharePoint, « dépendance extrême » pour le CNRS

    Au CNRS, SharePoint est une « dépendance extrême pour les espaces collaboratifs et les applications construites dessus », concède sa DSI Marie-Pierre Fontanel. Cela représente 2,5 M€ de coût annuel. La perspective d’une sortie est d’autant plus grande que Microsoft « nous pousse vers le cloud à partir de 2029, ce qui est orthogonal avec les injonctions de souveraineté ». Elle se fera soit avec des outils internes, soit avec ceux de la Dinum. Lesquels ont, pour l’instant, l’avantage d’être gratuits. En attendant, la messagerie Exchange (3 M€/an), opérée en interne, a basculé au mois d’avril sur du Zimbra opéré par Renater (600 k€/an).

    À l’Inrae, 2 € par an et par poste pour prolonger le support de Windows

    À l’Inserm, ce n’est pas Microsoft qui coûte le plus cher : 350 k€/an, selon Damien Rousset, directeur général délégué à l’administration, contre plus d’un million d’euros pour VMware comme probablement pour Palo Alto et Splunk.

    L’Inrae passe par l’Ugap. Sa dépense globale est de l’ordre de 6 M€. La part de Microsoft « doit se situer entre 400 000 et 500 000 € », d’après Louis-Augustin Julien, son directeur général délégué ressources. Jean-Michel Vansteene, DSI de l’institut, ajoute qu’une prolongation de support de 3 ans a été obtenue pour Windows, à un coût d’environ 2 €/an/poste.

    De Windows vers Linux : la Dinum commence avec 250 agents

    La Dinum a récemment annoncé son souhait de sortir de Windows au profit de Linux. Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique, rappelle que la démarche commence « à une échelle expérimentale » (250 agents concernés), « mais pas engageante » (la suite dépendra des résultats). L’objectif est d’avoir déployé sur ce périmètre d’ici à l’été. Des ponts ont été créés avec d’autres pays de l’UE. Dont le Danemark, qui a fait le même choix que les ingénieurs de la Dinum en retenant la distribution X/OS.

    À l’éducation nationale, le poids de l’historique de structuration des SI

    Dans l’éducation nationale, tous les systèmes d’exploitation se fondent désormais sur Linux, et plus particulièrement RHEL, signale Audran Le Baron. Directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale, il affirme que le cadre de cohérence technique qui s’applique à tous les nouveaux projets et à toutes les refontes est exempt de dépendances à des technologies non européennes, « ou du moins privées ». Ce n’était pas le cas à l’origine, en particulier de par la construction du SI à une maille académique.

    Sur le collaboratif, le Covid a accéléré les choses. Le ministère a déployé, auprès de ses 1,2 million d’agents, une offre d’outils libres. Dont un de visio et de classe virtuelle basé sur BigBlueButton et hébergé chez Scaleway. Audran Le Baron communique deux indicateurs : environ 1,5 million de visios organisées chaque année et environ 500 000 participants chaque mois. Il évoque aussi le déploiement de Nextcloud (300 000 utilisateurs actifs, 500 millions de fichiers) et le portail de collaboration Tribu, fondé sur la technologie libre Nuxeo.

    Il reste du Microsoft sur les postes de travail (Windows + Office), d’autant plus que les enseignants et les personnels en établissement s’équipent eux-mêmes ou sont fournis par les collectivités territoriales. Le contrat pour la maintenance des licences s’élève à 2,4 M€/an.

    « Nous mettons parfois nos préférences techniques de côté »

    Dans la sphère des ministères économiques et financiers, les DSI ne sont pas seules décisionnaires pour les logiciels utilisateurs. Tout particulièrement au sein des directions d’état-major et des cabinets ministériels, avance Yves Billon, chef du service numérique. « Certaines solutions qui nous conviennent parfaitement à titre personnel ne sont pas jugées adaptées au contexte professionnel d’un grand ministère comme celui de l’Économie et des Finances », poursuit-il. Notamment pour des raisons d’attractivité. « Disposer de solutions cohérentes avec celles employées dans des fonctions équivalentes dans le privé […] revient régulièrement dans les échanges. C’est pourquoi nous mettons parfois nos préférences techniques de côté. »

    Yves Billon aborde aussi la dimension de l’expérience utilisateur. « Vers le milieu des années 2010, nous pensions que nous pourrions avoir la peau de Microsoft Office. Mais Office 365 a introduit une rupture dans le domaine des services. Globalement, LibreOffice n’a pas suivi. […] Il a fallu reconstruire beaucoup de choses derrière. On y a beaucoup perdu sur le plan fonctionnel. Les utilisateurs l’ont ressenti. »

    Les logiciels libres, ajoute Yves Billon, ont besoin d’être adaptés avant d’être installés dans de grandes organisations. Il donne l’exemple de la DGFiP, qui, n’étant pas dépendante de Microsoft, s’est vu enjoindre de structurer son SI autour d’un équivalent à Active Directory. La solution retenue – Samba – ne gérait pas toute la complexité de l’organisation. Il a fallu engager des travaux pour l’adapter. « Nous nous sommes efforcés de mutualiser l’action à l’échelon interministériel [mais] nous avons perdu un an et demi dans les négociations budgétaires. » La DGFiP considère qu’il lui reviendra toujours moins cher de constituer une équipe spécifique, tandis que d’autres structures plus légère estiment que le ROI n’est pas si évident.

    L’adhérence des utilisateurs finaux… et de l’IT

    « Tout le monde connaît OpenOffice et LibreOffice, mais nous ne pouvons pas les installer tels quels dans un établissement de santé », explique Thomas Jan. Il existe trop d’interconnexions et de sujets d’interopérabilité, ajoute le directeur général adjoint de l’UniHA chargé de l’innovation et de la stratégie numérique.

    L’UniHA (Union des hôpitaux pour les achats) est un groupement de coopération sanitaire. En 2014, il a créé, avec 5 autres organismes, la CAIH (Centrale d’achat de l’informatique hospitalière), sous forme d’association loi 1901.

    Historiquement, l’accord-cadre régissant les licences Microsoft des établissements publics était géré par les hôpitaux publics de Marseille. Après à un audit juridique, il a été décidé de régulariser ce type de marchés publics. En est née la CAIH. Elle a lancé un marché « Alternative » autour de briques open source.

    Edward Jossa préside une autre centrale d’achat : l’Ugap (Union des groupements d’achats publics). Au-delà de l’adhérence des utilisateurs, il pointe celle des DSI. « Des équipes formées à faire du paramétrage sur Oracle ou sur Microsoft ne sont pas forcément aussi à l’aise dans l’utilisation d’outils souverains ni dans leur construction. [Cela] soulève la question de l’éventuelle réinternalisation de certaines compétences informatiques ».

    Pour éviter Active Directory, la DGFiP a investi dans le code source de Samba

    Tomasz Blanc, chef du service des SI de la DGFiP, revient sur l’adoption de Samba en alternative à AD. Il admet qu’il a fallu investir 1,5 M€ dans l’amélioration du code source… mais affirme que l’initiative « a évité des millions d’euros de redevances annuelles ».

    Pour pallier l’absence de support éditeur avec le logiciel libre, la DGFiP a structuré, à partir de 2005, un marché avec des entreprises françaises spécialisées. Il est devenu interministériel. Depuis 2010, le logiciel libre est systématiquement prioritaire pour tout nouveau projet. LibreOffice, pleinement intégré depuis 2015, a un coût annuel quasi nul, « là où une solution propriétaire reviendrait à environ 10 M€ par an ». Pour un usage courant, « nos enquêtes annuelles de satisfaction révèlent que les agents jugent ces deux solutions équivalentes. » L’achat ponctuel de licences Microsoft reste autorisé pour des besoins d’expertise spécifiques.

    Le libre impose toutefois une rigueur interne accrue, tempère Tomasz Blanc. Au-delà des fonctions collaboratives parfois moins abouties que sur Office 365, il exige une « discipline technique pour ne pas s’égarer dans un écosystème trop foisonnant. »

    Un reliquat de postes Windows à la gendarmerie nationale

    La DGFiP étudie désormais la possibilité de basculer vers Linux (son parc compte entre 110 000 et 115 000 postes de travail). Le défi réside dans la capacité à administrer la flotte. Surtout que l’environnement Windows bénéficie actuellement d’une automatisation « très poussée ».

    À la gendarmerie nationale, on a passé cette étape. Le basculement vers le logiciel libre « fut conduit avec une rigueur militaire, peut-être un peu brusque », mais s’est accompli en 3 ans sans heurts majeurs, résume le général de corps d’armée Marc Boget, directeur de l’agence du numérique des forces de sécurité intérieure. « Nous ne possédons plus un serveur Windows », ajoute-t-il. Environ un millier de postes (sur 80 000) conservent cet OS « pour des besoins de niche très spécifiques ».

    Gare aux communs numériques ?

    « Ce n’est pas que les entreprises françaises ne sont pas patriotes, mais elles sont prisonnières des impératifs de marché » – et de la gestion de trésorerie, note Maya Noël. La directrice générale de France Digitale attire l’attention sur la force que constitue, pour les hyperscalers, leur présence sur plusieurs briques stratégiques du SI. Et la capacité qui en découle de proposer des « tarifs quasiment gratuits sur l’une si vous êtes clients de l’autre ». Un utilisateur d’Office 365 peut par exemple se voir offrir des crédits Azure.

    Pour Alain Garnier, président de Jamespot, c’est aussi une question de culture. « Au moment même où Microsoft a cherché à entrer dans les écoles, un autre géant américain, Coca-Cola, a voulu distribuer gratuitement des canettes dans les écoles, rappelle-t-il. Cela a provoqué un tollé, et son projet a été rejeté. En revanche, faire entrer gratuitement les outils bureautiques de Microsoft pour nos enfants a été perçu comme une excellente chose. » Une anecdote qu’il considère comme révélatrice : « Cela illustre la manière dont, à cette époque, une forme d’acculturation s’est opérée ».

    Alain Garnier lance également une alerte au sujet des communs numériques. Tout miser sur eux revient à fournir de la matière première aux GAFAM. « Nous serions alors dans un modèle […] dangereux : nous financerions par nos impôts les outils logiciels […] que les GAFAM réutiliseraient pour faire des profits. »

    Quand les modèles d’affaires imposent Microsoft

    L’audition de Luca Belli a contribué à donner aux auditions une dimension internationale. L’intéressé est professeur de gouvernance et régulation numériques à la fondation Getulio Vargas de Rio de Janeiro. Il a évoqué un « atout juridique unique » du Brésil : l’article 219 de sa Constitution fédérale. Celui-ci érige l’autonomie technologique en objectif constitutionnel. « À ma connaissance, aucun autre pays au monde n’inscrit une telle nécessité dans sa loi fondamentale. »

    Le Brésil n’est pas pour autant devenu un grand exportateur de technologies, reconnaît Luca Belli. L’erreur, selon lui, fut de concevoir l’open source uniquement comme une solution à adopter, et non comme une technologie à produire. Sans cette vision, la politique d’émancipation par l’open source adoptée en 2003 « a été délaissée dès 2017 ». L’administration publique est aujourd’hui « totalement dépendante des grands fournisseurs comme Google, Microsoft ou AWS ».

    La France n’en est pas loin en matière de bureautique, à en croire David Amiel. 90 % des dépenses de l’État se tournent vers des acteurs extra-européens… « et singulièrement vers Microsoft ».

    Délégué général du Cigref, Henri d’Agrain donne à voir une autre réalité : les activités économiques qui imposent de fait le recours à Microsoft. Il mentionne le cas d’une entreprise française qui réalise plus de 50 % de son business aux USA, y compris à travers des marchés publics conclus avec les agences fédérales. Dans une telle configuration, ne pas utiliser Microsoft reviendrait à se priver d’une part essentielle de son marché. Ce qui fait dire à Henri d’Agrain que les situations « sont extrêmement hétérogènes selon les modèles d’affaires et les géographies ».

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